13/07/2010

Sarkozy ressort les «officines» du placard

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En français, le mot officine désigne une pharmacie et représente ces locaux lumineux où des mains expertes transforment des toxiques en médicament. En patois élyséen, les « officines » - elles sont toujours plurielles et enguillemetées – figurent ces recoins sombres où des mains habiles transforment des rumeurs en toxiques.

 

 
Cela faisait quelques mois que Nicolas Sarkozy les avait mises au placard. Il les a ressorties lundi à l’occasion de son spectacle télévisé sur France 2 où il tenait le rôle de l’HyperPrésident UltraOutragé et SuperCalomnié. Citons cette réplique tirée de la scène où il affronte le Cyberdémon Médiapart et sa langue numérique mais venimeuse : « Je ne suis pas naïf, je vois bien que derrière tout ça, il y a des officines ».

 


On les imagine bien ces « officines », au sein desquelles se réunissent dans le remugle du tabac froid des individus à l’imper mastic, aux lunettes fumées, au verbe fumeux, au teint froissé et marchant façon crabe avec l’allure de ces Interlopes qui  vous proposaient vers Pigalle des catalogues de filles à poil, à la douce époque où la pudeur rendait encore le porno attrayant.

 


« Les officines », Sarkozy les avait dénoncées à maintes reprises dans l’affaire Clearstream pour stigmatiser Villepin. Personne ne sait exactement ce qu’elles signifient. Agences de renseignement privées ? Bureaux d’espions ? Arrière-salles de journaux ? Tout cela à la fois ? L’imprécision de leurs contours rend ces ectoplasmes méphitiques encore plus terrifiants. Invisibles mais présentes, « les officines » ne poursuivent qu’un but : empêcher le Vibrionnant de réformer. Ce sont elles qui rédigent d’une dextre crochue les articles déplaisants, qui colportent et papotent, qui beuzent et jasent. Ennemi insaisissable qui rend bien des services lorsqu’il s’agit d’amuser la galerie.


Jean-Noël Cuénod

16:06 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : nicolas sarkozy, médiapart, affaires, france 2 | |  Facebook | | |