24/04/2012

Le plouc sort un deuxième bouquin : des haïkus qui n'ont rien à voir avec quelque quinquennat que ce se soit.

Les Editions Samizdat, animée par Denise Mützenberg et Claire Krähenbühl, publie un nouveau recueil de poésie de ma pomme. Cette fois-ci, il s'agit de haïkus préfacés par une enseignante française en philo, spécialiste du Japon, Marianne Rillon. Les magnifiques illustrations sont dues au peintre parisien Philippe Rillon.

Ce  bouquin n'a donc rien à voir avec le « Quinquennat d'un plouc chez les bobos » (Editions Slatkine) du même Cuénod. Ledit bouquin continue d'ailleurs d'être en vente. Réclamez-le à votre libraire sur un ton comminatoire.

Le plouc participera au Salon de Genève. Voici donc ses heures de présence

  • - Samedi 28 avril, de 10 h. à midi, Jean-Noël Cuénod présente son nouveau recueil de haïkus «Le Goûtdu Temps» au stand Samizdat i 1141 (i comme Ibsen, en face de l'exposition Courbet)

 

  • - Dimanche 29 avril, de 13 h. à 14 h. 30, Jean-Noël Cuénod présente le «Quinquennat d'un plouc chez les bobos» (cinq ans de chronique dans le Paris et la France de Sarkozy) au stand Slatkine F 841.

 

En attendant, voilà le bon de souscription pour « Le Goût du Temps »

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22/04/2011

Pâques (3): la Résurrection à Fukushima


Pâques, c’est Noël débarrassé de ses Chalandes pour grandes surfaces et sa sensiblerie mercantile. C’est la vraie fête chrétienne qui déborde du christianisme, comme un vin généreusement offert, puisqu’elle fait vivre cette question qui touche tous les humains : comment cohabiter avec la mort? Que l’on croit ou non au récit de la Résurrection du Christ reste secondaire. L’important n’est pas la lettre mais le cœur palpitant de l’Esprit.

La Résurrection n’est pas, à mon humble avis — dans ce domaine, tous les avis sont humbles par vocation — le triomphe de la vie sur la mort. Il n’y a pas concurrence, bataille, guerre, compétition qui aboutiraient à la défaite de l’une et à la victoire de l’autre.

La Résurrection remet la mort à sa place, celle d’un lieu de passage qui permet à la vie de s’épurer, de se ressourcer, de renaître, de changer de formes tout en restant elle-même, fondamentalement. La mort fortifie la vie. Elle est ce vide sans lequel il serait impossible de garnir un vase de fleurs. Pour le démontrer, l’Eternel s’est fait mortel, Dieu a revêtu sa peau d’homme, en acceptant le pire de la condition humaine, la trahison, l’injustice, la douleur morale, la torture physique, l’angoisse devant le trépas, la solitude des ultimes instants. Malgré les innombrables tentatives pour le défigurer, pour l’embarquer sous les bannières de la haine, pour l’embrigader pour les causes les moins nobles, la figure du Christ injurié, battu, mourant, ressuscitant demeure inaltérée, 2000 ans après le passage sur la Terre de cet être de Lumière. Le vrai — peut-être le seul — miracle du Christ est d’avoir triomphé de l’usure du temps et de la caricature des hommes. Devenu symbole, Jésus demeure à jamais souffrant, cherchant et consolateur.

Il vit dans ces 304 travailleurs de la centrale nucléaire de Fukushima qui, connaissant les risques majeurs pour leur vie, s’exposent à des irradiations afin de juguler les fuites radioactives provoquées par le séisme du 11 mars. A leur propos, l’ingénieur en physique nucléaire français Bruno Chareyron constate:
A partir du moment où à l’extérieur de la centrale, il y a déjà des taux de radiation de 4 millions de fois plus élevés que le niveau naturel, cela signifie qu’en quelques heures de présence les personnes ainsi exposées peuvent subir des doses potentiellement mortelles à court terme (...).De ce point de vue, leur combat est un sacrifice.

Non seulement ces héros anonymes risquent la mort mais encore, ils sont menacés de subir les souffrances provoquées par des cancers. Pourquoi se sacrifient-ils ainsi? Il serait vain de parler à leur place. Leur action suffit à porter témoignage.

Venant d’une culture différente, ces Japonais ne connaissant peut-être rien de l’Evangile. Mais ils le vivent. Le Christ, c’est le meilleur de l’homme en acte.

 

Jean-Noël Cuénod

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11/07/2010

A l’Opéra-Bastille, Kaguyahime et la lumière resplendit dans la nuit

 Il kaguyahime.jpgserait vain de coller un adjectif à « Kaguyahime », ballet chorégraphié par Jiri Kylian sur une musique du compositeur japonais Maki Ishii (1936-2003) et présenté à l’Opéra-Bastille. Ce serait le profaner, comme si l’on avait l’idée de barrer La Joconde d’un autocollant publicitaire. Cette œuvre s’élève au-delà des mots pour créer un espace sacré. Elle dure une heure et demi. Mais Le Plouc et La Plouquette se sont regardés, interdits, à la fin de ce rituel dansé. Il leur avait semblé qu’à peine un quart d’heure s’était écoulé. Espace sacré hors du temps. Telle est la définition d’un rite initiatique. Car c’est bien de cela qu’il s’agit et non d’un spectacle. Un rituel accomplit par la maîtrise de tous ses célébrants (voir l'extrait vidéo à la fin de ce texte qui représente Fiona Lummis du Nederlands Dans Theatre).

L’argument du ballet est tiré de l’un des plus anciens contes japonais, matrice de la littérature du Soleil Levant. Un vieux coupeur de bambou fend une tige et y découvre en son milieu une fillette minuscule qui rayonne. Il l’élève chez lui et à force d’amour, l’enfant – nommée Kaguyahime, soit « Lumière qui resplendit dans la nuit » - grandit et devient jeune femme d’une éblouissante beauté.

L’homme étant ce qu’il est, les aristocrates et les villageois se lancent dans des batailles pour conquérir Kaguyahime. Le Mikado (l’empereur) se rend au village du coupeur de bambou pour s’informer des causes de ces troubles. Il est aussitôt embrasé d’amour pour Kaguyahime et veut l’épouser. Mais la jeune femme lui explique qu’elle ne vient pas de ce monde mais de la Lune et qu’elle doit y retourner. Malgré le déploiement de toutes ses forces, le Mikado ne peut empêcher Kaguyahime de rejoindre son astre.

Pour personnifier cette fille de la lune, il fallait bien une « étoile », Marie-Agnès Gillot (Agnès Letestu dans la deuxième distribution des rôles) qui, en compagnie de ses co-célébrants du Ballet de l’Opéra de Paris, a vécu le moindre mouvement de son corps avec la plénitude de la grâce. Ordinairement reléguée, la fosse d’orchestre a participé de plein pied à cet office ; à l'exception de trois instrumentistes à vent japonais en costume traditionnel, la part belle était réservée aux percussionnistes, dont les célèbres tambourinaires nippons du groupe Kodo. A la chorégraphie des danseurs répondait celle des musiciens dans une harmonie impressionnante de densité.

Lorsque Kaguyahime-Marie-Agnès Gillot rejoint la Lune, le verset de l’Evangile de Jean  ‑ « La lumière est venue dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas comprise » - se dévoile. Les ténèbres sont incarnées par nous autres, les humains. Et la lumière, où se niche-t-elle la lumière ? Dans la tige d’un bambou ? Dans l’âme d’un petit ?

Jean-Noël Cuénod

Voici un extrait vidéo de "Kaguyahime" (l'"étoile" en scène est Fiona Lummis du Nederlands Dans Theatre et non Agnès Letestu comme indiqué par erreur par Le Plouc décidément très plouc. Et grand merci à l'internaute correcteur )

 

 

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