Complotisme : superstition pour temps athée

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«Crédulité, superstition et fanatisme», une gravure de William Hogarth, 1762 (in Bon Pour La Tête). © DR

A la faveur des polémiques sur le vaccin anti-Covid, on entend tout. Et surtout n’importe quoi : que ce vaccin tue plus sûrement que le coronavirus, qu’il rend stérile, qu’il modifie notre code génétique. Les virologues et vaccinologues ont beau s’échiner à démentir, il se trouve toujours un complotiste pour sortir de sa manche l’avis d’un allumé en blouse plus ou moins blanche.

Et les tenants du « cercle de la raison » de se lamenter sur ces irruptions de l’irrationalité la plus explosive qui bombarde de ses insanités les espaces dévolus jusqu’alors aux débats. Sans acceptation d’une raison commune, si l’on n’est même pas d’accord sur les faits, impossible d’échanger des points de vue opposés. Ce n’est que parole de l’un contre celle de l’autre. Et le plus gueulard gagne.

Sortir de l’impasse

Pour tenter de sortir de cette impasse où nos sociétés sont en train de s’engouffrer, il faut tout d’abord prendre vraiment conscience que l’irrationnel fait partie de l’humain, qu’il en constitue même une force qui peut, comme la foi biblique, « renverser des montagnes ». Pour le meilleur quand elle permet à l’humain de se dépasser pour faire œuvre de création. Pour le pire, quand elle l’engage sur la voie de la destruction et de la guerre.

Imaginer une femme ou un homme qui n’obéirait qu’aux préceptes de la raison, qui suivrait sagement les voies bien balisées de la logique, c’est un songe pour fabricant de robot. L’humain est tissé d’émotions, de passions, de rêves, de folie, soit tout ce que l’on classe habituellement à la rubrique « irrationalité ».

Il veut des réponses à toutes ses questions. Mais des réponses simples et séduisantes. Or, la vie est complexe et ne cherche pas à plaire. Et c’est là où ça commence à coincer entre l’humain et le réel.

Certes, pour s’insérer dans la vie collective et appréhender au mieux ce réel compliqué, il a l’instruction à sa disposition qui lui apprend à maîtriser ses passions et à distinguer l’erreur de la vérité. Mais l’irrationnel n’est pas pour autant effacé et peut surgir à tout instant. Heureusement, car c’est ce qui fait de lui un humain et non un logiciel.

« Ce-qui-nous-dépasse »

Comment se prémunir contre les effets néfastes de cette part déraisonnable tapie en nous et de la transformer en énergie créatrice et bénéfique ? La mission semble relever de l’impossible. Le rationnel et l’irrationnel sont, par définition, étrangers l’un à l’autre.

Depuis la nuit des temps, l’humanité a trouvé un pont entre les deux, à savoir la religion, c’est-à-dire ce qui relie les humains à ce qui les dépasse : l’infini de l’univers opposé à la finitude de notre existence terrestre.

 « Ce-qui-nous-dépasse » peut être nommé Dieu unique, Dieux pluriels, Grand Architecte de l’Univers, Tao. De toute façon ce nom n’est qu’une convention pour tenter de simplifier le complexe radical. Ce n’est donc pas lui qui importe mais ce mystère de la vie qu’il tente d’appréhender.

Afin de ne pas laisser l’humain seul avec l’angoisse de ce qui le dépasse, la religion a tissé des mythes, des rites, des liturgies qui ont pour effet de donner une expression collective et maîtrisée à cet irrationnel individuel et fou.

La superstition sécularisée

Comme toute action développée par l’humain (ou que l’humain accomplit sous l’inspiration de « Ce-qui-nous-dépasse »), la religion produit ses déchets, à savoir les superstitions.

 Le Littré en donne cette définition : Sentiment de vénération religieuse, fondé sur la crainte ou l’ignorance, par lequel on est souvent porté à se former de faux devoirs, à redouter des chimères et à mettre sa confiance dans des choses impuissantes.

Elle paraît tout à fait satisfaisante, cette définition. Mais sur un aspect essentiel, elle se révèle aujourd’hui dépassée : on peut désormais s’adonner à la superstition hors de tout « sentiment de vénération religieuse ».

La France « cartésienne »

La France nous en apporte la démonstration. L’athéisme y est fort répandu comme le démontre cette étude de Gallup diffusée par le Washington Post et l’Obs-Rue89 en France (lire ici l’article). En Europe, elle détient la médaille d’argent de l’athéisme et n’est battue que d’une courte tête par la République Tchèque. L’indifférence religieuse y est monnaie courante, encore plus que chez ses voisins.

Or, c’est en France que les réactions anti-vaccinales sont les plus vives en Europe avec un cortège disparate de croyances plus ou moins absurdes. Certes, tous les pays du continent en sont affectés. Mais c’est dans celui qui se dit « cartésien »[1]et libre de tout dogme que les délires anti-vaccinaux paraissent les plus virulents.

La France ne fait qu’illustrer de façon plus voyante un phénomène général : ce n’est pas parce qu’une société est sécularisée qu’elle en devient indemne de superstition.

Au contraire même. L’irrationalité s’abreuve désormais librement, sans la contrainte morale des religions, à mille sources très diverses et toutes plus polluées les unes que les autres par les réseaux sociaux et la diffusion des complotismes en tous genres.

Conséquence de l’affaissement des religions

Malgré tout, malgré leurs failles béantes, les religions – dans leurs expressions non-intégristes – constituaient naguère encore un filtre à superstitions en distinguant entre l’observation des préceptes et « l’amas superflu(s) de choses vaines » comme l’écrivait Calvin dans ses Institutions de la religion chrétienne. Paradoxe qui n’est qu’apparent : l’affaissement des religions a contribué au développement des superstitions et des comportements irrationnels (2).

Les sociétés sécularisées doivent apprendre ou réapprendre à ne pas confondre croyance et connaissance, développement d’une pensée rationnelle et aspiration à une vie spirituelle. Le principe de la laïcité – « L’Eglise chez elle et l’Etat chez lui [3]» – peut être envisagé de façon plus large. A savoir, ne pas laisser l’irrationnel parasiter les domaines où la raison doit s’exercer pour le bien commun mais aussi, ne pas assécher l’aspiration spirituelle de chacune et chacun par une raison sortie de son domaine d’utilité.

Par aspiration spirituelle, on entend cet appel qui pousse l’humain à vivre les mystères de la vie et de la mort sans forcément chercher à les comprendre.

Devant ces mystères, l’humain se sent seul face à ses angoisses. C’est en vivant sa part d’irrationalité qu’il pourrait les apaiser par une ascèse, par des rites. Emergence d’un nouveau sentiment mystique ? De nouvelles pratiques religieuses ? D’un type nouveau de spiritualité collective ? C’est l’humanité qui en décidera.

Pour que la raison triomphe là où il faut qu’elle s’impose, l’irrationnel doit aussi recevoir sa part.

Jean-Noël Cuénod

Ce papier est paru dans l’édition de vendredi 6 août 2021 du magazine numérique BON POUR LA TÊTE (https://bonpourlatete.com)

[1] Descartes n’était ni athée ni indifférent religieux mais passons…

(2) La sécularisation, c’est-à-dire la perte d’influence politique et sociale des confessions, a des effets divers et parfois paradoxaux : progression de l’athéisme ici ou ailleurs, fanatisme confessionnel débridé pour remplir de façon hystérique le vide laissé par les institutions religieuses traditionnelles.

[3] Selon la formule bien connue tirée du discours prononcé le 14 janvier 1850 à l’Assemblée nationale par un député de la Seine nommé Victor Hugo !

Commentaires

  • "Mais l’irrationnel n’est pas pour autant effacé et peut surgir à tout instant. Heureusement, car c’est ce qui fait de lui un humain et non un logiciel."
    Je n'ai pas beaucoup de sympathie pour cette assertion. Nous avons tous une part d'irrationnel. On en fait ce que l'on veut. On la favorise ou on cherche à la maîtriser. Il m'arrive de me sentir violent. Je cherche alors à savoir pourquoi, plutôt que de me satisfaire de cette violence. La seule façon de résoudre un conflit est d'essayer d'en ramener ses termes sur un plan rationnel. Si l'on n'y arrive pas, le conflit perdure et s'aggrave. Je n'ai besoin d'aucun dieu ni d'aucune croyance pour cela.
    L'irrationnel est porteur de tous les malheurs de l'humanité, et un des premiers vecteurs de cet irrationnel est la croyance en un dieu, forcément "mit uns"...

  • En somme, votre croyance est celle de l`inexistence de Dieu. Croyance pour croyance, l`essentiel est que cela vous rende heureux autant qu`on peut l`etre.

  • "En somme, votre croyance est celle de l`inexistence de Dieu."
    Vous n'y êtes pas du tout. Il y quelques milliers d'années, les humains se sont inventé des dieux pour essayer d'expliquer leur environnement qui dépassait leur compréhension. Quelles que soient les améliorations apportées par les diverses théologies, il n'en reste pas moins que cela ne fait que rapporter le mystère de la création un cran plus loin. Si un dieu a créé l'univers, qui a créé dieu ? Et donc, on en est revenu au point de départ. Je ne crois pas à l'inexistence de dieu, je sais que c'est une hypothèse inutile dans l'état de nos connaissances. Par ailleurs, je ne pense pas que les humains résoudront le mystère de la création avant leur disparition. Mais ce n'est que mon intuition à moi...
    Si déjà on arrive à comprendre comment cette matière a pu commencer à se reproduire, ce sera assez énorme...

  • Vous n`etes pas aussi difficile a comprendre que ca, Géo. D`un coté l`existence de Dieu ne colle pas avec votre logique cartésienne (qui a créé Dieu, demandez-vous), de l`autre vous pensez ne pas avoir besoin de l`hypothese Dieu alors meme que la question de l`origine de cet univers que vous présumez sans Dieu ne semble pas vous causer de probleme. Ergo, vous etes religieux a l`envers puisque vous croyez en l`inutilité de l`hypothese Dieu a défaut de pouvoir la concevoir selon meme vos propres criteres cartésiens. Tout ca démontre un orgueil certain (le dénominateur commun des négateurs de la création divine) n`est pas bien grave si cela vous aide a obtenir la paix intérieure.

  • "la question de l`origine de cet univers que vous présumez sans Dieu ne semble pas vous causer de probleme." Mais si, cela me pose problème. Mais ce qu'il y a de sûr, c'est que l'hypothèse dieu créateur est largement insuffisante. Elle l'était il y a deux mille ans, mais à cette époque, on ne connaissait pas grand chose. Par exemple que l'Univers est constitué de milliards de galaxies, chacune d'elles comportant des milliards d'étoiles. Cela fait beaucoup de boulot pour un seul dieu...
    De plus, comme je l'ai écrit bien souvent, si l'on prend un millimètre pour un millier d'années, la naissance de l'Univers se trouve à 13.8 kilomètres et la naissance de la Terre à 4.55 km. Votre Christ se trouve à 2 millimètres...
    Je ne me sens en aucune manière orgueilleux de quoi que ce soit, au contraire très humble. Mais votre croyance me paraît nulle et non avenue. Ce qui ne veut pas dire que les hommes trouveront un jour la clé du mystère de la création. Cela me semble une attitude parfaitement humble, soit dit en passant. Vous ne m'en voudrez pas, mais j'arrête là cette discussion creuse, comme toute discussion entre un croyant et un athée...

  • Je ne veux pas discutailler avec vous Géo, mais votre argument "cela fait beaucoup de boulot pour un seul Dieu" est plutot décevant. Par ailleurs, Christ n`est pas Dieu comme vous auriez avantage a le savoir. Christ est un messager de Dieu meme si Rome a un jour décidé pour raison de marketing religieux probablement qu`il était le "fils" de Dieu. Dans l`hypothese de l`existence d`autres especes "intelligentes" parmi les galaxies, rien n`empeche de penser qu`il a pu ou pourra exister des messagers pour chaque espece.

  • Les religions "constituaient naguère encore un filtre à superstitions."

    Les religions sont des superstitions. Qu'elles en remplacent d'autres n'en fait nullement un "filtre". Surtout quand elles ont été la cause directe de nombreuses guerres et massacres de civils.

    "on entend tout. Et surtout n’importe quoi : que ce vaccin tue plus sûrement que le coronavirus"

    Dans le cas suivant, cela s'est vérifié:

    https://www.bing.com/search?form=MOZSBR&pc=MOZI&q=belgique+sept+personnes+vaccin%C3%A9es+d%C3%A9c%C3%A9dent

    Certainement vous n'avez pas non plus entendu parler d'ADE...

    Je ne suis pas anti-vaccin, je demande à pouvoir choisir mon vaccin, ce qui m'est refusé. Et j'ose parler de corruption et de mise en danger de la population quand ce n'est pas le meilleur vaccin qui est choisi. 32 millions de doses pour 8 millions d'habitants, c'est proprement ahurissant. Ou alors s'il faut 4 injections par habitant (bébés et nouveaux-nés compris), c'est que le produit est très mauvais.

  • “Il [l'être humain] veut des réponses à toutes ses questions. Mais des réponses simples et séduisantes. Or, la vie est complexe et ne cherche pas à plaire.”

    Dieu est une réponse simpliste.
    “Dieu a créé les cieux et la terre” est une réponse simpliste.

    • Première question (niveau 1) :
    - qui a créé le ciel et la terre?
    Réponse :
    - Dieu a créé le ciel et la terre.

    • Deuxième question (niveau 2) :
    - qui a créé Dieu?
    Réponse :
    - un autre Dieu, de niveau supérieur à Dieu.

    • Troisième question (niveau 3) :
    - qui a créé l’autre Dieu, de niveau supérieur à Dieu?
    Réponse :
    - encore un autre Dieu, de niveau supérieur à celui qui a créé Dieu.

    • Quatrième question (niveau 4) :
    - qui a créé ...

    On vous le disait, tout s’explique! Il suffit d’un peu d’imagination. Une remarque s’impose, toutefois: dans le fond, ce Dieu qui a créé les cieux et la terre, ce n’est qu’un tout petit Dieu de rien du tout (un sous-fifre d’opérette, en quelque sorte), puisque son niveau se situe au ras des pâquerettes. Ça, on nous l’avait caché... Et si - tragique méprise - nous n’adorions pas le bon? Si ce Dieu - présumé éternel, immuable, omnipotent, omniscient, omniprésent, toute sagesse, toute justice et tout amour - n’était en réalité qu’une grenouille qui voudrait se faire aussi grosse que le boeuf du niveau 2 ? Ou une vessie qu’on voudrait nous faire prendre pour une lanterne ?

    “Qui lui a remis le gouvernement de la terre? Qui lui a confié l’univers?” (Job 34:13), demandait Élihu. Si l’on prend la liberté de remplacer “lui” par “à Dieu” plutôt que par “à l’homme”, on reconnaîtra à Élihu le mérite d’avoir (involontairement) laissé entrevoir les bonnes questions.

    Un autre qui a soulevé le problème, c’est celui qui a rédigé les chapitres 40 à 66 du livre d’Ésaïe: “Qui a configuré l’esprit de l’Éternel? Qui l’a éclairé de ses conseils? Qui l’a instruit? Qui lui a enseigné la sagesse et fait connaître le chemin de l’intelligence?” (Ésaïe 40:13-14; voir aussi Romains 11:34 et I Corinthiens 2:16).
    Oui, qui?

    “L’imaginaire naquit un jour de l’ignorance et engendra des contes merveilleux, voire surréalistes…” (Pierre Mestdagh).

    “En s’attachant à des vérités imaginaires l’homme s’est enivré, a perturbé sa conscience et s’est paré d’un savoir illusoire.” (Pierre Mestdagh).

  • "Devant ces mystères, l’humain se sent seul face à ses angoisses." on ne peut qu`etre d`accord avec ce constat. L`humain a toujours besoin d`etre rassuré par rapport a ce qui lui fait peur (la mort, les catstrophes naturelles, le "mauvais sort", etc...) et cela engendre tout ce que l`on classe dans le domaine des "croyances irrationnelles" (quel euphémisme...). Outre le besoin de se rassure, il peut y avoir d`autres motivations a ces croyances, ainsi le besoin d`obtenir les faveurs de ou des dieu(x).

    Pour ma part, j`imagine mal l`Univers sans une force créatrice, mais j`essaie d`éviter l`idolatrie que je vois chez beaucoup de croyants qui, par leur prieres et rituels, paraissent plus préoccupés de s`acheter un coin de paradis que de s`élever spirituellement. Quant a l`irrationel autour du Covid, cela me semble avant tout etre un produit de l`internet propageant tout et son contraire dans une auberge espagnole planétaire.

  • "Pour ma part, j`imagine mal l`Univers sans une force créatrice" ce n'est rien d'autre qu'une tautologie. Pour qu'une chose existe, elle doit avoir été créée. Personne ne nie cela. Reste à découvrir la nature de cette "force"...
    Et il est peu probable que l'on résolve la question. L'Univers étant en expansion, il est probable qu'il a eu un commencement. Le big bang, produit par l'attraction universelle (encore une loi divine...) s'exerçant sur un Univers précédant le nôtre. Peut-être un gigantesque mouvement perpétuel...mais d'où est venue la pichenette de départ ? Parler de dieu ne fait pas avancer le schmilblick. Cela ne fait que renoncer à la qualité première de l'humain : la raison. Celle qui nous a fait aller sur la Lune, n'en déplaise à certains...

    On est mal barré. Commençons par comprendre ce que sont l'énergie et la matière noires...

  • Lorsqu'une théorie scientifique généralement acceptée se révèle fausse à la démonstration, le véritable scientifique se réjouit, car cela donne un nouvel élan à la recherche.
    Je ne crois pas que l'on trouve l'équivalent en religion.
    P.S. La tendance de certains à traiter de croyance toute forme d'adhésion à un savoir trouve son origine dans le pouvoir dont jouissent les religions constituées. Chaque année 30 000 nouvelles Eglises chrétiennes prennent naissance, dont la plupart cessent leur activité, parfois après plumé quelques milliers de naïfs ou de pauvres hères.
    En dehors de cette croyance en une religion particulière, il ne viendrait à l'idée de personne de mettre sur le même plan le savoir scientifique (même s'il le traite de croyance) et la croyance dans les apparitions de fantômes des châteaux hantés ou les a évocations des voix de défunts dans des séances de spiritisme.
    Le Vatican a eu la sagesse de reconnaître la validité de la Théorie darwinienne de l'évolution, un des points majeurs de dissensions entre le fondamentalistes chrétiens et musulmans et le monde scientifique. Pour cela il en a simplement fait une forme de la sagesse et du pouvoir infini de Dieu.
    Certains croyants (souvent hors Eglise constituée) adhérent à une forme de surnaturel qui expliquerait, on ne sait comment, tout ce qui échappe encore (ou pour toujours) à notre entendement ou notre capacité de théorisation.
    Il leur reste presque toujours une forme de vénération pour la religion ou une forme de religiosité qui leur interdit de faire une distinction entre ce qui est attesté par la théorie ou l'expérience (ou les deux) et ce qui est un désir de compréhension (qui trouve en général sa solution dans le concept de "mystère") et et un sentiment de sécurité, voire de consolation.
    Cette modernité et cette intelligence du Vatican est à saluer, même si elle n'enlève rien aux terribles méfaits de certains de ses dogmes.

  • En complément: ce n'est que le 31 octobre 1992 que le Vatican - en la personne de Jean-Paul II - a reconnu que le soleil tournait autour de la terre et non l'inverse, réhabilitant du même coup Galilée en concédant qu'une «tragique incompréhension» avait marqué son procès.
    Voir https://www.lefigaro.fr/debats/2007/10/31/01005-20071031ARTFIG90056-ce_jour_la_le_octobre_.php

    Le Saint-Office pour l'examen des propositions de censure avait reproché deux choses à Galilée : « avoir tenu et cru la doctrine fausse et contraire aux Saintes-Écritures que le soleil est le centre du monde » ainsi que « avoir tenu et cru qu'une doctrine qui a été déclarée et définie contraire aux Saintes-Écritures peut encore être tenue et défendue comme prouvable ».

    Le Vatican a encore beaucoup de coups de balais à donner devant sa porte. À commencer par l'éradication de la pédophilie au sein de sa hiérarchie. Pourquoi les membres pédophiles du clergé ne sont-ils pas excommuniés (après enquête, bien entendu) ?

  • @Mario Jelmini
    Vous aurez bien compris que je ne faisais pas un éloge général du Vatican, ni du catholicisme, ni de la religion en général.
    Mais en ce qui concerne cette dernière, on peut en faire, me semble-t-il, une application plus ou moins intelligente et généreuse ("humaine" pourrait-on aussi dire), tant du point du vue théorique que du point de vue pratique.
    C'était le cas du polythéisme dans la Rome antique, où selon Edward Gibbon dans son "Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain",
    "Les divers cultes religieux qui existaient dans le monde romain étaient considérés par le peuple comme également vrais; également faux par les philosophes et également utiles par le pouvoir."
    Je rappelle pour mémoire que les cultes des pays ou communautés conquis trouvaient très généralement leur place à Rome, qui leur érigeait souvent des sanctuaires spécifiques. Outre les divinités principales, reprises des Grecs et romanisées par leur nom, il existait à Rome une infinité de divinités locales, domestiques et, ce qui nous paraît plus bizarre, vouées à des actions ou des tâches quotidiennes, allant de celle qui favorisait l'accouchement à celle qui permettait au bébé nouveau né de se nourrir au sein.
    Pour revenir au constat de Gibbon, il faut noter que les philosophes incroyants ne manquaient pas d'accomplir leurs devoirs envers les dieux de la cité, ce qui était exigé des vrais citoyens, bien plus que de croire en eux.
    Si cette politique était appliquée dans nos Etats modernes, on pourrait espérer que la concorde régnerait plus souvent, chacun y trouvant de quoi être en paix aussi bien avec ses convictions intimes qu'avec les exigences de sa vie de citoyens. Mais abrégeons.
    J'en reviens à une distinction qui me tient à coeur (et à l'esprit, comme on dit souvent en français pour désigner l'activité intellectuelle) et dont j'ai déjà dit plusieurs mots dans ma précédente intervention.
    Il convient de faire la différence entre deux sens du mot "croyance", mot qui revient souvent lorsque certains passent du verbe "croire" au substantif "croyance" posant ainsi une équivalence entre une croyance religieuse et une "adhésion" à une théorie scientifique.
    Dans le premier cas, la croyance religieuse, l'essentiel ne se discute pas et se formule dans des dogmes, alors que dans le cas d'une "adhésion" à une théorie scientifique, sa force réside justement dans le fait qu'elle se discute et ne devient jamais un dogme, même si après de multiples preuves de son efficience à travers le temps on finit par la considérer comme un fait. Prenons pour exemple le parcours de la Terre autour du Soleil, qui y a valu à Galilée sa condamnation mort. Un très hypothétique chercheur qui mettrait aujourd'hui ce "fait" en doute, ne serait l'objet que de ridicule, pour autant même qu'il puisse avancer dans sa carrière jusqu'à ce point.
    Disons, pour terminer, un mot de ce que nous appellerions aujourd'hui des "pseudo-sciences, comme l'astrologie et la divination. Elles faisaient partie de ce que les anciens appelaient les "superstitions", pratiquées à grande échelles même par les généraux partant à la bataille.
    Elles s'opposaient ainsi à la "religio" qui, selon Cicéron et certains spécialistes contemporains, serait "le pieux et stricte respect dans l'accomplissement du culte traditionnel." (Il me semble personnellement que faire remonter "religio" à "relier" (j'abrège) est un choix qui tient plus d'un désir de rendre hommage à la grandeur des religions que d'un stricte travail d'étymologie.
    Comme vous le savez, il y a encore tant à dire ...

  • Oui, on serait tenté de dire que les croyances commencent la ou finit la science et que celle-ci gagnant sans cesse du territoire, les croyances finiront par disparaitre. Cependant, il se trouve que la pensée rationnelle a la base de la science est par essence incapable de tenter meme de répondre a cette question: qu`y avait-il avant qu`il y eut quelque chose ? Ou encore: comment peut-il naitre quelque chose de l`absence de toute chose ? Ce n`est qu`en sortant du cadre cartésien que l`on peut a la fois concevoir (autant que cela nous est possible) a la fois la naissance de tout a partir de rien et l`existence d`une force créatrice - que l`on nomme Dieu - affranchie de la contrainte cartésienne d`avoir du étre créée par une précédente force créatrice (ce qui ne ferait que repousser la question, comme dit Géo).

  • Est-ce ce en quoi l`on croit qui compte ou ce que l`on gagne en paix intérieure a y croire ? Les empereurs romains se fichaient des croyances religieuses des populations sur lesquelles ils régnaient tant que ces croyances ne remettaient pas en question leur nature divine. Le hic, c`est que les religions qui acceptaient la nature divine des Césars n`avaient guere pour but de donner la paix intérieure, mais plutot a rendre les populations résignées au pouvoir sans limite des "divins" Césars. Je ne suis pas certain que vous aimeriez vivre dans une telle société lobotomisée, Mario, mais peut-etre me gourre-je ?

  • ""Complotisme: pour temps athée...s"" ou pourtant athée ? Transformer les dieux Pharaons en un dieu dans la tête des ouailles fut un travail de longue haleine, des philosopheux et autres penseurs y mirent tout leur talent, les romains aussi.

    Tout est dans la tête, le paradis l'enfer et le tribunal divin, fallait y penser. Penser ou croire telle est la question. Etre agnostique permet de rester dans son canapé, lire, philosopher et papoter ou pianoter sur son ordi. Etre athée juste pour être contre, aussi.

    Etudier le pourquoi des croyances et des religions est une autre paire de manche. Mon Saint Ordinateur, pourtant Athée, n'est que l'instrument de mes six sens encore faut-il bien jouer......

    Mieux que les bouquins? Allez savoir.

    Affronter la naissance la vie et la mort est une autre histoire.

  • Tout cela est vrai et je me suis exprimé en ce sens, mais les religions ne laissent pas forcément la raison aux portes de l'irrationnel, la théologie chrétienne voulait aussi être dans la compréhension des mystères. Compréhension intuitive, disait en substance François de Sales, mais compréhension tout de même. Le dogme de la Trinité par exemple permettait cette compréhension. Donc il faut encore distinguer entre la pensée qui reste dans la sphère physique et celle qui pénètre les mystères. Mais on ne peut pas interdire à la pensée de pénétrer les mystères. Et si le complotisme est bien une superstition irrationnelle très répandue dans les pays athées, on a aussi le droit d'essayer de saisir le sens providentiel et moral des pandémies, comme le faisait intuitivement la théologie. On a le droit de considérer que les phénomènes physiques émanent de la vie morale des dieux, ou des anges. Et d'en chercher le détail précis. La religion chrétienne et en particulier catholique a été rejetée par les philosophes agnostiques parce qu'elle pénétrait de cette façon les mystères - parce qu'elle rejetait l'adage selon lequel Dieu était impénétrable à la connaissance. Quant à la nature de Dieu, les chrétiens pensent la connaître, disait saint Ambroise à des philosophes païens qui voulaient nier que cela fût possible. Il est impossible de séparer totalement la raison de la vie spirituelle, et les mythes lient les deux, comme vous l'avez dit. Mais justement, ils sont interdits au même titre que les romans policiers sur les maladies, on ne peut pas même dire que des démons par exemple répandent les maladies. Finalement le complotisme matérialiste est plus autorisé que la sonde prophétique à la Joseph de Maistre.

  • Vivement quelques tankas, cher maitre !

  • Bonsoir M. Cuénod,

    Vous paraissez convaincu que les promoteurs de la politique vaccinale ont une meilleure connaissance des faits que les "anti-vax" si vite qualifiés de complotistes.

    Sur les faits justement, que vous inspirent les dernières nouvelles en provenance d'Islande?

    Autre question : que pensez-vous de ce point de vue exprimé sur FB par Mme Marie Estelle Dupond, psychologue, auteur : "Quand on a du pouvoir, si on n' a pas travaillé sur ses peurs, - ses peurs de la mort, de la maladie, son rapport au réel -, on l'érige en loi !"?

    Merci pour vos réponses.

    Roland Bourdin

  • C'est quand même étrange de constater que le "complotisme" est soudain devenu l'ennemi publique numéro un de la gauche. Après tout ne sont ils pas les complotistes de la première heure ? Ceux qui croient depuis toujours au pouvoir obscure des multinationales, qui considère comme des complots de riches et puissants le forum de Davos ou le groupe Bilderberg ?

    Et voilà qu'il suffit d'une pandémie pour les transformer en bon petits soldats des multinationales de la pharma dont les produits et méthodes ne sauraient souffrir d'aucune critique.

    Il doit bien y avoir une explication. C'est probablement que le contrôle de la population et l'éradication de la responsabilité individuelle est plus important pour la gauche que quelques milliards de profit des big pharma, de toutes façons on les récupérera après le grand soir, quand toute les multinationales seront étatisées. LoL

  • "Mais on ne peut pas interdire à la pensée de pénétrer les mystères" Pour les croyants, il y a un mystère. Ben oui, suffit de gérer en entrainant les gamins malgré eux aux croyances du saigneur et des seigneurs.

    S'accaparer de la naissance de la vie et de la mort pour faire croire au paradis et l'enfer et gare au tribunal des flagrants délires.

    les religions n'ont jamais été un filtre au superstitions, elles ont entretenu celles-ci. Ce monde après plus de deux mille ans de superstitions judéo-chrétiennes et maintenant islamique est incapable de regarder la réalité. Une réalité ou le danger de plusieurs conflits mondiaux ajoutés au réchauffement climatique et ses conséquences ne trouveront pas de solution avec dieu hibou.

    Demandez aux petits afghans, aux femmes musulmanes voulant s'émanciper des croyances au sexe de leurs mâles; tiens, demandez à tous les enfants de la planète qui crèvent de faim ou subissent les armes des adultes avec leurs croyances, ou au minimum regardez les crever, vous aurez la solution, la réponse, peut-être......

    Arrêtez avec ces croyances qui servent les royautés depuis les Pharaons et leurs traîtres de prêtres de tous poils.

    Samedi, des milliers de gens ignorants vont manifester en France tous sont Athées?

  • Islam, Afghanistan, ignorance etc. 1000 milliards de dollars sans compter ce que les autres pays occidentaux ont donné en argent et en matériel n'ont pas suffit a détruire les Talibans. Des centaines de morts et handicapés occidentaux, n'ont pas rendu possible la mise en place d'une démocratie et de Libérer les femmes des croyances débiles des mâles. Nous allons assister à un renforcement des bases de groupes terroristes, aidés par le Pakistan qui détient la bombe nucléaire soit dit en passant. Les deux "islam" Chiite et Sunnite vont se frotter les mains en compagnie de la ligue arabe en indiquant que l'islam c'est pas ça. La référence, c'est mahomet le pédosanguinaire qui a égorgé des centaines de sémites à Médine et violé en veux-tu en voilà au même endroit. Nos idiots utiles de tous poils et de toutes les coleurs en passant par la CGT FO CFDT et CFTC pour les principaux nous raconterons le monde des bisounours, le monde de leurs idéologies marxistes anti capitalistes, anti juifs et anti sémites, une autre maladie mentale reconnue. les afghanes et les gamines se souviendront que semer la démocratie dans un pays musulman ne sert à rien tant que la feuilles de route: le coran est la base pour chaque croyant. Raconter que tous les musulmans ne sont pas comme ça est un leurre à carpe. L'université Al Azhar du Caire et la ligue arabe ont une stratégie claire, appliquer. le coran avec comme modèle, mahomet.

    Les croyances islamiques sont terrifiantes

  • Islam, Afghanistan, ignorance etc. 1000 milliards de dollars sans compter ce que les autres pays occidentaux ont donné en argent et en matériel n'ont pas suffit a détruire les Talibans. Des centaines de morts et handicapés occidentaux, n'ont pas rendu possible la mise en place d'une démocratie et de Libérer les femmes des croyances débiles des mâles. Nous allons assister à un renforcement des bases de groupes terroristes, aidés par le Pakistan qui détient la bombe nucléaire soit dit en passant. Les deux "islam" Chiite et Sunnite vont se frotter les mains en compagnie de la ligue arabe en indiquant que l'islam c'est pas ça. La référence, c'est mahomet le pédosanguinaire qui a égorgé des centaines de sémites à Médine et violé en veux-tu en voilà au même endroit. Nos idiots utiles de tous poils et de toutes les coleurs en passant par la CGT FO CFDT et CFTC pour les principaux nous raconterons le monde des bisounours, le monde de leurs idéologies marxistes anti capitalistes, anti juifs et anti sémites, une autre maladie mentale reconnue. les afghanes et les gamines se souviendront que semer la démocratie dans un pays musulman ne sert à rien tant que la feuilles de route: le coran est la base pour chaque croyant. Raconter que tous les musulmans ne sont pas comme ça est un leurre à carpe. L'université Al Azhar du Caire et la ligue arabe ont une stratégie claire, appliquer. le coran avec comme modèle, mahomet.

    Les croyances islamiques sont terrifiantes

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