23/01/2014

Coup de boule contre un cheminot et 150 000 Parisiens mis à pied - VERSION ACTUALISEE

 

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Photo : une pub de la RATP contre les incivilités dont l’efficacité reste à démontrer.

Scène ordinaire de la vie parisienne mardi vers 21 h. 30. Un train de banlieue est encore à l’arrêt, gare Saint-Lazare ; le départ est imminent. Le conducteur s’apprête prendre place dans sa cabine lorsqu’il remarque un voyageur qui tire sans vergogne sur sa clope. Il rappelle au tabagique l’interdiction de fumer dans une voiture. Refus de l’accro du mégot. Le cheminot réitère. Fumer rend sourd, apparemment. Comme certaine pratique solitaire. Le conducteur insiste. Le fumeur se lève et lui balance un coup de boule à la tête. Le cheminot y laisse toutes ses dents de devant et doit être transporté pour recevoir des soins. Le furieux est interpellé par la police peu après.

 

Le lendemain matin, les collègues du conducteur blessé arrêtent le travail pour protester contre cette agression en particulier mais aussi contre toutes les incivilités que ces travailleurs subissent chaque jour.

Les 150 000 banlieusards qui utilisent les lignes qui mènent à la gare Saint-Lazare sont ainsi privés de déplacements et doivent se débrouiller comme ils le peuvent pour rejoindre leur lieu de travail à Paris. Pour certains, un retard au boulot peut signifier la fin d’un CDD, contrat de travail à durée déterminée. Une catastrophe, en ces temps où la courbe du chômage résiste aux ordres d’infléchissement que lui intime le président Hollande.

 

Pourquoi punir tous les usagers pour une agression commise par un individu ?

 

Eh bien, la décision des grévistes n’est pas si injuste que cela !

 

Le Plouc a eu l’occasion de constater à quel point les utilisateurs des transports publics parisiens manquent de solidarité à l’égard des conducteurs et acceptent passivement les multiples incivilités dans le métro ou les RER. Lorsque Le Plouc réagit pour faire cesser le trouble provoqué par des d’jeunes et des moins d’jeunes (et même des d’vieux !), chaque fois, c’est le même constat. Les autres voyageurs regardent ailleurs ou alors plongent dans la contemplation intense de leurs godasses, voire continuent à dodeliner du chef en écoutant leur daube grâce à leur casque d’extraterrestres demeurés. Ils laissent Le Plouc se démerder avec le ou les perturbateurs, comme autant de Ponce Pilate aux mains douteuses.

 

Certes, ils ont peur de recevoir un mauvais coup, à l’exemple du malheureux cheminot de la gare Saint-Lazare… Ce n’est pas une réponse valable, car si tous les passagers d’une voiture se rebiffaient contre les malfaisants, ceux-ci fileraient doux aussitôt.

 

«Mais on n’a pas à faire le boulot des keufs ! » C’est l’argument-matraque du passager lambda. Réponse : les flics ont d’autres chats de gouttière à fouetter. Etre citoyens, ce n’est pas seulement utiliser les biens publics, c’est aussi veiller sur eux. Cette disposition d’esprit est très loin d’être partagée par les Parisiens. C’est dommage. S’ils se prenaient plus en main, ils pleurnicheraient moins sur la dégradation de leur cadre de vie.

 

C’est peut-être le message que les cheminots grévistes de la gare Saint-Lazare ont voulu faire passer.

 

DERNIERE MINUTE: le Tribunal de Paris a jugé l'agresseur du cheminot en comparution immédiate. Il a été condamné, jeudi soir, à six mois de prison ferme et trois mois supplémentaires avec sursis. 

Jean-Noël  Cuénod 

 


11:52 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : incivilités, métro, rer, ratp, grèves, c | |  Facebook | | |