06/07/2015

Dirigeants de l’Europe, allez vous faire voir chez les Grecs !

 

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Ce n’est pas un camouflet que Bruxelles a reçu, c’est une claque des plus retentissantes. Les Grecs ont voté par référendum « non »  aux propositions des créanciers, alors que la gouvernance allemande de l’Union européenne a multiplié les menaces pour que triomphe le « oui ». Chantage à l’exclusion de la zone euro, voire de l’UE, menace d’assécher les banques, surtout, dénigrement du premier ministre Tsipras et son parti Syriza. Pendant des semaines, les dirigeants de l’Union européenne ont multiplié les confidences et les petites phrases pour caricaturer le chef du gouvernement grec en une sorte de clown incapable de suivre une ligne claire, un type dangereux avec lequel il n’était pas question de continuer à parler. Le « oui » des Grecs devaient donc débarrasser l’Europe de cet inapprivoisable animal politique.

  Le Fonds monétaire international et l’Europe allemande voulaient aussi bouter hors du gouvernement grec la gauche radicale,  afin d’imposer de nouvelles mesures d’austérité, sans renégocier la dette. Les dirigeants allemands avaient même ouvertement prévu l’installation d’un gouvernement de technocrates, Tsipras étant censé démissionner en cas de victoire du « oui ». Ah, le bonheur de traiter avec des technocrates, malléables à souhait, sourds aux cris du peuple, prêts à défendre les intérêts du système financier comme de braves petits soldats de la cause comptable !

 Mais c’est le « non » qui a déferlé dans les urnes grecques. Un « non » qui sonne comme un « oui »  franc et massif à la politique suivie par Tsipras.

 Les Grecs ont subi huit plans d’austérité en échange des programmes d’aide internationale depuis 2009. Résultat : la dette grecque n’a fait que croître. De plus, les efforts consentis par le peuple hellène ne servent qu’à rembourser les banques, sans faire avancer le pays. Et c’est cette méthode désastreuse que les créanciers ont proposée aux Grecs. Ils avaient parié sur leur peur de l’inconnu et d’être expulsés de la zone euro pour les inciter à voter « oui ». Tsipras n’est donc pas le seul à jouer au poker dans cette histoire. Mais lui au moins, il gagne !

 L’Epicière berlinoise, son commis Schäuble, l’Ectoplasme de l’Elysée et les gnomes de Bruxelles ont démontré qu’arrogance et incompétence peuvent rimer. Rime pauvre sur le plan politique, misérable même. Si nous vivions dans un système européen un tant soit peu démocratique, ces piètres négociateurs devraient être prier d’aller se faire voir, par exemple, chez les Grecs. Mais voilà, les mêmes dirigeants  qui ont si mal mené la barque européenne – et qui n’ont fait preuve d’aucune imagination créatrice pour sortir de l’imbroglio de la dette grecque – seront dès demain aux commandes. Dès lors, l’espoir de trouver une solution intelligente paraît aussi mince qu’un mannequin de chez Lagerfeld.

Des solutions intéressantes existent pourtant,  comme la proposition de transformer la dette en certificats d’investissement. Cela aurait pour avantage de ne pas effacer la dette tout en permettant le démarrage de l’économie grecque. Elle est formulée par les Français Gabriel Colletis, Jean-Philippe Robé et Robert Salais, deux économistes et un avocat. On peut lire cette proposition en cliquant sur ce lien :

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/annuler-une-par...

 Quant aux Grecs, ils ne sont pas sortis de l’auberge. Il leur reste à construire non seulement une économie, mais un Etat digne de ce nom.

 

Jean-Noël Cuénod

Le livre de poésie ENTRAILLES CELESTES vient de sortir chez Edilivre à Paris sous la plume de Jean-Noël CUÉNOD. Il est préfacé et illustré par le peintre, sculpteur et céramiste Bernard THOMAS-ROUDEIX.

Il est disponible sur le site de l’éditeur :

http://www.edilivre.com/entrailles-celestes-20bca8a41a.ht...

 

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