05/03/2011

Le Plouc fait le poireau chez Dior

Le Plouc chez Dior… N’importe quoi ! Et pourtant, la mission est claire. Sombrement claire. Il faut couvrir, vendredi,  le défilé parisien du couturier de luxe, le premier en quinze ans à se dérouler sans le styliste John Galliano, viré pour propos antisémites par la Grande Maison de Haute Couture (ou Haute Maison de Grande Couture, comme on voudra). Et voilà Le Plouc propulsé par la foule devant l’entrée du Musée Rodin où s’est déroulée la présentation des ultimes nippes hypes dessinées par l’ami d’Hitler et des boissons fortes. Bien entendu, les gorilles à oreillette ont rejeté Le Plouc dans l’anonymat de la rue de Varenne, en compagnie de plusieurs centaines de  journalistes, photographes et porteurs de caméra obligés, comme lui, de faire le poireau pour des prunes.

Dans cette masse médiatique, Le Plouc y croise une superbe consœur au regard sibérien qui débite à la kalachnikov son texte devant la caméra de TV Moscou. Enrayée, la kalachnikov. La journaliste a dû recommencer sa prestation à sept reprises. Non loin, une fashionista japonaise fait sensation  grâce au porte-jarretelles  qu’elle s’est fait tatouer sur ses cuisses de sauterelles. Mais que dire de cette abondante sexagénaire Américaine en minijupe panthère façon Berthe Berrurier ? Là on quitte la taille sauterelle pour aborder le calibre baobab.  Cette dame – une vedette de la mode nouillorquaise, me susurre-t-on - porte un très joli chapeau sorti tout droit de la poubelle du kebabier de Garges-lès-Gonesse. Avec une immense plume bleu - flashy.

 Il faut dire flashy, paraît-il, c’est très trendy. Vous ne pouvez pas comprendre, vous ne parlez pas le patois du septième arrondissement…

Des mannequins qui semblent terriblement s’emmerder dans la vie déambulent comme des somnambules, vacillant sur les tiges de bambous qui leur font office de gambettes, ces tiges étant fichées dans des « stiletto » (stiletti ?) himalayesques. Ces zombies femelles sont accompagnées par des gardes de leurs corps portant lunettes de soleil griffées et tenues de camouflages dans les dégradés de rose. A faire mourir toute une armée. De rire.

Des vociférations s'élèvent. Les photographes se précipitent dans leur direction. Suivis par les porteurs de caméras. Suivis par les porteurs de micros. Suivis par les porteurs de matraques qui sifflent comme des damnés. L'objet de l'émeute? Un groupe de jeunes gars qui s'apergent d'alcool en gueulant: "Bernard Arnault, viens nous servir à boaaaaaaaaareu!" Mais le patron de LVMH et propriétaire de Dior n'a pas jugé opportun de se pointer au défilé. Les flics secouent un peu les loustics qui glapissent: "Eh mais c'est une farce, m'enfin!" La tension baisse: "Il paraît que c'est le groupe Action Discrète qui prépare une émission de Canal Plus", informe un photographe à l'intention de ses copains.

Et voilà, le plus beau, Igor. Le Plouc vous l’a pris en photo. Il vient de fêter ses 21 ans, Igor.  Et brandit en l’honneur de Igor.jpgGalliano une pancarte enluminée de mimosa portant : « The King is gone ». Il s’entoure d’une cape en laine de mouton qui en est tout retourné et d’une tunique, en son genre, en peau de vache. « La peau de vache, c’est une allusion à Dior qui a lourdé Galliano ? » fait Le Plouc. Igor se marre : « Pfff, elle est bonne celle-là. J’y avais pas pensé. » Courte, la tunique. Elle permet ainsi à Igor d’exhiber ses cuisses et ses mollets poilus qui mettent en valeur sa paire de godasses en peau de fauve synthétique avec pour hauts talons, des cornes de gazelles. Le truc tout en nuances, quoi!

Conclusion : Les gorilles ont bien fait de jeter Le Plouc. Le défilé dans la rue s’est révélé nettement plus drôle que le vrai.

 

Jean-Noël Cuénod

 

00:35 | Lien permanent | Commentaires (30) | Tags : galliano, dior, haute couture, mode | |  Facebook | | |