02/12/2014

Nicoléon Sarkonaparte à cheval vers Waterloo ?

 

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Décidément, le retour de Nicolas Sarkozy dans l’arène politique continue à s’accomplir sur le mode poussif. Première étape vers la reconquête de l’Elysée : la présidence de l’UMP. Lors de la campagne 2012, il avait promis d’arrêter la politique en cas de défaite (cf. la vidéo), ajoutant  qu’il ne reprendrait pas la tête de l’UMP : « Je préfère encore le Carmel. Au Carmel au moins, il y a de l’espérance. » Apparemment, le Carmel – même agrémenté par Sœur Carla – a perdu ses charmes. Mais qui accorde encore la moindre importance aux déclarations des pros de la politique ? 

 

Cela dit, Sarkozy ne se contentait pas de briguer la présidence de son parti, il voulait obtenir un triomphe, mieux un plébiscite, un score stalinien qui l’aurait propulsé comme maître incontesté et incontestable de l’opposition, jetant aux oubliettes ses rivaux Juppé et Fillon. L’objectif : faire mieux, ou au moins aussi bien, qu’en 2004 lorsqu’il avait conquis l’UMP avec plus de 85% des voix exprimées par les adhérents à ce parti. Les semaines passant – et son principal concurrent Bruno Le Maire accomplissant une campagne très efficace au sein des militants de base – l’objectif a été revu à la baisse : 80%, puis 70%. Résultat final : 64,5% des voix pour Sarkozy, Bruno Le Maire frisant les 30% et Hervé Mariton recueillant les miettes.

 

Dans cette drôle d’élection, le gagnant a donc perdu et le perdant a gagné. Mal élu, Sarkozy ne peut pas se débarrasser de Fillon et, surtout, de Juppé, son plus grand obstacle sur le chemin de l’Elysée. De plus, il s’est découvert un nouveau danger, Bruno Le Maire. A 45 ans, il incarne l’avenir de la droite, face aux vieux chevaux de retour et pèse 30% des militants UMP, ce qui ressemble fort à une minorité de blocage.

 

On le savait fin, germanophone et intelligent, mais son image d’énarque propret constituait un lourd handicap. La Maire s’est donc appliqué, tout au long de la campagne interne, à enduire de bonne bouse bien provinciale ses escarpins vernis de Parisien chichiteux. Alors que Sarkozy débitait son numéro habituel – avec plus de «couac» que d’ordinaire – devant les médias, Bruno Le Maire a labouré les sections UMP les plus reculées.

Il a appris à avaler son tripoux sans rechigner, à boire la piquette locale en affirmant qu’il s’agit d’un nectar de première, à se pâmer devant un saint-nectaire (qui a dit « nain sectaire ? » Sortez immédiatement !), à essuyer une larme d’émotion devant les médailles d’un ancien combattant en fauteuil roulant. Bref, Le Maire a fait son Chirac, ce qui reste le meilleur moyen de réussir en politique outre-Jura (Jacques Chirac : douze ans à l’Elysée, quatre ans et demi à Matignon, quarante au pouvoir, cinquante-huit ans de mariage avec Bernadette, mais ça c’est une autre histoire).

 

Toutefois, il faut ajouter un peu de blanc de céruse à ce sombre tableau pour Sarkozy. Après tout, même s’il a été élu de piètre façon, l’Ex tient en main le levier principal, à savoir l’UMP, c’est-à-dire une puissante machine à fabriquer des candidats gagnants à la présidentielle. Alain Juppé regrettera peut-être un jour de ne pas avoir brigué la tête de ce parti. Nicolas Sarkozy possède donc dans sa manche un atout de taille.

 

Comment le jouera-t-il ? C’est là que tout se complique. Sarkozy est en train de composer son équipe. Le Maire va se mouiller le moins possible avec l’Agité de Neuilly afin d’éviter de jouer son jeu et de se faire phagocyter. Mais il est position de lui imposer certains de ses plus proches collaborateurs au sein du nouvel Etat-Major de l’UMP. Le Maire aura donc des espions dans la place, tout en se gardant de ne pas plonger les mains dans le cambouis sarkozyste.

 

Le Trépidant veut changer le nom de l’UMP au printemps prochain. Il ne peut guère faire autrement. Tout d’abord, les partis gaullistes et ex-gaullistes changent régulièrement de dénomination, comme les serpents font leur mue au printemps : UNR dans les années cinquante, UNR-UDT au début des années soixante, UD-Vème à la fin de cette décennie, UDR peu après, RPR du temps de Chirac et enfin, UMP. A chaque fois, il s’agit de donner un coup de pinceau sur la façade d’une formation qui éprouve une certaine tendance aux magouilles financières (il n’est certes pas le seul en ce cas).

Aujourd’hui, ce changement est rendu encore plus nécessaire pour des raisons de propagande. Il faut d’urgence couper l’herbe sous le pied de Marine Le Pen dont le slogan « UMPS » (c’est-à-dire la contraction des deux partis de gouvernement, UMP et PS) fait des ravages. Sans jouer les voyants extralucides, gageons que le P ne sera pas la lettre finale du nouveau parti de Sarkozy.

 

L’organisation des primaires pour désigner le candidat de la droite à l’élection présidentielle de 2017 sera nettement plus malaisée. Nicolas Sarkozy résistera-t-il à la tentation d’en organiser une à sa main ? Le personnage étant ce qu’il est, on peut en douter. Mais alors, il provoquera la colère de Juppé, de Fillon, de Le Maire et la division du nouveau parti. Un premier tour 2017 avec, comme candidats de la droite, Juppé (sans doute soutenu par le centre) et Sarkozy risquerait fort de provoquer un second tour mettant aux prises un candidat socialiste et Marine Le Pen, avec de fortes chances pour celle-ci d’emporter la victoire. 

 

Si, par miracle, Sarkozy parvenait à organiser une primaire digne de ce nom, réunissant la droite et le centre, il prendrait alors un autre risque, celui de perdre face à Juppé dont l’image est bien meilleur que la sienne. Dès lors, tenir une machine électorale aussi explosive n’est pas forcément un gage de succès pour la présidentielle.

 

Il y a 210 ans, jour pour jour, Bonaparte se faisait couronner Empereur des Français. Onze après, Napoléon 1er revenait d’exil et entamait ses Cent-Jours. A son tour, Nicoléon Sarkonaparte veut reprendre la direction de la France en enfourchant son destrier électoral. Mais on sait comment les Cent-Jours se sont terminés, dans la morne plaine de Waterloo.

 

Jean-Noël Cuénod


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07/03/2014

Sarkozy, Copé and Co ou la vertigineuse descente aux enfers de la droite française

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Il y a quelque chose de fascinant, d’effarant mais aussi d’angoissant à assister à la vertigineuse descente aux enfers de l’UMP, le parti de la droite française de gouvernement.

 

C’est tout d’abord, le calamiteux président de l’UMP Jean-François Copé qui est accusé par le magazine «Le Point», qu’on ne saurait qualifier de brûlot gauchiste, d’avoir favorisé, avec l’argent de son parti, la boîte de communication appartenant à deux de ses proches, à hauteur de huit millions d’euros. Or, l’UMP avait supplié ses adhérents de la renflouer pour onze millions. La réplique de Copé s’est révélée lamentable. Pour faire contre-feu, il a annoncé le dépôt d’un projet de loi pour assurer la transparence des partis. Malheureusement, cette loi existe déjà et Copé s’y était opposé au moment de son adoption au parlement!

 

C’est ensuite, le conseiller d’extrême-droite de Sarkozy, Patrick Buisson, qui avait enregistré l’alors président de la République, à l’insu de ce dernier. Ces conversations ne relèvent rien d’autres que la vulgarité fricarde de la Sarkosphère, la dinguerie Buissonière et le mépris que le ci-devant locataire de l’Elysée vouait à certains de ces ministres. Mais ces conversations captées sur un dictaphone de poche auraient pu aussi dévoiler des secrets relevant de la sécurité nationale. Et à ce propos–puisque ces bandes semblent se promener un peu partout (Qui les diffuse? En voilà une question qu’elle est bonne, comme dirait Coluche !) ­– l’avenir nous réserve peut-être de mauvaises surprises.

 

C’est enfin Nicolas Sarkozy lui-même, qui est décidément un homme très écouté. Les juges d’instruction parisiens Serge Tournaire et René Grouman sont chargés d’enquêter sur des accusations de «corruption», visant l’éventuel soutien financier que Kadhafi aurait apporté à Sarkozy lors de sa campagne présidentielle de 2007. Dans ce contexte, les magistrats décident de placer sous écoutes l'ancien président, ainsi que deux de ses anciens ministres de l'intérieur, Claude Guéant et Brice Hortefeux. En soi, l’information est étonnante: c’est la première fois qu’une telle mesure est prise à propos d’un ex-chef de l’Etat en France.

Mais il y a plus explosif encore: ces écoutes montrent que Nicolas Sarkozy et son avocat Me Thierry Herzog sont très bien renseignés sur un autre dossier qui concernait l’ancien président – l’affaire Bettencourt – grâce à un haut magistrat de la Cour de cassation. Celui-ci a informé le camp sarkozyste sur l'évolution des tendances au sein de cette Cour, grâce à son accès à l’intranet de la juridiction.

Ces transcriptions évoquent un échange particulièrement délicat, entre Me Herzog et Sarkozy. L’avocat indique à son client que le magistrat, proche de la retraite, souhaite que l’ancien président use de son influence afin de le propulser conseiller d’Etat à Monaco, une sinécure de rêve.

 

Le gouvernement socialiste semble incapable de sortir la France de son marasme qui est au moins aussi moral que social et économique. Son principal opposant, l’UMP, s’effondre dans une série de scandales consternants, au moment même où son champion Sarkozy prépare sa reconquête de l’Elysée en 2017.  L’ex-président s’apprête sans doute à créer son propre parti sur les décombres de l’UMP. Ce tour de prestidigitation lui permettrait d’éviter d’en passer par d’humiliantes «primaires» en 2017. Mais il ne saurait le débarrasser du magma d’affaires qui colle à ses semelles.

 

Pendant ce temps, Marine Le Pen compte les points, entre deux bouffées de cigarette électronique.

 

Jean-Noël Cuénod

 

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31/05/2013

Nicolas Sarkozy, un obstacle de taille pour l’UMP

 

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Vous avez aimé le festival de fraudes et de vacheries lors de l’élection interne du président de l’UMP cet automne? Vous allez adorer la primaire de ce même parti pour désigner son candidat à la Mairie de Paris! Coups tordus, manipulations en tous genres, menaces de toutes sortes caractérisent cette campagne interne.

 

De plus, à peine le scrutin électronique était-il ouvert dès hier, que des journalistes ont pu le pirater avec une aisance déconcertante. Le grand parti de la droite française ne parvient pas à se débarrasser de ses deux démons, tripatouillage et division.

 

Pourquoi? Héritière en ligne directe des formations gaullistes, l’UMP souffre d’un mal rédhibitoire pour un parti de type bonapartiste: l’absence de chef. Aucune figure ne s’est encore imposée. Et pour cause, l’ancien patron de l’UMP fait tout pour empêcher l’émergence d’un successeur.

 

Après sa défaite à l’élection présidentielle de l’an passé, Nicolas Sarkozy devait soit abandonner la vie politique, soit prendre la tête de l’opposition en vue de la reconquête du pouvoir. Il n’a fait ni l’un ni l’autre. L’ex-président s’est retiré tout en ne se retirant pas complètement, a laissé percer sa volonté de revenir sur la scène politique, tout en ajoutant qu’il ne le ferait qu’en cas de catastrophe.

 

Bref, il frustre les militants de l’UMP de leur besoin d’être commandés. Ils ne savent s’il faut préparer le grand retour de celui qui reste leur héros ou s’il convient désormais de tourner la page pour s’investir dans une nouvelle figure dominatrice.

 

Tant que Nicolas Sarkozy ne choisit pas entre son retour ou sa retraite définitive, il reste un obstacle pour le développement de l’UMP. Sans chef, le parti de la droite est un bateau ivre livré aux remous des ambitions. Ne sachant sur quel pied danser et lassés par cette valse-hésitation, les électeurs UMP risquent fort d’être emportés par les bras musclés du Front national.

 

Jean-Noël Cuénod

 

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18/12/2012

Fillon, Copé et le cauchemar bleu Marine

 

 Malgré son abracadabrantesque crise interne, l’UMP a gagné dimanche trois élections législatives partielles en France. A Béziers, son candidat a même terrassé la représentante du Front national dès le premier tour. Cela signifie-t-il pour autant que le FN a cessé d’être un sujet de cauchemar pour l’UMP? Non.

Certes, le parti frontiste souffre pour l’instant d’une grave lacune. Il dispose avec Marine Le Pen d’une dirigeante charismatique qui draine un électorat de plus en plus nombreux. Mais il lui manque les relais intermédiaires, à savoir des élus de base bien formés et expérimentés. Or, cette faiblesse ne durera pas éternellement. Même si les chiffres avancés par Marine Le Pen sont incontrôlables, les frontistes sont en train d’étoffer leurs rangs, notamment grâce à l’apport d’anciens militants de l’UMP profondément ulcérés par la guerre Fillon-Copé. Avec un plus grand nombre d’adhérents, la sélection des futurs élus sera plus aisée à effectuer pour le parti d’extrême droite.

De son côté, si l’UMP est en train de s’extirper de son psychodrame, la violence de l’affrontement entre Jean-François Copé et François Fillon pour la présidence du parti a pris une telle ampleur que les plaies ne se refermeront pas rapidement. Copé devra remettre son mandat de président en jeu au mois de septembre prochain, lors d’une nouvelle élection ouverte aux membres de l’UMP. Pendant huit longs mois, la principale formation de la droite sera donc dépourvue de chef incontesté. En outre, des candidatures nouvelles ne manqueront pas de surgir avec, à la clé, une nouvelle campagne interne, qui mobilisera l’énergie de l’UMP au détriment de son rôle d’opposante principale au gouvernement socialiste.

Le Front national ne dispose que de deux députés. Mais on peut faire confiance à Marine Le Pen pour devenir, sur le plan médiatique, l’opposante numéro un.

(Edito paru lundi 17 décembre dans la "Tribune de Genève")

 

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Oldelaf dans "La Tristit'UMP". En France tout fini par des chansons.

 

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20/11/2012

Copé l’emporte sur Fillon mais pourquoi un tel «petchi » ?

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Jean-François Copé a donc emporté la présidence de l’UMP avec 98 voix d’avance, au terme d’un psychodrame où le comique se disputait au lamentable. Dépasser en ridicule le congrès socialiste de Reims paraissait mission impossible. Mais en politique française le pire est toujours probable. L’élection à la présidence de l’UMP a démontré que si la gauche est souvent maladroite, la droite sait se montrer gauche. Le spectacle cocasse des deux concurrents, François Fillon et Jean-François Copé, revendiquant chacun la victoire, le feuilleton des magouilles réciproques, le «petchi» — cet helvétisme nous permet d’éviter un mot plus gaulois — des opérations électorales internes ont décrédibilisé l’UMP, fer de lance fort émoussé de l’opposition.

 

Pourquoi les deux grands partis de gouvernement français sombrent-ils dans le grotesque chaque fois qu’il s’agit d’élire leurs dirigeants? L’an passé, le Parti socialiste nous avait offert un petit espoir en organisant avec succès sa primaire pour désigner le candidat de la gauche à la présidentielle. Mais peu après, le PS retombait dans ses vilaines manières en nommant son premier secrétaire au terme d’une désignation digne du Parti communiste chinois.

 

Ce travers chronique traduit l’incapacité de la classe politique française — de gauche comme de droite — à comprendre la société mondiale globalisée qui est aujourd’hui la nôtre, qu’on s’en lamente ou qu’on s’en loue. Caciques blanchis sous le harnais des médiocres ambitions personnelles, accumulant les mandats afin de conserver leurs gamelles bien remplies, ne parlant d’autre langue qu’un anglais à la Raffarin et écorchant la leur à force d’en faire du bois pour pipeaux, les hommes politiques français ne quittent pas du regard leur nombril hexagonal, sans se rendre compte qu’il devient toujours plus petit.

 

Les institutions de la Ve République ne créent plus de géants et ne fabriquent que des nains. Il est donc temps de les changer afin qu’émergent les forces vives qui sauront préparer la France à faire ce grand saut dans la société globalisée qu’elle redoute tant.

 

 

Jean-Noël Cuénod avec un dessin d'Acé

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31/10/2012

L’UMP ou l’irrésistible tentation du hara-kiri

Par son appel à recourir aux manifs si le mariage homosexuel et le vote des étrangers aux municipales sont adoptés par le parlement français, le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé a rajouté ce week-end, une épaisse couche «droitiste» à son discours. Elle survient après l’épisode du pain au chocolat arraché de la bouche des petits Français par de vilains islamistes.

 

Comment une figure importante d’un grand parti conservateur peut-elle en appeler au désordre de la rue? La raison en est simple, Jean-François Copé doit rattraper François Fillon dans la course à la présidence de l’UMP. Et pour l’instant, son langage musclé plaît aux militants et aux sympathisants qui, toutefois, semblent préférer François Fillon, puisqu’il paraît être le seul à pouvoir mener son camp à la victoire lors de l’élection présidentielle en 2017.

 

Par ses discours extrémistes, Jean-François Copé lance des passerelles vers le Front national. Plusieurs facteurs l’y engagent. D’une part, 30% des sympathisants de l’UMP se déclarent favorables à des alliances électorales, selon un sondage d’OpinionWay. D’autre part, nombre d’élus locaux de l’UMP poussent leur parti à conclure des accords régionaux avec les frontistes de Marine Le Pen afin de sauvegarder leurs sièges. A court terme, la tactique de Copé paraît cohérente. A moyen et long terme, elle trahit l’inconfortable position de l’UMP sur l’échiquier politique français.

 

Tout d’abord, Marine Le Pen ne conçoit une alliance avec l’UMP que dans la mesure où le Front national se trouve en position hégémonique. Ensuite, les opinions des deux partis sont tellement éloignées sur des sujets majeurs comme l’Europe et l'économie, qu’un accord sur le plan national conduirait la formation de Copé et de Fillon à se faire hara-kiri.

 

En effet, l’électorat de l’UMP n’est pas homogène. Un autre sondage OpinionWay démontre qu’il est divisé en quatre grandes familles: les «gaullistes» (31% des sympathisants de l’UMP), les «conservateurs antilibéraux» (24%), les «libéraux» (21%) et les «progressistes» (24%). La part la plus favorable au Front national se trouve au sein des «conservateurs antilibéraux». En revanche, les «libéraux» et les «progressistes» seraient enclins à rejoindre les rangs du nouveau parti de Jean-Louis Borloo, l’UDI (centre-droit), en cas d’alliance avec le Front national. Dans cette configuration, le groupe «gaulliste» se partagerait sans doute entre pro et antifrontistes. Dès lors, l’UMP réduite à sa part la plus droitière risquerait fort d’être avalée par le Front national. Le champ serait ainsi laissé libre à l’UDI qui affiche clairement sa volonté de devenir le grand parti de la droite modérée et de gouvernement.

 

Borloo et Marine Le Pen ont au moins un point commun, ils veulent tous deux dévorer l’UMP. Le nouveau président de ce parti devra donc affronter des adversaires résolus et bien organisés au sein même de l’opposition.

Jean-Noël Cuénod

 Lors de la fête de l'Aït-el-Kébir, les musulmans français ont distribué un petit pain au chocolat en forme de croissant qu'ils ont, si l'on ose dire, baptisé le "Copé". Le secrétaire général  de l'UMP s'est au moins fait un nom dans la viennoiserie allal.

 

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11/05/2011

Dominique Strauss-Kahn ou la Porsche tranquille

Voilà une pompe à feu qui n’a rien d’un tracteur de Plouc (quoique...), à savoir la Porsche dans laquelle Dominique Strauss-Kahn a installé son imposante carrosserie. C’est le grand beuze du mois qui mouline sur les réseaux internets. Pour nos amis qui viennent de la galaxie du Centaure et ne connaîtraient pas cette histoire, en voici le résumé. Jeudi 28 avril, un photographe pigeant pour l’Agence France Presse a saisi au vol DSK en train d’entrer dans une guimbarde de grand luxe, une Porsche Panamera S, babiole à roulettes qui coûte, selon les options, de 96 000 à 136 000 euros, soit entre 121 000 et 172 000 dollars carougeois.

Les communicants de l’UMP se font alors un plaisir de la distribuer sur tous les sites où elles tournent à la vitesse d’un Derviche dopé. Gros gros succès ! Le directeur général du FMI et futur candidat à l’Elysée voit ainsi confirmée, illustrée, mythifiée, son appartenance à l’inaccessible sphère de la fortunitude comme brûle de le dire sa Royal rivale. Pour Strauss-Kahn, il eût mieux valu qu’il fût surpris le pantalon sur les chevilles – une situation qu’il connaît assez bien et qui, finalement, ne lui a pas porté préjudice.

Le Parti socialiste monte au créneau pour défendre le camarade Superfinancier en précisant à gros traits roses : DSK n’est pas le propriétaire de la Porsche. C’est celle d’un copain. Au lieu d’éteindre l’incendie, le PS jette de l’huile sur le brasier. Et c’est qui le copain, Mmmh ? Ben euh, c’est M’sieur Ramzi Khiroun. Et c’est qui M’sieur Ramzi Khiroun ? Hum, hum, c’est… euh, et bien voilà, c’est le porte-parole du groupe Lagardère et conseiller en communication du camarade Strauss-Kahn. Ah, ah, donc DSK a pour communicant celui de l’un des plus puissants groupes capitalistes… C’est le socialisme à visage boursier, ça !

Alors que le parti sarkozyste prend eau de toutes parts, un autre porte-parole, celui de l’UMP François Baroin, s’accroche aussitôt à cette Panamera S comme un naufragé à sa bouée. Il trouve cette jolie formule (voir la vidéo) : « DSK, c’est la Porsche tranquille ! ». Il fait ainsi d’une pierre deux coups : il raille l’adversaire majeur de Sarkozy et se moque de la célébration du  10 mai qui marque l’anniversaire de l’arrivée à l’Elysée de François Mitterrand. En effet, le seul président socialiste de la Vème République avait choisi pour victorieux slogan : « La Force tranquille ».

Piquante tournure certes, mais peu efficace en fin de compte. Les sarkophobes de la Toile n’ont pas manqué d’aligner les belles voitures sur la banquette desquelles les dignitaires de la Sarkozie aiment à déposer leur fessier emballé dans la soie. Sans oublier, la fameuse soirée présidentielle du Fouquet’s au cours de laquelle, Nicolas Sarkozy a dit tout l’amour qu’il portait à la cause des riches.

Les candidats à la présidentielle de 2012 ne devraient jamais oublier d’enfiler leur costume de pauvre.

Jean-Noël Cuénod


 

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