Poésie à lire et à ouïr- DECONFITEOR !

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Qui sera pris dans la toile ? / L’homme a un destin de mouche (Gettyimages)
Retour à l’anormal. L’Europe déconfine à plein tube. La Chine reconfine à plein régime. L’Inde fait les deux en même temps. Entonnons tous ensemble en se frappant la poitrine, le Deconfiteor, version déconfinée et déconfite du Confiteor, prière où le fidèle reconnaît ses fautes. Sauf Macron, heureux d’être lui et fier de son action. Retour à l’animal aussi avec la 12e suite des Tankas covidiens.

A LIRE

Onde maternelle

Courant sur la peau du lait

Caresse fantôme

             Nostalgie en embuscade

             Tout faire pour l’éviter

 

Destin confiné

Prisonnier des fenêtres

Fermées par l’averse

            Pour s’évader une brèche

            Sur le chemin de tes mains

 

C’est un mauvais signe

Quand les songes font les singes

Lit devenu jungle

            Grand Fauve insomniaque

            Lance l’éclair de ses crocs

 

Ruisseaux des rues

Dérisoires arrosoirs

Ruisseaux des prés

            Sans eux rien n’est possible

            Ni les villes ni les champs

 

L’araignée tricote

Son univers de pièges

Silence mortel

            Qui sera pris dans la toile ?

            L’homme a un destin de mouche

 

Rire palmipède

Quand se pressent les passants

Sur les quais frileux

            Dos ronds pas saccadés

            Sous les lazzi des canards

 

La pluie s’acharne

A tirer les vers du nez

Au vieux mur borgne

            Protégé par le lierre

            Il retient ses secrets 

 

Où la vie se niche

Une pépite palpite

Au cœur de la boue

            Ciel et fange noués

            Dans les liens de l’orage

 

Majesté de l’œuf

Parfait dans sa nudité

Chasteté féconde

            Ange du ciel venu

            Par l’anus d’une poule

 

Fièvre des marais

Le grand bouillon du printemps

Nous prend pour épices

            Crapauds grenouilles nous sommes

            Et paramécies aussi

 

Traces de limace

Sur les âmes en jachère

Collantes rancunes

            Nous vivons des temps baveux

            Où nous marchons sur nos ventres

 

Au creux du matin

Inépuisable musique

Du soleil au sol

            La rosée va rendre l’âme

            A la nuit maternelle

Jean-Noël Cuénod     

A OUÏR


podcast

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