AUX CONFINS DU DECONFINEMENT

Imprimer

RoyaleJo.jpg

La grande nuit / Accoucheuse en diamant / Déploie ses orages. Illustration: ©Royale Georgette

Le déconfinement réserve plein de chocs. Entre ceux qui désirent que tout revienne comme avant, les autres qui veulent que tout change et les autres, sans doute les plus nombreux, qui souhaitent changer de monde, un peu, tout en le conservant, beaucoup. Petits chocs, cela dit, en comparaison avec la violence des faillites et du chômage. En attendant, 10e série des tankas à lire et à ouïr.

A LIRE

La ville s’ébroue

Secoue ses poils de sommeil

Hésite sur le seuil

                       Sortir est une aventure

                       Mais rester en une autre

 

Le masque et le musc

Dérobent ta silhouette

Enrobe mon âme

                       Je tangue dans ton sillage

                       Comme une barque trop frêle

 

Babils et blabla

Qui croire quand tous croassent

A fendre nos crânes ?

                       Faut-il dorer les pilules

                       Au soleil de nos mensonges ?

 

Morceau de vie partagé

Sous les ombrages de mai

Maladroits émois

                       Retour en adolescence

                       En évitant la police

 

Tous rideaux tirés

C’est le règne de la jupe

Tous liens défaits

                       Elle tombe en frémissant

                       Pour que s’élève ton corps

 

La grande nuit

Accoucheuse en diamant

Déploie ses orages

                       Laisse au matin sur le pré

                       Sa sueur et son suaire

 

Grains de lumière

Semence d’étoiles mortes

Nuit utérine

                       Accouchement éternel

                       Le mort saisit le vif

 

Les larmes des roses

Sèchent sur la peau des pierres

Mémoire du vent

                       L’invisible est un parfum

                       Qui prend le cœur à la gorge

 

Plaies de sang solaire

Sur le ciel tatoué

Par des nuages sauvages

                       Les toits dressent leurs antennes

                       Fauves urbains à l’affût

 

D’où est-il sorti ?

De quelle fenêtre ouverte ?

De quel par fermé

                       Quel cœur l’a-t-il retrouvé

                       Le chant des vieilles colères ?

Jean-Noël Cuénod

A OUÏR


podcast

Lien permanent 3 commentaires

Commentaires

  • Superbe image! Et beau poème... Dans les antennes des toits il y a des spectres griffus à l'assaut du ciel, peut-être.

  • Et après le déconfinement c'est la déconfiture pour beaucoup!

  • Là on sent comme un grand coup de mou sur france info/france culture/france inter, (france un faux!)!!! C'est très bon signe, ils ressortent les veux nanars, et les ragots dignes de gala et paris match! Ce printemps est magnifique vivons le pleinement! En espérant que les dégâts seront limités! Et prenons contacte avec les personnes âgées qui là vont souffrir du chaud! La poésie sauvera le monde!!!

Les commentaires sont fermés.