26/07/2016

#SaintEtienneDuRouvray: l’Eglise en exemple

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L’un après l’autre, les islamoterroristes s’attaquent aux bastions symboliques de la France. Après la liberté d’expression, la présence juive, la fête parisienne, le 14-Juillet, c’est au tour de l’Eglise catholique d’être frappée. Mais quel contraste entre la calme tristesse des prêtres et l’affolement bavard des politiciens! (Illustration : Le Christ de Dali)

Ce n’est pas à Notre-Dame de Paris, ce n’est pas à Cracovie, où se rassemblent les jeunesses catholiques, que les deux islamoterroristes ont pris en otages des fidèles, égorgé le père Jacques Hamel et blessé grièvement l’un de ses paroissiens. C’est dans une modeste église en Normandie, lors de la messe du matin où une poignée de fidèles entourent affectueusement son vieux prêtre pour se souvenir du sacrifice de Jésus Christ. Les assassins de l’Etat islamique ont donc fait couler le sang sur ce coin de la France éternelle, celle de Péguy, de Francis Jammes, de Barrès et d’Aragon.

D’emblée, le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, a répliqué face à l’antagonisme religieux que l’Etat islamique veut instaurer sous nos latitudes, en formulant ses attentes vis-à-vis des musulmans: « Qu’ils ne vivent pas dans la peur et dans la honte, mais nous aident à bien comprendre que ces actes ne sont pas compatibles avec l’islam, en le disant et en le vivant. Aucun Dieu qui a créé la vie ne peut nous demander de nous entretuer. Nous voulons marcher ensemble dans la confiance et le respect, construire des projets communs» (La Croix).

Parer au danger d’un conflit entre chrétiens et musulmans en France et en Europe, telle est l’urgence. Les hommes d’Eglises l’ont compris et multiplient les discours et les actions pour éviter que notre société tombe dans ce gouffre sans fond. Malheureusement après l’attentat de Nice, la caste politique ne s’est pas hissée à cette hauteur. Elle a démontré son incapacité à saisir la gravité de l’enjeu en préférant manipuler ses pions sur le petit échiquier des primaires, avec échanges d’invectives et querelles pour gogos médiatiques. Que la France se déchire conformément à la volonté exprimée par l’Etat islamique, peu leur importe. Seul compte le positionnement en vue de la course à l’Elysée.

Mais qu’ils se taisent, ces bourrins pour écuries présidentielles! Qu’ils laissent monter à nous la voix de ceux qui n’ont rien à vendre et qui en appellent à l’amour au moment même où ils sont frappés dans leur chair!

Le combat qui nous est imposé est aussi, et même surtout, de nature spirituelle. Le danger est de voir la foi en l’Eternel travestie en marqueur communautaire, en une sorte de drapeau pour mener les nôtres contre les autres. Il appartient aux prêtres, aux pasteurs, aux rabbins, aux imams de faire digue à cette dérive mortifère. Et il appartient à chacun de nous de faire notre choix entre le chemin le plus facile, la haine, et le plus malaisé, l’amour. Nous sommes au croisement.

Jean-Noël Cuénod

VIDEO DU PERE JACQUES HAMEL (RTBF)

19:23 | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : islam, catholicisme, terrorisme, djihad | |  Facebook | | |

18/05/2013

La loi sur le mariage gay est validée: de quoi se mêle l'Eglise catholique?

La loi sur le mariage homosexuel est inscrite dans le droit. Elle a passé les filtres du parlement et du Conseil constitutionnel. Pourtant, par la voix du cardinal Barbarin  - archevêque de Lyon et à ce titre primat des Gaules -, l’Eglise dite catholique(1)  poursuit le combat: «Je pense que cette loi provoquera plus de trouble. Si elle passe, c’est évident que je continuerai ma mission», a-t-il déclaré vendredi devant les caméras d’Orange-Le Figaro (cf. l'intégralité de son intervention où il aborde d'autres sujets dans ESPACE VIDEO).

 

Que l’Eglise romaine fasse entendre sa voix pendant le débat qui a précédé l’adoption de ce texte, qu’elle organise des manifs à grande échelle pour s’y opposer, c’est dans l’ordre des choses démocratiques. Mais qu’elle maintienne ses consignes de bataille, alors que le mariage gay est devenu, en toute légalité, une loi de la République, cette Eglise sort de son rôle et dévoile ce qui constitue, de tout temps, sa véritable nature: une institution de domination qui prend en otage la sublime figure du Christ pour cacher ses desseins trop humains.

 

De quoi se mêle-t-elle, cette Eglise? La République ne cherche pas à lui imposer de consacrer religieusement une union entre personnes de même sexe. Si tel avait été le cas, l’institution aurait, à bon droit, protesté en brandissant la Loi de 1905 qui sépare en France Etat et religions. Maintenant que le «mariage pour tous» est devenu réalité juridique, qu’elle respecte, à son tour, cette séparation. On ne saurait s’en prévaloir lorsqu’elle nous arrange et en faire fi lorsqu’elle nous dérange.

 

En poursuivant son combat, que cherche-t-elle? A changer la loi? Tous ses recours sont épuisés. A entrer dans le jeu politique pour que, chassant la gauche du pouvoir, la droite abroge le mariage gay? Tout d’abord, il n’est guère probable qu’en cas d’alternance, la droite se lance dans une telle mesure qui tiendrait du casse-tête juridique. Ensuite, l’Eglise romaine ne pourrait plus prétendre se situer au-dessus de la mêlée. Elle y entrerait au beau milieu. Et foi d’ancien pilier de rugby, dans une mêlée, on prend beaucoup de coups! De ce mauvais combat, le catholicisme en sortirait encore plus cabossé qu’il ne l’est. 

 

Jean-Noël Cuénod

 

 

(1)    Selon l’étymologie grecque, «catholique» signifie «universel». Or, l’Eglise qui se prétend telle n’est qu’une branche, parmi d’autres, du christianisme, ni plus ni moins. Elle ne saurait donc prétendre à l’universalité. En tant que chrétien, je n’accepte pas qu’une institution qui doit plus à César qu’à Dieu veuille parler en mon nom.

 

ESPACE VIDEO

 

14:05 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : mariage pour tous, homosexualité, catholicisme | |  Facebook | | |