Covid19 : poésie à lire et à ouïr – LE TEMPS CONFINÉ (5)

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©Burlingue (Xavier Bureau) a créé ce dessin avant l'arrivée de Covid19. Plutôt prémonitoire!

L’un des effets surprenants du confinement ne serait-il pas le regain d’intérêt pour la poésie que l’on constate ici ou là, voire ici et là ? C’est le signe des grands bouleversements. Après les deux Guerre Mondiales, la poésie avait repris toute sa vigueur. Mais la Guerre Froide l’avait plutôt gelée. Alors saisissons ce moment, si rare. Le Plouc continue sa série de tankas sur LE TEMPS CONFINÉ. Nouveau: à la suite, un sonnet de l'ami Marc Delouze.

A LIRE

Revenir de loin

Sans quitter son canapé

L’œil émerveillé

                       Vin vieux dans votre cave

                       Recevez la part des anges

 

Tous chevaux lâchés

Conquérants de l’immobile

Partez vers vous-même

                       En vous guerre déclarée

                       Vos démons en embuscade

 

L’ennui vous gagne

Apprivoisez l’animal

Poil rêche et cœur tendre

                       A force de tuer le temps

                       Votre espace a rendu l’âme

 

Sur la corde à linge

La robe cherche son corps

Danse en attendant

                       Sur quelle peau se glisser ?

                       Vers quel parfum s’envoler ?

 

 Fenêtres ouvertes

Le rideau gonfle ses voiles

Larguez vos amarres

                       Mer intérieure agitée

                       Imperturbable océan

 

L’âme en broussaille

Et les cheveux en jachère

Votre matin guette

                       Vous taillez votre journée

                       Sur le bois de l’imprévu

 

L’air léger se glisse

Comme un espoir qui frissonne

Fermez la fenêtre

                       Il n’est pas encore venu

                       Le temps de la délivrance

 

Jean-Noël Cuénod

A OUÏR


podcast

En écho à ces tankas ci-dessus, mon frère en poésie Marc Delouze a écrit cet impressionnant sonnet que je m'empresse de publier avec gratitude. Merci Marc!

 

Le sonnet du présent rongé de l’intérieur

Sous le calme des rues les clameurs étouffées.
Sous les eaux silencieuses du port désert
Les monstres marins des enfances désespèrent.
Sous le poème l’incendie des os brisés.

Tout est tranquille, il pleut de longs silences bleus
Sur la croupe des quais, sur les cheveux des mâts.
On avance à la godille, on tremble à chaque pas.
Pitance abandonnée sur les étals des dieux.

Que faire alors de tout ce temps, comment tenir ?
Encagé dans les gestes contraints, le présent
Avale le passé crache sur l’avenir.

Quand les loups affamés dévorant l’univers
Déserté, vomissent sur les agonisants,
Que pèse le sonnet, que vaut le dernier vers ?

Fécamp 18/19 avril 2020

Lien permanent Catégories : Poésie L'Or du temps 7 commentaires

Commentaires

  • Mon préféré c`est l`avant-dernier. En voici un vite fait sur le gaz:

    A bord du Covid
    La vigie rugit: terre !
    Est-ce un mirage ?

    Les matelots sont a bout
    Souquez ferme, oh hisse !

  • D`aucuns pensent que Covid est le vengeur masqué de la nature bafouée...

    Un corona, qui surgit hors de la nuit
    Court vers l'aventure au galop
    Son nom, il le signe à la pointe du confinement
    D'un C qui veut dire Covid

  • Toujours comme la nuit
    Froid comme le vent
    Ne pense pas que je verrai
    Mon bébé à nouveau
    Le sourire de son diable
    Je l'ai volée
    Jusqu'à ce qu'elle soit de retour
    Mon cœur sera
    Toujours comme la nuit
    Froid comme le vent

    Toujours comme la nuit
    Froid comme le vent
    Maintenant ses lèvres chaudes
    L'embrassent
    Je ne peux pas manger, je ne peux pas dormir
    Veuillez lui faire voir
    Jusqu'à ce qu'elle soit de retour
    Mon cœur sera
    Toujours comme la nuit
    Froid comme le vent

    Toujours comme la nuit
    Froid comme le vent
    Un fou amoureux
    Ne peut jamais gagner
    Non je ne peux pas pardonner
    Non je ne peux pas être libre
    Jusqu'à ce qu'elle soit de retour
    Mon cœur sera
    Toujours comme la nuit
    Froid comme le vent

    https://youtu.be/_rGwDZx7uEc?list=PL9Usv-OWgUF9u_ab29zAuckUZuBQzZ2kh

  • Pour accorder le pardon il faut s'adresser au ciel, ou ce que l'on ressent ainsi, tel l'amour… pour qu'il accorde le pardon de sa part comme de la nôtre sans oublier de nous demander si, de notre côté, nous ne provoquons jamais les offenses, les trahisons ou la violence...

  • Dans "Tintin et la malédiction du pangolin", il y a un moment ou le professeur Tournesol invente le vaccin qui va sauver le monde et la Castafiore se met a chanter de joie mais sa voix fait éclater l`éprouvette contenant le vaccin miraculeux. Le capitaine Haddock lache un gros chapelet de jurons et se verse un grand verre de whisky pendant que Milou lappe le vaccin répandu sur le tapis persan du grand salon de Moulinsart. Arrivent les Dupont et Dupond déguisés en mandarins chinois et tenant en laisse le pangolin maudit qui rigole comme une baleine. Tintin, catastrophé, se met a secouer Tournesol qui du coup en perd toutes ses graines et oublie la formule du vaccin. Que s`est-il passé apres ca ? Vous le saurez en lisant "Tintin et la malédiction du pangolin".

  • Dans la scene suivante de "Tintin et la malédiction du pangolin" nous voyons la Castafiore rongée par la culpabilité d`avoir anéanti avec ses octaves intempestives le vaccin qui aurait pu sauver l`humanité. La malheureuse s`est faite moinesse dans un couvent bouddhiste de l`Ordre des bhikhunis situé dans une vallée perdue de l`Himalaya. Elle se désole tellement que Bouddha est pris de compassion et finit par lui apparaitre pour lui remettre la recette du vaccin écrite au verso d`une vieille facture de garagiste dont on se demande ce qu`elle vient faire dans l`histoire. Le hic (comme dirait le capitaine Haddock) est que Bouddha, en indécrottable plaisantin, a écrit la recette... a l`encre invisible (si si) ! Mise au courant du prodige, la supérieure du couvent révele a la Castafiore que l`encre invisible du Bouddha peut etre révélée avec un extrait a 40% d`un pavot poussant abondamment sur le versant de la vallée de Pa-fhol-laghepp ou paissent les gazelles sacrées a cinq pattes. Voici donc la Castafiore tant bien que mal installée sur le dos d`un yack de location, en route pour la vallée des gazelles sacrées afin d` y récolter le pavot qui va pouvoir révéler la recette du vaccin providentiel. Suite au prochain épisode.

  • On a dit que la malédiction du coronavirus prouve avec évidence la non existence de Dieu mais la présence comprise et enseignée divine par la Bible n'est pas inconditionnelle et pour résumer nous avons à cultiver la, morale, l'éthique, l'altruisme soit soin de soi-même, de l'autre, de la planète …

    Feuille de route claire.

    Or pollutions empoisonnement de la terre, de l'eau, de l'air et des esprits.
    Misère
    Souffrance animale, etc.

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