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  • Poésie à lire et à ouïr – RIRE FOU

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    poésie, poème

    Récente ponte du Plouc. Poème à lire et à ouïr dans l’espace libre de l’été. Que le torrent emporte vos songes pour en faire un océan. 

     Le fou rire des torrents

    Rend la montagne démente

    Tant de morts accumulés

    Dans sa carcasse d’ascète

    Tant de vies buissonnantes

    Sur ses flancs de reine-mère

                      *

    Les plus anciens délires

    Jaillissent comme des sources

    Fraîches et préhistoriques

    Sous la poigne des orages

    Sa peau transpercée d’éclairs

    Met la folie au zénith

                      *

     Délaissée par le ciel

    Abandonnée par la plaine

    Elle n’attend plus rien

    Du monde et des éléments

    De l’esprit et des nuées

    Plus rien que l’union

    Du ciel et de la plaine

    De tous les âges en elle

    Dans l’éclat d’un rire fou

                                                                           Jean-Noël Cuénod

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  • Poésie – VIN NOCTURNE

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    L’ombre fraternelle de la nuit

    Ramène dans les plis de son manteau

    Tous nos ancêtres au souffle d’étoiles

     

    Rêves des humains vengés vendangés

    Bousculés en grappes dans le pressoir

    Pétris broyés malaxés triturés

    Rêves en jus épais sucré amer

    Nous buvons l’âme distillée des morts

    Pour avoir la force d’ouvrir la porte

    Et le courage d’en franchir le seuil

    Jean-Noël Cuénod 

     

    DERNIER OUVRAGE - "En Etat d'urgence" de Jean-Noël Cuénod, Grand Prix des Jeux Floraux du Béarn 2017 Editions La Nouvelle Pléiade.

    Disponible: Librairie Le Parnasse 6 rue de la Terrassière, 1207 Genève, Suisse
    Et partout ailleurs sur le site de l’éditeur La Nouvelle Pléiade en cliquant sur ce lien:

    http://www.psf-letrave.fr/ds/nos-editions/989/jean-noel-cuenod/ 

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  • MAUDIRE ET MOTS DIRE

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    Un poème qui vient de sortir. Prenez-le, si tel est votre désir.

     Prendre les mots par la main

    Par les pieds par les oreilles

    Par tous les bouts qui dépassent

    Oui même là et là

    Les dresser pour les placer

    Dans la clairière du temps

    Rangs serrés garde-à-vous fixe

    Pas un mot plus haut que l’autre

    Qu’ils fassent silence complet

    Qu’ils soient maudits sans mot dire

     

    Ils ont commis tant de crimes

    Ourdi tant de trahisons

    Précipité tant de chutes

    Annoncé tant de défaites

    Désignant sage le fou

    Laissant le sage sans voix

    Glorifiant le poltron

    Humiliant l’homme-droit

    Adorant tous les reflets

    Haïssant tous les soleils

     

    Les mots sont tous enduits

    De mélasse et de mensonges

    Pour capturer notre esprit

    Et nous le rendre poisseux

    Que nul n’échappe à leur glu

    A leur sirop de fiel

    Amertume doucereuse

    Confuse confiserie

    De l’or ils font de la boue

    Alchimistes à l’envers

     

    D’eux plus rien à tirer

    Nul besoin de jugement

    Abattons-les sur-le-champ

    Non c’est mieux noyons-les

    Dans la rivière d’acides

    Qu’aucun d’entre eux n’en réchappe

    Le feu qu’ils ont étouffé

    Ne peut plus les consumer

    Alors que le feu liquide

    Les ronge jusqu’à la moelle

    Jean-Noël Cuénod

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  • SOL SANS BOUSSOLE

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     La forge des éclairs prend la terre à témoins

    A jets continus pluie et feu sur nos chairs

    Nous marchons hagards sur des chemins qui s’effacent

    Des gerbes de rires jaillissent çà et là

    Comme des fougères surgissant des fossés

    Des gerbes de rires pour baliser le cortège

    Pour redresser l’échine et affermir le pas

     

    L’horizon n’est pas encor sorti de sa gangue

    Longue larve ventrue cœur palpitant visible

    La certitude est une illusion de plus

    Plus cruelle que toutes les autres et c’est tout

    Le temps est une prison que nous contournons

    Le but est une impasse que nous évitons

    Nous marchons lucides au bord des précipices

    Jean-Noël Cuénod

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  • ZENITH NADIR LA DEFENSE

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    Changement de pied. Changement de rythme. Changement d’angle. Changement d’état. Changement de dimension. Passons au mode poésie pour tenter de voir autrement l’insaisissable réel.     

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    Cri dans le ciel criblé de braises

    L’aile de l’hirondelle flamboie

    Au zénith brumeux de La Défense

     

    Barbouillé de sang et de nuit

    Le soleil est devenu vieux

    Il n’a plus la force de percer

    La peau parcheminée de la Ville

    Et la quitte, vieil amant honteux

    Avec toutes ses ombres sans nombre

    Une Ville à coucher sous ses ponts

    A se perdre dans ses labyrinthes

    De ruelles vidées par l’oubli

    A se maquiller pour séduire

    Le passé, pourvu qu’il passe enfin !

     

    Silence dans le creux du ciel

    L’aile de l’hirondelle s’éteint

    La Défense sombre en son nadir

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  • TEMPS MINERAL

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    Lampée d’eau salée goût d’algue au fond de la gorge

    Sur le sable un petit crabe court à sa perte

    Et subira bientôt la loi du talon

     

    Les rouleaux passent et repassent sur ton corps

    L’océan est un monstrueux copulateur

    Mais sa semence n’engendre que des galets

    Qui se réchauffent dans les sables utérins

     

    L’oiseau bleu ne se détache plus du ciel

    La trace de son vol s’est dissoute dans l’air

    Au sol absolue solitude des pierres

    Le cœur absent nous vivons un temps minéral

     

    Jean-Noël Cuénod

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  • FORCES

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    Inéluctable comme une feuille morte

    La nuit fait main basse sur la forêt

     

    Devenus invisibles les buissons

    Craquent frémissent frissonnent crient et chantent

     

    La lumière noire des frondaisons

    Eteint les lumineux cadavres stellaires

     

    Les fougères abritent d’étranges crimes

    Charrues à poils drus les sangliers labourent

    Avant d’être tués les lapins copulent

    Les chevreuils préparent leurs noces de sang

    Et le brâme du cerf pétrifie les sources

     

    Heure animale où l’homme n’est rien

    Témoin inutile que nul n’interroge

     

     

    Jean-Noël Cuénod

  • NOCTURNE

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    Ta peau de lune dans la nuit

    Luit comme un serpent lisse et nu

    Le sombre sang du sol te nourrit

    Le passage de la dame blanche

    Veille sur tes étreintes secrètes

     

    Sous le chêne étique et tourmenté

    Un chat fait son œuvre d’assassin

    Et la mort s’échappe sans bruit

    Entre les buissons d’épineux

     

    Sur ton ventre des ombres propices

    Ont fait main basse et hautes caresses

    Les herbes frémissent sous ton corps

    Au loin très loin le son d’une cloche

    Dénoue tes doigts crispés sur le vide

     

    Jean-Noël Cuénod

     

     

     

    Livres de poésie de l'auteur disponibles dans les librairies Payot ou auprès de l'éditeur Samizdat (Denise Mützenberg, 8 chemin François-Lehmann - 1218 Grand Saconnex):

     

    - Circonstances

     

    - Le Goût du Temps (Prix Festival Rilke 2012)

     

    Disponibles sur les sites FNAC, Amazon,

     

     - Matriarche (Editions Editinter Paris)

     

    - Liens (Editions Editinter Paris)

     

    - Amour Dissident (Editions Editinter Paris. Coécrit avec Christine Zwingmann - Médaille du Sénat).

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  • AU FIL DES PLUIES

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    Aigle au ventre d’or

    Que les parfums portent

    Au-dessus des herbes

    Scrute la montagne

    Et ses doux replis

    Tu y trouveras

    Le songe des femmes

    Qui s’accroche aux rocs

    Pour donner leur chance

    Aux hommes des plaines

    Aveugles errants

     

    Aigle au ventre d’or

    Contemple le songe

    Ne l’emporte pas

    Dans ton bec solaire

    Ne l’agrippe pas

    Dans tes serres sanglantes

    Laisse-le aux hommes

    Qui le recevront

    Au fil des pluies

    Et un jour peut-être

    Ils le comprendront 

     

    Jean-Noël Cuénod

    Crédit photo: www.oiseaux.net

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  • L'écharde d'odeur

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    En partant en vacances, Le Plouc lance ce poème dans le Cyberocéan. Qu'il vogue à son gré. La photo qui l'illustre a pour auteur Laurent Toussaint.

     

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    L'ECHARDE D'ODEUR

     

     

    Parfum des nuits d'été sans lune

    Qui porte le clair esprit du vide

     

    Dans ce noir lumineux, l'Homme Droit voit

    La vie et la mort dans le même tissu

    Inextricablement dessiné, tramé

     

    Mais l'aurore annonciatrice

    Du monde divisé, efface tout

    Avec ses soleils d'ombre et d'illusion

    Il ne reste de ces instants sans instant

    Qu'une écharde d'odeur plantée au cœur

    De la mémoire qui donne corps au temps

     

     

     

    Jean-Noël Cuénod

     

     

     

     

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