vie

  • 8 BÉATITUDES pour PÂQUES 17 

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    Que vous possédiez ou non la foi, ne passez pas à côté de ce voyage, celui de Jésus le Christ ; c’est du vôtre qu’il s’agit. Injustice, injure, torture, trahison, abandon, angoisse, indifférence, mépris, mort… Autant d’étapes franchies par le Fils de l’Homme. Laissez dans l'ornière les églises et leurs dérives. Que vous guide le nombre 8.

    A lire ci-dessous et/ou à ouïr ce fichier audio du poème dit par l'auteur

     
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    Et danse le Christ danse danse

    Dense est la pluie sur nos cendres

    Sombre haleine exhalée du sol

    Soleil de sel chauffant l’humus

    Humide des vieilles colères

    Choléra serpent des ruines

    Runes griffées sur les pierres

    Pire menace à l’horizon

     

    Et danse le Christ danse danse

    Dense est la moiteur de la chair

    Parchemin où la peur s’écrit

    Cri surgit du cœur de la gorge

    Forge des paroles de fer

    Fertilité du champ des morts

    « Morts ! Laissez les morts s’enterrer »

    Terre Terre voici la vie !

     

    Et danse le Christ danse danse

    Dense est la vie au sein des morts

    Meurt et revit dans le souffle

    Souffre en creusant ton souterrain

    Sous tes reins palpite le monde

    Monde monstre qui fouille

    Farfouille dans les coffres forts

    L’or pour le transformer en clous

     

    Et danse le Christ danse danse

    Dense est la neuvième heure

    Heurs malheurs bonheurs dans le neuf

    Neuf où tout sera consommé

    Consumé, ce présent vieux

    Plus vieux que tous les passés

    Trépassés aux mémoires vives

    Rive où le futur n’a nul port

     

    Et danse le Christ danse danse

    Dense est le noyau du ciel

    Scellé dans le centre du sol

    Soleil noir des nuits sanguines

    Sang même sang qui s’écoulait

    Coulait de tes mains déjà mortes

    Mordues par tous les clous du monde

    Onde du sang ciel et sol

     

    Et danse le Christ danse danse

    Dense est le son au fond des âges

    Sagesse sans fin ni lieu

    Lien qui libère et relie

    Relit les signes de ta main

    Maintient cap de Bonne-Espérance

    Errance pour mieux veiller

    Réveiller la voix la voie

     

    Et danse le Christ danse danse

    Dense est le pain de nos sueurs

    Sœurs d’eau de sel à fleur de peau

    Pauvre et léger, le fils de l’Homme

    Comme un parfum d’herbe brûlée

    Braise en gerbe sur nos forêts

    Furets porteurs de feu d’enfance

    En tous sens perdus retrouvés

     

    Et danse le Christ danse danse

    Dense est le vin notre partage

    Sage rage de ton Judas

    Justice soit rendue au traître

    Maître qui a rendu possible

    L’impossible divinité

    De l’humanité en dérive

    Rêve désormais éveillé.

     

    Jean-Noël Cuénod

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