01/07/2014

Nicolas Sarkozy et François Hollande, le duo des Calamiteux VERSION ACTUALISEE

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Version actualisée en fin de texte, caractères gras

Avec un Espace Vidéo.

Nicolas Sarkozy aime être le premier. En tout. La Police judiciaire vient de le satisfaire. Depuis tôt ce matin, il est le premier ex-président de la République à être placé en garde à vue. Même Jacques Chirac ­– pourtant condamné en 2011 à deux ans de prison avec sursis dans l’affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris – n’avait pas dû subir cette humiliation de partager ses 24 heures (voire plus, si affinités avec les poulagas) entre une cellule et la salle d’interrogatoire. Les policiers, sur demande de deux juges d’instruction, sont en train de le cuisiner afin de tenter d’en savoir plus sur le vaste réseau d’information que l’entourage de Sarkozy aurait tissé au sein des plus hautes instances de la police et de la justice françaises. L’information pénale porte sur les chefs d’accusation suivants, «trafic d’influence» et «violation du secret de l’instruction». Deux hauts magistrats de la Cour de cassation, Gilbert Azibert et Patrick Sassoust, ainsi que l’avocat de Sarkozy, Me Thierry Herzog, sont également interrogés en garde à vue.

En résumé, le magistrat Azibert est soupçonné d’avoir donné des informations couvertes par le secret de l’instruction aux proches de Nicolas Sarkozy pour le tenir informé des développements de l’affaire Bettencourt, lui permettant ainsi de bien préparer sa défense. Pour ce service, le juge de cassation aurait reçu la promesse d’obtenir un poste plaqué or à Monaco. Cette affaire avait été découverte à la suite d’un autre dossier concernant Sarkozy, celui de l’éventuel financement de sa campagne présidentielle  par Kadhafi. Sarkozy se doutant qu’il était placé sur écoute par la police, avait acquis un autre téléphone portable pour s’abonner sous le nom de Paul Bismuth. Mais les policiers avaient aussi découvert cette «ligne Bismuth» et l’avait également branchée sur leurs longues oreilles, ce qui leur a permis d’engranger de précieux indices. 

Qu’il soit ou non innocent, Nicolas Sarkozy trimballe une batterie de cuisine complète à faire rêver les marmitons les mieux dotés. Dès lors, sa volonté de se représenter à l’élection présidentielle de 2017 prend un autre visage, celui d’un Berlusconi se faisant élire pour bénéficier de l’immunité présidentielle. Peut-être que ses nombreuses accusations tomberont dans le néant. Il n’empêche que le soupçon polluera sa campagne. C’est pourquoi la plupart des dirigeants de son parti l’UMP veulent à tout prix empêcher son retour. Ils savent qu’ils payeront très cher une berlusconisation de leur formation.

Nicolas Sarkozy pourrit la droite. A gauche, c’est l’actuel président François Hollande qui sert d’agent de décomposition. Certes, les affaires judiciaires ne plombent pas son quinquennat. L’affaire Cahuzac, pour aussi grave qu’elle soit, n’est pas le symptôme d’un système mais la faillite abyssale d’un homme. En revanche, l’incompétence du président dans l’exercice de ses fonctions saute aux yeux (et au porte-monnaie des Français) après plus de deux ans passés à l’Elysée. De reculades en reniements, la politique de François Hollande n’a ni cap ni contours, ni queue ni tête. En quatre mois et demi de pouvoir, le président du Conseil italien Matteo Renzo a accompli plus de réformes que Hollande en vingt-six mois. L’Italie est d’ailleurs en passe de remplacer la France comme interlocuteur privilégié de l’Allemagne en Europe. Le président français est contesté par ses propres troupes qu’il a menées aux désastres électoraux ; son impopularité l’empêche d’agir ; son crédit politique – et, partant, celui de la France – est au plus bas sur la scène internationale.

Dès lors, même si, par miracle, la courbe de l’emploi se redresse dans un sens favorable, François Hollande n’est même pas certain d’en recueillir les fruits qui risquent plutôt d’être chapardés par son premier ministre Manuel Valls.

Faisons un cauchemar. Nicolas Sarkozy se présente sous la bannière de la droite et François Hollande brigue un second mandat. Marine Le Pen aura en face d’elle un Sarkozy englué dans les affaires et un Hollande empêtré dans son bilan. Elle n’aura même pas besoin de faire campagne pour prendre possession de l’Elysée.

Il devient donc urgent pour les deux partis de gouvernement de se débarrasser de leurs faiseurs de défaites qui ont largement dépassé la date de péremption.

Ce blogue a été cité mercredi matin à la Revue de presse de France-Inter.

Jean-Noël Cuénod

Mercredi vers 2 heures du matin,  les juges d'instruction ont mis en examen Nicolas Sarkozy pour corruption active, trafic d'influence actif et recel de violation du secret professionnel. Il est ressorti du Pôle financier libre et sans contrôle judiciaire. D'ores et déjà, ses lieutenants s'activent pour protester contre cet "acharnement judiciaire". Le premier ministre Manuel Valls rétorque: "Les faits sont graves". Pour l'UMP, la grosse affaire concerne Bygmalion et les impressionnants frais de la campagne Sarkozy pour l'élection présidentielle de 2012.

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Garde à vue de Nicolas Sarkozy : quels sont les... par lemondefr