Confinement? A quel complot se vouer ? (27/02/2021)

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Ceci n'est pas un ornithorynque...

Au secours ! La marée des complots me roule dans ses flots tumultueux, me tire vers le fond, me propulse à la surface, infernal yoyo qui m’emporte au large. La côte de la raison s’éloigne toujours plus, jusqu’à disparaître. Chaque fois que menace le reconfinement, les complots augmentent le volume de leur bruit médiatique sur les réseaux sociaux.

Parmi les complots les plus déferlants, figure celui qui dénonce une sorte de pacte conclu entre le Parti communiste chinois, les GAFAM (Google Amazon Apple Microsoft), la Big Pharma et l’Organisation mondiale de la santé. Le but : imposer à la planète le confinement.

Ce serait grâce à cet enfermement collectif sous prétexte sanitaire que le nouveau Staline Xi Jinping a renforcé encore plus la mainmise du Parti sur ses sujets : le soulèvement de Hong-Kong ? Balayé ! La révolte de Ouïghours ? Oubliée ! La voix des dissidents ? Eteinte! Le pic totalitaire est atteint avec le développement accru du crédit social[1] permettant un contrôle sur la population chinoise (et sur les résidents étrangers) qui réduit Big Brother à l’état de moniteur pour colonie de vacances.  

Quant aux GAFAM, chacun sait à quel point la pandémie leur a été bénéfique. Par rapport à 2019, Amazon a vu son chiffre d’affaires s’accroître de…38% au moment même où s’effondre des millions d’entreprises, grandes et petites, sur la planète. Même progression à deux chiffres pour les autres (lire à ce propos le site Statista (cliquez ici).

Pour la Big Pharma, l’équation est d’une élégante simplicité : pandémie mondiale=médicaments= vaccins = profits himalayesques.  

Et l’OMS ? Les complots la désignent comme se trouvant sous forte influence chinoise ; c’est elle qui a fait la promotion de la stratégie du confinement adoptée à des degrés divers par une majorité d’Etats.

A qui profite le crime covidien ? A l’ornithorynque !

A l’évidence, le crime covidien profite à cet Empire sino-cybernétique qui concilie communisme autoritaire, capitalisme numérique, capitalisme industriel et bureaucratie internationale. Une sorte d’oxymore sur quatre pattes qui tiendrait de l’ornithorynque géopolitique.

Comme dans tous les polars – et toutes les enquêtes de police judiciaire – nous avons donc face à nous :

  1. un mobile, (l’appât du gain et la passion du pouvoir) ;
  2. un mode opératoire (le confinement) ;
  3. quatre suspects susmentionnés.

Il reste maintenant à déterminer les liens entre ces trois composantes. On voit bien que le mode opératoire a permis au mobile de s’exprimer. Mais quel est le lien entre ces deux éléments et le troisième, à savoir les quatre suspects ? Or, c’est cette dernière relation qui est déterminante pour désigner un coupable. Car il y a toujours un coupable, c’est forcé ! A chaque effet, sa cause. Logique. Apparemment.

Pour que ce lien présente une valeur probante, il faudrait tomber sur des documents écrits dont la véracité ne fasse aucun doute. Ou au moins, une série de témoignages qui se recoupent sans ambiguïté. Hélas, rien de tout cela. Ce serait trop beau. Quant à la reine des preuve, l’aveu, vous pouvez toujours courir pour l’arracher à Xi Jinping, Bezos et Compagnie.

Le faisceau d’indices, cette planche de salut

Nous voilà donc contraints de nous rabattre sur cette planche de salut des enquêteurs policiers, des magistrats instructeurs ou des auteurs de polars : le faisceau d’indices formant preuve. C’est-à-dire, selon les doctrines du droit les plus courantes : un « ensemble d'indices qui, pris isolément, ne suffisent pas à apporter une preuve mais qui pris ensemble constituent cette preuve ».

Les différents acteurs des canaux médiatiques vont alors s’en donner à cœur joie pour réunir ce faisceau. Ils ne manqueront pas de mettre en exergue les multiples versions contradictoires données par les autorités sanitaires – internationales, nationales, voire régionales – et politiques, les experts, les savants de Marseille et d’ailleurs.

 Comme tout ce beau monde a réellement dit tout et surtout n’importe quoi, il est aisé de transformer ce tohu-bohu en écran savamment tissé pour occulter le « Pacte » sino-cybernétique. S’il y a écran, il y a donc forcément vérité dérangeante à cacher. Un indice sérieux. Pas encore une preuve. Mais presque.

Moult experts affirment que le confinement est une mesure qui a démontré son inefficacité pour enrayer les pandémies passées. Son recours massif ne s’explique donc pas sur le plan médical. Le confinement poursuit d’autres buts. Suivez mon regard… Un indice de plus.

Toujours selon la parole d’experts qui citent des statistiques, la dangerosité du Covid-19 a été outrageusement exagérée par rapport à d’autres maladies encore plus ravageuses. Si l’on a fait du coronavirus l’ennemi public No. 1 de la planète, c’est bien pour mieux nous contraindre au confinement, non ? Et voilà un autre indice.

De même, sur les réseaux sociaux, cette idée circule : la transmission du Covid-19 par des personnes infectées mais ne présentant pas de symptômes a été documentée par des études chinoises. Vous suivez toujours mon regard ? La « transmission asymptomatique » est l’un des principaux arguments avancés par les autorités pour décréter le confinement.

Causes et effets ? Cause toujours !

Si l’on met bout à bout tous ces indices, on ne manque pas d’être troublé. On serait tenté de sauter le pas et de voir dans ce faisceau la preuve que cette « bande des quatre » (Chine, GAFAM, Big Pharma, OMS) est coupable de « Confinement sous contrainte en réunion ».

L’ennui, c’est que d’autres voix, tout aussi autorisées ou autoautorisées, apportent une contradiction tout aussi convaincante : les contradictions multiples ne sont le fruit que des hésitations face à une réalité qui ne cesse de nous échapper ; le confinement a permis de limiter les dégâts comme le montre d’autres statistiques ; celles et ceux qui ont été atteints par le Covid-19 peuvent témoigner qu’il ne s’agit pas d’une simple grippe et que, dans de nombreux cas, certains symptômes persistent après la guérison ; la « transmission asymptomatique » a été dûment constatée ailleurs qu’en Chine.

Peut-être que je m’aveugle en ne prenant pas pour argent comptant le complot sino-cybernétique et que je passe à côté d’une vérité que je ne veux pas voir par paresse intellectuelle ou par couardise. Ou peut-être pas.

Dans tous les cas de figures, ce qui nous fait errer, c’est la certitude que nous avons chevillée à l’esprit qu’il y a forcément une cause à chaque effet, un coupable pour chaque victime. Or, il y a parfois des victimes sans coupable et des effets dont on ignore la cause.

La science réduit cette ignorance. Mais il y a toujours « quelque chose qui échappe ». Peut-être existe-t-il une Cause Majeure enfantant les causes mineures qui sont à leur tour productrices des effets que nous constatons, ici et maintenant. Allez savoir…

Jean-Noël Cuénod

[1] A lire cet excellent reportage de GEO (cliquez ici)

 

 

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