17/04/2014

Madame Jésus Christ a-t-elle existé ? La belle affaire !(Les Jeudis du Plouc avec vidéo)

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Dès qu’il s’agit de revêtir le Christ avec les oripeaux de l’actualité, la planète Média se met à tourner encore plus vite. La récente publication d’une découverte a jeté les Saintes Huiles sur un sacré feu. Le fragment d’un papyrus datant du IVe siècle –rédigé en copte et découvert en Egypte ou en Syrie – révèle la mention suivante: «Jésus leur a dit, ma femme…» 

Faux forgé par une main sataniquement habile? Document authentique remettant la femme au milieu de l’Eglise? Les historiens se battent comme des diables dans un bénitier. Les prélats se voilent la face devant ce sein peut-être saint qu’ils ne sauraient voir.

 

La belle affaire! Que Jésus soit ou non marié, qu’il ait connu bibliquement ou non Marie Madeleine, voilà qui ne relève que de l’anecdote. En quoi cela change-t-il le message fondamental du Christ qui a traversé les déserts, les océans, les plaines, les montagnes ainsi que les siècles? Ce message est inscrit dans la célébration de Pâques: Dieu –  l’Etre des Etres ou quel que soit le nom dont on l’affuble – s’est incarné, a subi les violences que l’humanité s’inflige à elle-même, et fait l’expérience de la mort pour en triompher. Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu, disait Saint Irénée (IIe siècle). En d’autres termes, le Christ a montré la voie pour arracher les chaînes qui attachent l’humain à son angoisse de mourir. Il n’est pas de plus grande liberté.

 

Les institutions, sous leurs diverses formes, n’ont eu de cesse d’enfermer Jésus Christ dans des normes et des rôles: est-il Dieu ou homme? Est-il Dieu et homme ? Est-il Dieu hominisé? Dieu humanisé? Mais le Christ n’a que faire de nos catégories carcérales. Il est libre. Il est même la Liberté. Celle qui triomphe de tout, de l’injustice et des bourreaux, de l’oppression et des tombeaux. Aucune Eglise, aucun Etat, aucune organisation ne saurait l’enfermer car le Christ est toujours là où on ne l’attend pas. On le croit au ciel? Il partage le quignon de pain du prisonnier. On le croit cloué à sa croix? Il vibre dans notre cœur.  On le croit en majesté? Il reçoit les crachats de la foule. On le croit à la droite de Dieu? Il se proclame Fils de l’Homme. On le croit particule ? Il est onde.

 

Alors qu’il soit ou non marié ne change rien au fait qu’à une époque où les femmes étaient méprisées, il a choisi l’une d’entre elle, Marie de Magdala, pour annoncer sa résurrection. C’est-à-dire la victoire définitive de la vie sur la mort.

 

Tout le reste n’est que vain babil.

 

A toutes et à tous, belles Pâques

 

Jean-Noël Cuénod


ESPACE VIDEO

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15/08/2010

Une sacrée Trinité : Dieu, Mitterrand et Brantôme

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Dieu existe, François Mitterrand l’a rencontré à Brantôme – l’un des plus somptueux villages de France en général et du Périgord Vert en particulier. Cette mention signée de la main de feu le président de la République l’atteste. Elle est tirée d’un Livre d’Or, celui du fort renommé restaurant brantômais Chabrol.  Mitterrand l’a griffée le 15 septembre 1938 à la suite d’un repas sans doute émouvant qui l’a incliné à rendre au Dispensateur des biens de ce monde – dont le foie gras façon Chabrol fait partie intégrante – l’hommage de ses papilles gustatives.


A cette époque, Mitterrand va fêter ses vingt-deux ans. Quelques mois auparavant, il a décroché trois diplômes universitaires : lettres, droit public et sciences politiques. Durant ses études à Paris, ce catholique charentais a été hébergé au foyer des Pères Maristes, rue de Vaugirard, et baignait dans un bain aussi apostolique que romain. Cela dit, dans cet hommage à Brantôme, il fait allusion « à la neuvième preuve de l’existence de Dieu ». Or, à notre humble connaissance, dans sa « Somme Théologique », le docteur de l’Eglise catholique Thomas d’Aquin (1224 ?-1274) fait allusion à cinq preuves. Où Mitterrand a-t-il pêché les trois autres ? Dans la Dronne qui borde Brantôme ? Dans un verre de Monbazillac qui lui a fait voir presque double ?


C’est un excellent journaliste et photographe périgordin, Arnaud Galy, qui a transmis au Plouc ce fac-similé. Et puisque l’on évoque ce confrère, relevons qu’il a publié chez Geste Editions un superbe ouvrage « 365 jours en Périgord ». A chaque journée, correspondent une photo et un court texte qui détaillent un aspect de cet Eden du Sud-Ouest français. Les incomparables paysages des Périgord Vert, Noir, Blanc et Pourpre se déploient ainsi tout au long de l’année. Rappelons que ces couleurs se rapportent à la caractéristique de chacune des grandes régions de cette ancienne province qui épouse aujourd’hui les contours du Département de la Dordogne. Le Vert symbolise les forêts du nord, le Noir, vers Sarlat, une variété sombre de chênes amis des truffes, le Pourpre, les vignes près de Bergerac et le Blanc, le centre dont le sol est calcaire.


Nous avons choisi deux photos tirées de l’ouvrage d’Arnaud Galy. La première illustre le village de Brantôme, cher à Mitterrand et la seconde,périGaly2.jpg celui de Saint-Jean-de-Côle.


PériGaly1.jpgLe Plouc écrit ses lignes de son refuge périgordin, devant l’épaisse forêt du domaine de Beaurecueil et au-dessus de la Nizonne dans laquelle plongent des ragondins joueurs. Si Brantôme est la neuvième preuve de l’existence de Dieu, le Périgord Vert est bien la huitième merveille du monde.


Jean-Noël Cuénod

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