21/04/2015

La mer à mort

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Lorsqu’il n’y a plus d’espoir dans son pays, que les saigneurs de la guerre – criquets en kalachnikov – ravagent les récoltes, pillent les maisons, violent les filles, enrôlent les garçons et massacrent ceux qui ont le malheur de se trouver sur leur chemin, il reste une faible lueur d’espérance : ramasser ses ultimes économies, payer des mafieux, embarquer dans un port libyen sur leurs rafiots rafistolés et atteindre l’Europe dont la première terre est Lampedusa. Périr en mer est un risque qui paraît bien faible, mesuré à l’aune de la détresse.

Entre la côte libyenne et Lampedusa, un bateau plein de migrants fuyant l’Afrique a donc chaviré. 700 trépassés. Depuis le début de l’année, 1600 migrants ont trouvé la mort en cherchant le refuge. Un clandestin meurt toutes les deux heures en Méditerrannée.

Devant ce spectacle atroce qui se passe sous nos yeux, sur notre continent, nous n’offrons guère qu’un brin de compassion et quelques larmes plus ou moins sauriennes. Quant ce n’est pas le vomi de la graphomane anglaise Katie Hopkins, qui, dans le tabloïd fascistoïde The Sun, exige que les bateaux de guerre tirent sur cette «vermine». Entre hypocrisie et barbarie, ah, elle est belle l’Europe!

Agir. Certes. Mais comment? Car la situation est d’une complexité inouïe. Et les Franco-britanniques ont contribué fortement à la rendre inextricable en intervenant en Libye et en laissant ce pays dans la plus complète anarchie. Voilà ce qui arrive lorsqu’on donne les clefs de la guerre à un philosophe pour plateau-télé (BHL) et à un président (Sarkozy) qui ne voit pas plus loin que le bout de sa télécommande.

Mais pleurnicher sur le passé ne sert à rien. Pour le moment, il faut faire face à l’urgence humanitaire, comme l’indique sur le site de L’Express le politologue belge François Gemenne[1], c’est-à-dire, «relancer des missions de sauvetage comme l'opération Mare Nostrum, abandonnée fin 2014. Ensuite, il faut renforcer la lutte contre les passeurs, et enfin rétablir les voies légales d'accès à l'Union européenne. La politique de fermeture des frontières est en effet directement responsable de ces drames.»

En lisant cette phrase, tous les furieux de la xénophobie vont grimper aux rideaux. Tentons d’examiner la situation de façon rationnelle, plutôt que de baver de trouille. Nous avons au Sud, une population en hausse démographique, jeune, pauvre et au Nord, une population en baisse démographique, vieillissante, riche. Dans ces conditions, les transferts humains de l’un vers l’autre sont inévitables. D’ailleurs, n’est-ce pas ce qui est en train de se passer au cœur de l’Europe continentale, en Suisse? La population s’y accroît régulièrement (1% grosso modo par an depuis 2007) alors que la natalité est faible. Cette augmentation démographique est donc due à l’immigration.

 On peut hurler, trépigner, voter Blocher, voter Le Pen, voter UKIPE, voter Bossi, semer les bunkers sur les côtes, ériger des murs partout, rien n’y fera. Les grands mouvements de population sont inéluctables. Entre 1943 et 1944, les Waffen SS et la Gestapo ne sont même pas parvenus à rendre imperméable la frontière d’une centaine de kilomètres qui sépare la France et la Suisse à Genève. Même le Mur de Berlin a fini par s’effondrer.

Soit on suit l’extrême-droite en fermant les yeux sur le réel pour en appeler à la fermeture impossible des frontières. Soit on essaie de se montrer intelligent, en partant de ce constat: plus les frontières sont fermées, plus les clans mafieux et les milices terroristes prennent en main le lucratif business des passeurs clandestins. C’est le paradoxe du xénophobe : il croit se protéger alors qu’il ne fait qu’engraisser les mafieux et les terroristes qui sèmeront le crime chez lui.

Puisque les flux de population sont inévitables autant s’efforcer de les contrôler en établissant des politiques d’immigration rationnelle et en organisant des filières légales. S’il est vrai que le chômage règne dans plusieurs pays européens, notamment en France, il est tout aussi vrai que de nombreux postes de travail n’y sont pas occupés par des autochtones. Voit-on beaucoup de Français «de souche» à la plonge des brasseries parisiennes ou sur les chantiers marseillais?

Cela dit, aucun pays ne peut gérer seul une problématique aussi complexe. C’est donc une politique d’immigration à l’échelle de l’Europe qu’il est nécessaire d’établir. Mais là nous nous dirigeons vers un éceuil de taille, à savoir la faiblesse des institutions européennes. Tant que l’Union et l’Espace Schengen restent en leur état de techostructure impotente, nous continuerons à faire du bricolage en matière d’immigration. Et les rafiots plein de migrants continueront à couler au large de Lampedusa.

Jean-Noël Cuénod 


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Deux minutes pour comprendre comment l'Europe... par liberation



[1] Spécialiste des migrations et enseignant à Sciences-Po, Versailles et Bruxelles (ULB)

09:04 | Lien permanent | Commentaires (49) | Tags : migrants, immigration, lampedusa, vidéo | |  Facebook | | |

20/02/2014

Après la votation sur l’immigration, nouveaux nomades et sédentaires ne parlent plus la même langue (Les Jeudis du Plouc avec vidéo)

 

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Le vote suisse contre l’immigration illustre un phénomène que l’on retrouve dans tous les pays, sous des formes diverses. C’est devenu une évidence que nous avons tout de même du mal à intérioriser, tant nous restons figés sur d’anciennes positions: la globalisation de l’économie mondiale bouleverse tous nos repères et… balaie tous nos repaires. Elle a provoqué de nouvelles oppositions au sein de chaque société, notamment entre les différents types de nomadisme et la sédentarité.

 

Il y a le nomadisme économique. Les grandes sociétés et entreprises ont rompu depuis longtemps les ponts d’avec leurs nations d’origine. Elles installent leurs usines là où la main d’œuvre est la plus rentable et leurs sièges sociaux là où l’Etat se montre le plus fiscalement complaisant. Les hauts cris poussés par les médias et les gouvernements n’y font rien. Aucune instance ne paraît à même de mettre ne serait-ce qu’un cure-dent dans les rouages de cette machinerie volante.

Cet état de fait ne satisfait pas que les seuls dirigeants capitalistes. Il peut aussi contenter les cadres et même les salariés des entreprises qui exportent massivement. Ceux-là sont peut-être sédentaires physiquement mais tout en adhérant à ce nomadisme économique.

 

Il y a le nomadisme des hyper-riches. Il ne s’agit plus de grandes sociétés financières ou de groupes industriels mais d’individus qui peuvent en être (ou non) les dirigeants. Propriétaires dans tous les azimuts, ils ont de multiples ports d’attache. Attache est d’ailleurs un mot qui ne leur convient pas du tout. Ils sont avant tout détachés et vivent ici ou là en fonction de leurs envies et de leurs intérêts. Les hyper-riches utilisent à plein les infrastructures publiques (hôpitaux, notamment) en s’efforçant de réduire leurs contributions fiscales au triste minimum. Ils ne forment certes pas une masse énorme – même si leur nombre semble croître – mais pèsent d’autant plus lourd sur les pays qu’ils fréquentent que les impôts dont ils s’acquittent sont légers. Et leur exemple, largement diffusé par les médias pipolesques, y suscite démoralisation et écoeurement.

 

Il y le nomadisme des cerveaux. Le savoir scientifique a toujours été tissé d’échanges à travers les frontières. Ce qui était vrai hier, l’est encore plus aujourd’hui. Les nomades de l’intelligence se forment ici et ailleurs, vont à Sandford ou au MIT, puis à Cambridge pour retourner à Lausanne en passant par Bologne. Ce sont eux qui vont subir en premier lieu les conséquences de l’initiative UDC, puisque la Commission européenne vient d’annoncer le gel des crédits de recherches scientifiques et de formation Erasmus+ pour la Suisse. Or, si l’industrie helvétique parvient encore à tirer son épingle du jeu, c’est principalement dû à la plus-value créée par ses «cerveaux». Sans cette plus-value, l’industrie suisse ne vaut plus tripettes. Toutefois, les nomades de l’intelligence auront toujours la possibilité de quitter la Suisse pour offrir leurs compétences à d’autres pays.

 

Il y a le nomadisme de la misère. Fuyant la famine ou les guerres qui sèment la mort dans leurs pays d’origine, ces nomades s’installent où ils le peuvent dans les parkings souterrains à Genève, les stations de métro à Paris, les portes cochères, les bancs publics. Clandestins, mendiants, chassés d’ici puis de là, ils offrent aux passants sans yeux l’insupportable visage de la dèche. «Et si un jour, ça m’arrivait de devenir comme eux?» Cette phrase a sans doute traversé l’esprit de plus d’un sédentaire.

 

Nous y voilà donc. Les sédentaires, eux, restent attachés à leur sol natal comme le serf l’était jadis à son seigneur. Leur seul nomadisme relève du tourisme. Ils sont patrons ou salariés d’entreprises tournées surtout vers le marché intérieur, paysans, artisans, retraités. Ils ressentent les différents types de nomadisme comme une agression. L’hyper-riche les révolte et le miséreux les révulse. Les sédentaires vitupèrent tour à tour la finance sans visage, la culture métissée, l’étranger perçu comme un concurrent sur le marché de l’emploi. Et n’ont pas de portes de sortie, contrairement aux nomades, même les plus pauvres.

 

Nouveaux nomades et sédentaires de toujours possèdent de moins en moins de points communs. Parlent-ils la même langue? Ce monde qui bouge ses méridiens comme s’il était agité par la danse de Saint-Guy, les uns s’y adaptent en risquant de perdre leurs racines et les autres tentent de le freiner en risquant d’être jetés dans les ornières de l’Histoire.

 

Cette nouvelle opposition est apparue clairement en Suisse un certain 9 février 2014. Mais elle sévit dans chacun des pays de la planète. Une contradiction d’une telle ampleur  ne saurait se résoudre en un clic de souris. Mais on peut d’ores et déjà abandonner quelques illusions.

Celle des nomades qui pensent que les frontières ne forment qu’un reliquat d’un passé dépassé. Or, elles restent un élément indispensable pour structurer les populations ; elles vont évoluer mais leur disparition n’est pas à l’ordre du jour. Même les nomades ont besoin de cet élément structurant.

Celle des sédentaires qui cherchent frénétiquement à élever des murailles pour empêcher le vent de l’Histoire de balayer le sol national. Aucune forteresse ne saurait résister à ce mouvement de fond. Cette vaine tentative ira même à fin contraire en affaiblissant un Etat-nation, rendu incapable de s’adapter à la nouvelle donne mondiale.

 

 

 

Jean-Noël Cuénod  

 

 

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Table ronde organisée par le laboratoire d’idées Fondapol en 2007. Mais la problématique de fond n’a pas changé.


Les frontières dans la mondialisation par fondapol

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14/02/2014

Herr Blocher, vous avez raison, Le Plouc n’est pas un vrai Suisse

Herr Blocher, ainsi les Romands ont eu le mauvais goût de ne pas approuver  votre initiative contre les immigrés. Ces Suisses qui ont l’insigne malheur de ne point gazouiller dans votre mélodieux idiome et se contentent de la langue de Rousseau pour s’exprimer sont donc affligés, selon vos propres («propres» ne seraient pas le mot propre, mais passons) déclarations, «d’une conscience nationale plus faible».  

 

Le Plouc étant un concentré de Vaudois et de Genevois, il ne peut que se sentir visé. Et au fond, Herr Blocher, tout au fond, bien au fond, vous avez raison. Votre Suisse n’est point celle du Plouc.

 

  • La Suisse, notre Suisse, et non la vôtre, est celle d’Henri Dunant, révolté par la boucherie de Solférino et transformant son indignation pour créer la Croix-Rouge.

 

  • La Suisse, notre Suisse, et non la vôtre, est celle du général Dufour, évitant à notre pays le bain de sang d’une longue guerre civile.

 

  • La Suisse, notre Suisse, et non la vôtre, est celle de Ramuz, faisant sentir le vent de nos montagnes bien mieux qu’un tableau de votre Anker.

 

  • La Suisse, notre Suisse, et non la vôtre, est celle de Chappaz, se révoltant contre les «Maquereaux des cimes blanches».

 

  • La Suisse, notre Suisse, et non la vôtre, est celle de Stéphane Eicher, chantant de par le monde des paroles en français, italien, anglais, allemand, bärndütsch.

 

  • La Suisse, notre Suisse, et non la vôtre, est celle de Johann Heinrich Pestalozzi, ouvrant aux enfants de pauvres la porte du savoir.

 

  • La Suisse, notre Suisse, et non la vôtre, est celle de Blaise Cendrars, traversant les frontières par la grâce de la poésie.

 

  • La Suisse, notre Suisse, et non la vôtre, est celle de Mario Botta, créant sur toute la planète la beauté des formes architecturales.

 

  • La Suisse, notre Suisse, et non la vôtre, est celle de Paul Grüninger, commandant de la police saint-galloise, sauvant des centaines de juifs entre 1938 et 1939, malgré les lois que vos semblables avaient édictées.

 

  • La Suisse, notre Suisse, et non la vôtre, est celle d’Elisabeth Eidenbenz, tirant des griffes nazies plus de 600 enfants juifs et roms.

 

  • La Suisse, notre Suisse, et non la vôtre, est celle d’Ella Maillart, découvrant des horizons toujours nouveaux malgré les périls.

 

Voilà, Herr Blocher, la Suisse du Plouc. Il vous laisse celle que vous avez conservée dans le formol.

Jean-Noël Cuénod

 

17:54 | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : udc, immigration, blocher, suisse, romands | |  Facebook | | |

13/02/2014

Après l’initiative UDC: Fier ou honteux d’être Suisse? A sotte question… (Les Jeudis du Plouc)

 

 

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Après la votation du 9 février contre l’immigration, maints acteurs politiques suisses se sont partagés entre deux attitudes : bomber le jabot façon moineau dans la volière ou se flageller pour solliciter une très hypothétique mansuétude européenne. Deux attitudes aussi improductives l’une que l’autre.

 

Côté moineau, il n’y a pas de quoi gonfler son maigre plumage. L’initiative que l’UDC a réussi à faire approuver d’un souffle, place la Suisse dans la pire des positions. Claquer la porte au nez de nos clients européens n’est certainement pas faire preuve de l’intelligence la plus pénétrante.

 

Côté flagellant, il n’y a pas de quoi exhiber sa honte devant les Européens. Si la question avait été posée par exemple en France, ce ne serait pas à 50,3% que l’initiative aurait été approuvée, mais à un taux nettement plus élevé.

L’europhobie est un sentiment largement partagé au sein de l’Union et les responsables de cette situation se trouvent aussi à la tête de cette technobureaucratie bruxelloise qui se soucie des peuples comme de son premier tampon. Peuples qui sont en train de se rappeler à son mauvais souvenir. Les partis europhobes risquent fort de faire un malheur, dans tous les sens du terme, lors des élections au Parlement européen des 22 au 25 mai prochain. Ils ne proposent rien qui puisse régler les problèmes sociaux et politiques du continent, mais offrent aux électeurs européens l’occasion de crier leur colère. Crier fait du bien sur le moment. Toutefois, après le cri, il est fréquent que l’on se mette à tousser.

 

Il est donc absurde de se sentir fier ou honteux d’être Suisse ­– avant ou après ­le 9 février 2014–, comme il est stupide de se vanter d’être né quelque part. Qu’y pouvons-nous, si le destin, Dieu ou le hasard (choisissez la formule qui vous sied) nous a fait voir le jour à Carouge plutôt qu’à Bombay, à Pontault-Combault plutôt qu’à Goumoëns-le-Jux ou à Kuala-Lumpur ? Nous pouvons être fiers de ce que nous faisons, voire de ce que nous sommes devenus. Mais chanter nos propres louanges parce que notre passeport est suisse, français ou guatémaltèque, c’est faire aveu que nous ne valons que par notre appartenance et non par notre mérite.

 

Au cours de ces prochains mois, il sera temps de tirer les leçons politiques et économiques du vote de dimanche. A cet égard, il faudra que l’UDC paye enfin les conséquences de sa propagande nocive. Et puisque Blocher se veut si malin, qu’il négocie donc avec Bruxelles!

Mais pour l’instant, épargnons-nous d’éprouver des sentiments qui n’ont pas lieu d’être.

 

Jean-Noël Cuénod

Photo: Matthieu Gigon, in linternaute

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09/02/2014

Non à l’immigration : la Suisse affronte un nouveau type de division

 

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D’un souffle, l’initiative UDC «contre l’immigration massive» l’a emporté : 50,34% de «oui» contre 49,66% de «non». Deux Suisses apparaissent: l’une qui souffre de l’économie mondialisée, ou du moins qui la redoute, et l’autre qui s’y adapte avec plus ou moins de succès, mais qui ne la craint pas. Ainsi, les grands centres urbains bien placés dans la course à la globalisation comme Zurich-Ville, Bâle-Ville, Genève et Lausanne ont-ils rejeté l’initiative UDC, alors que les parties «rurbaines» (urbaine et rurale) l’ont acceptée.

 

La division linguistique ou la lutte classe contre classe ne sauraient donc expliquer ce résultat. Si les cantons romands ont rejeté plus massivement l’initiative anti-immigration, ils ont été rejoints par des grandes cités alémaniques. De même, la Suisse du «non à l’initiative» comprend, selon toute vraisemblance, à la fois des employeurs et des salariés, surtout ceux qui tirent leurs activités professionnelle des industries d’exportation. Et la Suisse du «oui à l’initiative» abrite également des patrons, des ouvriers et des employés qui s’activent dans des domaines moins bien armés pour affronter la concurrence mondiale et qui se sentent ainsi dépossédés.

 

La Suisse a su vaincre ses querelles religieuses et harmoniser sa diversité culturelle. Elle devra désormais gérer cette nouvelle division. La Suisse «du grand large» ferait bien de se soucier de ceux que sa course mondialisée laisse dans l’ornière et devrait lutter plus efficacement contre le dumping salarial. La Suisse «du terroir» devrait cesser d’écouter les marchands d’illusions et de croire que l’on peut se protéger du monde en élevant des murailles de papier.

 

La petite victoire de l’UDC ne résoudra rien ; en revanche, elle créera de nouvelles difficultés dans nos relations avec l’Europe. Or, l’UDC peut bien faire de stupides bras d’honneur à Bruxelles, la réalité est là: nous avons besoin de nos voisins encore plus qu’ils ont besoin de nous.

 

Jean-Noël Cuénod 

    

 

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