05/08/2011

Affaire Lagarde-Tapie: la France malade de son élite politique

Certes, les deux affaires sont de nature fort différente. Mais tout de même! Au nom de la France, Nicolas Sarkozy propulse Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fonds monétaire international (FMI). Patatras! Voilà DSK accusé de viol à New-York. Pour le remplacer, le président français parvient à persuader le FMI de nommer sa ministre Christine Lagarde. Caramba, encore raté! Depuis hier, elle est visée par une enquête pénale en «complicité de détournement de biens publics» et «de faux». L’Elysée prend soin de claironner que cette accusation n’empêchera pas la directrice du FMI de poursuivre ses activités.

Sur le plan technique, le pouvoir français a raison. Cette instruction ne remet pas en cause la présence de Mme Lagarde à la tête des finances mondiales. Sur le plan politique, il se moque du monde.

Si Christine Lagarde est mise en examen, comment peut-on soutenir que cette position lui permettra d’être au meilleur de sa forme pour venir au secours d’une économie mondiale qui menace d’exploser à tout moment? L’avocat de Christine Lagarde se veut rassurant: l’enquête durera longtemps avant d’aboutir à un résultat. C’est bien là le problème.

Au lieu de consacrer tout son temps et toute son énergie à piloter les finances de la planète, Mme Lagarde devra régulièrement se mobiliser pour assurer sa défense. Sa nomination à la direction du FMI a été conclue avec une insoutenable légèreté.

Cet épisode démontre aussi à quel point la France est malade de son élite politique. Entre affaires à connotation sexuelle et dossiers politico-financiers, nombre de ses responsables doivent répondre de leurs actes devant la justice. Ils se placent tous au bénéfice de la présomption d’innocence, oubliant que, selon l’adage romain, la femme de César doit être irréprochable.

 C’est encore plus vrai lorsque Mme César dirige les finances mondiales!

(Ce texte est paru en éditorial dans la Tribune de Genève de vendredi 5 août 2011 et en commentaire dans 24 Heures du même jour).

VIDEO

Le 10 mai 2011 au micro d'Europe 1, Bernard Tapie affirme qu'il n'est pas inquiet et l'ancien président de l'OM passe le ballon judiciaire à Christine Lagarde.

 

12:55 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : christine lagarde, bernard tapie, fmi, justice, vidéo | |  Facebook | | |