Poème à lire et à ouïr – LE TEMPS CONFINÉ (2)

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Retour à notre petite suite de tankas pour ce temps confiné. Un temps propice aux jeux de la poésie. Les formes d’origine japonais haïku (5-7-5 pieds) et tanka (5-7-5 puis 7-7 pieds) s’y prêtent particulièrement. Certains de mes correspondants sont partis à leur découverte. Sans quitter leur maison, bien sûr… Captez ces instants par les mots comme vous photographiez un paysage avec votre portable. Parce qu’ils sont imaginés, les mots sont parfois plus imagés que les images !

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Sur le trottoir ébloui / En allant chercher du pain ©JNC

A LIRE

Lever de soleil

Sur tes monts sur tes vallées

Ombre douce et rouge

                 Le camion des poubelles

                 A dissipé la magie

****

Odeur de café

Le jour frise tes cheveux

Grincement des stores

                 Les rêves sont relégués

                 Dans le pouf à linge sale

****

Lent balancement

De tes hanches serpentines

Marche inexorable

                 Sur le trottoir ébloui

                 En allant chercher du pain

****

Danse avec l’averse

Tu passais entre les gouttes

Faisant fi des flaques

                 Gouttes de diamant

                 Sur ta chevelure

****

A midi sonnant

Le soleil et les persiennes

Font de toi un zèbre

                 Mais en sortant dans la rue

                 Tu deviens antilope

****

En pleine sieste

Les persiennes te percent

De leur ombre ardente

                 Le songe prend corps

                 Et ma main t’attend

****

Ton ombre se meut

Sous la voûte des platanes

Ta jupe frémit

                 Mais le soleil te dissout

                 Laissant ton âme à la rue

****

Le cosmos est vide

Je ne vois pas ton étoile

Et sur terre j’erre

                 J’attends dans le creux des heures

                 Le doux tic-tac de tes pas.

****

 Sur la peau ton souffle

Apaise revivifie

Douce guérison

                 Terre et ciel mélangés

                 Par tes mains de vent de vie

Jean-Noël Cuénod

A OUIR


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Commentaires

  • Frais, les tankas, frais! Sans charrier, ils me bottent tous, surtout le premier.

  • Non sans admirer on peut se sentir un peu réticente à l'idée d'entrer dans une chambre à coucher de personnes que l'on ne connaît pas au point de ne les avoir jamais rencontrées de visu.

    Le mot peau rejoint le toucher, le tact, le doigté, la délicatesse

    ce qui me fait retourner à Lourdes où l'on appela vierge une femme mariée, Marie, laquelle à moins telle Gargamelle d'avoir accouché par l'oreille vierge ne pouvait plus l'être.

    Un gynécologue obstétricien expliquera comment une femme qui n'a pas vécu l'acte sexuel mais simplement des manifestations amoureuses peut se retrouver enceinte.

    Bernadette qui savait lire et écrire mais qui n'était pas scolaire la première fois ne parla pas de Marie mais dit "cela" puis la vision prit forme et porta une robe qui avait été celle d'une jeune fille Présidente des Enfants de Marie, Elise Latapie, décédée depuis peu ce qui fit dire à sa tante que Bernadette était médium.

    On la poussa au couvent à la lingerie alors qu'elle avait prouvé pendant la guerre qu'elle était une infirmière exceptionnelle.

    La communion catholique sous la forme d'une hostie évoque un peu un comprimé d'aspirine composée et parfois apporte comme un réconfort , un fortifiant de la part du Christ qui ne se présentait pas théologien mais médecin.

    Une poésie pour les petits enfants fait dire à une maman hirondelle à sa petite hirondelle d'"ouvrir son aile au vent" comme nous sommes invités à nous ouvrir au souffle de l'Esprit de vérité ou Saint-Esprit lequel, pour les croyants, peut-être, ne parlerait pas d'hier mais d'aujourd'hui:
    ces êtres infirmiers ou enseignants en France tellement méprisés jusqu'à l'épidémie du coronavirus couverts de lauriers aujourd'hui...

  • /Tranche de vie/

    La lune verte
    Guigne par la fenetre
    De ma chambrette

    La bouteille d`absinthe
    Reflete son sourire.

  • Interdit de stationnement dans les yeux, dans l'âme ?
    Pas mal la porte,
    J'aime bien vos tankas.

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