25/05/2013

Le curé savoyard est Franc-Maçon? Viré!

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Connaissez-vous la «Congrégation pour la doctrine de la foi»? Jadis, elle s’intitulait Sainte Inquisition et se chargeait de torturer, puis de jeter aux bûchers les humains qui avaient la témérité de ne pas penser dans sa ligne. Avec son appellation contemporaine, elle a rangé dans ses coulisses, fagots et estrapades. Mais l’esprit est resté tel quel: intolérance, tyrannie, haine de la liberté, soif de domination, trahison du message chrétien.

 

Sa dénomination présente relève en soi du blasphème: une «Congrégation» formée d’humains s’arroge le droit illégitime d’assigner une «doctrine» à la Foi qui est un don de Dieu et ne relève que de Lui seul. Ce faisant, ces inquisiteurs modernes tentent d’enfermer Dieu dans des doctrines trop humaines pour être honnêtes et cherchent ainsi à rabaisser l’Eternel à leur niveau. Mais la Foi n’a que faire de ces doctrinaires ensoutanés. Elle vole librement d’âme en âme.

 

Le dernier coup tordu des inquisiteurs a pour victime le curé de Megève, le Père Pascal Vesin. A la demande du Vatican, l’évêque d’Annecy Yves Boivineau l’a démis de sa charge. Son crime? Le Père est aussi un Frère, car, selon Mgr Boivineau, il aurait été initié dans une Loge savoyarde du Grand Orient de France. Rome l’a sommé de choisir entre l’Eglise romaine et la Franc-Maçonnerie. Le Père Vesin a refusé ce choix qui relève du terrorisme moral et porte atteinte à ce qui constitue notre qualité d’être humain, la liberté de conscience.

 

Pour expliquer la décision vaticane, l’évêque Boivineau prétend qu’il y a «incompatibilité entre les principes de la Franc-Maçonnerie et ceux de la foi chrétienne». Mensonges! Que construisaient les Maçons opératifs de jadis? Des Cathédrales. Qui a rédigé la Constitution fondatrice de la Franc-Maçonnerie moderne? Deux pasteurs qui ont voué leur vie à diffuser la Parole du Christ, Jean-Théophile Désaguliers et James Anderson. D’ailleurs, ils proscrivaient l’entrée en Maçonnerie des «athées stupides » et des « libertins irréligieux». Nombre d’hommes d’Eglises ont figuré, figurent et figureront au sein des Loges.

 

La Franc-Maçonnerie – et particulièrement le Grand Orient de France – prône la liberté absolue de conscience. En quoi ce principe interdirait-il l’entrée des Temples maçonniques aux chrétiens? Au contraire. Cette liberté de conscience fait partie du message chrétien: C'est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude (Epître aux Galates 5. I.

L’un des rites de la Franc-Maçonnerie, celui du Régime Ecossais Rectifié, puise directement aux sources du christianisme. Et dans les nombreux autres rites maçonniques, les références judéo-chrétiennes foisonnent; aucun d’entre eux ne contrevient aux principes du christianisme énoncés, non pas par les illégitimes officines romaines, mais par les Evangiles, le seul guide fiable des chrétiens.

 Alors, la machine papiste peut bien mouliner ses bulles sectaires, devant la Bible, elles ne sont que gribouillis infâmes.

 Le Plouc a croisé, il y a quelques années le Père Vesin. C’est un bel homme de Dieu qui, dans ses montagnes, a su donner des ailes à la Parole. Nous lui dédions cet extrait de la Profession de Foi du vicaire savoyard de Jean-Jacques Rousseau.

 Pénétré de mon insuffisance, je ne raisonnerai jamais sur la nature de Dieu, que je n’y sois forcé par le sentiment de ses rapports avec moi. Ces raisonnements sont toujours téméraires, un homme sage ne doit s’y livrer qu’en tremblant, et sûr qu’il n’est pas fait pour les approfondir: car ce qu’il y a de plus injurieux à la Divinité n’est pas de n’y point penser, mais d’en mal penser.

 

Jean-Noël Cuénod

05/04/2010

Pâques, les 7 morts du Christ et la Vie.

Perit ut vivat. Il meurt pour qu’il vive. Pour « vivre sa vie », il faut disposer d’un savoir-mourir. C’est le message que, chaque année, Pâques nous délivre.  Hélas,  dans ce tumulte dépressif et déprimant qui nous enténèbre, les oreilles deviennent des murs.  A Pâques 2010, la question des prêtres pédocriminels monopolise les médias.

 

A juste raison, certes, puisque devant ces monstruosités l’Eglise romaine, en les taisant, a trop longtemps préféré la logique de l’institution à la compassion envers ses victimes et au respect de la justice.  Toutefois, la faillite d’une institution humaine – le Vatican n’est pas autre chose qu’une puissance temporelle non-démocratique – ne devrait pas occulter la leçon de vie que Pâques nous offre, notamment celle-ci : il y a une vie et plusieurs morts. Et toutes ces morts demeurent indispensables à la réactivation vitale.
 Ainsi, avant sa Résurrection, le Christ a connu, au moins, sept morts si l’on se réfère à l’un ou l’autre des Evangiles.

 

Première mort, l’angoisse. Avant d’être livré, Jésus et ses disciples se rendent au Mont des Oliviers. Jésus est durant un moment « saisi d’effroi et d’angoisse » (Marc  XIV ,33-34).

 

Deuxième mort, la trahison. Judas, l’un des disciples de Jésus, le dénonce aux sacrificateurs.

 

Troisième mort,  l’infidélité. Pierre renie trois fois son maître.

 

Quatrième mort, l’injustice. Le gouverneur Ponce Pilate se lave les mains « du sang de ce juste » alors qu’il n’a relevé aucun crime contre lui et laisse la foule décider du sort de Jésus.

 

Cinquième mort, l’humiliation.  La populace enfonce sur le crâne de Jésus la couronne d’épine, crache contre lui et l’insulte.

 

Sixième mort, l’abandon. A la neuvième heure,  Jésus s’écrie « Père, Père pourquoi m’as-tu abandonné ? »

 

Septième mort : le cadavre. Après avoir subit les affres de la crucifixion, le corps de Jésus « rend l’esprit ».

 

A chacune de ces morts correspond la rupture d’un lien, avec un ami fraternel, avec le sentiment de la justice. Et même avec l’Eternel.  Mais le Christ a renoué chacun de ces liens rompus. Son angoisse au Mont des Oliviers, Il l’a surmontée dans la prière. La trahison de Judas, Il l’a acceptée comme un élément indispensable à l’œuvre de Résurrection.  L’infidélité de Pierre, Il l’a effacée par la vraie puissance, celle du Pardon. L’injustice et les humiliations ne l’atteignent plus en son âme lorsqu’Il dit à Ponce Pilate : «Mon Royaume n’est pas de ce monde» (Jean XVIII, 36).
L’abandon dont Il accuse l’Eternel, son Père, se résout dans la confiance retrouvée au moment de la mort : « Père, je remets mon esprit entre tes mains » (Luc XIII, 46). Et au cadavre, succède la Résurrection, le troisième jour.

 

Sept morts pour transmettre l’Eternité de la Vie… Il serait possible de trouver encore bien d’autres morts précédant la Résurrection. Cela dit, le nombre 7 est le symbole qui correspond le mieux à cette transmission. Il est créé par l’union du  3, symbole du ciel, de l’esprit ou de l’illimité et du 4, symbole de la terre, de la matière ou de la limite.  Le fini ensemence l’infini. Perit ut vivat.

Ci-dessous, l'extrait d'un chant grégorien de la liturgie pascale enregistré par les moines bénédictins de Santo Domingo de Silos.

 

Jean-Noël Cuénod

12:37 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : pâques, vatican, christ, eternité, chant grégorien | |  Facebook | | |