23/05/2018

Art – Le Plouc et un ami peintre primés !

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L’artiste Pierre Guerchet-Jeannin et Le Plouc (Jean-Noël Cuénod, auteur des textes) ont reçu le Prix du Jury 2018 au Salon « Sous Couverture » consacré aux éditions d’art. L’ouvrage primé est un livre-objet d’art intitulé « Car casse ou la mort dans l’âme ? » Le Plouc met en vente (240 euros) quelques exemplaires qui lui restent. Si vous êtes intéressés, vous pouvez lui adresser un courriel : jean-noel.cuenod@orange.fr.

Le Salon « Sous Couverture » s’est tenu du 28 avril au 6 mai derniers à Saint-Antonin-Noble-Val dans le Tarn-et-Garonne. Le prix a été obtenu à l’unanimité des jurés. A eux merci !

N’hésitez pas à faire un tour sur le site du peintre et graveur Pierre Guerchet-Jeannin

http://www.guerchet-jeannin.fret sur celui de son épouse, artiste elle aussi, http://www.guerchet-jeannin.fr

Présentation du livre-objet d’art  

"Car casse ou La mort dans l'âme ?"composé de 19 photos, d'une linogravurede Pierre Guerchet-Jeanninet des textes de Jean-Noël Cuénoda été tiré en offset/numériquesur les presses de l'imprimerie Advence à Paris, Francesur papiers Rives Tradition 250grchemise Keaycolour Bourgogne 300grRéalisation graphique Flavie Jeannin ; textes en caractères Haas helvética & Destroy.

Etui en acier oxydé, verni,avec la participation de Jean-Pierre Dall'Anese.

Tirage limité à 45 exemplaires numérotés de 1 à 45 (240 euros l’exemplaire)et 7 exemplaires hors-série, numérotés de I à VII.

Jean-Noël Cuénod

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19/12/2017

Poésie – TACHE DE SILENCE

 

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Juste un laps de poésie aujourd’hui. Le Plouc vient de pondre ça. Vous en faites des choux, des pâtés, des riens, de tout ce que vous voulez ou ne voulez pas.
Autre ponte: celui de son bouquin
"En Etat d'urgence" (Grand Prix de poésie des Jeux floraux du Béarn 2017) paru eux Editions de La Nouvelle Pléiade.

L’ouvrage est disponible à Genève :
Librairie Le Parnasse 6 rue de la Terrassière, 1207 Genève, Suisse
Et partout ailleurs sur le site de l’éditeur La Nouvelle Pléiade en cliquant sur ce lien :

http://www.psf-letrave.fr/ds/nos-editions/989/jean-noel-cuenod/ 

 

 

TACHE DE SILENCE

Tache de silence sur le pré

Le matin se tient aux aguets

Noisetiers, chênes, ruisseau, herbes

Forment un seul corps tout puissant

L’un après l’autre jouent ses organes

S’étirent ses muscles et sa peau

 

Bientôt ma chair en pourriture

Deviendra l’un de ses aliments

Et mon souffle rejoindra les vents

 

A quoi bon courir sus au coupable ?

Plutôt transmettre mon peu de vie

Elle est encore pailletée de feu

Elle ne brûle plus elle pénètre

Elle coulera dans d’autres veines

Sur le pré le silence s’est tu.

Jean-Noël Cuénod

 

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17/11/2017

Conte Délirant signé Le Plouc & Burlingue

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Grâce à l’excellent éditeur Alain Miquel, Le Plouc a rencontré un compagnon de délire, Burlingue, alias Xavier Bureau, un dessinateur qui allie poésie, cocasserie, folie et talent. Rien que ça. Il va exposer à Paris à La Galerie des Patriarches, (12 rue des Patriarches, Ve arrondissement) du 23 novembre au 20 janvier[1]. Le vernissage se déroulera mercredi qui vient, soit le 22 novembre. Si vous êtes l’Hexagonale Capitale, poussez vos pas jusque-là, vous ne le regretterez pas.

Ci-dessus, une gouache de Burlingue « Cavalcade » qui a inspiré au Plouc ce conte délirant.

CAVALCADE  

J’ai le mal de terre. Tous ces virages à tordre les boyaux du diable, ces épingles à cheveux qui vous défrisent, ces tournants qui vous tourneboulent. Il faut monter, que voulez-vous. Ne pas se contenter de la plaine pleine de vide. Là-haut, c’est mieux. C’est toujours mieux, là-haut. La vue y est dégagée. Mais dégagée pour aller où ? Hein ? Pour le savoir, il faut monter. Pas d’autre issue. Et on ne monte pas en ligne droite. Jamais. Impossible. Le plus novice des mulets le sait bien. Désignez-lui le sommet. Et il vous tracera le chemin. Mais en zigzag. La nausée, c’est le prix à payer pour s’extirper des émouvants marais mouvants du pays d’en-bas.

Un puissant parfum de patchouli me fout la gerbe. L’odeur jaillit de la terre comme un geyser odorant. D’étranges visions palpitent dans l’air épais transformé en vaste écran de cinéma.

Les femmes ? Où sont les femmes ? Je ne les vois pas ! Ah si, en voilà une, en tête du cortège, danseuse sur le cul d’un cheval de parade à la queue enrubannée. La belle – certes, je ne la vois pas bien mais elle ne peut être que belle, toutes les femmes sont belles quand elles dansent. Où en étais-je ? Elle me rend chèvre, cette Cavalcade... La belle, disais-je, brandit haut une ombrelle. Pour l’équilibre. Pas pour le soleil. Elle le précède, le soleil, tenu par un Africain en babouches, juste un peu plus loin. Les jambes nues de la danseuse forment un 4. Je me mettrai bien en 4 pour satisfaire ses 4 volontés aux 4 coins du monde. Elle est l’âme du corps animal. D’un coup d’ombrelle, elle ferait vaciller la planète. La force est dans la grâce, voyez-vous ? Non. Vous ne voyez rien. Bien sûr…

Et le grand crétin en habit d’aristo qui la suit peut bien faire le chef avec son tricorne vissé sur sa tête de piaf, ses gestes véhéments et son jarret tendu, il n’est qu’un pantin qui reste de bois. Le chef serait plutôt l’Indien, avec sa cascade de plumes, tirant sur sa pipe sous un dais pour envoyer des signaux de fumée à un mystérieux correspondant. Juché sur son rhinoféroce blindé, l’Indien n’a plus besoin d’être chef. Il a dompté le corps animal et sait que seule la danseuse dirige l’univers. Il lui reste les plumes, certes. Pour faire joli. Sans plus.

Le paon suit. Sternum faraud mais roue pliée. Pas même une roue de secours. Pas du tout une roue de secousse. Paon digne mais paon de peu.

 Et ce geyser de patchouli qui rejaillit encore plus fort… Si le ciel avait des aisselles, elles auraient cette odeur tenace, nauséeuse, capiteuse, stomacale. Fourrer son nez dans les aisselles du ciel… But de cette montée cavalcade ? En guise de touffes poilues, les nuages. Sous les nuages, la peau bleue souple comme la membrane d’un organe palpitant.

Avant de renifler, il faut monter, monter en serpentant. Nous sommes tous des boas. Nos langues bifides captent les molécules divines dans les jets de patchouli. Le film continue sur l’écran du parfum.

 Un Louis XIV se balance dans son carrosse décapotable. Son engeance sera décapitée. Il n’en perd pas la tête pour autant. Il faut bien une tête pour porter la perruque, non ? C’est la perruque qui fait le roi. Plus de tête, plus de perruque. Plus de perruque, plus de roi. C’est net, simple tranché. Louis XVI ne l’avait pas compris. Où avait-il la tête ?

Encore une femme, nous sommes sauvés ! Habillée comme une comtesse russe qui aurait pris le thé chez Tchekhov, elle conduit de son fessier magistral le dinosaure devenu doux comme un agnelet pour carte postale. Le monstre ne bouffe même pas l’agaçant roquet qui le devance. Castratrice, la comtesse russe ! Elles se sont fait la malle, les couilles du mâle. « Où est le mal ? » s’exclame la comtesse. « Il n’a même pas eu mal. Un petit couinement préhistorique et hop, les testicules ont rejoint l’espace quantique. Mon dino est désormais indéterminé. Mort et vivant à la fois. Ici et ailleurs en même temps. Un dino de Schrödinger » La comtesse russe a bien envie d’en faire de même avec Tchekhov qui a la chance d’être tout à fait mort.

 L’automobiliste en crayon à moteur négocie son virage. Mais vous connaissez les virages… Redoutables partenaires ! Le virage l’attend donc au tournant. Le juge, le jauge et ne laissera le crayonmobile poursuivre sa route que s’il signe un exploit. N’importe quel exploit.

Tiré par une jument noire qui se cabre, le carrosse vide ressemble à un corbillard qui aurait laissé partir son cercueil. A moins que la cavale n’ait pris le mort aux dents.

L’hyène cycliste est en position de sprinteuse. Et pourquoi n’y aurait-il pas d’hyène cycliste ? Nous avons bien eu jadis, au temps sartrien, une hyène dactylographe. Le vélo fait partie de l’hygiène des hyènes. Pourquoi tant d’hyènes dans le monde ? Ah ça, c’est une autre histoire… Ici, il n’y en a qu’une, qui cherche à dépasser tout le monde de façon subreptice. Une vraie hyène, quoi !

Entre l’hyène cycliste et le filiforme qui court en dansant, il paraît perdu, le mégacéphale sans cou, sans épaules dont les bras et les jambes surgissent de sa tronche inquiète. Il est dépassé par les événements et ça le rend morose. C’est dur de se voir dépassé par plus rapide que soi. Mais l’être par les événements, quel sort funeste ! Vous voilà seul, sans événements. Vous n’êtes même pas dans un désert. Car un désert, c’est encore un événement. Vous n’êtes même plus un événement pour vous-même. Vous flottez dans un vide indéfini, infini. Fini, vous êtes.

Chevauché par un autre Louis XIV emplumé, le coq géant caquette son agacement. Il s’en va piquer les minces fesses du filiforme, rien que pour passer sa colère d’être cornaqué par l’empanaché. Et puis, il ne peut pas y avoir deux Louis XIV. Cela ferait un Louis XXVIII. Et il n’y jamais eu de Louis XXVIII, relisez bien votre manuel d’histoire. Lorsque la cavalcade aura atteint ses sommets, il faudra couper la tête à ces deux Louis. Nous aurons ainsi un Louis 0. Et tout rentrera dans le désordre.

Soyons juste et impartial. L’ire du coq a peut-être une autre origine. Un ange à roulettes piloté par un diablotin souffle de la double trompe dans le cul du gallinacé agacé. Il y a de quoi mécontenter le plus placide des monarques de la basse-cour, non ? D’ailleurs, même ceux de la haute-cour détestent qu’un ange – même à roulettes, même conduit par un sous-diable – leur souffle de la double trompe au prose ; ça leur donne des vers.

Un souverain oriental portant barbe assyrienne, suivi de son esclave porteur d’ombre, traine toge et robe dans la poussière des chemins. Il s’en fiche. Ses esclaves feront la lessive. Un jour nous retournerons tous, esclaves et souverains, à la poussière originelle. En attendant, il y a ceux qui nettoient et ceux qui sont nettoyés. Nous ne sommes pas tous nés de la même poussière. Certaines sont plus légères que d’autres et lorsque le vent souffle, elles vont au ciel. L’égalité des poussières n’est pas encore à l’ordre du jour. Ni de la nuit.

 Le dinosaure qui suit le souverain oriental n’a pas de barbe, même assyrienne et arbore sur son dos saurien une crête de punk tout à fait démodée. Sait-il que depuis des lustres (en plastique, pas en cristal) les Sex Pistols ont débandé ? Mais non, il n’en sait rien, le dinosaure ! Vous avez vu l’étroitesse de son crâne ? Pas de quoi abriter des nichées de neurones.  Il n’est bon qu’à tirer la langue en même temps qu’un char portant un vase antique garni de fleurs du même âge et surmonté d’un dais dont les montants ne tiennent que par la force du Saint-Esprit. Il faut bien qu’il serve à quelque chose, le Saint-Esprit.

 Sain d’esprit, tel est Neptune chevauchant un paquebot. Pas que beau, le Neptune, bodybuildé, surtout. Sain de corps aussi. Les muscles roulent sous la peau comme des courants sous-marins. Dans cette chair abondante, des mystères aquatiques se meuvent avec force et délicatesse. De son trident, Neptune fera surgir des monstres marins lorsqu’avec la Cavalcade, il sera parvenu tout en haut, là où la mer et le ciel ne font plus qu’une même soupe d’âmes.

 Le fou mandoliniste, échappé sans doute d’un carnaval belge, danse les yeux fermés. Pourquoi belge ? N’avez-vous pas remarqué le lion flamand qui lui colle aux fesses d’un air narquois ?

Comme tous les fous – les vrais, pas ceux qui se prennent pour des rois – son troisième œil, bien ouvert, suffit à lui montrer le chemin. C’est le seul qui permet de voir l’invisible. Il est préférable de laisser les deux autres yeux dans leur nuit, lorsqu’on veut atteindre le sommet où tous les mondes se rejoignent. Nécessité de la cécité.

 Un chien ferme la marche, tête basse, à la recherche d’une odeur perdue. Et un dragon, queue entre les jambes, regarde en arrière la plaine qui s’éloigne et s’estompe dans la poussière du soleil. Il me contemple courant en vain derrière ce cortège. Et je reste seul, seul, seul dans une plaine sans parfum.

 Jean-Noël Cuénod

[1] La Galerie est ouverte du jeudi au samedi, tous les renseignements se trouvent sur le site www.galeriedespatriarches.fr ; adresse électronique : galeriedespatriarches@gmail.com.

 

 

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31/07/2016

A Mimos, la Compagnie Pyramid au sommet

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 Mimos, Festival international des arts du mime et du geste, s’est terminé samedi soir à Périgueux sur un spectacle enthousiasmant au Théâtre Odyssée. En présentant « Index », la Compagnie Pyramid a démontré à quel point le hip-hop est en passe de devenir la danse classique du XXIe siècle.

Fondée en Charente-Maritime, cette compagnie cherche à sortir des clichés qui réduisent le hip-hop en simple composante chorégraphique de la culture rap.

Les puristes de la culture de rue hurleront à la trahison, démontrant ainsi que les plus rebelles d’apparence n’échappent pas toujours aux pesanteurs du conservatisme. Eh oui, on peut être enfermé dans la rue ! Et parfois, il faut chercher à en sortir.

Tout mouvement artistique d’importance connaît cette évolution : transgression, extension de la transgression et classicisme, lorsque les normes sont fixées. On peut protester contre cette «récupération» par le système culturel majoritaire. C’est aussi attendrissant qu’inutile, comme la nostalgie des lampes à huile et de la marine à voile, pour reprendre l’expression du général de Gaulle.

Il est préférable de choisir un autre pari qui est celui de conserver les éléments de transgression dans une œuvre devenue un classique. Molière a été «récupéré» depuis belles lurettes mais, mises en scène correctement, ses œuvres demeurent subversives. C’est donc ce défi, celui de conserver au hip-hop son cœur subversif sous un corps classique, que la Compagnie Pyramid a relevé.

Avec « Index », Pyramid a poussé la provocation fort loin, puisqu’il s’agit de jouer avec des livres et des bibliothèques, symboles de cette culture élitaire honnie par la culture rap. Ils vont se faire encore des amis chez les « rapeurs », les gars de Pyramid ! Provocation aussi vis-à-vis des tenants de la culture dominante pour lesquels les bouquins sont objets de vénération. Pensez donc, des livres qui explosent, qui brûlent, qui se lancent, qui se mangent, qui se lèchent, des livres-jeux, des livres-danse, des livres-passions… Mais quelle horreur, quelle indécence !

Pourtant, la Compagnie Pyramid, grâce à « Index », a rendu à l’écrit le plus beaux des hommages en mouvement. Le public de l’Odyssée – salle comble – l’a bien compris en offrant aux danseurs une ovation debout fort méritée.

Danseurs : Youssef bel Baraka, Mustapha Ridaoui, Rudy Torres, Tony Baron. Chorégraphie de Youssef bel Baraka, Mustapha Ridaoui, Jamel Feraouch.

Cinq jours sous haute surveillance

Pendant cinq jours, 29 compagnies françaises ont participé à Mimos, plus une vingtaine au off. Les représentations se sont succédées chaque jour, de 11 à 23 heures dans les rues de Périgueux, au sein des théâtres et autres lieux. D’après les organisateurs, les spectateurs sont restés fidèles à ce Festival, malgré les attentats. Et malgré les mesures de sécurité prises pour filtrer le public, avec tireurs d’élite sur le toit du Théâtre de l’Odyssée et infirmerie de campagne dans le hall d’entrée.

Le terrorisme ambiant a rendu nécessaires ces dispositifs. Cela dit, il est tout de même étonnant de constater que les filtrages sur l’esplanade Robert-Badinter n’ont été organisés qu’au moment des spectacles, alors que ce vaste espace situé devant l’Odyssée était laissé libre le reste du temps. Les spectateurs ont ainsi dû passer au moins deux points de contrôle avant de gagner le théâtre, mais un terroriste aurait fort bien pu s’y rendre sans grande difficulté en dehors des heures de spectacles.

Il faudra désormais vivre avec ce genre de situation. Puisse l’art du mime qui surmonte toutes les frontières, celles des pays et celles des langues, ne pas en pâtir.

Jean-Noël Cuénod

22:46 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mime, art, sécurité | |  Facebook | | |

30/09/2011

La France rurale n’est plus ce qu’elle était

La perte par la droite française de «son» Sénat ne se limite pas à un coup de Trafalgar électoral. Il s’agit d’une vague de fond qui vient de loin. Elle traduit les profonds changements de cette France rurale que l’on croyait immuable, malgré les bouleversements subis par le monde agricole au XXe siècle. Au-delà des divisions au sein du camp sarkozyste qui ont facilité la tâche de la gauche, le vote de dimanche illustre la rébellion couvant dans les bourgs et villages depuis plusieurs années.

Au printemps 2008, un an après l’accession de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, la grogne commençait déjà à se faire entendre dans son propre camp. Pendant la campagne municipale, j’avais interviewé Pierre Giry, le maire de Nontron, sous-préfecture de la Dordogne. Malgré son appartenance au parti sarkozyste UMP, il laissait exploser sa colère à la suite de la suppression du tribunal de sa petite ville: «A aucun moment, la mairie n’a été consultée. Tout ça s’est fait dans notre dos!» Il récusait déjà l’étiquette de sarkoyzste: «Je suis gaulliste, un point c’est tout.»

Ce qui s’est produit à Nontron a été répété ailleurs. Même centralisme arrogant. Même autoritarisme méprisant. Que l’on soit ou non membre de l’UMP ne change rien à l’affaire, tant qu’on n’est pas dans les petits papiers du président. Des petits papiers que l’on prépare lors des cocktails à Neuilly mais non pas au cours des vins d’honneur d’une sous-préfecture périgordine.

Trois ans et demi plus tard, ces modestes élus de la France terrienne – qui forment la majorité des grands électeurs du Sénat – se sont vengés dans l’isoloir. Quitte à voter pour l’adversaire socialiste.

Sur le plan sociologique, les élus ruraux ont suivi les changements opérés dans la campagne française avec l’apparition des «rurbains» ou des «néoruraux», ces citadins qui ont décidé de s’établir au bon air ou, souvent, de revenir dans leur village d’origine. Il faut y voir, entre autres causes, l’«effet TGV», qui a raccourci considérablement les distances entre Paris et la province, et le télétravail. Aujourd’hui, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques, les agriculteurs représentent moins de 8% de la population rurale.

L’élu du village est donc souvent un cadre, un ouvrier, un employé, un instituteur à la retraite ou en activité. Son comportement électoral se distingue de moins en moins de celui des citoyens vivant dans les grandes villes. «Acquis traditionnellement à la droite, le vote rural est devenu de moins en moins automatique au contact d’une population venue des villes, investie dans le milieu associatif plus favorable à la gauche», relève dans son blogue Eric de la Chesnais, journaliste au Figaro (voici le lien)
A cela s’ajoutent les nouveaux moyens de communication qui intensifient les échanges entre villes et campagnes. La France rurale n’est plus ce qu’elle était. Nicolas Sarkozy est en train de l’apprendre à son détriment.

 

Jean-Noël Cuénod

Et si vous venez à Paris ce week-end, montez donc à la Butte-aux-Cailles, charmant village du XIIIe arrondissement qui abrite de nombreux artistes. Ils y ouvrent leur atelier samedi et dimanche. En vedette, la magnifique peintre et sculptrice Mireille Bailly-Coulange dont voici l'invitation.

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19/08/2011

METHODE

                                                                                         

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 (Photo: Gilbert Jullien)

                                                                                           METHODE


                                                                                  Se fondre dans la poitrine
                                                                                  De la forêt

                                                                                  Se concilier la grâce
                                                                                  Des ronciers

                                                                                  S’humilier sous la poigne
                                                                                  Des falaises

                                                                                 S’endormir au flanc du roc
                                                                                 Puis au réveil
                                                                                 Se fendre pour retrouver l’Un.

                                                                                  Jean-Noël Cuénod

Le Plouc a publié un bouquin de poésie, « Circonstances ». Il est disponible aux
Editions Samizdat
Denise Mützenberg
8 chemin François-Lehmann - 1218 Grand-Saconnex
Tél. 022 734 05 92 Etranger : 00 41 22 734 05 92
sampoesie@gmail.com
http://www.editionsamizdat.ch

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05/02/2011

Bernard Thomas-Roudeix ou les troublantes merveilles de l’art défiguratif

BernardThomaRoudeixdegout.jpgSi votre TGV vous lâche à Paris, ne ratez pas l’exposition d’un artiste qui va au bout de nos rêves, le peintre sculpteur et céramiste Bernard Thomas-Roudeix. Elle se déroule à Sèvres, tout près de Paris dans un lieu nommé SEL (Sèvres-Espace-Loisirs). Ce qui convient fort bien à Thomas-Roudeix, l’homme et son œuvre n’ayant rien de fade. Elle se terminera le 6 mars.

Il est toujours un peu ridicule – et agaçant pour celui qui en est victime – d’enfermer un artiste dans une catégorie. Figuratif ? Abstrait ? Bernard Thomas-Roudeix n’est ni l’un, ni l’autre. Disons que son art est défiguratif. La figure humaine ou animale est déconstruite pour se reconstruire en révélant l’enfant tapi dans l’ombre de celle ou celui qui regarde la sculpture. (illustration de droite, "Le Dégoût" de Bernard Thomas-Roudeix)

 

Une œuvre de Thomas-Roudeix, c’est la vague de l’inconscient qui laisse sur la plage de la conscience des bribes de trésors dérobés par des pirates, le rêve d’un gosse turbulent façonné par les mains les plus expertes qui soient. Le songe multicolore de l’un de ces sales gamins qui crient en pleine messe de couronnement que le roi est à poils et la reine itou. Thomas-Roudeix est un Mai-68 perpétuel. (illustration ci-dessous, "le Fumeur décomposé" de Bernard Thomas-Roudeix)

La force de cet artiste à l’anarchisme cruel et joyeux réside dans sa parfaite maîtrise technique acquise aux Beaux-Arts à Paris et peaufinée dans la restauration des monuments historiques. Il peut ainsi re-présenter ce qui, en d’autres mains, serait irreprésentable. Quel autre artiste est en mesure, comme lui, de sculpter de la fumée ?

Dans cette ère du « tout se vaut », comme le dit son ami et peintre Philippe Rillon,BernardThomasRoudeixfumeur-decompose.jpg où les kooneries et autres fabritudes nous les brisent menus, Bernard Thomas-Roudeix fait tache. Il rappelle, l’insolent, que l’art et la poésie dérivent tous deux du verbe « faire ». Il y a donc les faiseurs qui ne font que du vent et les poètes qui, en « faisant » vraiment, le sculptent.


Jean-Noël Cuénod

Sites à consulter

La Peau de l’Ours, mouvement d’artistes dont Bernard Thomas-Roudeix est membre:

 http://lapeaudelours.free.fr

Le blogue de Philippe Rillon : http://rillon.blog.lemonde.fr

 Celui de l’artiste : http://thomas-roudeix.com

Le site de l'expo: www.sel-sevres.prg

Pratique

Sèvres-Espace-Loisirs – SEL est situé 47 Grand-Rue à Sèvres dans les Hauts-de-Seine. Horaires – Lundi et mardi : de 14 h. à 21 h. ; mercredi : de 10 h. à 18 h. ; samedi et dimanche : de 16 h. 30 à 21 h. Téléphone : 00 33 1 41 14 32 32. 

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