CLIMAT, MENSONGE ET SONGE (03/11/2021)

AVAssetExportPreset1280x720_V2F_2021-11-02_16-53-00_667.PNG

Christine Z, pour entrer en forêt...©BEAURECUEIL-Forge de la poésie

Quelles fausses promesses, quels vrais reniements nous réserve la Cop26 ? On commence à en avoir une petite idée. Transformer le mensonge en songe pour changer d’ère. Et, par le vecteur de la poésie, entrer en forêt comme jadis certains entraient en religion. Nous sommes toutes et tous des chamans qui s’ignorent. Nouvelle série de tankas à lire, à ouïr, à voir.

Forme poétique née au Japon le tanka est l’ancêtre oublié du haïku. Il est composé de deux partie, la seconde (un couplet de 7 pieds par ligne) prolongeant la première (un tercet de 5, 7 et 5 pieds par ligne) avec un petit pas de côté.

A LIRE

Quand tout est mensonge

Réintégrer la forêt

Où les arbres parlent

            Essentielles essences

            Au verbe de lumière

 

D’un cri le corbeau

Déchire l’air comme un drap

Laissant nu le soir

            L’ombre devient nuit

            Dans l’herbe à peine un murmure

 

Dans les marécages

Les rainettes psalmodient

D’antiques prières

            Rituel quotidien

            Pour que revive le jour

 

L’éclair d’un héron

S’abat sur le dos du pré

Stupeur alentour

            Révérences des iris

            Et tremblements des grenouilles

 

L’aboi du chevreuil

Court de colline en colline

La peur ou l’amour ?

            Peur et amour même voix

            Persévérer dans la vie

 

A travers la brume

Le visage de nos morts

Se reconstruit

            Mais le soleil met bon ordre

            Pour effacer le miracle

 

De joies de malheurs

Les pierres ont tant captés

Qu’elles crient à tue-tête

            Mais qui peut les écouter

            Dans le silence des sourds ?

 

Tout est sur ses gardes

Quand la forêt se déplie

Sous les coups du vent

            Tout foisonne tout frissonne

            Puis tout s’éteint se tait

 

La source jaillit

Entre deux seins de rochers

Aux mousses complices

            Exquise extase d’été

            Au creux des mains le bonheur

 

J’ai caressé l’aube

Pour que la nuit demeure

Au creux de mon lit

            Etouffer sous l’édredon

            Le temps et ses sortilèges

Jean-Noël Cuénod

 A OUÏR


podcast

A VOIR

Christine Z a mis en danse ces tankas dits par l’auteur.

11:48 | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : climat, cop26, haïkus | |  Facebook | | |