01/02/2011

La revanche de la tortue Bernadette sur le lièvre Chirac

Les ennuis judiciaires pleuvent sur un vieux monsieur de 78 ans, Jacques Chirac. Dans ces pénibles circonstances, Bernadette Chirac occupe chiracmetro.jpgdésormais le premier rôle, alors que sa vie durant elle a été tenue dans l’ombre par son mari, lièvre bondissant. Naguère encore, l'impétueux Chirac avait donné à sa femme un surnom à la mesure de son impatience, « la Tortue ». Eh bien, aujourd’hui la Tortue a rattrapé le Lièvre ! Contrairement à son léporidé lagomorphe un peu feignasse sur les bords, Jean de La Fontaine reste indépassable.

 Des rumeurs sur la santé de Chirac s’insinuent-elles dans les colonnes du Journal du Dimanche ? La Tortue sort aussitôt de sa carapace pour organiser la riposte. C’est elle qui mène à chef les plans de bataille médiatique avant le procès de Chirac en Correctionnelle. Et son mari, accablé par les ans et la perte déprimante du pouvoir, la suit avec une passivité toute nouvelle. Lui dit-elle de sortir dans la rue afin de se faire interviewer et montrer ainsi sa bonne mine devant les caméras ? Le lièvre perclus de rhumatisme s’exécute en grimaçant un sourire. Faut-il secouer les amis pour qu’ils se fendent de commentaires élogieux sur la santé chiraquienne ? C’est toujours la Tortue qui se démène.

Jadis, elle s’essoufflait à suivre son mari filant à grandes enjambées vers une journaliste blonde à complimenter, un fessier bovin à flatter, une main électrice à serrer, un pâté fermier à engloutir, un préfet fidèle à décorer, un verre de brouilly à descendre, un ambassadeur oriental à entortiller, un parlement grognon à enfumer. Aujourd’hui, la Tortue tient sa revanche.

Elle a beaucoup agacé – Le Canard Enchaîné lui avait donné comme sobriquet « Chichi Impératrice ». Son côté dame patronnesse agitant sesbernadetteChi.jpg pièces jaunes n’a pas fait oublier les fameux « frais de bouche » du couple Chirac qui ont coûté bonbon à la mairie de Paris. Même si la justice a donné son absolution.

Mais l’image de cette femme restée, vaille que vaille, à côté de son homme et le soutenant dans l’épreuve alors qu’il est affaibli inspire plus que le respect, une certaine affection. La Tortue est devenue Tigresse.


Jean-Noël Cuénod

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08/04/2010

Sarkozy : l’indécollable sparadrap de la rumeur


Comme le capitaine Haddock qui ne parvient pas à décoller ce maudit sparadrap, Nicolas Sarkozy et la Première Dame numéro 2 demeurent empêtrés dans la rumeur. Alors que celle-ci commençait à fléchir, voilà Pierre Charon, le conseiller en communication de Carla Bruni-Sarkozy, qui remet une couche en prononçant des propos hallucinants sur « une espèce de complot organisé avec des mouvements financiers » et des vilains graphomanes allemands, anglais et – berk ! – suisses. « Il faut que la peur change de camp », poursuivait-il à la manière d’un Deubelyou Bush lançant ses GI’S sur l’Irak. Il est heureux pour ce personnage que le ridicule ne tue plus depuis l’interdiction – très regrettée – des duels. En revanche, ce Charon aurait voulu remettre en route le moulin à rumeurs qu’il ne s’y serait pas mieux pris !
Il s’en est suivi une série impressionnante de couacs dignes des marxistes tendances Brothers. A Europe 1, mercredi 7 avril (voir la vidéo), Carla Bruni-Sarkozy dément haut et fort qu’une enquête de police fût diligentée pour connaître la source des rumeurs : « On ne fait pas une enquête sur des commérages… C'est inimaginable de dire des choses pareilles ! »

 

 

La Première Dame n'est pas la première informée

 

Deux heures plus tard – patatras ! - « l’inimaginable » devient réalité. Le site Médiapart annonce : le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, lui a confirmé que ses services ont bien «mené une enquête pour déterminer l'origine des rumeurs qui se sont propagées sur Internet concernant la vie privée de Nicolas Sarkozy et celle de Carla Bruni».

 Apparemment, la Première Dame n’est pas la première informée. Ou alors, c'est le chef du renseignement qui est mal renseigné.


Autre épisode, l’inévitable Rachida Dati qui se faisait – presque – oublier. Le « Canard Enchaîné » et « Le Monde » relèvent que des proches de l’Elysée soupçonnent l’ancienne Garde des Sceaux d’avoir alimenté la rumeur. Hurlement de louve : la députée européenne dément à tours de langue courroucée.

 
A la Genèse de ces mécomptes à dormir debout, l’Elysée a dénoncé des scribouillards-twitteurs qui auraient parasité le site du JDD (Journal du Dimanche), début mars, en lançant des inepties sur le couple. En fait, ces rumeurs ne cessaient de courir les rédactions parisiennes depuis la mi-février, avec un pic à la fin de ce mois que Le Plouc a pu constater en se rendant au Salon de l’Agriculture. Sarkozy n’avait pas honoré de son omniprésidentielle présence l’inauguration de ce plus grand rendez-vous de la France profonde, contrairement aux usages.  

Et comme les paysans apprécient le respect des traditions, cette absence a fait jaser entre un coup de Calva au stand de la Basse-Normandie et une descente de Pécharmant (non, je ne me suis pas trompé d’orthographe, il s’agit d’un magnifique vin de Bergerac) chez les Périgordins.

 

Ces rumeurs ne sont pas autres choses que… des rumeurs. Mais elles sont consubstantielles au sarkozysme. Avant même que Sarkozy ne se hisse sur le trône élyséen, elles circulaient à propos de ses relations avec Cécilia, sa deuxième femme. On se rappelle son bureau à Bercy, lorsque son mari occupait le Ministère des Finances. Et son escapade à New-York. Et les retrouvailles sous le regard larmoyant des caméras attendries. Et son ambassade officielle pour arracher les infirmières bulgares aux griffes de l’Hirsute des Sables (Merz aurait pu en prendre de la graine !). Et enfin, le premier divorce présidentiel sous la Ve République.

 

Puis, a succédé, la saga Carla, supervedette de la pipolerie mondialisée. Le Plouc est tombé de sa chaise dorée lorsque le 8 janvier 2008, dans la grande salle de l’Elysée, pendant une conférence de presse où le sort du Sarkoland devait se dessiner, Nicolas Sarkozy clamait aux médias de la France et du monde : « Avec Carla, c’est du sérieux ». Le Plouc voit encore ses confrères britanniques et américains se tordre les côtes alors que les journalistes allemands en avalaient leur parapluie.

 

Dans ces conditions, la rumeur n’est pas un accident, c’est une seconde nature.

 

Jean-Noël Cuénod

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