20/06/2012

Valérie, Ségolène, François et Twitter: joindre le futile au désagréable

 

Mardi 12 juin 2012 restera marqué dans l'Histoire de France comme le jour où le futile l'a définitivement emporté sur l'utile.

 

Ce jour-là, le nouveau président de la République prononce au Conseil économique, social et environnemental un discours essentiel sur la direction qu'il entend donner à son quinquennat quand nous vivons une série de crises économiques sans précédent. Il lâche cette phrase lourde de conséquences pour un socialiste: «La croissance ne naîtra pas de dépenses publiques supplémentaires au moment où les Etats connaissent un endettement élevé.»

 

Mais alors d'où naîtra-t-elle? «Elle peut surgir d'une volonté commune, celle que l'Europe peut affirmer, de mettre en place des instruments nouveaux - euro-obligations, instruments financiers -, notre imagination peut être grande», poursuit François Hollande dans son allocution.

 

En temps normal, l'importance de ces propos n'aurait pas échappé aux journalistes. Les éditorialistes se seraient fendus de commentaires plus ou moins bien sentis. Les uns auraient demandé comment organiser la relance sans dépenses publiques. Les autres auraient entrevu les mesures d'austérité qui se profilent avec un titre du genre: «Français, apprêtez-vous à serrer votre ceinture!» Dans les colonnes des quotidiens, sur les plateaux de télévision et de radio, les économistes ou des diplomates auraient tenté de répondre à cette question qui découle du discours de Hollande: «Comment faire accepter à l'Allemagne les euro-obligations, dans la mesure où Berlin, par la mutualisation des risques des pays européens, devrait payer plus d'intérêts qu'il n'en verse actuellement?»

 

Mais comme nous vivons des temps anormaux, ce débat ne s'est pas tenu, et les propos de Hollande ont été réduits à l'état de brèves. Pourtant, ce sujet nous concerne au premier chef. Impossible de trouver thème plus utile. C'était sans compter sur la puissance hégémonique du futile et de son instrument le plus perfectionné: Twitter.

Ce même mardi, la compagne de François Hollande, Valérie «Twitterweiler», a lancé son fameux twitt de soutien à l'adversaire de Ségolène Royal à la députation de La Rochelle. La nou- velle femme du président qui poignarde virtuellement l'ancienne. Comment voulez-vous que le sort de la France et de l'Europe puisse entrer en concurrence avec ce vaudeville en 140 signes (nombre maximum que peut absorber Twitter)? Impossible!

 

L'événement était d'autant plus alléchant qu'il joignait le futile au désagréable, du moins pour Ségolène Royal, qui en a perdu son siège. Un comble à La Rochelle.

Bien entendu, le consommateur de médias, toujours aussi faux cul, incrimine la presse dans cette hiérarchie aberrante des informations. Pourtant, le vrai coupable, c'est lui. S'il ne se jetait pas sur la futilité dès qu'elle surgit avec ses bas résilles, les médias la relégueraient dans leurs bas-fonds.

 

 

Jean-Noël Cuénod

ESPACE VIDEO

Voici la vidéo du discours complet prononcé par François Hollande et qui a été médiatiquement occulté par le Twitt de la Première Dame contre la Première Femme

 
Discours de François Hollande devant le conseil... par publicsenat

12/06/2012

Valérie Tweeterweiler torpille la Royal en plein port de La Rochelle

Après cinq ans de vie commune avec les Bobos, le plouc reste émerveillé par l'imagination de cette tribu en matière de couillonnades. Il pensait avoir tout vu durant le règne de Nicoléon Sarkonaparte. Mais quelques semaines après son couronnement, celui de Sa Simplicité Hollandaise promet de le dépasser dans cet art si difficile de faire rire le monde et ses environs immédiats.

Valérie Tweeterweiler, Première Dame, vient d'envoyer un tweet mortel à l'ex-compagne de Sa Simplicité qui se bat pour obtenir le siège de députée en Charente-Maritime. Olivier Falorni, l'adversaire de la Royal au port de La Rochelle (1), est issu, comme Ségolène, du Parti socialiste. Dans ce combat fratricide, Sa Simplicité Hollandaise a choisi de soutenir l'Ex, suivi en cela par les instances du PS. La patronne rose Martine Aubry s'est d'ailleurs déplacée dans la cité portuaire pour supporter - dans tous les sens du terme - Ségolène Royal.

C'est à l'occasion de ce déplacement de la Méremptoire que Valérie Tweeterweiler a choisi de planter un couteau virtuel dans le dos de son ancienne rivale. Dans un tweet qui a crevé la Toile et battu tous les records de bruits médiatiques, elle a annoncé, mardi à 11 h 56, son soutien à l'adversaire de l'Ex abhorrée:

"Courage à Olivier Falorni qui n'a pas démérité, qui se bat aux côtés des Rochelais depuis tant d'années dans un engagement désintéressé".

Voilà la France prise au milieu d'un crêpage de chignons entre les deux femmes, l'ancienne et la nouvelle, de son président. Qui a vraiment l'air malin. Sa Simplicité voulait rassembler les Français. Il ne parvient même pas à faire le ménage chez lui.

L'idéologie social-nationaliste gangrène une grande partie de la droite en France et en Europe, la Grèce continue à sombrer, l'Espagne est en train de la suivre, l'Italie donne des signes de faiblesse, l'euro survit sous perfusion, le régime syrien massacre son peuple à ciel ouvert, le capitalisme financier continue sa folle prédation. Mais avant d'aborder ces broutilles, le président, du haut de Sa Simplicité, doit se plonger dans les eaux troubles du port de La Rochelle. Un port en eau profonde.

Jean-Noël Cuénod

  • (1) «La Royale», c'est ainsi que l'on surnomme la marine de guerre française.

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Valérie Trierweiler : 1 interview et..... par LeNouvelObservateur