poésie

  • Poésie à lire et à ouïr déconfiné – HORIZON

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    Déconfinement décontracté en France, en Suisse et ailleurs en Europe. Et même très décontracté dans ce lieu qui n’est déjà plus la France mais pas encore la Suisse, soit Genève. Si nos corps se déconfinent, notre tête ne reste-t-elle pas confinée dans l’incertitude devenue affection chronique ? Nous n'avons pas fini de sonder l'insondable, Sa Majesté Covid XIX.

    Les vrais souverains ne se laissent pas circonvenir, ni déchiffrer. La reine n'est pas encore nue. En attendant qu'elle se dé-robe, sonnez à la porte de la poésie, elle vous ouvrira, peut-être : 15e suite des Tankas[1] covidiens.

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  • Poésie à lire et à ouïr- DECONFITEOR !

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    Qui sera pris dans la toile ? / L’homme a un destin de mouche (Gettyimages)
    Retour à l’anormal. L’Europe déconfine à plein tube. La Chine reconfine à plein régime. L’Inde fait les deux en même temps. Entonnons tous ensemble en se frappant la poitrine, le Deconfiteor, version déconfinée et déconfite du Confiteor, prière où le fidèle reconnaît ses fautes. Sauf Macron, heureux d’être lui et fier de son action. Retour à l’animal aussi avec la 12e suite des Tankas covidiens.

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  • Poésie à lire, à ouïr, à voir – MUGUET DÉCONFINÉ

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    Vous avez aimé le confinement général ? Vous allez a-do-rer le déconfinement confiné, une sorte de liberté à la fois conditionnelle et provisoire pour 67 millions de mis en examen sanitaire. Autant lire et ouïr la 7ème série des tankas, située aujourd’hui aux déconfins déconfis. Et recevoir ce brin de muguet cueilli dans la forêt des gestes par la Plouquette Christine Zwingmann.

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  • Covid_19 Poesie à lire et à ouïr:LE TANKA CONFINÉ

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    Se préparer au déconfinement, certes. Mais comment procéder, lorsque les uns brandissent la menace d’une seconde vague coronavirulente et les autres la perspective prochaine d’une catastrophe économique ? Les sachants ne sachant plus, autant vivre en poésie, seul langage qui dit l’indicible. Sixième série de tankas (trois vers de 5-7-5 pieds immédiatement suivi de deux autres de 7-7 pieds).

     

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  •  Covid19 : poésie à lire et à ouïr – LE TEMPS CONFINÉ (5)

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    poesie,covid19,coronavirus

    ©Burlingue (Xavier Bureau) a créé ce dessin avant l'arrivée de Covid19. Plutôt prémonitoire!

    L’un des effets surprenants du confinement ne serait-il pas le regain d’intérêt pour la poésie que l’on constate ici ou là, voire ici et là ? C’est le signe des grands bouleversements. Après les deux Guerre Mondiales, la poésie avait repris toute sa vigueur. Mais la Guerre Froide l’avait plutôt gelée. Alors saisissons ce moment, si rare. Le Plouc continue sa série de tankas sur LE TEMPS CONFINÉ. Nouveau: à la suite, un sonnet de l'ami Marc Delouze.

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  • Poème à lire et à ouïr - PÂQUES AU BALCON

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    ©JNC

    Que vous ayez ou non la Foi, vous passerez Pâques au balcon cette année. Au balcon pour remercier toutes celles et tous ceux qui risquent leur santé pour que nous conservions la nôtre. Au balcon, pour mettre le nez au printemps. Au balcon, parce l’air sans bagnole est devenu plus respirable. Au balcon ou dans votre chambre, pour vous, cette suite de tankas pascaux (LE TEMPS CONFINÉ-4).

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  • Poème à lire et à ouïr  ­– LE TEMPS CONFINÉ (1)

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    Légende: " Et toujours il y aura / Quelque chose quelque part". ©Burlingue (Xavier Bureau)

    Tant qu’à être confiné, redécouvrons la poésie. Vous l’aviez délaissée peut-être comme un vieux jouet déglingué par la nonchalante négligence du temps qui passe. Mais elle ne vous avait pas oublié. La voilà qui frappe à votre fenêtre. Laissez là entrer, elle ne porte pas d’autres virus que ses mots vibrionnants.

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  • Poésie : Le Plouc reçoit le Prix Renée-Vivien

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    Juste avant l’an nouveau, Le Plouc, alias Jean-Noël Cuénod, a appris qu’il a reçu le Prix Renée-Vivien 2019, décerné par l’Académie qui porte le nom de cette grande poétesse de la Belle Epoque (son portrait ci-dessus). Marguerite Yourcenar, Jean-François Dussotier, Claire Hercelin, Vital Heurtebize figurent parmi les lauréats.

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  • Poésie : Le Plouc reçoit le Prix Renée-Vivien

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    Juste avant l’an nouveau, Le Plouc, alias Jean-Noël Cuénod, a appris qu’il a reçu le Prix Renée-Vivien 2019, décerné par l’Académie qui porte le nom de cette grande poétesse de la Belle Epoque (son portrait ci-dessus). Marguerite Yourcenar, Jean-François Dussotier, Claire Hercelin, Vital Heurtebize figurent parmi les lauréats.

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  • TANKAS D’HIVER – Poésie à lire et à ouïr

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    © Lexmomot

    Entre-deux. Entre Noël et Nouvel-An. Entre l’an qui s’achève et l’autre qui commence. Entre la pluie et la neige. Entre ciel et terre. Nous vivons entre parenthèses. Quelques tankas d’hiver. Rappelons-le, il s’agit d’une forme poétique d’origine japonaise formée de trois vers de 5 – 7 – 5 pieds suivis de deux vers de 7 pieds. Avec ça, si vous ne devenez pas mille-pattes…

     

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  • Poésie à lire et à ouïr : VENDANGES

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    Souvenirs des jours vendangeurs, à porter brantes et cacolets sur les pentes valaisannes, rudes et raides, sous le soleil, implacable comme un procureur ou durant les « tardives », par un gel inquisiteur comme un juge. Mais il n’y a pas que le raisin que l’on vendange…

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  • Poésie à lire et à ouïr : LE CHANT DU VRAI FEU

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    En cette canicul’ère, vous croyez avoir chaud ? C’est que vous n’avez pas entendu le chant du vrai Feu ! Celui qui brûle sans cendre. A lire. A ouïr. Si vous le voulez bien.

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  • Poésie à lire et à ouïr – RIRE FOU

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    poésie, poème

    Récente ponte du Plouc. Poème à lire et à ouïr dans l’espace libre de l’été. Que le torrent emporte vos songes pour en faire un océan. 

     Le fou rire des torrents

    Rend la montagne démente

    Tant de morts accumulés

    Dans sa carcasse d’ascète

    Tant de vies buissonnantes

    Sur ses flancs de reine-mère

                      *

    Les plus anciens délires

    Jaillissent comme des sources

    Fraîches et préhistoriques

    Sous la poigne des orages

    Sa peau transpercée d’éclairs

    Met la folie au zénith

                      *

     Délaissée par le ciel

    Abandonnée par la plaine

    Elle n’attend plus rien

    Du monde et des éléments

    De l’esprit et des nuées

    Plus rien que l’union

    Du ciel et de la plaine

    De tous les âges en elle

    Dans l’éclat d’un rire fou

                                                                           Jean-Noël Cuénod

    AUDIO 

    C'est ici!


    podcast

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  • Poésie à lire et à hurler: PANIQUE

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    Les flons-flons de la fête du ballon rond s’estompent comme les sons d’une fanfare qui s’en va loin de la Grand’place du village. Reste la panique. Panique devant le délirant cynisme des irresponsables de ce monde qui nous mènent droit sur le mur. Contents, heureux, fiers sont-ils de nous y conduire toutes sirènes hurlantes.

     Roule roule vers le mur vide

     

    La plaine glisse sous tes pieds

    Ta bouche ouverte gobe les mouches

    Ta peau luisante frémit dans l’air

    Ta carcasse fend la poussière

    Tu cours plus vite que les mirages

    Fantômes qui font trembler les routes

     

    Un parfum de mort embaume l’été

    Odeur de chèvrefeuille étranglé

    Etranglé par le soleil couchant

    Qui veut nous entraîner dans sa chute

    Le monde hurle sauve-qui-peut

     

    Roule roule vers le mur vide

    Jean-Noël Cuénod

     

     

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  • Poésie à lire et à écouter: MAIN

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    Escale sur les terres de la poésie. Poème tout frais pondu. Si vous le voulez. A lire ou à ouïr. Ou les deux. Le son est à la fin du texte. Cliquer sur l'icône.


    Tendre la main trop tendre, la main

    S’agite dans les cendres glacées

    Fouaille fouille farfouille frotte

    Et s’écorche s’accroche s’arrache

    Se détache de l’ombre du corps

    Elle va vient vie sa vie la main

    Mue par le vertige elle palpite

    Comme un cœur dépourvu de sang

    Comme un oiseau sans plume sans cri

    Qui vole, sans mémoire du nid

     

    Tendre la main, trop tendre la main

    Tout ce qu’elle triture est glacé

    Le vieux soleil n’y peut rien

    Sans feu sans lieu sans loi sans foi

    Les hommes ont éteint leurs yeux

    Faibles lampes jetées au rebut

    La main hors corps les cherche toujours

    Incapable de faire autrement

    Et se heurte aux fenêtres froides

    A l’immense silence des steppes

     

    Tendre la main trop tendre, la main

    Saisissez-la comme une hypothèse

    Sa fragilité vous sauvera

    La force a tellement d’apparences

    Parmi ses mirages un miracle

    Un miracle à prendre sur le champ

    Sinon il se refera mirage

    Un miracle à prendre sur le chant

    Pour que la main devienne oiseau

    Et que son cri se fasse étincelle

    Jean-Noël Cuénod


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  • Qu’un Christ se lève…

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    En ce jour pascal où la vie surmonte la mort, ce truc à lire si vous le voulez. Passez toutes et tous de belles Fêtes de Pâques. (Christ de Chagall tiré de sa série Exodus)

     La chemise du ciel se déchire

    Eclair de sang de son sol transpercé

    Poitrine ouverte sur le cœur à nu…

                         ***

    Nous marchions sans yeux tête basse

    En secouant nos chaînes d’un air las

    Leurs morsures ne nous faisaient plus souffrir

    Pourquoi donc arracher cet héritage

    Imprimé au fer rouge sur nos chairs ?

    Ne pas prendre le risque de respirer

    D’être aspiré par le vital vertige

    Pour éviter la mort nous périssions

    A tout petit feu à tout petits pas

                        ***

    Parfois nous entrions dans la colère

    Pour en rouler les rochers sur nos routes

    Rage sans espérance sitôt éteinte

    Tout reprenait son cours quotidien

    Certains dansaient en rythme avec leurs chaînes

    Comme des ours à l’anneau dans le nez

    Pour tuer le temps se donner de l’air

    Sans y croire s’ébattre sans se battre

    Remplir en vain une vie toujours vide

                       ***

    Mais qu’un Christ se lève de cette tourbe

    Et le chant du monde change de voix

    La chemise du ciel se déchire

    Eclair de sang de son, sol transpercé

    Poitrine ouverte sur le cœur à nu

    Palpitant comme un animal traqué

    Traqué et riche de ses mille vies

                      ***

    Fourmis d’étincelles sur notre peau

    La morsure des chaînes fait mal enfin

    Jean-Noël Cuénod

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  • Poésie – VIN NOCTURNE

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    L’ombre fraternelle de la nuit

    Ramène dans les plis de son manteau

    Tous nos ancêtres au souffle d’étoiles

     

    Rêves des humains vengés vendangés

    Bousculés en grappes dans le pressoir

    Pétris broyés malaxés triturés

    Rêves en jus épais sucré amer

    Nous buvons l’âme distillée des morts

    Pour avoir la force d’ouvrir la porte

    Et le courage d’en franchir le seuil

    Jean-Noël Cuénod 

     

    DERNIER OUVRAGE - "En Etat d'urgence" de Jean-Noël Cuénod, Grand Prix des Jeux Floraux du Béarn 2017 Editions La Nouvelle Pléiade.

    Disponible: Librairie Le Parnasse 6 rue de la Terrassière, 1207 Genève, Suisse
    Et partout ailleurs sur le site de l’éditeur La Nouvelle Pléiade en cliquant sur ce lien:

    http://www.psf-letrave.fr/ds/nos-editions/989/jean-noel-cuenod/ 

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  • Poésie – TACHE DE SILENCE

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    Juste un laps de poésie aujourd’hui. Le Plouc vient de pondre ça. Vous en faites des choux, des pâtés, des riens, de tout ce que vous voulez ou ne voulez pas.
    Autre ponte: celui de son bouquin
    "En Etat d'urgence" (Grand Prix de poésie des Jeux floraux du Béarn 2017) paru eux Editions de La Nouvelle Pléiade.

    L’ouvrage est disponible à Genève :
    Librairie Le Parnasse 6 rue de la Terrassière, 1207 Genève, Suisse
    Et partout ailleurs sur le site de l’éditeur La Nouvelle Pléiade en cliquant sur ce lien :

    http://www.psf-letrave.fr/ds/nos-editions/989/jean-noel-cuenod/ 

     

     

    TACHE DE SILENCE

    Tache de silence sur le pré

    Le matin se tient aux aguets

    Noisetiers, chênes, ruisseau, herbes

    Forment un seul corps tout puissant

    L’un après l’autre jouent ses organes

    S’étirent ses muscles et sa peau

     

    Bientôt ma chair en pourriture

    Deviendra l’un de ses aliments

    Et mon souffle rejoindra les vents

     

    A quoi bon courir sus au coupable ?

    Plutôt transmettre mon peu de vie

    Elle est encore pailletée de feu

    Elle ne brûle plus elle pénètre

    Elle coulera dans d’autres veines

    Sur le pré le silence s’est tu.

    Jean-Noël Cuénod

     

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  • Poésie – TACHE DE SILENCE

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    Photo JNCLoetch17II.jpg

    Juste un laps de poésie aujourd’hui. Le Plouc vient de pondre ça. Vous en faites des choux, des pâtés, des riens, de tout ce que vous voulez ou ne voulez pas.
    Autre ponte: celui de son bouquin
    "En Etat d'urgence" (Grand Prix de poésie des Jeux floraux du Béarn 2017) paru eux Editions de La Nouvelle Pléiade.

    L’ouvrage est disponible à Genève :
    Librairie Le Parnasse 6 rue de la Terrassière, 1207 Genève, Suisse
    Et partout ailleurs sur le site de l’éditeur La Nouvelle Pléiade en cliquant sur ce lien :

    http://www.psf-letrave.fr/ds/nos-editions/989/jean-noel-cuenod/ 

     

     

    TACHE DE SILENCE

    Tache de silence sur le pré

    Le matin se tient aux aguets

    Noisetiers, chênes, ruisseau, herbes

    Forment un seul corps tout puissant

    L’un après l’autre jouent ses organes

    S’étirent ses muscles et sa peau

     

    Bientôt ma chair en pourriture

    Deviendra l’un de ses aliments

    Et mon souffle rejoindra les vents

     

    A quoi bon courir sus au coupable ?

    Plutôt transmettre mon peu de vie

    Elle est encore pailletée de feu

    Elle ne brûle plus elle pénètre

    Elle coulera dans d’autres veines

    Sur le pré le silence s’est tu.

    Jean-Noël Cuénod

     

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  • Conte Délirant signé Le Plouc & Burlingue

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    Grâce à l’excellent éditeur Alain Miquel, Le Plouc a rencontré un compagnon de délire, Burlingue, alias Xavier Bureau, un dessinateur qui allie poésie, cocasserie, folie et talent. Rien que ça. Il va exposer à Paris à La Galerie des Patriarches, (12 rue des Patriarches, Ve arrondissement) du 23 novembre au 20 janvier[1]. Le vernissage se déroulera mercredi qui vient, soit le 22 novembre. Si vous êtes l’Hexagonale Capitale, poussez vos pas jusque-là, vous ne le regretterez pas.

    Ci-dessus, une gouache de Burlingue « Cavalcade » qui a inspiré au Plouc ce conte délirant.

    CAVALCADE  

    J’ai le mal de terre. Tous ces virages à tordre les boyaux du diable, ces épingles à cheveux qui vous défrisent, ces tournants qui vous tourneboulent. Il faut monter, que voulez-vous. Ne pas se contenter de la plaine pleine de vide. Là-haut, c’est mieux. C’est toujours mieux, là-haut. La vue y est dégagée. Mais dégagée pour aller où ? Hein ? Pour le savoir, il faut monter. Pas d’autre issue. Et on ne monte pas en ligne droite. Jamais. Impossible. Le plus novice des mulets le sait bien. Désignez-lui le sommet. Et il vous tracera le chemin. Mais en zigzag. La nausée, c’est le prix à payer pour s’extirper des émouvants marais mouvants du pays d’en-bas.

    Un puissant parfum de patchouli me fout la gerbe. L’odeur jaillit de la terre comme un geyser odorant. D’étranges visions palpitent dans l’air épais transformé en vaste écran de cinéma.

    Les femmes ? Où sont les femmes ? Je ne les vois pas ! Ah si, en voilà une, en tête du cortège, danseuse sur le cul d’un cheval de parade à la queue enrubannée. La belle – certes, je ne la vois pas bien mais elle ne peut être que belle, toutes les femmes sont belles quand elles dansent. Où en étais-je ? Elle me rend chèvre, cette Cavalcade... La belle, disais-je, brandit haut une ombrelle. Pour l’équilibre. Pas pour le soleil. Elle le précède, le soleil, tenu par un Africain en babouches, juste un peu plus loin. Les jambes nues de la danseuse forment un 4. Je me mettrai bien en 4 pour satisfaire ses 4 volontés aux 4 coins du monde. Elle est l’âme du corps animal. D’un coup d’ombrelle, elle ferait vaciller la planète. La force est dans la grâce, voyez-vous ? Non. Vous ne voyez rien. Bien sûr…

    Et le grand crétin en habit d’aristo qui la suit peut bien faire le chef avec son tricorne vissé sur sa tête de piaf, ses gestes véhéments et son jarret tendu, il n’est qu’un pantin qui reste de bois. Le chef serait plutôt l’Indien, avec sa cascade de plumes, tirant sur sa pipe sous un dais pour envoyer des signaux de fumée à un mystérieux correspondant. Juché sur son rhinoféroce blindé, l’Indien n’a plus besoin d’être chef. Il a dompté le corps animal et sait que seule la danseuse dirige l’univers. Il lui reste les plumes, certes. Pour faire joli. Sans plus.

    Le paon suit. Sternum faraud mais roue pliée. Pas même une roue de secours. Pas du tout une roue de secousse. Paon digne mais paon de peu.

     Et ce geyser de patchouli qui rejaillit encore plus fort… Si le ciel avait des aisselles, elles auraient cette odeur tenace, nauséeuse, capiteuse, stomacale. Fourrer son nez dans les aisselles du ciel… But de cette montée cavalcade ? En guise de touffes poilues, les nuages. Sous les nuages, la peau bleue souple comme la membrane d’un organe palpitant.

    Avant de renifler, il faut monter, monter en serpentant. Nous sommes tous des boas. Nos langues bifides captent les molécules divines dans les jets de patchouli. Le film continue sur l’écran du parfum.

     Un Louis XIV se balance dans son carrosse décapotable. Son engeance sera décapitée. Il n’en perd pas la tête pour autant. Il faut bien une tête pour porter la perruque, non ? C’est la perruque qui fait le roi. Plus de tête, plus de perruque. Plus de perruque, plus de roi. C’est net, simple tranché. Louis XVI ne l’avait pas compris. Où avait-il la tête ?

    Encore une femme, nous sommes sauvés ! Habillée comme une comtesse russe qui aurait pris le thé chez Tchekhov, elle conduit de son fessier magistral le dinosaure devenu doux comme un agnelet pour carte postale. Le monstre ne bouffe même pas l’agaçant roquet qui le devance. Castratrice, la comtesse russe ! Elles se sont fait la malle, les couilles du mâle. « Où est le mal ? » s’exclame la comtesse. « Il n’a même pas eu mal. Un petit couinement préhistorique et hop, les testicules ont rejoint l’espace quantique. Mon dino est désormais indéterminé. Mort et vivant à la fois. Ici et ailleurs en même temps. Un dino de Schrödinger » La comtesse russe a bien envie d’en faire de même avec Tchekhov qui a la chance d’être tout à fait mort.

     L’automobiliste en crayon à moteur négocie son virage. Mais vous connaissez les virages… Redoutables partenaires ! Le virage l’attend donc au tournant. Le juge, le jauge et ne laissera le crayonmobile poursuivre sa route que s’il signe un exploit. N’importe quel exploit.

    Tiré par une jument noire qui se cabre, le carrosse vide ressemble à un corbillard qui aurait laissé partir son cercueil. A moins que la cavale n’ait pris le mort aux dents.

    L’hyène cycliste est en position de sprinteuse. Et pourquoi n’y aurait-il pas d’hyène cycliste ? Nous avons bien eu jadis, au temps sartrien, une hyène dactylographe. Le vélo fait partie de l’hygiène des hyènes. Pourquoi tant d’hyènes dans le monde ? Ah ça, c’est une autre histoire… Ici, il n’y en a qu’une, qui cherche à dépasser tout le monde de façon subreptice. Une vraie hyène, quoi !

    Entre l’hyène cycliste et le filiforme qui court en dansant, il paraît perdu, le mégacéphale sans cou, sans épaules dont les bras et les jambes surgissent de sa tronche inquiète. Il est dépassé par les événements et ça le rend morose. C’est dur de se voir dépassé par plus rapide que soi. Mais l’être par les événements, quel sort funeste ! Vous voilà seul, sans événements. Vous n’êtes même pas dans un désert. Car un désert, c’est encore un événement. Vous n’êtes même plus un événement pour vous-même. Vous flottez dans un vide indéfini, infini. Fini, vous êtes.

    Chevauché par un autre Louis XIV emplumé, le coq géant caquette son agacement. Il s’en va piquer les minces fesses du filiforme, rien que pour passer sa colère d’être cornaqué par l’empanaché. Et puis, il ne peut pas y avoir deux Louis XIV. Cela ferait un Louis XXVIII. Et il n’y jamais eu de Louis XXVIII, relisez bien votre manuel d’histoire. Lorsque la cavalcade aura atteint ses sommets, il faudra couper la tête à ces deux Louis. Nous aurons ainsi un Louis 0. Et tout rentrera dans le désordre.

    Soyons juste et impartial. L’ire du coq a peut-être une autre origine. Un ange à roulettes piloté par un diablotin souffle de la double trompe dans le cul du gallinacé agacé. Il y a de quoi mécontenter le plus placide des monarques de la basse-cour, non ? D’ailleurs, même ceux de la haute-cour détestent qu’un ange – même à roulettes, même conduit par un sous-diable – leur souffle de la double trompe au prose ; ça leur donne des vers.

    Un souverain oriental portant barbe assyrienne, suivi de son esclave porteur d’ombre, traine toge et robe dans la poussière des chemins. Il s’en fiche. Ses esclaves feront la lessive. Un jour nous retournerons tous, esclaves et souverains, à la poussière originelle. En attendant, il y a ceux qui nettoient et ceux qui sont nettoyés. Nous ne sommes pas tous nés de la même poussière. Certaines sont plus légères que d’autres et lorsque le vent souffle, elles vont au ciel. L’égalité des poussières n’est pas encore à l’ordre du jour. Ni de la nuit.

     Le dinosaure qui suit le souverain oriental n’a pas de barbe, même assyrienne et arbore sur son dos saurien une crête de punk tout à fait démodée. Sait-il que depuis des lustres (en plastique, pas en cristal) les Sex Pistols ont débandé ? Mais non, il n’en sait rien, le dinosaure ! Vous avez vu l’étroitesse de son crâne ? Pas de quoi abriter des nichées de neurones.  Il n’est bon qu’à tirer la langue en même temps qu’un char portant un vase antique garni de fleurs du même âge et surmonté d’un dais dont les montants ne tiennent que par la force du Saint-Esprit. Il faut bien qu’il serve à quelque chose, le Saint-Esprit.

     Sain d’esprit, tel est Neptune chevauchant un paquebot. Pas que beau, le Neptune, bodybuildé, surtout. Sain de corps aussi. Les muscles roulent sous la peau comme des courants sous-marins. Dans cette chair abondante, des mystères aquatiques se meuvent avec force et délicatesse. De son trident, Neptune fera surgir des monstres marins lorsqu’avec la Cavalcade, il sera parvenu tout en haut, là où la mer et le ciel ne font plus qu’une même soupe d’âmes.

     Le fou mandoliniste, échappé sans doute d’un carnaval belge, danse les yeux fermés. Pourquoi belge ? N’avez-vous pas remarqué le lion flamand qui lui colle aux fesses d’un air narquois ?

    Comme tous les fous – les vrais, pas ceux qui se prennent pour des rois – son troisième œil, bien ouvert, suffit à lui montrer le chemin. C’est le seul qui permet de voir l’invisible. Il est préférable de laisser les deux autres yeux dans leur nuit, lorsqu’on veut atteindre le sommet où tous les mondes se rejoignent. Nécessité de la cécité.

     Un chien ferme la marche, tête basse, à la recherche d’une odeur perdue. Et un dragon, queue entre les jambes, regarde en arrière la plaine qui s’éloigne et s’estompe dans la poussière du soleil. Il me contemple courant en vain derrière ce cortège. Et je reste seul, seul, seul dans une plaine sans parfum.

     Jean-Noël Cuénod

    [1] La Galerie est ouverte du jeudi au samedi, tous les renseignements se trouvent sur le site www.galeriedespatriarches.fr ; adresse électronique : galeriedespatriarches@gmail.com.