Bien-pensance ? Mal penser, c’est bien !

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Le Penseur © Agence photographique du musée Rodin – Jérome Manoukian

C’est l’insulte chic et choc à la mode : « bien-pensant » avec son bourratif substantif : « bien-pensance ». Le « bien-pensant », c’est le bisounours qui croit que tout le monde il est beau, tout le monde, il est gentil. Le genre « paix sur la terre » alors que partout règne la violence. Le « bien-pensant » est donc un con. Un vrai con.

Le Plouc avait déjà abordé ce thème (15 août 2019) mais la "mal-pensée" a fait bien des progrès depuis et s'installe avec Zemmour dans l'actuelle pré-campagne présidentielle. Alors, on remet l'ouvrage sur son métier...

Le « mal-pensant », fort de sa « mal-pensance », est intelligent, lui. Il jette sur le monde ce regard désabusé et lucide qui déshabille les illusions de la « bien-pensance ». Sa « mal-pensance » fait de lui un rebelle contre toute pensée conformiste. Il se veut à contre-courant.

Dans le courant du contre-courant

Curieux contre-courant, d’ailleurs, qui le conduit tout droit vers la mare aux gros médias où il aime à barboter avec ses congénères pour échanger des bulles de « mal-pensance ». Car rien n’est médiatiquement plus payant qu’un « mal-pensant » nimbé de l’aura du type à qui on ne la fait pas.

Les droits de l’homme, tant célébrés par les « bien-pensants ? » Un truc pervers pour brimer notre liberté de faire ce que bon nous semble.

La lutte contre les discriminations, autre mulet de bataille des « biens-pensants » ? Une offensive pour castrer la société.

L’universalité du genre humain ? Une fiction dangereuse qui abolit les hiérarchies entre cultures (le « mal-pensant a pensé « race » au lieu de « cultures », avant de se raviser… Même la « mal-pensanse » a ses limites).

Le mondialisme ? Le « mal-pensant » n’en pense que du mal. Quitte à profiter largement de ses bienfaits en surfant sur Amazon pour y dénicher ses mocassins à glands.

Les Etranges Lucarnes zemmoureuses

Penser mal, c’est donc penser bien. Et penser bien, c’est penser mal. Tel est le message des médiacrates qui ont aujourd’hui table ouverte dans les Etranges Lucarnes[1] zemmoureuses.

Cela ne vous rappelle-t-il rien ? Le ministère de la Paix qui préparait la guerre et celui de l’Abondance qui gérait les restrictions (George Orwell-1984) ? La République « Démocratique » Allemande de jadis ? Les terroristes qui tuent par amour de l’humanité ?

Celui qui inverse la valeur des mots fait en sorte que le langage perde tout sens. Vidé de sa substance, il ne peut plus véhiculer de pensées puisque c’est par les mots que nous pensons. Ainsi, le langage ne peut plus transporter que des clichés, c’est-à-dire des figures stéréotypées qui ne peuvent formuler que des invectives, sans laisser d’espace à l’argumentation.

Le « mal-pensant » sait mieux que quiconque désigner les coupables et dénoncer les complots. Pour lui, l’urgence n’est pas de parer aux catastrophes climatiques qui s’annoncent – ce n’est là que roupie de sansonnet écolo – mais d’ériger des murs pour nous protéger des engeances étrangères.

Le Chevalier du Déclin

Le « mal-pensant » est un authentique Chevalier du Déclin[2]. Pour lui tout décline : la musique, les arts, le sport, la politique, l’économie, entre moult autres. Et le « mal-pensant » de désigner d’un doigt vengeur toutes les couilles-molles de la « bien-pensance » qui se sont fait empapaoutées par le féminisme. « Il faut reviriliser la société » clame le « mal-pensant » et ne plus subir le joug infâme des bonnes femmes.

La France déclinerait-elle aujourd’hui plus fortement qu’en juin 1940 lorsque la Wehrmacht s’est emparée d’elle en six semaines ? Le déclin ne serait-il pas le lot commun de tout mortel ? N’est-il pas l’amorce d’une renaissance ? Autant d’objections frappées du sceau infâmant de la « bien-pensance ».

Inutile d’attendre du « mal-pensant » qu’il pense contre lui-même, il risquerait alors d’être ce « bien-pensant » qu’il adore abhorrer.

Jean-Noël Cuénod

[1] Emprunt au Canard Enchaîné

[2] Autre emprunt au Canard Enchaîné (années 1980) qui avait appelé ainsi Georges Marchais, alors secrétaire général du Parti communiste français.

 

 

 

Lien permanent Catégories : Politique française, social 7 commentaires

Commentaires

  • Apparemment vous n'aimez pas les coups de pied dans la fourmillière politicienne. C'est pourtant désopilant. Zemmour n'est pas la maladie, il est le symptôme de la maladie.

    Et la maladie s'appelle la société marchande et spectaculaire. Le fric avant tout.

    Z'avez pas un moyen de guérir cette aliénation, par hasard?

    Si vous êtes un bien-pensant, certainement pas.

    En attendant les occasions de se marrer sont trop rares.

  • Pour y voir plus clair:

    «Croissance et déclin, vie et mort,
    qui sait quand adviendront ?
    Imposant et mystérieux,
    qui peut mesurer sa perfection ?
    Malheur sur bonheur prend appui,
    bonheur du malheur surgit.
    Malheur et bonheur
    brins de fils entrecroisés,
    confus et emmêlés,
    en une pelote compacte,
    tantôt unis, tantôt dissociés,
    quel est le principe qui les meut ?
    Vagues et brumeux,
    seul le saint en déchiffre le sens.
    Coulant, se mouvant, se déplaçant,
    glissant sans repos ni trêve,
    chaque fin est un début,
    qui peut en connaître le terme ?»

    Extrait du Ho-Kouan-Tseu, intitulé ultérieurement "Précis de Domination", attribué au "Maître à la crête de faisan", dynastie Han (vers le IIe siècle av. J.C).

  • Tic ... tac ... tic ... tac ...
    Le balancier marque le temps qui passe et va toujours d'un extrême à l'autre.
    Les bien-pensants, tout en reconnaissant parfois dans leur for intérieur, qu'il y a du vrai dans ce que disent les mal-pensants, s'abstiennent de le reconnaître par peur de la contagion qui pourrait leur faire "la boussole" (ou du moins des adhérents politiques).
    Les mal-pensants font évidemment de même et ainsi le balancier ne s'arrête jamais, car il marquerait un véritable échange entre les convictions des uns et des autres.
    C'est en tout cas le cas dans une société du spectacle politique, comme celle qui règne en France, où tout compromis est vu comme une trahison et où la fuite en avant est vue comme un progrès au sens étymologique de "mouvement en avant".

  • Je pense donc je suis. Zemmour avait raison, il n'est pas pétainiste vous n'avez pas écouté. Il dérange, il remet au jour les problèmes de la France. Les français doivent reprendre leur destin en main comme les Suisses, est-ce normal? Les grands penseurs ne sont pas à gauche sinon ça se saurait.

    Quant aux écolos cocos, ce sont des fascistes plus plus moins zinzins s'étant accaparés de la nature afin d'imposer leurs idées de gauches et leur fascisme dans leur vision du monde et de la société. Zemmour dérange et c'set très bien pour l'avenir,

  • Le défaut que je vois dans ce que vous exprimez dans ce billet, c'est que vous négligez le fait qu'il y a bien-pensants et bien-pensants. On peut légitimement douter de la sincérité de certains, le premier d'entre eux étant ce "Malraux de carnaval qui veut sa guerre d'Espagne tous les deux ans"...
    De même, il y a une grande variété d'opinions et de degré d'intensité chez les mal-pensants...

  • Je fais un 2ème commentaire qui n'est pas destiné à être publié pour vous signaler mon billet sur Zemmour. Ni bien-pensant ni mal-pensant...mais un autre avis que le vôtre.
    https://enremontantlefleuve.blog.tdg.ch/archive/2021/10/17/merci-mille-fois-m-zemmour%C2%A0-318035.html

  • A propos de Bien et de Mal :
    "On ne peut poursuivre le Bien jusqu'au Mal"
    Saint-Augustin, cité par Zemmour...
    https://lesobservateurs.ch/2021/10/20/thinkerview-linterview-deric-zemmour-13755/

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