21/06/2010

L’équipe de France de foot fait le bonheur… du rugby !


4172671718-quick-annule-sa-campagne-publicitaire-avec-nicolas-anelka.jpgInsultes obscènes d’Anelka contre son entraîneur Domenech, reproduites dès lendemain dans L’Equipe, expulsion du fauteur de troubles, grève des Bleus qui, du haut de leur montagne d’argent, refusent de s’entraîner. Dans toute l’histoire de la Coupe du Monde de foot, jamais sélection nationale ne s’est montrée aussi lamentable. Et une chaîne de restauration rapide est en train d’enlever à la hâte ses affiches où Nicolas Anelka promeut  l’un de ses produits (photo).

 


Mais en France, ce comportement effarant ne fait pas que des malheureux. Les dirigeants de clubs de rugby se frottent les mains. Et c’est un footeux qui dresse ce constat : Lionel Charbonnier, l’ancien gardien remplaçant de l’équipe de France championne du monde en 1998 et… du Lausanne-Sport vers l’an 2000. Dans une interview au Midi Olympique   bihebdomadaire uniquement consacré au noble jeu rugbystique – Charbonnier confie :

 


Dans mon entourage proche, je connais beaucoup de gens qui retirent leurs enfants des clubs de football pour les inscrire dans les écoles de rugby. Je vois même aujourd’hui dans les cours d’école des gamins jouer au rugby. C’est symptomatique.

 


Il est vrai qu’au parc Montsouris à Paris, les ballons ovales font concurrence aux ballons ronds depuis plusieurs mois.


Certes, le rugby n’a pas encore détrôné le Roi des sports. La complexité de ses règles et sa diffusion limitée sur la planète restent de lourds handicaps. Mais il est en train d’amasser un sacré capital de sympathies en France. Tout d’abord, les familles peuvent assister à un match de rugby sans craindre de se faire occire par des houliganes marinés à la Heineken. Ensuite, les rugbymen n’ont pas cette arrogance bling-bling qui transforme les Bleus en têtes à claque. Compte tenu de la modicité de leurs primes, les sélectionnés du XV de France appartiennent encore au « monde des gens ». Enfin, le rugby, par ses caractéristiques de base, contraint ses adeptes à jouer collectivement : impossible de faire sa vedette en solitaire, sous peine d’être transformé en sole grillée.

 


Le rugby est le dernier grand sport collectif à se professionnaliser. Il garde donc encore – mais pour combien de temps ? – la fraîcheur propre aux amateurs. Cette mutation a donné des résultats : un jeu plus spectaculaire et des performances physiques plus impressionnantes qu’auparavant. Sur l’abdomen des rugbymen, les muscles en forme de tablettes de chocolat ont remplacé la bonne vieille ceinture de cassoulet.
Ce sport familial où les vertus d’effort et de solidarité sont encore pratiquées résistera-t-il à la cupidité fricarde qui a pourri le foot ? Gardons ChabalSébastien.JPGl’espoir. Mais les affiches de pub (photo) mettant en scène Sébastien Chabal le plus médiatique – et non pas le meilleur – rugbyman français font craindre le pire.

Jean-Noël Cuénod

16:46 | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : coupe du monde, football, rugby, anelka, chabal | |  Facebook | | |