19/10/2010

Manifs parisiennes contre la réforme des retraites : notre palmarès des pancartes

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Le Plouc vous offre son palmarès de pancartes, à peine extirpé des deux cortèges parisiens contre la réforme des retraites, ce mardi après-midi.


La plus rabelaisienne :


En haut, couilles en or
En bas, nouilles encore

La plus bucolique :

Les jeunes au turbin
Les vieux au jardin

La plus hygiénique :

Retrait de la réforme
Retraite en pleine forme

La plus fumante :

Sarko nuit gravement à notre santé

La plus sarkofestive :

Elle est bientôt finie, cette nuit de Fouquet’s ?

La plus agacée :

Une vraie retraite pour les vieux, un vrai travail pour les jeunes, retraite à 55 ans pour les présidents de la République pénibles.

La plus statistique :

La retraite à 62 ans selon la police, 60 ans selon les manifestants.


La plus genevoise :

« On a tout avec de l’argent, hormis des mœurs et des citoyens. » Jean-Jacques Rousseau.

La plus lausannoise :

« Que l’autorité se borne à être juste. Nous nous chargeons d’être heureux ». Benjamin Constant.

 

Jean-Noël Cuénod

Et voici quelques photos prises au vol à Paris entre la Place d'Italie et les Invalides par Le Plouc.

Cette grande marionnette est actionnée par les comédiens du Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine. Sans doute, représente-t-elle la République en marche.

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Et voilà un Jacobin qui veut limiter son nombre de balais même si l'envie de balayer le gouvernement lui monte au bonnet phrygien.

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16:33 | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : manifs, crotège, syndicat, réforme, retraite, sarkozy | |  Facebook | | |

10/09/2010

Démocratie directe ou démocratie pédestre?


Qu’elle soit de droite ou de gauche, la France éprouve une certaine appétence pour la démocratie directe. Mardi, (voir la vidéo de BFMTV) dans le cortège parisien contre la réforme des retraites, le Parti de Gauche — la formation de l’eurodéputé Jean-Luc Mélenchon qui a quitté le PS pour cause de tiédeur idéologique — distribuait cet autocollant: «Retraites - Il faut un référendum». Sur le bord opposé du fleuve politique, le Front national prône lui aussi le recours à la consultation populaire sauce helvétique. Toutefois, la caste intello-médiatique française la repousse avec horreur. Ce serait, dit-elle, faire le jeu de tous les populismes.  

 

Tout d’abord, cessons une bonne fois pour toutes d’appeler «populisme» ce qui relève du «démagogisme». Que les politiciens débattent avec le peuple et l’écoutent, c’est la moindre des choses en démocratie. Cette démarche doit être distinguée de celle des démagogues qui agitent le peuple avant de s’en servir.

Pour dénigrer référendum et initiative populaire, certains adversaires outre-Jura n’hésitent pas à rappeler l’usage que fit Hitler du référendum pour asseoir sa dictature. Le parallèle est d’un ridicule achevé. L’Allemagne nazie n’organisait pas un référendum, au sens où nous l’entendons, mais un plébiscite.

Dans un référendum, le peuple est consulté soit parce qu’il le veut, soit parce que la Constitution l’exige. Le plébiscite, lui, reste dans les mains du tyran qui décide de sa propre initiative de consulter le peuple, après s’être assuré que le résultat sera conforme à sa volonté.

En outre, la démocratie directe n’est pas une machine à fabriquer des extrémistes, puisque des partis «démagogistes» ont triomphé dans des pays qui ne connaissent pas notre système, comme les Pays-Bas. Cela dit, comme à toute entreprise humaine, il lui faut des garde-fous. Le peuple pourrait aussi, sans y être poussé par un despote, attenter aux droits fondamentaux. Une Cour constitutionnelle remplirait ainsi ce rôle de vigie. Elle fait défaut en Suisse, hélas.

L’une des vertus de la votation réside dans cette obligation qu’elle induit à négocier. Dans la réforme des retraites qu’engage le gouvernement français, l’observateur suisse est frappé par l’autisme organisé qui caractérise tant l’exécutif que les syndicats.
Ces derniers nient les conséquences du bouleversement de la pyramide des âges. De son côté, le président Sarkozy impose sa réforme en refusant d’avance toute remise en cause, sauf à la marge.

Alors, pour tenter de faire entendre leur voix, les syndicats recourent à une sorte de démocratie pédestre en lançant ce pari: plus les manifestants sont nombreux à battre le pavé, plus les concessions seront substantielles. L’ennui, c’est que les évaluations du nombre de marcheurs protestataires ne sont crédibles ni de la part des policiers, ni de celle des organisateurs.

De plus, même s’ils furent fort bien garnis, les cortèges de mardi 7 septembre n’ont réuni, en s’en tenant aux chiffres des syndicats, qu’environ 10% de la population active. Ce qui ne confère pas à ce genre d’action une légitimité en béton armé. La démocratie directe aurait eu pour effet de contraindre les syndicats à tenir compte de la réalité présente, et le gouvernement à laisser tomber sa défroque autoritaire.


Jean-Noël Cuénod

 

09:56 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : démocratie, réforme, retaites, sarkozy, vidéo | |  Facebook | | |