06/06/2012

François Hollande victime d'«élysopathie»?

François Hollande voulait être un «président normal». C'est raté. Un mois après son élection, le voilà rejeté hors du cercle de la normalité. Ce qui est normal, compte tenu de la lourde charge symbolique qui pèse sur les épaules d'un président de la République française.

 

 Lors de sa première intervention télévisée, mardi 29 mai, il aurait prononcé 108 fois les mots «je» et «moi, je», selon des journalistes. Un linguiste français, Jean Véronis, a dénombré 22 «je» pour mille mots. François Hollande dépasse même Nicolas Sarkozy (17 pour mille) et s'approche de Dieu - c'est-à-dire François Mitterrand -, le recordman absolu (24 pour mille).

 

Ainsi, la malédiction de l'Elysée a-t-elle frappé une fois de plus. Car le diagnostic est sans pitié: François Hollande présente les premiers symptômes d'«élysopathie». Ce mal se caractérise par sa progression foudroyante: les chevilles enflent, le crâne gonfle, la myopie politique se transforme au fil du quinquennat en cécité, et la surdité gagne chaque jour du terrain. Seul l'organe de la parole n'est pas affecté. Au contraire, il se déploie façon perroquet.

 

 

Sur le plan psychique, le malheureux patient est sujet à des hallucinations. Chaque fois qu'il se rase, l'«élysopathe» voit Napoléon surgir du miroir. Chaque fois qu'il contemple son nombril, l'univers le salue avec révérence.

 

 

A l'exception peut-être de Georges Pompidou, décédé trop tôt en fonction, tous les présidents de la Ve République furent atteints. Même le généralTN-3402-Photo-officielle-du-President-De-Gaulle.jpg de Gaulle, dont on aurait pu penser que la stature historique le mettrait à l'abri de cette affection. En raison d'une atteinte aiguë d «élysopathie», il n'avait rien vu venir en Mai-68. (photo: élysopathe historique)

IM-3405-Photo-officielle-du-President-Giscard-D-Estaing.jpg Passons sur Giscard, dont l'«élysopathie» brillait comme sa calvitie sous le grand lustre du palais présidentiel. (photo: élysopathe luminescent)

 

Mitterrand fut un «élysopathe» assumé, tellement soucieux de prolonger les délices du pouvoir qu'il a cultivé le non-agir propre à la sagesse chinoise.TN-3403-Photo-officielle-du-President-Mitterrand.jpg (Photo: élysopathe mandarin)

Grand connaisseur de l'Asie, Chirac, «élysopathe» glouton, l'a suivi sur cette voie qui concilie Tao et tête de veau sauce gribiche. (photo: gastro-élysopathe )

 

IM-3401-Photo-officielle-du-President-Chirac.jpgA contrario, Nicolas Sarkozy a développé une «élysopathie» énervée. Mais énervante aussi. Lassés, les Français lui ont prescrit un arrêt de travail prolongé. (photoIM-3400-Photo-officielle-du-President-Sarkozy.jpg: élysopathe hystérique)

 

 

François Hollande (photo: élysopathe pluriel) n'a donc pu éviter de contracter ce virus, malgré les précautions prises,  tels voyages en train et en voiture, sans recours à la flotte aérienne. Mais ces mesures prophylactiques n'ont pas servi à endiguer la propagation des cellules malignes dites «moi-je» dans le nouvel organisme présidentiel.photo-officielle-hollande-bataillon-de-hollande.jpg

 

 

Il serait pourtant nécessaire que François Hollande trouve une potion magique pour terrasser ce mal. Car les temps ont changé. Le président annoncera bientôt de sévères mesures d'économie. Et celui qui s'est fait élire en se présentant comme un rassembleur devra réapprendre à dire «nous».

 

 

Jean-Noël Cuénod

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09/03/2011

Jacques Chirac échappe une fois de plus à la justice

Le Plouc avait commencé à vous entretenir du procès Chirac. Mais hier, hop, plus de procès! Voilà donc, destiné aux internautes, le papier paru ce mercredi 9 mars dans la Tribune de Genève et 24 Heures. En fin d'article, vous pourrez voir et ouïr la vidéo du reportage de BFMTV sur cette étrange journée au Palais de Justice de Paris.

Jacques Chirac sera-t-il jugé un jour? On peut en douter. mardi, le juge Dominique Pauthe, qui dirige la XIe Chambre correctionnelle de Paris, a annoncé qu’il reportait le procès de l’ancien président de la République.

Il a bien avancé une date de reprise, le 20   juin prochain, mais il ne s’agit que d’une audience de fixation du calendrier des débats. Or, les avocats de Chirac et des coaccusés – ses amis politiques en grande partie – ont d’ores et déjà brandi des agendas dont la plénitude contraste avec la vacuité du casier judiciaire de l’ex-chef de l’Etat. Aucun ne sera disponible à cette date, «hélas», ont-ils soupiré en chœur avec des mines de chattemites et une sincérité que chacun appréciera à sa juste mesure.

Le principal conseil de Chirac, Me Jean Veil — le fils de l’ancienne ministre Simone Veil —, a même déclaré au président Pauthe, soulevant des grondements réprobateurs dans la salle: «En juin, nous serons entrés en période électorale et il me semble inenvisageable d’examiner cette affaire dans un tel contexte. » Alors quand? Après les élections de 2012? Autant dire aux calendes grecques. L’ancien président aurait alors 80 ans.

«Ce n'est pas républicain, Monsieur!»

Et puis, Jacques Chirac n’est pas candidat, pourquoi le procès ne se poursuivrait-il pas en période électorale? «Ce ne serait pas républicain, Monsieur!» nous a rétorqué un avocat. Voilà qui clôt le débat.

Ce report du procès a pour origine la décision de la XIe Chambre correctionnelle de transmettre à la Cour de cassation la «question prioritaire de constitutionnalité» (QPC) déposée par Me Leborgne, avocat de Rémy Chardon, l’ancien directeur du cabinet de Chirac. Cette QPC ne concernait qu’un seul des deux volets du dossier des emplois fictifs de la mairie de Paris. Mais le président Pauthe a décidé avec ses assesseurs de ne pas disjoindre les deux causes et de reporter l’ensemble du dossier.

Souvent soupçonné

Accusé d’avoir fait rémunérer des permanents de son parti, le RPR, par la ville de Paris lorsqu’il en était le maire, Chirac bénéficie donc, une fois de plus, d’un répit. Suspecté dans de nombreuses affaires politico-judiciaires depuis une vingtaine d’années, il est toujours parvenu à éviter d’être jugé. Douze magistrats instructeurs ont enquêté à son propos mais leurs dossiers ont été étouffés par les habiles manœuvres procédurières de ses brillants avocats et aussi grâce à la mansuétude du Parquet (l’accusation) qui, en France, dépend hiérarchiquement du gouvernement.

De plus, pendant douze ans, Jacques Chirac a bénéficié de l’immunité présidentielle, ce qui a rallongé d’autant les procédures. Seules deux affaires d’emplois fictifs ont pu parvenir jusqu’à l’audience de jugement, les deux dont, justement, le procès vient d’être reporté.

Commentaire d’un de nos confrères parisiens à la sortie du Palais de Justice: «Voilà qui fera encore grimper Marine Le Pen dans les sondages.»

 

Jean-Noël Cuénod

Procès Chirac: Vidéo de BFMTV

09:11 | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : chirac, procès, emplois fictifs, vidéo | |  Facebook | | |

07/03/2011

En marge du procès Chirac : les « satellites allumés »

Nous réserverons à la partie « papier » de la Tribune de Genève et de 24 Heures, les aspects sérieux du procès de Jacques Chirac - accusé, lorsqu’il était maire de Paris, d’avoir rémunéré des permanents de son parti, le RPR, avec les sous de ses contribuables. Dans son blogue, Le Plouc s’intéressera aux « satellites allumés » qui tentent d’accrocher l’orbite de cette affaire.


Parmi les parties civiles – c’est-à-dire les personnes lésées – figurent des associations qui luttent contre la corruption ou défendent les citoyens. Mais deux particuliers très particuliers sont parvenus à se glisser sur ce banc. Pourquoi ne se constitueraient-ils pas parties civiles puisque ces deux « satellites allumés » sont contribuables de la Ville de Paris ? Et à ce titre, ils se déclarent lésés. Heureusement pour les nerfs du président Pauthe qui dirige les débats, les 2 211 295 autres Parisiens n’ont pas suivi cet exemple. La loi française se révèle fort laxiste en la matière. A peu près n’importe qui, disant n’importe quoi, pour aboutir n’importe où, peut se parer du titre de partie civile et participer au procès.


Visiblement, les deux zozos en question ne cherchent qu’une seule chose : disposer de leur quart d’heure de célébrité promis par Andy Warhol. Le spectacle qu’ils ont offert, lundi en ouverture du procès Chirac, relève donc du théâtre de l’absurde. Ainsi, ces énergumènes se sont-ils prononcés sur la « question prioritaire de constitutionnalité » posée par Me Leborgne, l’avocat de l’ancien directeur du cabinet de Jacques Chirac. Un sujet ardu et d’une rare technicité. Imaginez un quidam n’ayant jamais lu une partition de solfège de sa vie et encore moins touché un piano qui, soudain, veut interpréter une sonate d’Alban Berg. Et vous aurez une idée de la prestation de nos contribuables.


Mais les « satellites allumés » n’ont aucune peur du ridicule. Ils pérorent,  jacassent, cacardent et caquettent accrochés au micro, trop heureux de savourer ce moment où la France les regarde. Lassé, le président veut les interrompre. Les « satellites » clignotent de rage et hurlent à la censure. Deux gendarmes les saquent de la salle d’audience, au soulagement général. L’un d’entre eux se laisse tomber. Et les agents doivent se mettre à plusieurs pour le traîner à terre hors du prétoire.  Le spectacle est terminé. Mais les deux compères promettent de revenir.


 Le ridicule n’a jamais tué. Mais il peut nous faire mourir d’ennui.

 

Jean-Noël Cuénod

 

20:11 | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : chirac, procès, justice, politique | |  Facebook | | |

01/02/2011

La revanche de la tortue Bernadette sur le lièvre Chirac

Les ennuis judiciaires pleuvent sur un vieux monsieur de 78 ans, Jacques Chirac. Dans ces pénibles circonstances, Bernadette Chirac occupe chiracmetro.jpgdésormais le premier rôle, alors que sa vie durant elle a été tenue dans l’ombre par son mari, lièvre bondissant. Naguère encore, l'impétueux Chirac avait donné à sa femme un surnom à la mesure de son impatience, « la Tortue ». Eh bien, aujourd’hui la Tortue a rattrapé le Lièvre ! Contrairement à son léporidé lagomorphe un peu feignasse sur les bords, Jean de La Fontaine reste indépassable.

 Des rumeurs sur la santé de Chirac s’insinuent-elles dans les colonnes du Journal du Dimanche ? La Tortue sort aussitôt de sa carapace pour organiser la riposte. C’est elle qui mène à chef les plans de bataille médiatique avant le procès de Chirac en Correctionnelle. Et son mari, accablé par les ans et la perte déprimante du pouvoir, la suit avec une passivité toute nouvelle. Lui dit-elle de sortir dans la rue afin de se faire interviewer et montrer ainsi sa bonne mine devant les caméras ? Le lièvre perclus de rhumatisme s’exécute en grimaçant un sourire. Faut-il secouer les amis pour qu’ils se fendent de commentaires élogieux sur la santé chiraquienne ? C’est toujours la Tortue qui se démène.

Jadis, elle s’essoufflait à suivre son mari filant à grandes enjambées vers une journaliste blonde à complimenter, un fessier bovin à flatter, une main électrice à serrer, un pâté fermier à engloutir, un préfet fidèle à décorer, un verre de brouilly à descendre, un ambassadeur oriental à entortiller, un parlement grognon à enfumer. Aujourd’hui, la Tortue tient sa revanche.

Elle a beaucoup agacé – Le Canard Enchaîné lui avait donné comme sobriquet « Chichi Impératrice ». Son côté dame patronnesse agitant sesbernadetteChi.jpg pièces jaunes n’a pas fait oublier les fameux « frais de bouche » du couple Chirac qui ont coûté bonbon à la mairie de Paris. Même si la justice a donné son absolution.

Mais l’image de cette femme restée, vaille que vaille, à côté de son homme et le soutenant dans l’épreuve alors qu’il est affaibli inspire plus que le respect, une certaine affection. La Tortue est devenue Tigresse.


Jean-Noël Cuénod

13:48 | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : chirac, bernadette, rumeurs, santé | |  Facebook | | |