31/01/2017

Quand Trump sert la soupe aux islamistes

 

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Il voulait faire un gros coup bien gras pour marquer son territoire. Avec ses mesures contre l’immigration visant les musulmans, Trump a réussi au-delà de ses espérances. Il s’est mis une grande partie du monde à dos, à commencer par les chrétiens d’Orient qu’il voulait avantager.

Certes, les remontrances de François Hollande et d’Angela Merkel lui en ont touché une – et encore – sans faire bouger l’autre, pour reprendre l’expression favorite de Jacques Chirac. Des couinements de souris, pas plus.

Une pétition lancée sur le site Avaaz  est en train de réunir des millions de signatures (4,1 millions, ce mardi à 14h35), voilà qui n’empêche pas Donald de roupiller à la Maison-Blanche.

Lorsque les dirigeants des grands groupes de la nouvelle technologie – Apple, Google, Microsoft – l’ont vertement remis à l’ordre en lui rappelant que sans les étrangers ­– dont Steve Jobs, fils d’immigré syrien – les Etats-Unis n’auraient jamais pu occuper la première place dans cette industrie, Trump s’en tamponne l’urne électorale. La Sillicon Valley a toujours voté contre lui et massivement soutenu Hillary Clinton. Au contraire, le nouveau président se présente ainsi comme l’ennemi de cette élite mondialisée qu’une partie importante des Américains poursuivent de leur haine. Et c’est cette Amérique qui l’a élu, pas l’autre, celle des industries du présent et de l’avenir.

La justice s’y met à son tour. Sa ministre ne veut pas exécuter son décret anti-immigration en raison de son illégalité ? Il la vire. En revanche, il ne pourra pas botter les fesses impies de Bob Ferguson, le procureur général de l’Etat de Washington, qui a lancé, lundi, une procédure judiciaire pour annuler le décret anti-immigration en raison de son inconstitutionnalité. « Personne n’est au-dessus des lois, pas même le président » a déclaré le procureur en ajoutant : « Au Tribunal, ce n’est pas toujours celui qui parle le plus fort qui l’emporte, c’est la Constitution » (vidéo).

Voilà qui est plus gênant pour Blabbermouth Donald. Car les contrepouvoirs aux Etats-Unis sont aussi nombreux que solides et tout aussi légitimes que le président qui est moins monarque qu’en France (imaginons un Trump ou une Trumpette à l’Elysée, comme ça, juste pour voir !). Et ils ne vont pas le ménager. Le président immobilier va, un jour ou l’autre, trembler sur ses fondations.

Mais la pire critique portée contre les mesures antimusulmanes provient de ceux-là même que Trump se vante de protéger. Le président américain a souligné à gros traits que les réfugiés chrétiens des pays arabes pourront entrer aux Etats-Unis contrairement à leurs compatriotes musulmans.

Mgr Sako, à propos du décret Trump: "Un piège pour les chrétiens du Proche-Orient"

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 « Merci du cadeau !» répond, en substance, le patriarche chaldéen, Mgr Sako (photo), à la tête de la majorité des Irakiens de confession chrétienne. Il ne mâche pas ses mots contre l’offre empoissonnée de Trump qui « représente un piège pour les chrétiens du Proche-Orient ». Dans une déclaration publique prononcée dimanche, il met en pièce cette nouvelle Trumperie :

Toute politique d’accueil qui discrimine les persécutés et les souffrants sur base religieuse finit par nuire aux chrétiens d’Orient parce que, entre autres choses, elle fournit des arguments à toutes les propagandes et à tous les préjudices qui attaquent les communautés autochtones du Proche-Orient en tant que corps étrangers et groupes soutenus et défendus par les puissances occidentales. Ces propos discriminatoires – ajoute-t-il – créent et alimentent des tensions avec nos compatriotes musulmans. Les souffrants qui demandent de l’aide n’ont pas besoin d’être divisés sur la base d’étiquettes religieuses et nous ne voulons pas de privilèges. L’Evangile nous l’enseigne et le Pape François nous l’a montré également en accueillant à Rome des réfugiés ayant fui le Proche-Orient, tant chrétiens que musulmans, sans faire de distinctions.

Donald Trump a donc jeté un jerricane plein d’essence sur les feux du Proche-Orient. En frappant indistinctement tous les musulmans, il confirme la propagande de Daech et autres islamoterroristes qui s’érigent en défenseurs de leurs coreligionnaires. Nul doute que les mesures de Trump contribueront à grossir les rangs des islamistes radicaux au Proche-Orient mais aussi chez nous en Europe. Sa stratégie de la provocation permanente ne peut avoir pour conséquence que de déstabiliser encore plus le monde actuel. Un jour ou l’autre, les grenades de Trump lui sauteront à la figure. Malheureusement, nous ne serons pas épargnés par les éclats.

Jean-Noël Cuénod

15:25 Publié dans Politique internationale | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : trump, islam, christianisme, etats-unis | |  Facebook | | |

10/12/2016

Les femmes à la reconquête des cafés machos!

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La France célébrait, vendredi, la Journée de la Laïcité. Comment se porte-t-elle? Moins bien dans la réalité que dans les discours. (Photo: groupe de femmes s'installant dans un café monopolisé par les hommes à Aubervilliers en 2013)

Ce principe, prônant la liberté de conscience et la neutralité de l’Etat vis-à-vis des communautés religieuses, est gravé dans le marbre de l’article 1 de la Constitution. Il orne toutes les allocutions politiques, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen.

Dans la réalité, c’est une autre paire de manche. L’idéologie salafiste ne cesse de porter des coups à cette laïcité qu’elle abhorre. Cette vision particulièrement rétrograde de l’islam, prône l’imitation des mœurs pratiquées par l’islam des débuts. En premier lieu, le salafisme instaure la soumission de la femme à son père, à ses frères, puis à son mari. Pas question de sortir seule dans la rue ou alors de façon fugace et dûment voilée. Et encore moins de mettre le pied dans un café. Un ancien membre des Renseignements généraux de la police française, Bernard Godard, a décrit la progression inquiétante du salafisme dans son ouvrage La question musulmane en France (Fayard). 

Cette idéologie se diffuse dans la vie quotidienne de certaines cités comme l’illustre un reportage diffusé mercredi au 20 Heures de France 2. Les caméras ont suivi deux courageuses militantes de la Brigade des Mères à Sevran, près de Paris, Nadia Remadna et Aziza Sayah. Leur but: tenter d’entrer dans un bistrot qui, comme bien d’autres, est l’apanage exclusif des hommes. Le rejet est patent. Le patron interpelle les deux femmes: «Ici, il n’y a que des hommes, le mieux c’est d’attendre dehors.» Et si la femme veut boire un café avec la cousine? «La cousine, elle reste à la maison. Ici, il n’y a pas de mixité». Les deux militantes ne s’en laissent pas compter et imposent le dialogue. Pas facile: «Ici, c’est pas Paris, c’est Sevran. C’est comme au bled». Sauf que l’on n’est pas au bled mais à une heure de la capitale en voiture!

France 2 a braqué l’attention sur Sevran qui n’est pas la seule cité à vivre cette phobie, loin de là. A Villiers-le-Bel, le groupe Genre et Ville, sous l’impulsion du maire socialiste Jean-Louis Marsac, milite aussi pour que les femmes reconquièrent l’espace public. En juillet dernier, douze militantes de ce groupe avaient investi le café «Au petit chasseur» à la clientèle uniquement masculine. Là aussi, le dialogue entre les clientes et les clients était tout sauf aisé. De nombreuses autres cités connaissent pareilles initiatives. Mais la reconquête des femmes dans l’espace public ne va toujours pas de soi. Nombre de ces militantes avouent que, seules, elles n’auraient jamais osé entrer dans ce genre d’établissement.

Les cafés ne sont pas seuls en cause. Une jeune musulmane nous avait expliqué que dans sa cité, elle devait faire profil bas, porter des pantalons, se voiler, baisser les yeux, se déplacer rapidement, ne pas flâner. Quitte à se changer sitôt arrivée à Paris pour son travail. Et à reprendre son accoutrement couleur muraille pour rentrer à la maison.

Comparée aux avancées du féminisme dans la société française depuis un demi-siècle, cette situation marque une régression que nombre de femmes ne supportent plus. Et parmi elles, de nombreuses musulmanes. Les médias commencent enfin à découvrir leur combat quotidien contre une idéologie religieuse extrémiste.

COMMENTAIRE

France, une laïcité ambiguë

«France qu’as-tu fait de ton baptême?» proclamait le pape Jean-Paul II en 1980 avant de s’envoler vers Paris. «France, qu’as-tu fait de ta laïcité?», pourrait-on lui répondre en écho. Elle a inventé le mot paru pour la première fois dans un journal de la Commune de Paris, le 11 novembre 1871. Elle l’a inscrit dans sa Constitution. Elle lui a consacré une journée, le 9 décembre.

Dans les discours de son personnel politique, la laïcité est une figure imposée dans les discours. Mais aujourd’hui, elle est mise à mal par l’idéologie salafiste qui se développe parmi les Français musulmans. Le principal fautif de cette situation est l’Etat laïc lui-même. Pendant des décennies, les gouvernements successifs ont délaissé les quartiers et les cités où s’entassaient la partie la plus pauvre de sa population, dont de nombreux musulmans. «Territoires perdus de la République», selon le cliché habituel. Territoires perdus pour la laïcité aussi.  Les autorités françaises ont laissé les prêcheurs les plus rétrogrades, les plus intolérants de l’islam accomplir leur mission, à savoir structurer idéologiquement ces populations à l’abandon et lutter pied à pied contre les idées impies qui ont pour nom liberté de conscience, démocratie, égalité entre hommes et femmes.

De même, la France officielle pratique cette laïcité qu’elle chérit tant non sans ambiguïté. Ainsi, elle subventionne l’enseignement privé ­– la plupart des écoles sont catholiques ­– pour près de 7 milliards d’euros par an. Plus haute juridiction administrative française, le Conseil d’Etat vient d’autoriser l’installation de crèches dans les mairies, s’il s’agit «d’un évènement artistique, culturel ou festif». Or, il est impossible de séparer Noël du christianisme!

La laïcité doit s’appliquer à tous. Ou alors, elle périclitera, au risque de désunir nos sociétés.

Article et éditorial parus samedi 10 décembre 2016 dans la Tribune de Genève

Jean-Noël Cuénod

17:40 Publié dans Laïcité | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : salafisme, islam, banlieue, femme, machisme | |  Facebook | | |

30/08/2016

La droite aïoli se prend les pieds dans le burqini

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Valls, Sarkozy et les municipalités de la droite aïoli se sont pris les pieds dans le burqini. La ficelle était pourtant bien épaisse. Le Conseil d’Etat (équivalent en Suisse du Tribunal administratif fédéral) a donc annulé la décision prise par le maire LR de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes) d’interdire le burqini sur les plages de son territoire. Les intégristes musulmans ont aujourd’hui beau jeu de crier victoire. Leur piège provocateur a parfaitement fonctionné. En plaçant cette question sur le plan du droit, les élus de droite et le gouvernement Valls leur ont fait une superbe passe dans les seize mètres… Et boum, tir en pleine lucarne !

Avant d’examiner la décision du Conseil d’Etat et ses conséquences, quelques considérations générales sur cette vestition hydro-islamiste. Que le burqini emblématise la régression des droits de la femme, c’est une évidence, même en pays musulmans. Le Plouc a bourlingué au Maroc dans les années 70, est parti en reportages à Alger en 1974 et 1988. A cette époque, le port du burqini aurait provoqué les rires et les moqueries des jolies «gazelles» qui bronzaient en maillot de bain deux pièces sans que des barbons barbus s’en offusquassent.

Revêtir un burqini n’est jamais un libre choix, quoiqu’en disent celles qui le portent. Il s’agit de cacher le corps féminin du regard des mâles, considérés comme des animaux incapables de maîtriser les élans priapiques de leur concupiscence satanique. C’est la plus détestable image des relations entre hommes et femmes qui soit.

Si la France a réagi de façon aussi «burqiniphobe», contrairement à certains pays voisins comme l’Allemagne ou la Grande-Bretagne, c’est qu’elle a développé depuis des siècles la galanterie de cour qui a influencé toute sa société. Cette galanterie est faite de séduction légère, de badinerie réciproque, de joutes oratoires, de courtoisie taquine. La femme y règle son jeu et l’homme se plaît à s’y conformer. Transformer le corps féminin en une sorte de saucisson à la pelure de Néoprène est incompatible avec cette relation qui donne tant d’agrément aux relations humaines. Que les peuples qui ont le français en partage y tiennent, quoi de plus normal ? Mais éradiquer le burqini par la voie règlementaire, c’est une autre paire de manche. Elle a rapidement trouvé ses limites au Conseil d’Etat (voir ci-dessous l’extrait le plus important des considérants de cette juridiction).

La rapide généralisation du burqini induit à penser qu’il y avait anguille sous roche et qu’il s’agissait pour les intégristes musulmans de montrer qu’ils faisaient « corps à part » avec le reste de la société française. En cherchant à provoquer la réaction des autorités, pour mieux se draper dans la toge victimaire, ils ont réussi leur coup. Le burqini a reçu la bénédiction de la justice française qui, en l’occurrence, n’a fait qu’appliquer la loi.

Faut-il alors introduire un texte spécifique, voire changer la Constitution pour interdire une tenue de bain, comme l’a proclamé, lundi, Nicolas Sarkozy ? Le simple fait de poser cette question montre que nous nageons en pleine folie. La Constitution règle les grands principes mais ne doit pas s’abaisser à traiter des questions d’ordre textile au risque de diluer lesdits grands principes dans l’accessoire et le dérisoire.

 Si l’on suit cette pente vertigineuse, on peut s’attendre au pire pour notre liberté individuelle. Les intégristes musulmans pourraient alors se sentir en droit de faire interdire les minijupes, le string, les cuissettes (pour les Hexagonaux, il s’agit de l’expression suisse-romande pour le mot franglais short). Le droit serait ainsi transformé en vaste champ de bataille religieux.

Pour combattre le burqini, le dialogue dans la fermeté et la persuasion restent les meilleures armes. Il faut expliquer les raisons qui président à notre rejet de cet emblème de la servitude. Certes, cela fait moins de bruit dans les médias, c’est moins gratifiant pour le politicien en mal de « beuze ». Mais, petit à petit, au fil des discussions, avec le temps, le burqini retrouvera la seule place qui lui est légitime : la poubelle.

 Jean-Noël Cuénod

 

Principaux extraits de la décision du Conseil d’Etat annulant l’interdiction du burquini

 

(…)Il ne résulte pas de l’instruction que des risques de trouble à l’ordre public aient résulté, sur les plages de la commune de Villeneuve-Loubet, de la tenue adoptée en vue de la baignade par certaines personnes. S’il a été fait état au cours de l’audience publique du port sur les plages de la commune de tenues de la nature de celles que l’article 4.3 de l’arrêté litigieux entend prohiber, aucun élément produit devant le juge des référés ne permet de retenir que de tels risques en auraient résulté. En l’absence de tels risques, l’émotion et les inquiétudes résultant des attentats terroristes, et notamment de celui commis à Nice le 14 juillet dernier, ne sauraient suffire à justifier légalement la mesure d’interdiction contestée. Dans ces conditions, le maire ne  pouvait, sans excéder ses pouvoirs de police, édicter des dispositions qui interdisent l’accès à la  plage et la baignade alors qu’elles ne reposent ni sur des risques avérés de troubles à l’ordre  public ni, par ailleurs, sur des motifs d’hygiène ou de décence. L’arrêté litigieux a ainsi porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle (…)

18:55 Publié dans Politique française | Lien permanent | Commentaires (35) | Tags : burqini, islam, france, sarkozy, valls | |  Facebook | | |

05/08/2016

France, Islam, Chevènement et le 1er -Aout du Plouc (Vidéo)

 

Deux interventions: Chevènement, symbole d’une France qui veut organiser «son» islam. Et une vidéo du Plouc en train de causer Suisse à TV5 Monde.

Unknown.jpegToutes les tentatives menées par divers gouvernements pour créer un «islam de France» ont échoué. Il n’est pas certain que le projet le plus récent du président Hollande – celui de pressentir Jean-Pierre Chevènement pour diriger la Fondation des œuvres de l’islam de France (FOIF) –, parvienne à surmonter cette fatalité. L’ancien ministre socialiste, devenu fondateur d’un parti souverainiste de gauche (Mouvement républicain et citoyen-MRC), se prononcera à la rentrée sur cette nomination qui reste donc à l’état virtuel.

 L’homme tout d’abord, pose problème. Son intégrité et sa compétence ne sont nullement en cause. Mais il est tout de même étrange de placer un politicien non-musulman à la tête d’un organisme qui sera chargé de trouver un financement, compatible avec les intérêts de la République, pour construire des mosquées et former des imams français. Les principaux dirigeants de la droite et du centre mais aussi de la gauche n’ont pas manqué de le souligner.

Certes, l’islam français est morcelé en une multitude d’entités en fonction des affinités nationales ou théologiques. Il n’est donc pas aisé de trouver une personnalité musulmane qui fasse consensus. Néanmoins, un non-musulman risque de faire l’unanimité… Mais contre lui!

Toutefois, la problématique ne se limite pas à une question de personnalité, loin de là. La difficulté fondamentale réside dans la méthode utilisée par l’Etat pour gérer ses relations avec l’islam, la deuxième religion de France en nombre de fidèles. Devant la difficulté à trouver un interlocuteur représentant l’ensemble des composantes de l’islam – du fait de l’inexistence d’un clergé structuré dans le sunnisme (très largement majoritaire dans l’Hexagone) – les gouvernements successifs ont tenté de susciter «d’en haut» une structure unique. Or, que ce soit le Conseil français du culte musulman, fondé en 2003 par le ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy, sur une idée de son prédécesseur… Jean-Pierre Chevènement, ou la Fondation des œuvres de l’islam de France – voulue par le premier ministre Dominique de Villepin en 2005 et que le président Hollande veut réveiller aujourd’hui – ces organismes sont vécus comme des corps étrangers par la plupart des musulmans français. 

Ce type de rapport particulier entre l’Etat et l’islam relève, en partie du moins, de l’héritage colonial. A l’époque de l’Algérie française, Paris contrôlait étroitement les institutions islamiques, les lieux de culte et leurs officiants. Répéter aujourd’hui, même de façon beaucoup plus édulcorée, ce mécanisme construit «d’en haut» ne peut que susciter la méfiance, voire le désintérêt des musulmans français. Il appartient désormais à ces derniers de prendre des initiatives pour construire leur «islam de France». Il semble qu’aujourd’hui ils soient prêts à le faire.

Jean-Noël Cuénod

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29/07/2016

Après l’attentat, homélie «diabolique»?

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Pour une fois que votre Plouc parpaillot – d’ordinaire méfiant envers toutes les institutions ecclésiastiques – avait dit du bien de l’Eglise romaine, le voilà puni… Après l’assassinat du père Jacques Hamel à l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray, les dirigeants du catholicisme français avaient fait preuve de sang froid, de hauteur de vue et de fermeté d’âme en appelant à cette unité que, justement, les djihadistes veulent briser. Ils offraient ainsi un réconfortant contraste à l’indécent spectacle des politiciens qui, obnubilés par la présentielle de 2017, se sont déchirés en de lamentables polémiques pour soirées Pastis.

Mais voilà, l’homélie du cardinal André Vingt-Trois – prononcée mercredi lors de la messe à Notre-Dame de Paris en l’honneur du père Hamel –, nous a fait brusquement retomber sur terre. Opposant au mariage homosexuel, l’archevêque de Paris n’a pas pu se retenir de fustiger: «Le silence des élites devant les déviances des mœurs et la législation des déviances». Même si elle est formulée de chafouine manière, la pique visait clairement la loi qui a légalisé le mariage homosexuel.

Devant les protestations que ce bout d’homélie a suscitées, le diocèse de Paris a effectué un rétropédalage très politicien: «En aucun cas, il (le cardinal) ne voulait cibler une mesure en particulier, surtout pas le mariage pour les couples homosexuels. Il ciblait plutôt l’ensemble des évolutions sur la bioéthique, la fin de vie, la gestation» (Le Huffington Post). Le cardinal Vingt-Trois ayant participé très activement aux «Manifs pour tous» qui combattaient le projet de loi sur le mariage gay (photo prise à Paris le 13 janvier 2013), on peut légitimement mettre en doute la bonne foi de cette explication.

Et quand bien même le cardinal aurait sincèrement voulu ne s’attaquer, comme le soutient son diocèse, qu’à «l’ensemble des évolutions sur la bioéthique, la fin de vie, la gestation», ce n’était vraiment pas le lieu ni le moment pour mettre sur l’autel les sujets qui séparent les citoyens. A notre Notre-Dame, ces citoyens avaient besoin de se retrouver uni en mémoire du père Jacques Hamel, de faire la paix avec les autres et eux-mêmes. Ils n’avaient nul besoin d’ouïr un prélat leur débiter la doctrine de l’Eglise sur la bioéthique, doctrine qui n’est qu’un point de vue humain parmi d’autres.

Certes, comme n’importe quel citoyen, l’archevêque de Paris a le droit d’exprimer ses opinions contre le mariage homosexuel et de promouvoir ce qu’il pense être juste en matière de bioéthique et de fin de vie. Mais pas n’importe où, pas n’importe quand. Monseigneur Vingt-Trois a prononcé des paroles de division au moment où il fallait faire l’unité. Dans la mesure où l’étymologie du mot diable en grec – «diabolein» – signifie «qui divise, qui sépare», ce bout d’homélie ne serait-il pas quelque peu «diabolique» ? Un diable dont on sait qu’il niche dans les détails.

En tout cas, avant de prononcer ses paroles, le cardinal aurait dû se rappeler deux versets de Qohelet (Ecclésiaste), III-1 et III-7 :

Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux (…); un temps pour déchirer, et un temps pour coudre, un temps pour se taire et un temps pour parler.

Jean-Noël Cuénod   

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26/07/2016

#SaintEtienneDuRouvray: l’Eglise en exemple

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L’un après l’autre, les islamoterroristes s’attaquent aux bastions symboliques de la France. Après la liberté d’expression, la présence juive, la fête parisienne, le 14-Juillet, c’est au tour de l’Eglise catholique d’être frappée. Mais quel contraste entre la calme tristesse des prêtres et l’affolement bavard des politiciens! (Illustration : Le Christ de Dali)

Ce n’est pas à Notre-Dame de Paris, ce n’est pas à Cracovie, où se rassemblent les jeunesses catholiques, que les deux islamoterroristes ont pris en otages des fidèles, égorgé le père Jacques Hamel et blessé grièvement l’un de ses paroissiens. C’est dans une modeste église en Normandie, lors de la messe du matin où une poignée de fidèles entourent affectueusement son vieux prêtre pour se souvenir du sacrifice de Jésus Christ. Les assassins de l’Etat islamique ont donc fait couler le sang sur ce coin de la France éternelle, celle de Péguy, de Francis Jammes, de Barrès et d’Aragon.

D’emblée, le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, a répliqué face à l’antagonisme religieux que l’Etat islamique veut instaurer sous nos latitudes, en formulant ses attentes vis-à-vis des musulmans: « Qu’ils ne vivent pas dans la peur et dans la honte, mais nous aident à bien comprendre que ces actes ne sont pas compatibles avec l’islam, en le disant et en le vivant. Aucun Dieu qui a créé la vie ne peut nous demander de nous entretuer. Nous voulons marcher ensemble dans la confiance et le respect, construire des projets communs» (La Croix).

Parer au danger d’un conflit entre chrétiens et musulmans en France et en Europe, telle est l’urgence. Les hommes d’Eglises l’ont compris et multiplient les discours et les actions pour éviter que notre société tombe dans ce gouffre sans fond. Malheureusement après l’attentat de Nice, la caste politique ne s’est pas hissée à cette hauteur. Elle a démontré son incapacité à saisir la gravité de l’enjeu en préférant manipuler ses pions sur le petit échiquier des primaires, avec échanges d’invectives et querelles pour gogos médiatiques. Que la France se déchire conformément à la volonté exprimée par l’Etat islamique, peu leur importe. Seul compte le positionnement en vue de la course à l’Elysée.

Mais qu’ils se taisent, ces bourrins pour écuries présidentielles! Qu’ils laissent monter à nous la voix de ceux qui n’ont rien à vendre et qui en appellent à l’amour au moment même où ils sont frappés dans leur chair!

Le combat qui nous est imposé est aussi, et même surtout, de nature spirituelle. Le danger est de voir la foi en l’Eternel travestie en marqueur communautaire, en une sorte de drapeau pour mener les nôtres contre les autres. Il appartient aux prêtres, aux pasteurs, aux rabbins, aux imams de faire digue à cette dérive mortifère. Et il appartient à chacun de nous de faire notre choix entre le chemin le plus facile, la haine, et le plus malaisé, l’amour. Nous sommes au croisement.

Jean-Noël Cuénod

VIDEO DU PERE JACQUES HAMEL (RTBF)

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20/07/2016

Les racistes complices des salafistes

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Après l’attentat sur la Promenade des Anglais, plusieurs altercations racistes ont éclaté à Nice. Face à un acte aussi monstrueux, il est sain et légitime d’exprimer sa colère. Mais elle devient prétexte pour susciter la haine et provoquer la division lorsqu’elle bouillonne dans la bouche des racistes. Qui, ce faisant, servent avec une redoutable efficacité les salafistes et les islamoterroristes. Bien loin d’en être les adversaires, les racistes en sont les plus serviles complices. (Dessin de l'excellent Acé)

L’idéologie salafiste qui pourrit l’islam – grâce aux fonds des pétromonarchies couvées par un Occident aussi avide que myope – a pour but de recréer la communauté d’origine de l’islam et retourner au prétendu état de pureté qui caractériserait l’époque où le prophète Mohamed prêchait et guerroyait. Pour ce faire, les salafistes s’efforcent de trier entre «bons» – c’est-à-dire eux – et «mauvais» musulmans, à savoir les confréries mystiques des Soufis, les musulmans démocrates et tous ceux qui ont adopté un mode de vie libre. Puis, ils s’efforceront de séparer les «bons» musulmans des «kouffars», soit tout le reste de l’humanité «mécréante», avec une détestation particulière envers les  «croisés» (les chrétiens) et les Juifs.

Salafisme à bas bruit

Pour opérer ces tris, les salafistes usent de deux méthodes qui se complètent fort bien. La première est à bas bruit. Il s’agit de rendre autarciques les communautés musulmanes des pays occidentaux. Monsieur bâche Madame d’un voile intégral ; les enfants, quand cela est possible, fréquentent les écoles coraniques; Madame, dûment bâchée, fait ses courses chez des commerçants bien pensants et bons priants; on ne reçoit que des proches ; on s’efforce de réduire, au triste minimum, les rapports avec les «kouffars». Il s’agit de bien se préparer pour s’établir définitivement en terre d’islam.

Salafisme à haut bruit

La seconde méthode salafiste utilise la violence comme moyen pour séparer les «bons» musulmans des «kouffars». En se lançant, au nom de l’islam, dans les actes terroristes les plus barbares, les plus insoutenables, le but des islamoterroristes n’est pas seulement de tuer un maximum de «kouffars», ils cherchent aussi à provoquer des réactions de vengeance contre les populations musulmanes d’Europe. Un cycle de violences entre musulmans et non musulmans, au sein de nos pays, serait ainsi enclenché, avec tous les risques de guerre civile que cela suppose. Dès lors, les salafistes auront beau jeu d’apparaître comme les protecteurs de tous les musulmans. Ils auront gagné la partie.

En jetant dans le même sac de haine les islamoterroristes et l’ensemble des musulmans, les racistes préparent donc le terrain à nos pires ennemis.

Juppé, un politicien comme les autres

Mais ce discours rationnel ne passe plus, hélas. La faute en revient surtout à cette horde de politicards sans scrupule – parmi eux les membres du clan Le Pen, bien sûr, mais ils ne sont plus les seuls à aboyer – qui n’ont qu’une vision «marketing» de la politique, à savoir surfer sur les plus bas instincts pour obtenir les plus hautes fonctions. Même Alain Juppé – qui semblait pouvoir revêtir sans rire la fonction d’homme d’Etat – s’est laissé emporter par ce flot insane, en faisant de la surenchère démagogique après l’attentat de Nice. Il n’y a plus de saint à qui se vouer. Il reste au peuple à ne compter que sur lui-même. En aurait-il perdu l’habitude en France ?

Jean-Noël Cuénod

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Nice:après le recueillement, altercation... par LEXPRESS

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25/05/2016

Les écoliers musulmans devront serrer la main de leur enseignante

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 Rappelez-vous, l’affaire avait fait grand bruit à Therwil, en Suisse et même au-delà. Le 7 avril dernier, Le Plouc commentait la décision prise par la Commission scolaire de cette petite ville de Bâle-Campagne d’exempter deux collégiens musulmans de la traditionnelle poignée de mains entre profs et élèves au début des cours. Ces deux adolescents de 14 et 15 ans avaient refusé ce salut sous le prétexte que l’islam leur interdisait de « toucher la main d’une femme ».

Or, ce mercredi, les autorités cantonales de Bâle-Campagne ont annulé cette exemption en décidant qu’une enseignante peut exiger d’un élève qu’il lui serre la main. En cas de refus, les parents risquent un avertissement et, en cas de récidive, une amende pouvant atteindre 5000 francs (4520 euros).

Voilà qui est clair. L’islam n’est pas un motif pour refuser de serrer la main de son enseignante. Et les premiers à se féliciter de cette salutaire décision bâloise sont les nombreux démocrates musulmans suisses, comme le signale cette interview, parue dans la Tribune de Genève, de Saïda Keller-Messhali, présidente du Forum pour un Islam progressiste (pour la lire cliquer ici).

Voilà qui est clair, disions-nous. En effet, c’est de clarté dont nous avons besoin dans les rapports entre musulmans et non-musulmans au sein des pays européens. Les musulmans ont le droit de pratiquer leur religion, d’exprimer leur foi publiquement en respectant la paix publique. Mais dans les relations entre citoyens, ils doivent se plier aux us et coutumes de ceux qui les ont précédés. Chez nous, on serre la main des profs en guise de respect mutuel. Qu’ils soient hommes ou femmes. Point final.

Jadis, nos contrées reléguaient la femme à un rang de mineure. Aujourd’hui, elles rejettent cette discrimination. Que d’aucuns exigent un retour en arrière en infligeant à la femme des marques de mépris est inacceptable. Et qu’ils obéissent à des mobiles religieux ne rend pas leur comportement moins odieux.

Cette clarté, seule la laïcité est à même de la porter dans nos sociétés. Or, Bâle-Campagne, comme la plupart des cantons suisses – à la notable exception de Genève et de Neuchâtel – n’est pas laïque. Il reconnaît comme collectivités de droit public, l’Eglise protestante et les deux Eglises catholiques (romaine et chrétienne ou vieille-catholique). En revanche, les autres institutions religieuses ne disposent pas de cette reconnaissance officielle[1]. Dès lors, sans un mur séparant la religion de l’Etat, le flou s’installe là où devrait régner la clarté. Ce déséquilibre entre les communautés religieuses risque fort de susciter un sentiment de frustration chez les citoyens qui professent une confession non-reconnue. Et cette sorte de « mise à l’écart » ne concerne pas que les musulmans. Les pratiquants d’autres religions mais aussi les athées seraient en droit de douter de la neutralité d’un canton qui aurait « ses » Eglises officielles.

Perpétuer le système des religions d’Etat (ou de canton), c’est perpétuer une configuration malsaine par essence.

 Jean-Noël Cuénod

 

[1] Plusieurs cantons reconnaissent aussi la Communauté juive comme collectivité de droit ou d’intérêt public. Mais aucun d’entre eux n’accorde cette reconnaissance à l’islam, au bouddhisme ou au christianisme orthodoxe, pourtant bien représentés en Suisse.

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07/04/2016

Une école bâloise baisse les bras devant l’intégrisme musulman

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Il y a une belle tradition à l’Ecole secondaire de Therwil, à Bâle-Campagne. En entrant dans sa classe chaque élève serre la main du prof. Ce signe de respect mutuel risque d’appartenir à un passé révolu. Fin 2015, deux écoliers de 14 et 15 ans ont refusé ce salut traditionnel à leur enseignante. Motif: leur religion musulmane interdirait aux garçons de «toucher la main d’une femme». A une autre époque, on aurait applaudi la main de l’enseignante qui aurait touché la joue de ces sales gosses d’une baffe bien sonore. Mais nous vivons des temps procéduriers. L’affaire a donc été examinée par la Commission scolaire, l’ensemble des enseignants et la direction de l’Ecole secondaire. Celle-ci a récemment donné sa bénédiction aux deux élèves en les exemptant du salut, à la condition que leur refus s’étende à tous les enseignants, y compris les hommes, «afin d’éviter la discrimination entre sexes». On ne rit pas !

Ajoutons que les parents des deux jeunes sont établis en Suisse depuis 14 ans ; leur père, d’origine syrienne, travaille dans une entreprise de transport. En outre, il officie comme imam au Centre islamique du roi Fayçal de Bâle, mosquée qui avait attiré l’attention sur elle en 2013 à la suite de prêche haineux contre les non-musulmans. Toutefois, selon l’administrateur de ce Centre interrogé par Le Temps (6 avril), leur père ne serait pas à l’origine de ce refus. Les deux collégiens auraient été intoxiqués par la propagande intégriste que diffuse sur Internet un Allemand converti à l’islam, Pierre Vogel, qui est interdit d’entrer en Suisse.

C’est peu dire que la direction de l’Ecole de Therwil a pris une décision aussi calamiteuse que dangereuse. Et le fait que les deux jeunes musulmans sont priés d’être aussi grossiers avec les enseignants qu’ils le sont avec les enseignantes relève de la plus ridicule tartufferie. Le comportement des deux jeunes est d’autant plus inexcusable qu’il ne s’agit pas de nouveaux arrivants encore peu au fait de nos us et coutumes. Ils ont toujours vécu en Suisse, non pas à l’intérieur d’un ghetto de banlieue, mais dans une jolie petite ville prospère et ouverte.

En outre, le président de la Fédération des organisations islamiques de Suisse (FOIS), Montassar BenMrad, a rappelé qu’il n’y a rien dans le Coran qui interdise à un homme de serrer la main d’une femme[1]. En accordant cette dispense, la direction de l’Ecole secondaire de Therwil n’a donc pas respecté la liberté religieuse, elle a donné son blanc-seing à une vision sectaire de l’islam qui alimente l’idéologie mortifère des djihadistes. Les premières victimes de cette lamentable décision seront les musulmans soucieux de vivre en harmonie avec leurs concitoyens. Alors qu’ils doivent contrer l’influence des intégristes qui ne cessent d’enfumer les jeunes têtes via internet, voilà qu’une école suisse donne gain de cause aux islamistes radicaux.

Contrairement à Genève, Bâle-Campagne n’est pas un canton laïque puisqu’il reconnaît trois confessions comme collectivités de droit public (les Eglises protestante, catholique-romaine et catholique-chrétienne appelée aussi Vieille-Catholique). Néanmoins, il devrait s’inspirer de certains principes de la laïcité pour assurer l’harmonie sociale entre citoyens de croyances ou non-croyances diverses. A savoir, respecter la liberté d’expression des religions, comme des associations athées, mais ne rien céder aux revendications des sectaires qui tentent d’élever des murs entre citoyens partageant une même communauté de destin.

L’intégrisme musulman n’est pas seul en cause. Le sectarisme infecte aussi d’autres religions. Et ces comportements intolérants restent particulièrement visibles en milieu scolaire comme le confirme ce conflit qui a opposé aux autorités scolaires du canton de Zurich, un père et une mère fondamentalistes chrétiens[2]. Ces parents voulaient interdire à leur fils de participer à des séances de yoga lors d’une leçon donnée dans une école enfantine, car il s’agissait, selon eux, d’une pratique relevant de la religion hindoue. Le 14 février 2012, le Tribunal fédéral a rejeté le recours du couple en précisant que ces cours n’avaient pour but que la relaxation et qu’ils ne véhiculaient aucun contenu confessionnel.

Devant le tollé que la décision de Therwil a provoqué en Suisse, il est probable que les autorités cantonales bâloises annulent en fin de compte cette «dérogation au salut manuel». Le plus tôt, en toute clarté, sera le mieux.

Jean-Noël Cuénod

 

[1] Cela dit, si l’on consulte des hadiths (consignation des paroles et actes du prophète) à ce propos, certains soulignent clairement que Mohamed refusait de serrer la main des femmes, comme l’indique ce site.

[2] Affaire évoquée dans le livre Ne retouche pas à mon dieu ! Un bilan de la laïcité, rédigé par l’auteur de ce blogue et publié en 2015 chez Slatkine. 

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23/03/2016

Après les attentats de Bruxelles, quelqu’un a-t-il vu l’Europe ?

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Jamais nous n’avons eu autant besoin d’Europe et jamais l’Union européenne n’a paru aussi impuissante. La guerre terroriste a sévi une fois de plus. A Bruxelles, au cœur de l’UE. Pour l’Etat islamique, il s’agit de frapper fort sur le maillon faible de ce monde démocratique qu’ils veulent anéantir.

Il existe, certes, des causes internes à la France et à la Belgique pour expliquer la fréquence des attentats et alertes terroristes dans ces deux pays. Mais on ne saurait s’en contenter et occulter l’état agonique des institutions européennes. Elles se sont révélées incapables de juguler le trafic d’armes intense qui fait de l’AK 47 un produit de grande consommation (on peut les acquérir sur internet, de 250 et 3000 euros, en fonction de leur qualité ou des manipulations à accomplir pour les réarmer), incapables de coordonner les services de renseignements nationaux, incapables de créer un Parquet et un FBI européens seuls à même de mener une répression cohérente et efficace contre la cinquième colonne du terrorisme.

L’impotence de l’UE est criante en matière de diplomatie. Alors que les réfugiés syriens se pressent à ses frontières pour fuir les ravages de la guerre, l’Union n’est d’aucun poids dans ce conflit devenu international. De toute façon, sans armée, comment l’Europe pourrait-elle se montrer crédible face aux Russes, aux Américains et même aux Iraniens ?

Le pire a été atteint avec l’accord entre l’Union européenne et la Turquie. N’étant pas parvenu à établir une politique d’asile pour les réfugiés, Bruxelles en a confié la gestion à Ankara qui n’est même pas membre de l’UE. Bien entendu, l’autocrate ottoman Erdogan a obtenu de l’Europe l’essentiel de ce qu’il revendiquait : trois milliards d’euros supplémentaires, en sus des trois autres déjà accordés, la libéralisation des visas pour les ressortissants turcs et l’accélération des négociations pour l’entrée de son pays dans l’Union européenne.

 En quelques semaines, l’Etat turc est devenu le sauveur de l’Europe, alors que la politique d’Erdogan vise à imposer une vision rétrograde de l’islam dans son pays et à détruire les troupes kurdes, fer de lance contre l’Etat islamique avec lequel Ankara s’est d’ailleurs montré fort complaisant pendant trop longtemps. Ce n’est pas une vipère que l’Europe réchauffe dans son sein mais un boa constrictor.

Le vice d’origine

Comment l’Union européenne est-elle tombée aussi bas ? Comme toujours récitons ce mantra avant d’hasarder une réponse : tout effet politique a des causes multiples. Sans doute faut-il remonter à la genèse de la construction européenne. Dans l’esprit de ses concepteurs au début des année 50 – notamment le ministre des Affaires étrangères, Robert Schuman, né Allemand et devenu Français après la restitution de l’Alsace-Lorraine –  il s’agissait de rendre impossible un nouveau conflit entre la France et l’Allemagne en mettant en commun le charbon et l’acier, ces deux poumons de la guerre à cette époque. Le Traité CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier) a été ouvert à d’autres pays. L’Italie, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas l’ont rejoint et le Traité fut signé entre les six Etats le 18 avril 1951, jetant les bases de la future Europe communautaire (voir la vidéo à la fin du texte). Celle-ci s’est concrétisée par le Traité de Rome du 25 mars 1957 qui a créé la Communauté économique européenne et le Marché commun.

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Robert Schuman avait fait la couverture de Time, le 1er mars 1948.

L’union devait donc se construire par l’économie, ce qui, dans le contexte historique, s’expliquait aisément. Mais la démarche recelait un vice initial ; elle obéissait à cette sorte de marxisme mécaniste qui imprégnait la pensée politique de l’époque, même dans des milieux de droite. L’économie est l’infrastructure de la société qui fait naître, comme par reflet, la superstructure, c’est-à-dire le droit, la culture, les politiques intérieures, diplomatiques et militaires. En agissant sur l’infrastructure, on change automatiquement la superstructure. C’est simple. C’est mécanique. Mais c’est faux, comme nous le démontre la situation actuelle de l’Union européenne. Il ne suffit pas de remplir les ventres pour changer les têtes. D’ailleurs, Marx lui-même condamnait cet enchainement mécaniste pour lui préférer le rapport dialectique : l’infrastructure créé la superstructure mais celle-ci, à son tour, influence celle-là.

Dès lors, en ne s’occupant que de l’économie, l’Union européenne a laissé de côté tout ce qui fait peuple, à savoir le sentiment d’appartenir à une communauté humaine solidaire qui s’exprime par la culture, par une idéologie commune et pas seulement par des normes calibrant la courbure des concombres. Cette primauté donnée au commerce a attiré vers Bruxelles la Grande-Bretagne qui a toujours voulu transformer l’Europe en vaste zone de libre-échange, tout en conservant ses liens privilégiés avec les Etats-Unis. Une fois installés dans la place, les Britanniques ont tout fait pour diluer l’Union dans le nombre, sans que les six pays fondateurs de la CEE ne réagissent.

L’UE n’a aucune vision du monde, contrairement à la Russie poutinienne, aux Etats-Unis, à la Chine concurrente. Et à l’entité terroriste qui a pour nom Etat islamique. N’ayant aucune vision du monde, elle est incapable de développer sa diplomatie, sa politique de défense, sa sécurité intérieure et sa justice pénale.

Elle est devenue une sorte de monstre obèse qui erre à l’aveugle sur la planète en feu.

Le Brexit un espoir ou illusion ?

L’UE est donc un échec et l’on voit mal comment elle pourrait le transformer en espoir. La sortie de la Grande-Bretagne de l’Union, à la suite du référendum organisé par Londres le 23 juin prochain, constitue-t-elle un espoir pour reconstruire cette Europe en miettes, comme le suppose l’ancien premier ministre français Michel Rocard dans L’Opinion ?

Outre qu’il est hasardeux de parier sur l’issue d’un tel vote, le Brexit, de son seul fait, ne rendra pas l’Europe à elle-même. Mais il peut, au moins, permettre d’amorcer le développement d’une Europe à plusieurs vitesses ou « à la carte ». Les Etats voulant avancer vers leur fédéralisation se mettant alors ensemble, laissant les autres évoluer à leur rythme. Car pour associer des peuples de cultures différentes, l’humanité n’a encore rien inventé de mieux que le fédéralisme. Mais pour ce faire, il faut plus que décréter des normes sur la qualité des yaourts. Il faut développer une vision du monde commune et accepter de s’engager pour elle, au risque de sa vie. On en est bien loin.

Jean-Noël Cuénod

 

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08/10/2015

Et si la femme était l’avenir de l’islam?

 

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Il existe de multiples diagnostics pour décrypter la succession de convulsions violentes qui secoue le monde ici et là et tout particulièrement au Moyen-Orient. Une piste est peu suivie, celle de la confrontation entre l’émancipation de la femme et les forces du patriarcat.

Avec des périodes de haut et de bas, le patriarcat s’est imposé comme la référence principale de la plupart des sociétés humaines, même si d’autres formes de relations entre les genres ont prévalu dans certaines contrées et à certaines époques. En Suisse et chez ses voisins, la «tutelle masculine» sur la femmes s’est renforcée dans les législations au cours des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècle. L’homme était le Chef de famille avec un C des plus majuscules. A la femme, le rôle d’assistante et de ménagère. En Suisse, il a fallu attendre la révision du Code civil de 1988 pour que ce schéma soit définitivement bouté hors des lois mais... pas toujours, hors des têtes.

            L’évolution vers l’émancipation de la femme est lente, sujette à retours en arrière. Toutefois, depuis la dernière moitié du XXe siècle, il est indéniable qu’en Occident, elle a fait des progrès. Néanmoins, le vieux monde patriarcal ne se tient pas pour battu. Il organise ici ou là ses résistances. Dans les sociétés où, de par la culture, les us et coutumes, voire les conditions climatiques, le rôle de la femme était moins subalterne qu’ailleurs, les contre-offensives patriarcales se font plutôt rares et lorsqu’elles s’engagent, c’est à fleurets mouchetés.

Mais il en est d’autres où le poids des traditions permet aux forces du patriarcat de s’exprimer avec virulence. C’est le cas de la plupart des pays musulmans à des degrés diverses intensités. Certes, d’autres régions du monde, d’autres religions considèrent les femmes sur le mode mineur. Mais force est de reconnaître que c’est dans les pays musulmans — à la belle exception de la Tunisie — que le patriarcat déchaîne ses forces. Elles sont désormais bien connues, les exactions de Boko Haram — qui a enlevé 2000 femmes et très jeunes filles au Nigéria, selon Amnesty International, pour les réduire à l’esclavage sexuel — et celles de l’Etat islamique qui en fait de même à encore plus grande échelle. Certes, il serait faux d’associer tout l’islam à ces terroristes, mais c’est tout de même au nom de leur foi qu’ils agissent ainsi. Et ces actes barbares trouvent aussi un terrain fertile dans les coutumes qui placent la femme à un rang inférieur.

 

Qu’on ne s’y trompe pas, le refus de l’Occident par l’islamoterrorisme, ce n’est pas seulement celui des anciennes puissances coloniales. C’est aussi — et sans doute surtout — le rejet de ce féminisme qui s’est développé dans nos contrées.

Il appartient aux musulmans, et à eux seuls, de reconsidérer la place de la femme dans leur conception du monde pour que leurs sociétés soient enfin pacifiées. Le chemin pour y parvenir est semé de pièges que les forces du patriarcat ne manqueront pas de tendre. Ce patriarcat qui mène un combat d’autant plus sanglant qu’il est d’arrière-garde. Alors, que les musulmans se posent cette question: et si la femme était l’avenir d’un islam renouvelé? En attendant laissons le poète Aragon conclure avec cet extrait du Fou d’Elsa:

 L’avenir de l’homme c’est la femme
Elle est la couleur de son âme
Elle est sa rumeur et son bruit
Et sans Elle il n’est qu’un blasphème.

 Jean-Noël Cuénod

Editorial du mensuel suisse La Cité octobre 2015 http://lacite.website/

Photo: une femme enlève sa burqa dans une zone qui a été libérée de l'Etat islamique par les Kurdes

11:55 | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : islam, féminisme, terrorisme | |  Facebook | | |

26/06/2015

La France, la Tunisie et le chi’isme en première ligne de la guérilla mondiale

 

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Un homme décapité et une attaque dans l’usine à gaz de Saint-Quentin-Fallavier (Isère, à 24 kilomètres de Lyon) ; 38 personnes abattues à la kalachnikov sur la plage d’un hôtel de Sousse ; 25 morts et 202 blessés provoqués par un attentat-suicide – revendiqué par l’Etat islamique – dans une mosquée chi’ite de Koweït-Ville (photo). Voilà le bilan de ce nouvel épisode de la guérilla mondiale qui s’est déroulé ce vendredi.  

Si ces trois attentats islamoterroristes ont visé la France, la Tunisie et le chi’isme cela ne doit rien au hasard. Certes, il est bien trop tôt pour savoir si les trois attaques ont été coordonnées par l’Etat islamique ou un autre groupe du même tonneau de dynamite. Mais le choix des deux pays et du chi’isme comme cibles privilégiées obéit à la logique développée par l’islam radical. Faut-il rappeler qu’aux massacres de janvier dernier à Paris ont succédé ceux du Bardo à Tunis en mars et que les chi’ites sont persécutés par l’Etat islamique avec la même cruauté que les chrétiens d’Orient et les autres communautés non-sunnites ?

 

La Tunisie exsangue

 

La Tunisie est l’unique Etat arabo-musulman à vivre dans le respect de la femme, de la démocratie et des droits humains. Affaibli économiquement par les années Ben Ali et le contrecoup de la Révolution de 2011, ce pays n’a guère que le tourisme pour commencer à sortir la tête de l’eau. Dès lors, les islamoterroristes ne cessent d’attaquer ce secteur faisant ainsi d’une balle deux coups : ils tuent des «infidèles» et détruisent tout espoir de reprise économique en Tunisie. Ils espèrent ainsi qu’accablés par la misère, les Tunisiens finirons par les rejoindre.

 

La France ex-coloniale

 

La France abrite la plus grande communauté musulmane d’Europe avec 3,5 millions de personne, à en croire le Zentralinstitut Islam-Archiv-Deutschland. Elle aussi constitue un maillon faible, dans la mesure où ses gouvernements successifs ont laissé croître des ghettos caractérisés par le chômage de masse, irrigués par l’économie souterraine et animés par l’islam radical. De plus, le passé colonial de la France fait de ce pays une cible idéale pour «vendre» idéologiquement l’islam radical dans les pays arabes.

 

Le chi’isme ennemi numéro 1 de l’Etat islamique

 

Quant au chi’isme, il est l’objet de la part du sunnisme d’une guerre interislamique qui remonte à la mort du prophète Mohammed, c’est dire que nous ne sommes pas près d’en voir la fin. L’Etat islamique a été tout d’abord créé contre les chi’ites d’Irak puis, par la suite contre les différents avatars du chi’isme en Syrie. Eradiquer le chi’isme de l’islam est le premier objectif de l’Etat islamique. L’explosion de la mosquée chi’ite de Koweït-Ville fait partie de cette stratégie.

 Il faut donc tenir compte de ces trois cibles – Tunisie, France, chi’isme – avant d’élaborer une stratégie contre celui qui est désormais notre ennemi principal : l’Etat islamique. Dans cette optique, la police et l’armée ne constituent qu’une composante parmi d’autres.

 

Les limites de la réponse militaire

 

Certes, la police française, dans l’ensemble, fait très bien son travail et a pu arrêter ou mettre hors d’état de nuire de nombreux terroristes. De même, son armée a su réagir de façon efficace aux agressions intégristes au Mali. Mais la réponse militaire et policière n’est jamais déterminante dans une guérilla. Or, c’est bien de cela qu’il s’agit. Non pas de la troisième guerre mondiale, mais de la première guérilla mondiale de l’Histoire. Ce ne sont plus des armées qui combattent front contre front. Mais des guérilleros qui frappent ici ou là, de préférence dans le dos, se replient ou laissent des pseudo-martyrs sur place et réattaquent ailleurs de façon tout aussi brève et explosive, avec utilisation accrue des images médiatiques fortes.

En privilégiant l’option militaire contre la guérilla, les Etats-Unis ont perdu le Vietnam et la France, l’Algérie. Répéter la même erreur contre l’Etat islamique aurait des conséquences catastrophiques. La réponse doit donc aussi se situer sur les plans politiques et économiques. Et c’est là que le bât blesse car les deux entités qui disposent du poids démographique nécessaire pour répondre à l’islam radical – les Etats-Unis et l’Union européenne – montrent d’inquiétants signes de faiblesse.

 

Obama l’Asiatique

 

Obsédé par la Chine et l’extrême-orient et se désintéressant des vielles problématiques européennes et moyen-orientales, Obama n’a pas élaboré une stratégie cohérente et convaincante face à l’islam radical. Cela restera l’énorme point noir de sa présidence. Tardivement, le président des Etats-Unis a compris qu’il était impossible d’avoir deux ennemis musulmans à combattre en même temps, à savoir l’Iran chi’ite et l’Etat islamique. D’où son changement de pied vis-à-vis de Téhéran. Mais il lui reste bien peu de temps, son mandat tombant à échéance dans un an et demi.

 

L’Epicière berlinoise et son carnet du lait

 

Quant à l’Europe, c’est le vide politique qui la caractérise. Sa principale dirigeante – l’Epicière berlinoise – est obnubilée par son carnet du lait et n’a pas d’autres perspectives que comptables. Or, pour apporter une aide concrète à la France – qui doit affronter la hausse exponentielle de ses dépenses militaires – et organiser le sauvetage économique de la Tunisie exsangue, l’Europe doit se trouver en capacité de prendre des mesures rapides, ce qui n’est pas le cas actuellement. De même, c’est aussi sur le plan européen qu’il faut entreprendre une politique idéologique digne de ce nom pour convaincre les jeunes musulmans du continent, souvent fraîchement convertis, de ne pas combler le vide qu’ils ressentent par un engagement au service de l’islam radical.

 

Jean-Noël Cuénod

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Attentat en Tunisie : "le terrorisme est notre... par lemondefr

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17/01/2015

"Charlie Hebdo" ou de l’utilité du blasphème pour un croyant

 

 

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Ainsi, la couverture du «numéro des survivants» de Charlie Hebdo, dessinée par Luz représentant le prophète Mohammed, soulève des vagues de manifs dans le monde musulman. De ventripotents avocats ont même brûlé une effigie de François Hollande à Karachi (photo ci-dessous). Ce qui donne une image assez consternante du Barreau pakistanais et de son niveau intellectuel. Les foules musulmanes crient donc au blasphème, cet outrage fait à Dieu.

 

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Mais de quoi parle-t-on en l’occurrence ? Il est plutôt sympathique, le Mohammed de Luz. «Là n’est pas le problème, éructent les barbes en bataille, il est interdit de représenter le Prophète, un point c’est tout!» Ah bon? Le Plouc a lu trois fois le Coran dans trois traductions différentes (Masson, Berque, Chouraqui). Il n’a lu aucune interdiction de ce genre. D’ailleurs, des illustrations perses et ottomanes (cf. au bas du texte, cette image tirée d’un manuscrit ottoman du XVIIe siècle) représentent aussi le prophète, sans que cela ait tiré les avocats de Karachi ou d’ailleurs de leur sieste.

 

Il en va de l’islam comme du judaïsme et du christianisme réformé, l’interdit porte sur la représentation de Dieu, cet Eternel que l’on ne saurait enfermer dans l’espace-temps d’une représentation physique, au risque de faire de cette image, l’objet de l’adoration. Or, dans les religions monothéistes, c’est l’Invisible que l’on adore et non pas ses imparfaits supports.

En islam, le prophète ne doit pas être pris pour Dieu ; Allah n’a pas d’associé. Et Mohammed n’est que son ultime prophète. Dès lors, le représenter n’est pas un blasphème puisqu’il n’y a pas d’outrage à Dieu.

 

Creusons un peu le vrai blasphème, celui qui outrage non pas un homme, aussi saint soit-il, mais l’Eternel, le Créateur, Dieu, le Grand Architecte de l’Univers, bref, la puissance créatrice de la vie. En quoi ce Dieu peut-il être outragé par une injure, des imprécations, un dessin scatologique sortis du gosier ou du crayon d’un humain, mortel et faillible? Je ne sais si Dieu a des épaules mais s’il en avait, il les hausserait en signe d’indifférence. En quoi ce microbe qui s’énerve et s’agite pourrait faire de l’ombre à l’Eternel qui n’est que lumière?

 

Les barbes en batailles postillonneront alors que ce n’est pas Dieu qui serait outragé par ces dessins, mais les croyants qui lui sont fidèles. C’est leur foi qui serait ainsi atteinte.

 

La foi, c’est cette force intérieure, cette certitude inexprimable que seule la vie est permanente et que l’amour est son bras armé. La foi, c’est la voix sans le son, la parole sans les mots, la musique sans les notes. Vous pouvez essayer de la chasser si elle vous a visité ne serait-ce qu’une fois, mais elle revient toujours sous des formes diverses. Elle est là pour vous dire: «Tu vas mourir un jour. Mais ce ne sera pas le dernier mot.»

Alors, cette foi-là personne ne peut l’atteindre. Les injures, les insultes, les calomnies glissent sur elle comme sur les plumes d’un cygne toujours immaculé. Même les hommages outrés à Dieu, les bondieuseries ridicules, les dévotions hypocrites – qui sont pires que les insultes – ne sauraient ternir son plumage.

 

Dès lors, ceux qui crient actuellement au blasphème se sentent atteints dans leur ego, dans leur identité culturelle mais pas dans leur foi si, toutefois, elle leur est venue. C’est la haine de la démocratie qu’ils expriment et en aucun cas l’amour de Dieu qui n’a nul besoin de tels défenseurs.

 

Venons-en au blasphémateur; il prend en compte Dieu en le prenant à partie. Lorsque l’anarchiste Proudhon est reçu Franc-Maçon à la Loge «Sincérité, Parfaite Union et Constante Amitié»  à Besançon, à la question «que devez-vous à Dieu», il répond: «La guerre!» Ce qui ne l’a d’ailleurs nullement empêché de poursuivre sa carrière maçonnique.

 Lorsqu’on fait la guerre à quelqu’un, on ne l’ignore pas, on ne le nie pas. Au contraire, on le scrute, on l’observe, on imagine une stratégie à son propos, on trame des tactiques pour tenter de le circonvenir, on ourdit des complots pour essayer de le déstabiliser.

Le blasphémateur se dit athée mais il n’est pas indifférent. Il éprouve, au fond, une forme de foi.

  

Ensuite, Le blasphème représente une chance pour l’humain qui a la foi. Car le blasphème s’adresse toujours à un support de l’image de Dieu. Il est impossible d’insulter l’Invisible qui est, par nature, insaisissable ou de le caricaturer puisqu’il est sans visage. Le blasphème s’attaque donc aux emblèmes figurant (ou défigurant) Dieu. Or, trop souvent, les dévots confondent Dieu avec l’un de ses emblèmes. C’est ce bout de bois ou ce livre sacré qu’ils adorent et non pas la puissance de vie. Ils vénèrent donc des idoles, c’est-à-dire des illusions créées par la vanité humaine. En vilipendant l’emblème, le blasphémateur permet au croyant de distinguer entre le bon grain et l’ivraie, entre Dieu et ses supports.

 

Que l’Eternel protège ses blasphémateurs !

 

Jean-Noël Cuénod

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08/08/2014

Persécution des chrétiens d’Irak : où sont les manifestants ?

 

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Deux poids, deux mesures. C’est le reproche formulé par les manifestants européens propalestiniens – principalement français – à l’endroit de la politique occidentale dans le conflit israélo-palestinien. Les démocraties européennes et américaine soutiennent Israël et laissent tomber les Palestiniens. Pendant la bataille de Gaza – qui vient de reprendre feu – des dizaines de milliers de manifestants ont ainsi protesté contre cette politique «deux poids deux mesures». A Paris, ces démonstrations ont été marquées par la violence antisémite.

Aujourd’hui, les chrétiens d’Irak sont persécutés par les djihadistes, de même que les yézidis, fidèles d’une religion monothéiste issue de la Perse antique. Obligés de quitter leurs maisons, leur travail, leur ville natale par l’Etat Islamique qui veut se former entre l’Irak et la Syrie.

Les djihadistes leur ont laissé ce choix : soit ils se convertissent, soit il payent un impôt spécial en tant que sujets de seconde zone, soit ils sont passés «par le glaive». Sans oublier les Eglises détruites et le riche patrimoine des Arabes chrétiens et des yézidis réduit systématiquement en cendre, au nom d’un islam dévoyé mais diablement virulent.

Et où sont les manifestants de la semaine passée ? Les rues de Paris et d'ailleurs n’ont jamais été aussi calmes. Mais que voulez-vous, cette fois-ci, les victimes sont ces mécréants de chrétiens et de yézidis, alors que les bourreaux figurent parmi les combattants du Calife. Alors, ça change tout, forcément. Qui a dit, deux poids deux mesures ? Le sang des chrétiens et des yazidis serait-il moins purs que celui des musulmans ?

 L’actuel silence des musulmans d’Europe n’est pas supportable. Certes, des voix se font entendre ici ou là, parmi les fidèles les plus éclairés de l’islam. Mais elles n’ont pas suffisamment d’ampleur pour percer ce mur de silence. Où sont les démonstrations de solidarité ? Que font les grandes voix autorisées qui clameraient leur indignation devant ces persécutions commises au nom de l’Islam ?

Ce silence risque d’être interprêté comme un acquissement muet aux violences antichrétiennes et antiyazidies, mais aussi d’approfondir et d’élargir le fossé entre les musulmans et les autres citoyens des pays européens.

Aux musulmans d’Europe de démontrer qu’eux, au moins, refusent le « deux poids, deux mesures ».


PS: n'ayant ni le temps ni l'envie de vérifier chaque IP et compte tenu du nombre d'anonymes qui utilisent des pseudos qui ne sont ordinairement pas les leurs, je ferme les commentaires concernant ce texte ainsi que l'autre sur le même sujet. Mille excuses pour ceux qui sont de bonne foi.

 

Jean-Noël Cuénod

 

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Cette jeune femme appartenant à la religion yézidie dénonce devant le parlement irakien les persécutions dont les siens, mais aussi d’autres minorités, sont les victimes.

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02/06/2014

Le Djihad des banlieues, un mal français

 

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Qui n’a pas passé un dimanche après-midi à Rosny-sous-Bois ne sait pas ce qu’est l’ennui. Il suinte de partout et, surtout, des barres d’immeubles. Elles ne sont même pas dégradées d’ailleurs,  ces boîtes à dormir. Elles sont simplement moches et mornes, comme de grands cercueils posés ça-et-là, à la va-comme-je-te-crève. Le silence serpente comme un petit vent aigrelet sur les maigres pelouses pelées où aucun enfant ne joue.

 

 

 

Dans les allées, personne, sinon quelques jeunes noirs, portant des maillots du Barça ou du Réal, qui tentent de réparer un tacot hors d’âge. Où sont-ils, ces habitants? «Devant la télé ou au centre commercial, non pas pour acheter mais seulement pour regarder», explique cette habituée des cités de la Seine-Saint-Denis, département de la banlieue  parisienne plus connu sous son matricule façon cellule: le 9-3.

 

 

 

Le djihad apparaît alors aux déclassés comme une échappée vers un monde fait d’aventure, d’héroïsme, de fraternité d’armes. Un monde où, enfin, on se sent vivre quitte à tuer, quitte à en mourir. Qu’attendraient-ils de la France qui, pour eux, symbolise leurs échecs scolaires ou professionnels? Rien.

 

 

 

Ce n’est sans doute pas par hasard que Mohamed Merah a vécu dans un quartier toulousain du même genre, cité Bellefontaine au Mirail, ni que Mehdi Nemmouche, le suspect du massacre au Musée Juif de Bruxelles, a poussé comme il a pu Cité Bourgogne à Tourcoing. Que ce soit au Sud ou Nord de l’Hexagone, la météo des banlieues est toujours au gris.

 

 

 

 

 

Islam radical: les politiques ont-ils fermé… par LCP

 

 

 

Le Djihad en Syrie a formaté Merah comme il l’a fait pour Nemmouche. De retour en France, ils se sont mués en bombes à retardement, allumées par des idéologues comme Adam Gadahn, ressortissant des Etats-Unis, né dans une famille judéo-protestante (les Pearlman) et converti à l’islam à 17 ans.

 

 

 

Cette nouvelle génération d’islamoterroristes, –­souvent musulmans de fraîche date –, constatant que des opérations comme celles du 11-Septembre ne sont plus possibles, table désormais sur des actions individuelles, menées à peu de frais et visant des cibles, généralement juives, peu protégées. C’est une sorte de 11-Septembre rampant qui est ainsi mis en œuvre.

 

 

 

Tous les pays occidentaux sont visés. Et chacun est touché en fonction des propres faiblesses de son Etat. Ainsi, les affaires Merah et Nemmouche offrent un concentré des souffrances qui accablent la France.

 

 

 

Malgré les multiples «plans banlieue» et les centaines de millions d’euros qui y ont été investis en pure perte (200 millions en 2008 d’après le Sénat et 600 millions annoncés en avril dernier par la ministre Najat-Belkacem, sans compter les autres plans), la situation dans les cités, dites par euphémisme «sensibles», s’est détériorée. Nombre d’entre elles se trouvent gouvernées de facto par l’économie criminelle – qu’on ne peut même pas appeler souterraine puisqu’elle agit au grand jour.

 

 

 

Ces zones de non-droit ne cessent de s’élargir. Les services de l’Etat sont remplacés par les structures délinquantes qui s’organisent autour des trafics d’armes et de stupéfiants, notamment. Dans ces cités où vous ne trouverez ni poste ni commissariat ni bureau d’aides; ce sont les trafiquants qui assurent le gros de la redistribution sociale, évidemment dans l’inégalité et l’arbitraire.

 

 

 

Ainsi, de vénérables grands-mamans servent-elles de «nourrices» à ces bandes, c’est-à-dire qu’elles leur ménagent des planques pour y stocker la drogue. Bien sûr, cette prestation est rémunérée. Les gamins sont aussi sollicités dès le plus jeune âge pour servir de guetteurs et prévenir toute présence hostile. «Qu’est-ce tu feras plus tard quand tu seras grand, mon petit?» «Ben dileur, comme mon grand frère, c’te question!»

 

 

 

Pourquoi cet échec constant? Comme toujours, les causes sont multiples. Mais l’idéologie centralisatrice – qui traverse tous les courants politiques de l’extrême-droite à l’extrême-gauche – en constitue une qu’on ne saurait qualifier autrement que de … centrale.

 

 

 

Le centralisme français n’est pas qu’un mode de gouvernement, c’est une sorte de mentalité collective qui s’est progressivement installée dès la royauté avec la place centrale du Roi, qui a été forgée à la Révolution par la victoire des Jacobins sur les Girondins, le 2 juin 1793,  puis peaufinée par le Premier Empire et consolidée au fil des régimes.

 

 

 

Il s’en est suivi la création d’une caste d’«ingénieurs de l’administration» basée à Paris qui s’est progressivement, par effet entropique, dégradée en bureaucratie. Au nom de l’égalité, il s’agissait – et il s’agit toujours – pour le Centre (c’est-à-dire Paris) de concevoir des cadres juridiques, administratifs, sociaux dans lesquels tous les éléments de la France doivent se débrouiller pour s’y insérer.

 

 

 

Le Centre décide, la périphérie exécute. La base du centralisme est donc autoritaire par essence, fût-ce dans une démocratie. Toutes les tentatives de décentralisations, même si elles ont apporté quelques améliorations secondaires, sont condamnées à l’échec, car on ne peut pas réformer un  système aussi rigide. Le Centre ne veut pas abandonner sa primauté dans la mesure où il parvient à persuader une majorité de Français que lui seul peut assurer l’unité de la France.

 

 

 

Les banlieues pauvres se situent à la périphérie des périphéries, sorte de rebut en bout de ligne où le Centre exile tout ce qui ne peut pas s’inscrire dans ses cadres. Alors que le discours officiel en France condamne le communautarisme et encense la laïcité, l’Etat central a fait exactement l’inverse dans les cités déshéritées.

 

 

 

Le Centre devant s’occuper de tout, il fixe ses priorités dans son proche environnement.  C’est là qu’il s’investit, parce que c’est là que se trouvent ses électeurs, ses contribuables, ses zones d’activités principales. Dès lors, il était commode pour lui de laisser les cités aux mains d’imams autoproclamés, de petits trafiquants qui ne le gênaient pas trop et de laisser deux pétromonarchies, Qatar et Arabie Saoudite, y investir massivement.

 

 

 

Bien entendu, ces Etats islamistes particulièrement rétrogrades et antidémocratiques, ont financé diverses officines salafistes, celles qui prônent le retour à l’Islam médiéval et le rejet des idées issues des Lumières. Pris par son mouvement centralisateur, le Centre n’a rien vu venir. Ou plutôt n’a rien voulu voir venir, malgré les émeutes de 2005 à Clichy-sous-Bois et 2007 à Villiers-le-Bel.

 

 

 

Cet humus, formé d’intégrismes et de trafics, fait naître une génération qui n’a pour signe d’appartenance à la France qu’une carte d’identité. Mais elle reste foncièrement étrangère à ce qui fait ce pays, puisque le Centre l’a laissée croupir dans sa périphérie des périphéries.

 

 

 

Le Centre, aujourd’hui, s’étonne de ce surgissement sauvage d’islamoterrorisme et s’agite alors qu’il en est l’auteur par dol éventuel. Il n’a pas voulu le résultat de son absence d’acte mais n’a rien fait pour changer de pratique et de politique.

 

 

 

Jean-Noël Cuénod

 


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Ce débat évoque une autre affaire intervenue en octobre 2012.


Islam radical : les politiques ont-ils fermé... par LCP


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04/03/2014

Le football s’empêtre dans le voile islamique

 

 

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Amis de la bigoterie en crampons, bonjour! La FIFA ­– qui est au football ce que la Curie romaine est au catholicisme – a fulminé une bulle qui autorise désormais les footballeuses musulmanes à s’affubler du voile islamique durant leurs matchs. Certes, afin de donner à cette mesure une couleur plus universaliste, elle s’étend aux hommes. Les Sikhs pourront donc garder leur turban sur le terrain. Pour faire une «tête» dans les seize mètres, ce ne doit pas être pratique. A moins de placer une plaque d’acier sous le voile ou le turban. Mais justement la FIFA a prévu cette triche éventuelle en édictant le Saint Canon footballistique du voile:

 «Il doit être collé à la tête, être en accord avec la tenue du joueur, ne pas être attaché, ne pas constituer un danger pour autrui, exempt de partie qui dépasse comme des épinglettes pour attacher les cheveux».

Le diable se cache dans les détails, même chez les dieux du stade.

 

Cette mesure était réclamée depuis quelques années par les Fédérations de pays musulmans.  Surtout après la plainte déposée par l’Iran contre la FIFA ; Téhéran se plaignait que ses footballeuses fussent empêchées de participer aux qualifications pour les Jeux Olympiques de 2012, faute de pouvoir jouer voilées. Après une période d’essai autorisée par le «Board», l’ange gardien des Ecritures du foot, le voile a donc reçu la bénédiction de la FIFA et de son pape haut-valaisan Sepp Blatter.

 

A ce propos, Le Plouc est partagé en deux parts égales, ce qui est d’un inconfort manifeste. Examinons donc les deux parties du problème.

 

Côté face

 

De prime abord, ce voile islamofooteux hérisse le poil. Celui des dirigeants français du football, par exemple. Frédéric Thiriez, patron de la Ligue de football professionnel, a vraiment la tête près du bonnet:

«Alors que la Charte olympique exclut tout signe religieux, cette autorisation va à l’encontre du droit des femmes et menace la neutralité d’un football préservé des querelles religieuses et politiques». D’ailleurs, la Fédération française continuera d’interdire le port du voile sur ses terrains et ses joueuses, même musulmanes, ne porteront pas cet attribut religieux lors des rencontres internationales.

En effet, comment ne pas voir dans ce blanc-seing de la FIFA une lamentable régression ? L’emblème de la soumission de la femme devient ainsi un signe tout à fait acceptable pour les plus hautes instances internationales du sport. Le machisme au front bas de certains dirigeants musulmans vient de marquer un but décisif. Au moment où le football féminin se développe, la FIFA accepte que les joueuses soient forcées de s’enchiffonner le crâne, même sous des chaleurs torrides. Alors que les messieurs, eux, peuvent jouer la tête libre.

Sauf les Sikhs, vous allez me dire. Oui, sauf les Sikhs. Heureusement qu’ils sont là pour servir  de prétexte au jésuitisme de cette sacrée FIFA. Même si le Sikh est, si l’on ose s’exprimer ainsi, l’arbuste en turban qui cache une forêt de sexisme voilé.

 

Côté pile

 

Pour les jeunes musulmanes, le sport est une fenêtre ouverte sur un monde plus libre. La possibilité leur est ainsi offerte de s’exprimer sur un terrain qui, jusqu’alors, n’était réservé qu’aux seuls mollets poilus. Elles démontrent à leurs coreligionnaires qu’une femme n’est pas seulement vouée à la procréation et à l’entretien du potentat domestique, mais qu’elle peut s’imposer dans l’espace public. C’est un premier pas vers une égalité encore très lointaine. Un premier pas timide, certes, mais qu’on ne saurait qualifier de négligeable, compte tenu de l’aura universelle du football.

D’autant plus que pour les Iraniennes, le foot féminin est devenu un moyen de défier l’ordre des Mollahs, comme l’indique le sociologue français Pascal Boniface dans une interview aux Inrocks.

 

Si la FIFA avait maintenu l’interdiction de jouer voilé, le football féminin ne serait pas développé en terre d'Islam. Et cette fenêtre vers un monde plus libre pour les femmes se serait refermée. Espérons qu’un jour, les footballeuses musulmanes oublieront leur voile au vestiaire. Mais pour l’instant, il peut leur servir de viatique vers le grand large. Et c’est à elle seule de décider quelle route prendre.

 

Jean-Noël Cuénod

 

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25/07/2013

A Trappes, le voile islamiste!

 Le contrôle d’identité d’une musulmane portant le voile islamiste a provoqué une émeute à Trappes, ville de la banlieue parisienne qui est le fief de l’acteur Djamel Debbouze. Il était patent que l’application de loi contre la bourka et le niquabe provoquerait des troubles de ce type, tant les tensions entre communautés s’échauffent dans les cités françaises. Fallait-il pour autant que le parlement renonçât à la voter?

 

Relevons tout d’abord que le couple qui se trouve à l’origine de cette flambée s’est converti à l’Islam; ni le mari ni l’épouse ne sont nés dans une famille musulmane. Le schéma est d’un classicisme évident, les convertis en font souvent trop dans la bigoterie afin de se sentir introduits dans leur nouveau cercle. Nombre d’islamoterroristes sont d‘ailleurs des musulmans de fraîche date. Leur connaissance de l’Islam risque fort d’être élémentaire et réduite aux clichés dont le voile intégral est la plus flamboyante et médiatique figure. Les musulmans feraient bien de se méfier de ces convertis qui rendent détestable leur religion aux yeux des autres citoyens.

 

Revenons à nos brebis intégralement voilées. Deux visions s’affrontent en Occident vis-à-vis de cette prison ambulante pour femmes. L’une, inspirée du libéralisme protestant et de la culture anglo-saxonne, l’autre, suscitée par les principes républicains et laïques qui croissent sur le terreau du monarchisme absolu centré sur le catholicisme. Pour la première, l’Etat n’a pas à légiférer sur le port d’un bout de tissu et n’a pas à dicter sa loi aux communautés religieuses; chacun est libre de s’habiller comme il l’entend. Pour la seconde, l’Etat doit préserver l’espace public (au sens large du terme) de toute invasion religieuse.

 

Ces deux visions ont leur ambiguïté et leurs limites. Le libéralisme communautaire des Anglo-Saxons n’a évité ni le 11-Septembre ni les attentats sanglants de Londres. Quant à la loi anti-bourka, son application est empreinte d’une hypocrisie qui la déconsidère. Des policiers ont donc interpellé une femme voilée dans une cité défavorisée de la banlieue parisienne. Mais promenez-vous avenue Montaigne, haut lieux des boutiques de luxe parisiennes. Vous y verrez maintes Séoudiennes et Quataries intégralement niquabées claquer chez Dior et Boucheron les pétrodollars de leurs cheikhs (bien provisionnés). Aucun policier n’aurait l’indécence de soulever leur voile et de contrôler leur identité, sous peine de se retrouver laveur de paniers à salade dans un commissariat de Forbach ou d’Issoudun. La loi s’applique aux pauvres mais pas aux riches. C’est peut-être «populiste» comme constat. Mais il est bien réel. Que vaut donc une loi dont l’exécution provoque une émeute dans une banlieue et que l’on s’ingénie à ignorer lorsque cela complaît au grand commerce?

 

Pourtant, à écouter la remarquable Elisabeth Badinter dans la vidéo que Le Plouc vous réserve ci-dessous, on en conclut que cette loi doit être conservée. Ce que la philosophe dit de la réciprocité est particulièrement convainquant: en me voilant, j’interdis la vision de mon visage mais moi, je peux contempler celui de mes interlocuteurs. Or, toute la société est fondée sur la réciprocité. Sans elle, il n’est point d’humanité possible.

 

Alors, comment appliquer cette loi avec le maximum de justice et d’efficacité? Il n’y a pas de recettes magiques. Les ambiguïtés, les malentendus persisteront. On peut espérer les limiter par une meilleure formation des policiers mais aussi par l’enseignement des religions. Non pas l’enseignement religieux prodigué par un ecclésiastique mais l’explication donnée aux enfants des multiples formes que prennent la foi et l’athéisme. Dans ce contexte, les responsables religieux de l’Islam ont un rôle essentiel à jouer. C’est à eux qu’incombe le devoir de rappeler que le port du voile intégral est une coutume ne relevant nullement des prescriptions coraniques. S’ils ne fournissent pas cet effort collectif, la bigoterie et la superstition rongeront, en premier lieu, leur propre religion.

Jean-Noël Cuénod

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mission parlementaire sur le voile intégral... par noop

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31/10/2012

L’UMP ou l’irrésistible tentation du hara-kiri

Par son appel à recourir aux manifs si le mariage homosexuel et le vote des étrangers aux municipales sont adoptés par le parlement français, le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé a rajouté ce week-end, une épaisse couche «droitiste» à son discours. Elle survient après l’épisode du pain au chocolat arraché de la bouche des petits Français par de vilains islamistes.

 

Comment une figure importante d’un grand parti conservateur peut-elle en appeler au désordre de la rue? La raison en est simple, Jean-François Copé doit rattraper François Fillon dans la course à la présidence de l’UMP. Et pour l’instant, son langage musclé plaît aux militants et aux sympathisants qui, toutefois, semblent préférer François Fillon, puisqu’il paraît être le seul à pouvoir mener son camp à la victoire lors de l’élection présidentielle en 2017.

 

Par ses discours extrémistes, Jean-François Copé lance des passerelles vers le Front national. Plusieurs facteurs l’y engagent. D’une part, 30% des sympathisants de l’UMP se déclarent favorables à des alliances électorales, selon un sondage d’OpinionWay. D’autre part, nombre d’élus locaux de l’UMP poussent leur parti à conclure des accords régionaux avec les frontistes de Marine Le Pen afin de sauvegarder leurs sièges. A court terme, la tactique de Copé paraît cohérente. A moyen et long terme, elle trahit l’inconfortable position de l’UMP sur l’échiquier politique français.

 

Tout d’abord, Marine Le Pen ne conçoit une alliance avec l’UMP que dans la mesure où le Front national se trouve en position hégémonique. Ensuite, les opinions des deux partis sont tellement éloignées sur des sujets majeurs comme l’Europe et l'économie, qu’un accord sur le plan national conduirait la formation de Copé et de Fillon à se faire hara-kiri.

 

En effet, l’électorat de l’UMP n’est pas homogène. Un autre sondage OpinionWay démontre qu’il est divisé en quatre grandes familles: les «gaullistes» (31% des sympathisants de l’UMP), les «conservateurs antilibéraux» (24%), les «libéraux» (21%) et les «progressistes» (24%). La part la plus favorable au Front national se trouve au sein des «conservateurs antilibéraux». En revanche, les «libéraux» et les «progressistes» seraient enclins à rejoindre les rangs du nouveau parti de Jean-Louis Borloo, l’UDI (centre-droit), en cas d’alliance avec le Front national. Dans cette configuration, le groupe «gaulliste» se partagerait sans doute entre pro et antifrontistes. Dès lors, l’UMP réduite à sa part la plus droitière risquerait fort d’être avalée par le Front national. Le champ serait ainsi laissé libre à l’UDI qui affiche clairement sa volonté de devenir le grand parti de la droite modérée et de gouvernement.

 

Borloo et Marine Le Pen ont au moins un point commun, ils veulent tous deux dévorer l’UMP. Le nouveau président de ce parti devra donc affronter des adversaires résolus et bien organisés au sein même de l’opposition.

Jean-Noël Cuénod

 Lors de la fête de l'Aït-el-Kébir, les musulmans français ont distribué un petit pain au chocolat en forme de croissant qu'ils ont, si l'on ose dire, baptisé le "Copé". Le secrétaire général  de l'UMP s'est au moins fait un nom dans la viennoiserie allal.

 

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20/10/2012

Cri du coeur d'un musulman de Suisse: "Stop à la terreur et à la haine!"

Le plouc a reçu le courriel ci-dessous à la suite de son édito paru le 8 octobre 2012 sur le démantèlement d’une cellule terroriste animée par des Français convertis à l’islam. Il s’agit d’un cri du cœur poussé par une personnalité musulmane bien connue à Genève et ailleurs Hafid Ouardiri.  Ce cri mérite d’être entendu et même, écouté.

                          

Musulman,je suis doublement victime de ces voyous, barbares et criminels.

 

Pour ces innocents qu'ils arrachent à la vie et pour ma foi, l'islam à laquelle ces monstres se déclarent convertis.

Quel horrible outrage à Dieu ils commettent en perpétrant de tels actes barbares en son Nom.

 Nés dans les banlieues sans éducation dans lesquelles ils ont connus tous les échelons de la délinquance pour échouer dans les pénitenciers. Là, ils sont entrés en contact avec on sait quel "imam diabolique" qui les aurait convertis au terrorisme en les initiant à son idéologie meurtrière qui ressemble étrangement aux agissements des "hashashins" (assassins), mercenaires, drogués à mort qui allaient massacrer les innocents et semer la haine et le désordre dans certaines régions du Moyen-Orient il y a de cela quelques siècles.

 Non, ils n'ont pas été convertis à l'islam mais au terrorisme, à la haine et à la violence aveugle !

Ils sont les ennemis de tout le genre humain et sont porteurs de tous les racismes, de l'antisémitisme et ne l'oublions pas ils sont aussi et surtout les promoteurs de l'islamophobie. Car il n'y a pas pires ennemis de l'islam que ces énergumènes qui se réclament de lui pour tuer cruellement et corrompre la terre en étant persuadés qu'ils font le bien.

 Ils se vengent sans pitié pour se soulager de leurs échecs. Ce sont des gens gravement malades qu'ils fallait soigner avant qu'ils en arrivent à ce stade.

  C'est une abomination comme d'autres abominations que notre histoire a connu, il y a certainement une explication à cela mais jamais au grand jamais une justification à de tels actes inhumains.

 L'islam n'a rien à voir avec ces abominables criminels et les musulmans aujourd'hui dans leur extrême majorité souffrent à cause de ces détracteurs criminels. Ils doivent, aidés de toutes et de tous, lutter contre ce fléau qui les menace ainsi que tout le genre humain toutes appartenance confondues.

  Il ne faut pas que tous les opportunismes politiques ou autres, qui sont à l'affût de ces malheurs, en profitent pour ajouter la haine à la haine, la confusion à la confusion. Ils ne doivent pas encourager l'amalgame pour grapiller quelques voix en usant par ci par là de la stratégie du bouc-émissaire et de la culture de l'ignorance à outrance.

 Il faut que ceux qui sont chargés de la sécurité et de la justice accomplissent leurs tâche avec une tolérance zéro pour montrer à ses voyous tueurs sans foi ni loi qu'ils ne seront pas impunis.

Stop à la terreur et à la haine.

 

 

Hafid Ouardiri 

Fondation pour l'Entre-Connaissance

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19/09/2012

Islam, Charlie-Hedbo et le grand paradoxe des intégristes

 

Les intégristes musulmans ne savent plus où donner du cocktail Molotov. Après avoir semé la violence pour protester contre un film islamophobe, voilà qu’ils forcent la France à protéger ses ambassades parce que l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo a publié, hier, des caricatures du prophète Mohammed.

 

«Il faut défendre l’honneur de Dieu!», proclament-ils. Principe éternel et créateur, en quoi Dieu serait-il atteint par les pires des insanités humaines? Tout ce qu’on peut dire de Lui se perd dans la nuit infinie et n’a pas plus d’importance que le bourdonnement d’un moucheron. «Certes, mais en l’occurrence, c’est un homme, un prophète, que les impies caricaturent. C’est sa mémoire qu’il s’agit de venger.»

 

Pour les musulmans, Mohammed n’est pas Dieu mais un homme, le plus parfait d’entre les humains, le modèle à suivre, celui qui porte la parole divine. Mais cet état si élevé ne le place-t-il pas hors d’atteinte des attaques portées contre sa mémoire? Si l’on suit la logique des dévots, ses propos, ses explications, l’exemple qu’il a donné à ses compagnons sont d’une force telle qu’ils résistent même à l’érosion du temps.

 

Alors pourquoi ce prophète aurait-il besoin qu’on le défende puisqu’il le fait si bien lui-même? En quoi quelques dessins qui seront oubliés demain pourraient-ils lui porter ombrage?

 

Voilà le grand paradoxe des  intégristes. En voulant honorer Dieu, ils Le rabaissent à l’état d’opinion qu’il faut défendre. En voulant venger la mémoire de Mohammed par la violence et la menace, ils le transforment en facteur de haine et de mort. Les dévots furieux restent les meilleurs propagandistes de l’athéisme.

 

Les textes fondateurs des trois religions monothéistes proclament que Dieu a fait de l’humain, un être libre. Libre de L’apostropher. Libre de Le louer. Libre de Le renier. Libre de L’aimer. Et même libre de Le caricaturer.

 

 

Jean-Noël Cuénod

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 CHARLIE-HEBDO S'EXPLIQUE

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