26/06/2015

La France, la Tunisie et le chi’isme en première ligne de la guérilla mondiale

 

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Un homme décapité et une attaque dans l’usine à gaz de Saint-Quentin-Fallavier (Isère, à 24 kilomètres de Lyon) ; 38 personnes abattues à la kalachnikov sur la plage d’un hôtel de Sousse ; 25 morts et 202 blessés provoqués par un attentat-suicide – revendiqué par l’Etat islamique – dans une mosquée chi’ite de Koweït-Ville (photo). Voilà le bilan de ce nouvel épisode de la guérilla mondiale qui s’est déroulé ce vendredi.  

Si ces trois attentats islamoterroristes ont visé la France, la Tunisie et le chi’isme cela ne doit rien au hasard. Certes, il est bien trop tôt pour savoir si les trois attaques ont été coordonnées par l’Etat islamique ou un autre groupe du même tonneau de dynamite. Mais le choix des deux pays et du chi’isme comme cibles privilégiées obéit à la logique développée par l’islam radical. Faut-il rappeler qu’aux massacres de janvier dernier à Paris ont succédé ceux du Bardo à Tunis en mars et que les chi’ites sont persécutés par l’Etat islamique avec la même cruauté que les chrétiens d’Orient et les autres communautés non-sunnites ?

 

La Tunisie exsangue

 

La Tunisie est l’unique Etat arabo-musulman à vivre dans le respect de la femme, de la démocratie et des droits humains. Affaibli économiquement par les années Ben Ali et le contrecoup de la Révolution de 2011, ce pays n’a guère que le tourisme pour commencer à sortir la tête de l’eau. Dès lors, les islamoterroristes ne cessent d’attaquer ce secteur faisant ainsi d’une balle deux coups : ils tuent des «infidèles» et détruisent tout espoir de reprise économique en Tunisie. Ils espèrent ainsi qu’accablés par la misère, les Tunisiens finirons par les rejoindre.

 

La France ex-coloniale

 

La France abrite la plus grande communauté musulmane d’Europe avec 3,5 millions de personne, à en croire le Zentralinstitut Islam-Archiv-Deutschland. Elle aussi constitue un maillon faible, dans la mesure où ses gouvernements successifs ont laissé croître des ghettos caractérisés par le chômage de masse, irrigués par l’économie souterraine et animés par l’islam radical. De plus, le passé colonial de la France fait de ce pays une cible idéale pour «vendre» idéologiquement l’islam radical dans les pays arabes.

 

Le chi’isme ennemi numéro 1 de l’Etat islamique

 

Quant au chi’isme, il est l’objet de la part du sunnisme d’une guerre interislamique qui remonte à la mort du prophète Mohammed, c’est dire que nous ne sommes pas près d’en voir la fin. L’Etat islamique a été tout d’abord créé contre les chi’ites d’Irak puis, par la suite contre les différents avatars du chi’isme en Syrie. Eradiquer le chi’isme de l’islam est le premier objectif de l’Etat islamique. L’explosion de la mosquée chi’ite de Koweït-Ville fait partie de cette stratégie.

 Il faut donc tenir compte de ces trois cibles – Tunisie, France, chi’isme – avant d’élaborer une stratégie contre celui qui est désormais notre ennemi principal : l’Etat islamique. Dans cette optique, la police et l’armée ne constituent qu’une composante parmi d’autres.

 

Les limites de la réponse militaire

 

Certes, la police française, dans l’ensemble, fait très bien son travail et a pu arrêter ou mettre hors d’état de nuire de nombreux terroristes. De même, son armée a su réagir de façon efficace aux agressions intégristes au Mali. Mais la réponse militaire et policière n’est jamais déterminante dans une guérilla. Or, c’est bien de cela qu’il s’agit. Non pas de la troisième guerre mondiale, mais de la première guérilla mondiale de l’Histoire. Ce ne sont plus des armées qui combattent front contre front. Mais des guérilleros qui frappent ici ou là, de préférence dans le dos, se replient ou laissent des pseudo-martyrs sur place et réattaquent ailleurs de façon tout aussi brève et explosive, avec utilisation accrue des images médiatiques fortes.

En privilégiant l’option militaire contre la guérilla, les Etats-Unis ont perdu le Vietnam et la France, l’Algérie. Répéter la même erreur contre l’Etat islamique aurait des conséquences catastrophiques. La réponse doit donc aussi se situer sur les plans politiques et économiques. Et c’est là que le bât blesse car les deux entités qui disposent du poids démographique nécessaire pour répondre à l’islam radical – les Etats-Unis et l’Union européenne – montrent d’inquiétants signes de faiblesse.

 

Obama l’Asiatique

 

Obsédé par la Chine et l’extrême-orient et se désintéressant des vielles problématiques européennes et moyen-orientales, Obama n’a pas élaboré une stratégie cohérente et convaincante face à l’islam radical. Cela restera l’énorme point noir de sa présidence. Tardivement, le président des Etats-Unis a compris qu’il était impossible d’avoir deux ennemis musulmans à combattre en même temps, à savoir l’Iran chi’ite et l’Etat islamique. D’où son changement de pied vis-à-vis de Téhéran. Mais il lui reste bien peu de temps, son mandat tombant à échéance dans un an et demi.

 

L’Epicière berlinoise et son carnet du lait

 

Quant à l’Europe, c’est le vide politique qui la caractérise. Sa principale dirigeante – l’Epicière berlinoise – est obnubilée par son carnet du lait et n’a pas d’autres perspectives que comptables. Or, pour apporter une aide concrète à la France – qui doit affronter la hausse exponentielle de ses dépenses militaires – et organiser le sauvetage économique de la Tunisie exsangue, l’Europe doit se trouver en capacité de prendre des mesures rapides, ce qui n’est pas le cas actuellement. De même, c’est aussi sur le plan européen qu’il faut entreprendre une politique idéologique digne de ce nom pour convaincre les jeunes musulmans du continent, souvent fraîchement convertis, de ne pas combler le vide qu’ils ressentent par un engagement au service de l’islam radical.

 

Jean-Noël Cuénod

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Attentat en Tunisie : "le terrorisme est notre... par lemondefr

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05/11/2011

G20: Sarkozy porte-parole d'une Europe allemande

Sur le plan médiatique au moins, le G20 s'est donné un vainqueur, Nicolas Sarkozy. Et pour fêter la fin de ce Sommet de Cannes, le chef d'Etat français a persuadé le président américain Obama de se livrer à un show télévisé, vendredi soir. Dans l'optique de l'élection présidentielle de 2012, l'opération sera sans doute riche en fruits juteux.

Alors que François Hollande, le candidat socialiste à l'élection présidentielle française de 2012, caresse le cul des vaches en Corrèze, Nicolas Sarkozy dialogue d'égal à égal avec le numéro un de la planète. Dès lors, pourquoi ne pas lui conserver sa place de numéro un en France?

Voilà pour la galerie. Pour la réalité, c'est une autre chanson. La crise de la dette a contraint la France à se plier à la politique économique de l'Allemagne. L'Europe a un patron, qui est d'ailleurs une patronne: Angela Merkel. La répartition des rôles au sein du couple franco-allemand semble ainsi réglée: le scénario de la politique européenne est rédigé à Berlin et Paris se charge de la mise en scène.

Ce G20 a surtout illustré, une fois de plus, l'affaissement de l'Europe qui va de Papandéroutes en Berlusconneries. La pauvre n'attire plus que ce mépris honteux réservé aux vieilles actrices.

Quant à la Suisse, elle est l'une des victimes de ce G20. Nicolas Sarkozy n'a pas manqué d'exercer une forte pression sur nos pratiques fiscales et bancaires.

La situation économique est telle en Europe que le secret bancaire paraît plus menacé que jamais. Cela dit, les paradis fiscaux de certains Etats des USA ainsi que les combines bancaires anglaises continueront à faire couler le lait et le miel pour les maîtres de la finance.

Jean-Noël Cuénod

(Version allongée de l'éditorial paru dans la Tribune de Genève samedi 5 novembre 2011)

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06/08/2011

Perte du triple A : l’hyperpuissance des Etats-Unis est morte

Le symbole se révèle aussi fort que l’effondrement du Mur de Berlin. En dégradant la note triple A de la dette américaine, l’agence de notation Standard & Poor’s a rendu manifeste ce qui était une réalité sous-jacente: l’hyperpuissance des Etats-Unis est morte. Une période de l’histoire – qui a commencé en 1991 avec la fin de l’Empire soviétique – est close. Une nation dont la monnaie vaut désormais moins que celle d’un pays, la Suisse, de huit millions d’habitants ne peut plus prétendre régenter l’économie et la politique mondiales en solitaire.

Bush junior avec ses aventures militaires d’une rare idiotie a donné le coup de grâce à cet imperium. Il faut dire qu’un peuple qui a placé à sa tête – à deux reprises – un politicien aussi nul, n’est plus en mesure intellectuelle d’imposer sa marque dominante sur la planète. Mais le successeur de mini-Bush porte lui aussi une responsabilité dans cette défaite américaine. En 2008, lors de la crise financière, Barack Obama a raté l’occasion de procéder à la régulation des marchés financiers qui sont devenus désormais incontrôlables par les pouvoirs politiques. Il aurait pu l’imposer à ce moment-là, lorsque les banques et les sociétés financières réclamaient à genoux l’aide publique pour les sortir de la catastrophe. Les Etats-Unis et tous les autres pouvoirs politiques leur ont versé des sommes colossales -  puisées auprès des contribuables des classes moyennes - pour se refaire une santé. Mais sans leur fixer contraintes et contrôles. Requinquées, les puissances financières sont reparties de plus belle vers de nouveaux profits, sans autre souci que de satisfaire le démentiel appétit de leurs dirigeants. Nous sommes en train de payer leurs factures.

Alors qui va remplacer la puissance américaine? La Chine? Son heure n’est pas encore venue. Empêtrée dans ses contradictions internes – une dictature stalinienne et un capitalisme sauvage, des villes richissimes et des campagnes misérables, des multimilliardaires et des crève-la-faim – la République populaire reste très fragile. L’Union européenne? Vous rigolez! La Russie? Personne n’y songe. Les pays émergents? Lesquels?

Pour l’instant, la puissance dominante est représentée par les organismes financiers – agences de notation, grandes banques, sociétés d’assurance. Mais savoir faire du fric ne suffit pas pour organiser la vie commune des peuples. Surtout lorsque ce fric, on se le garde dans ses coffres!

PS : Voici une excellente définition des agences de notation offerte par le magazine Alternatives Economiques.


Jean-Noël Cuénod  

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05/05/2011

Ben Laden exécuté, justice est-elle faite?

En annonçant la mort d’Oussama Ben Laden, le président Barack Obama a lâché ce commentaire qui, désormais, restera dans l’Histoire: «Justice est faite». Alors, justice est-elle vraiment faite ? Non, car cette opération militaire qui s’est terminée par la liquidation du fondateur d’Al-qaida constitue un acte de guerre, légitime certes, mais en aucun d’un acte de justice. Que l’on ne se méprenne point.

Nous n’allons pas ajouter une seule larme à l’océan qui a englouti le corps de ce terroriste. Mais les mots ont un sens et celui de «justice» est des plus malvenus en l’occurrence. En multipliant les attentats depuis vingt ans et, surtout, en organisant le massacre des «Twin Towers», Oussama Ben Laden a franchi un palier de plus dans le terrorisme. C’est bien un acte de guerre qu’il a commis le 11 septembre 2001. L’intégriste a été tué autant par la mécanique qu’il a enclenchée de sa propre volonté que par les soldats américains. Le fou d’Allah a récolté la mort qu’il a semée.
Les Etats-Unis ont agi en position de légitime défense, mais celle-ci n’est pas synonyme de justice. La justice la reconnaît pour un état qui rend excusable un acte qui, hors de ce contexte, ne le serait pas. Mais la légitime défense n’est pas un auxiliaire de la justice. Cette dernière obéit à des règles et à des procédures, mène des débats qui aboutissent à une prise de décision dont la plupart peuvent être contestées par une instance supérieure. Cette construction complexe ne saurait être érigée en terrain guerrier.

Aurait-il fallu capturer Ben Laden pour le juger en bonne et due forme? Tout d’abord, le tueur intégriste n’avait, selon toute vraisemblance, nulle intention de se rendre. Il est difficile de l’imaginer se faisant menotter pendant qu’un flic-soldat lui lit ses droits en vertu de l’arrêt Miranda. Ensuite, un procès de ce genre n’aurait pas apporté grand-chose, sinon une tribune au chef d’Al-quaida. Avec pour conséquence possible, d’offrir un regain d’énergie à une organisation terroriste à bout de souffle, de la replacer pour un bon moment dans l’actualité alors qu’elle se trouve actuellement ringardisée par les révolutions arabes démocratiques.

Sa mort n’est donc pas la plus mauvaise solution, même si le fait d’avoir immergé son cadavre sans l’exposer suscite de nombreux commentaires dubitatifs sur la réalité de ce trépas. Ce corps qui n’est plus visible alimente d’ores et déjà l’usine à fantasmes des théoriciens du complot et le fantôme d’Oussama Ben Laden hantera la Toile pendant de nombreuses années.

En parlant de «justice» à propos d’une opération militaire qui lui est étrangère, le président Obama ajoute à cette confusion sémantique qui ne cesse de polluer le discours politique.

D’aucuns diront que c’est jouer avec les mots, que peu importe le terme, l’essentiel est que ce terroriste majuscule débarrasse enfin le globe de sa sanglante présence. C’est oublier que les mots ne sont pas innocents. Que le président assume cette guerre contre le terrorisme qu’il a été contraint de mener. Mais qu’il n’en fasse pas une œuvre de justice. Lorsque celle-ci se marie avec le canon, c’est plus souvent pour le pire, l’une servant de masque à l’autre.

Jean-Noël Cuénod

La Maison-Blanche refuse de montrer la photo de Ben Laden mort, non sans en avoir débattu (vidéo tirée de France 24)

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02/05/2011

La vraie mort d’Oussama Ben Laden

Oussama Ben Laden fait partie de ces rares criminels de l’Histoire dont l’annonce du trépas est saluée. Il a vécu par l’épée. Et c’est par l’épée qu’il a péri. Mais la vraie mort du chef d’Al Qaïda n’est pas le fait d’une section hyperprofessionnelle de l’armée armée des Etats-Unis. Ce sont les révolutions arabes qui ont porté un coup fatal à son programme de haine régressive. Les peuples en colère du Maghreb et du Proche-Orient n’ont pas appelé à la destruction d’Israël, du Grand Satan américain et des Petits Satan français et britanniques, ni hurlé des slogans intégristes. Ils se sont soulevés pour établir, non pas un califat rétrograde, mais la démocratie et l’Etat de droit, toutes notions défendues par l’Occident.

Certes, ce qui reste d’Al Qaïda frappera encore ici ou là, notamment au Maghreb, comme l’attentat de Marrakech l’a démontré. Raison de plus pour les Occidentaux de ne pas réitérer les erreurs de jadis. Qu’elles soutiennent politiquement et économiquement les jeunes démocraties arabes. Si nous ratons ce train-là, alors des clones de Ben Laden risquent fort de ressurgir.

La vidéo de l'annonce par le président Obama de la mort d'Oussama Ben Laden

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04/11/2010

Les Lumières sont de plus en plus tamisées

Sale temps pour la Raison. Les Lumières nées au XVIIIème siècle tremblotent sous le coup des vents mauvais de l’obscurantisme, quand elles ne sont pas tamisées, voire éteintes par des délires d’ordre — ou plutôt de désordre — politico-théologique.

 C’est vrai qu’elle est ennuyeuse, pour ne pas dire plus, la Raison. Au lieu de vous narrer des contes à tuer debout, elle vous invite à réfléchir avant de hurler et de tirer. Elle remplace les images fortes par la pensée subtile, l’émotion par la réflexion, la distraction par la concentration. Quelle barbe! L’idéologie «brutaliste», qui tend aujourd’hui à étendre partout son empire d’étincelles crépitantes, se révèle tellement plus séduisante, plus captivante, plus ludique aussi. Elle se résume à ce court-circuit mental: tout ce qui est différent est ipso facto mon ennemi et, comme tel, doit être supprimé.

Le «brutalisme» a l’avantage de coller à tous les masques qu’ils soient de gauche ou de droite (plutôt de ce côté pour l’instant, mais cela peut changer), chrétien, juif, musulman ou athée. Et se déploie avec des formes différentes tant dans les dictatures qu’au sein des démocraties.

L’intégrisme musulman est la figure la plus spectaculaire du «brutalisme». Il n’est de vérité que dans l’Islam. Ceux qui se situent en dehors doivent être éradiqués. Les chrétiens arabes en font régulièrement  l’amère expérience. A cette «christianophobie» proche-orientale, répond une «islamophobie» occidentale, moins sanglante, certes, mais tout aussi stupide, comme l’illustrent ces «brutalistes» américains accusant Barack Obama de professer l’Islam.
Il est vrai qu’en matière d’occultation de la pensée, la première puissance de l’Occident sait se montrer performante. Lors des récentes campagnes électorales,  les partisans des «tea parties» ont repoussé les bornes de la bêtise de plusieurs kilomètres.

Entre parenthèses, cela démontre la nocivité du thé sur l’intellect, par rapport à d’autres breuvages autrement plus spiritueux!

Cette tendance n’est pas qu’une expression ultraminoritaire, comme l’indique ce sondage de l’Institut Harris annonçant que 14% des Américains – ce taux grimpe à 24% chez les électeurs républicains   se disent persuadés qu’Obama est l’antéchrist. Ils le clament même sur leurs maillots (photo). ¨

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Voyons… Voyons… Que faisait dire l’inoubliable Michel Audiard à Lino Ventura dans les « Tontons Flingueurs » ? Vite un petit tour sur DailyMotion : 
« Les cons, ça ose tout et c’est même à ça qu’on les reconnaît »... Tout juste ! Le Plouc remercie dailymachin. Non seulement, ça ose tout, mais encore, ça s’affiche...


Les racines du «brutalisme» à l’occidentale sont bien connues. La mondialisation sauvage des échanges économiques a entraîné la paupérisation d’une part importante des classes moyennes dans les pays industrialisés. C’est une chose de rester confiné dans la pauvreté. C’en est une autre d’avoir grimpé les échelons de la société, puis d’être rejeté au bas de l’échelle. L’amertume en est d’autant plus intense. Le réflexe premier est alors de s’en prendre à ceux qui se trouvaient déjà au sol, les étrangers, les exclus avec lesquels, on ne veut surtout pas être confondus, car l’espoir de remonter un jour persiste.

L’Histoire nous a montré où le «brutalisme», par un enchaînement fatal, se termine. Mais il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre les leçons du passé.

Jean-Noël Cuénod

(Version enrichie pour le ouèbe du texte paru jeudi 4 novembre 2010 en rubrique "Perspective" de la Tribune de Genève et en rubrique "Réflexion" de 24 Heures).

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