30/07/2017

Mimos (3):la voie des sans-voix

 

THOMAS MONCKTON-Only Bones � Gemma Tweedie_03.jpg

Mimos, le Festival international du mime et du geste, a remisé ses costumes samedi soir. Durant cette semaine quelque 82 000 spectateurs ont ri, pleuré, rêvé au cours des 24 spectacles offerts par le «in» et les 124 proposés par le «off» dans de nombreux espaces publics de Périgueux. Cette fréquentation est semblable à celle constatée l’an passé. Le succès de ce Festival ne se dément pas.

Pourtant, le mime reste le petit poucet que les Hautes Instances de la Culture contemplent d’un œil indifférent du sommet de leurs majuscules. Elles n’accordent à cet art sublime qu’une aumône distraite. Il est vrai que le mime, par son authenticité et sa prise directe sur le public, paraît bien éloigné de la «sphère Bling-Bling» au sein de laquelle évoluent lesdites Instances. Ainsi, Mimos ­–plus grand festival du mime d’Europe ­– doit se débrouiller avec un modeste budget de 425 000 euros. Les collectivités locales sont de plus en plus pressurées par l’Etat central qui – gâteau sur la cerise – tarit leurs ressources fiscales ; elles éprouvent donc des difficultés croissantes à aider un festival qui, pourtant, fait connaître Périgueux et la France dans le monde entier.

Le mime doit d’autant plus être soutenu qu’il permet des échanges culturels intenses sans qu’ils soient arrêtés par la barrières des langues. C’est un art de toutes les époques, franchissant tous les espaces. C’est la voie des sans-voix.

THOMAS MONCKTON-Only Bones © AurÈlia Tassafi_03.jpg

Mimos tombe sur un os. Et même plusieurs.

Dans ce troisième et dernier billet sur Mimos 2017 nous retiendrons deux prestations, celle du Néo-Zélandais de Finlande Thomas Monckton (Only Bones, photos Gemma Tweedie et Aurélie Tassafi)) et de la compagnie grenobloise Tout en vrac avec sa pétulante performeuse Noémie Ladouce (La Cuisinière).

Une scène d’un mètre carré, une lampe aux éclairages de couleurs. Et voilà l’univers de Thomas Monckton. On comprend rapidement le choix du titre – Only Bones – en voyant les doigts immenses du mime se mouvoir sous une lumière bleu-électrique comme s’il s’agissait de squelettes de poissons nageant dans des abysses impénétrables. Le corps n’est pas seulement un instrument, c’est un être en soi, qui n’est pas rattaché à Thomas Monckton mais qui vit sa propre existence, autonome. Il est tout ce que l’on veut animal, plante, jeu vidéo. Le son est aussi sollicité; la rencontre entre le bruit et le geste produit des effets hilarants. Le mime joue de façon fascinante sur la mobilité de ses traits et élève la grimace au rang des beaux-arts. On aimerait redevenir enfant pour grimacer avec lui. Mais voilà, il nous manque quelque chose pour remonter en enfance. Ce «quelque chose», Monkton le possède. C’est un artiste.

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Mimos : une Noémie pas si Ladouce que ça !

Elle en a de l’énergie, Noémie Ladouce ! (Photo Jean-Noël Cuénod) Et pas si douce que ça… Elle est La Cuisinière de la compagnie Tout en Vrac qui possède une technique de plateau et des artificiers de première force.  La scène évoque la molle ambiance de la fin des années 1950, lorsque la société consommation commençait à répandre ses gadgets crétins mais sans pour autant libérer la femme, contrairement à la «réclame» de feu Moulinex. La meilleure partie de l’humanité s’en trouvait donc doublement aliénée.

La Cuisinière tente de réaliser la recette qu’un transistor éructe entre deux publicités. Elle n’est pas douée mais pleine de bonne volonté. Ce mélange entre l’incompétence et la volonté, – même bonne, surtout bonne ­– développe une mécanique de la catastrophe tout à fait réjouissante. Entre les jets d’eau, les flammes, les pétards, c’est toute la cuisine qui s’effondre dans un éclat de rire général. Mais la Femme reprend le dessus. Jetée, la robe sage. Dénouée, le chignon gnian-gnian. Voici la vamp qui, cigarette au bec, défie le monde du haut des ruines de sa cuisine. Ouf, le désordre est rétabli !

Jean-Noël Cuénod  

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29/07/2017

Mimos (2): Baccalà…et le verbe se fait chair 

I

COMPAGNIA BACCALA_Pss Pss � Otto Moretti_01.jpg

ll y a tout juste un an, disparaissait le clown suisse Dimitri dans son canton d’origine, le Tessin. Lui qui a donné à son art une dimension poétique jamais été atteinte auparavant aurait été heureux de voir deux de ses anciens élèves – sa compatriote Camilla Pessi et le Sicilien Simone Fassari – recevoir une telle ovation debout, vendredi soir, au Festival Mimos à Périgueux.

Ce n’est certes pas la première fois que ces deux artistes de la compagnie suisse Baccalà reçoivent un tel accueil; ils «tournent» sur les cinq continents et douze prix ont couronné leur talent. Toutefois, l’ovation à l’Odyssée de Périgueux avait une saveur particulière puisqu’elle était déclenchée par les spectateurs qui suivent Mimos – dont la belle édition 2017 touche à sa fin – et, par conséquent, apprécient tout particulièrement le mime.

Le couple italo-suisse a fondé en 2004 la Compagnia Baccalà, en souvenir peut-être des origines de Simone, la «baccalà alla siciliana» étant le plat de morue iconique de son île. Depuis 2008, Camilla Pessi et Simone Fassari se sont adjoints les conseils du musicien-comédien Valerio Fassari, devenu leur régisseur. Pour le spectacle qu’ils ont présenté à Mimos cette année – Pss Pss – la mise en scène a été réglée par Louis Spagna.

Pss, pss, c’est l’onomatopée chuchotée pour attirer discrètement l’attention. C’est aussi l’invitation à participer au grand jeu de l’humanité, celui du couple: complicité, contradiction, bouderie, colère, bonheur, trahison, retrouvailles, pardons réciproques avec, parfois, la présence de tiers qui servent plus à souder le couple qu’à le détruire. Toute cette gamme sans fin, le duo la parcourt par bonds et gambades, sans parole mais avec des gestes tellement éloquents qu’ils en deviennent des mots bien plus originaux que ceux qui tapissent le bruit de fond quotidien. Avec Baccalà, le verbe se fait vraiment chair.

Rien n’est plus difficile que d’évoquer la tendresse, la pudeur, l’espièglerie, la douceur des sentiments tout en provoquant le rire. Pas le rire chichiteux qui n’agite que les culs de poule en forme de bouche. Non, le vrai rire désopilant. Le rire explosif de l’enfant.

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Dimitri (photo) savait, ô combien, réunir tous ces paramètres. Mieux : il a réussi à transmettre cette maîtrise. Camilla Pessi et Simone Fassari en apportent la démonstration. Le couple fait donc partie de ces nombreux artistes formés par la célèbre Scuola Teatro Dimitri que le grand clown a créée à Verscio en 1975 avec sa femme Gunda et qui a permis à la Suisse italophone de progresser en matière, non seulement de cirque, mais aussi de théâtre professionnel, tout en l’ouvrant sur le monde.

Réglée, la mise en scène, disions-nous. C’est l’épithète qui convient car les pas, les gestes, les mimiques, les hallucinantes acrobaties au trapèze s’enchaînent comme des rouages complexes dans le ventre d’une horloge. Pourtant, il n’y a rien de mécanique dans les échanges entre les deux mimes qui laissent toujours leur spectacle ouvert à la spontanéité. Une spectatrice rit-elle de façon inhabituelle? Un incident survient-il? Baccalà l’incorpore aussitôt dans le spectacle. Cette synergie entre improvisation et préparation méticuleuse donne à Pss, Pss une saveur incomparable.

Après de nombreux rappels et l’ovation debout, le public a lentement gagné la sortie, à regret, encore émerveillé. Dans les coulisses, on a cru entendre le rire de Dimitri.

Jean-Noël Cuénod

 Pour vous donner une petite idée, cette vidéo du spectacle Pss Pss

 

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26/07/2017

Mimos (1) : Josef Nadj en poète de l’Origine

ATELIER 3_1. Penzum � Pascal Seixas_03.jpg

Mimos, le Festival international des arts du mime et du geste à Périgueux, célèbre cette année son trente-cinquième anniversaire. Il a commencé hier et se terminera samedi. L’an passé, ce rendez-vous de la poésie en mouvement avait subi l’onde de choc des attentats. Cette année, le traumatisme est surmonté. Les barbes de sang n’empêcheront pas l’art libre de se déployer dans les cœurs, par les corps.

Une performance particulièrement impressionnante, celle du grand chorégraphe Josef Nadj et de sa complice sur scène, la contrebassiste Joëlle Léandre (hier et ce soir à 18 h. au Palace, Périgueux). Elle a pour titre Penzum (photo Pascal Seixas). Le visage dissimulé par une sorte de masque africain, revêtu d’une robe noire de tulle faisant apparaître son corps blanc et musclé, Nadj prend possession d’un grand écran de papier sur lequel il dessinera au moyen d’un morceau de charbon. A ses côtés, la contrebassiste arbore un masque en aluminium d’aspect féminin. Le reste de sa tenue est neutre. Mais c’est elle, avec son instrument utilisé en mélodie ou en percussion, qui va dicter sa loi au danseur. Présence d’autant plus oppressante qu’elle est discrète.

Josef Nadj va tracer sur le grand carré de papier un papillon géant et un animal rupestre. Entre les deux, le danseur tirera ensuite des séries de traits au gré de son improvisation dansée. Au gré aussi de son angoisse dont il essaye de se libérer.

Le propos de Josef Nadj est de rendre hommage au poète hongrois Jozsef Attila (1905-1937). Sa chorégraphie est inspirée par l’amour impossible du poète, atteint de schizophrénie, pour sa psychothérapeute Flora Kozmut. Celle-ci aurait prescrit à son patient de lui écrire des lettres, en guise de thérapie. Si l’amour de Joszef Attila fut vif, la thérapie épistolaire de sa Dame inaccessible n’a pas été couronnée de succès. Le poète s’est suicidé en se jetant sous un train, même si l’hypothèse d’un accident n’a jamais été abandonnée. L’année de sa mort – 1937 – il a dédié à Flora Kozmut un poème intitulé en magyar Megméressél ! (Remerciements !) En voici un extrait :

Elle, saveur de l’eau pure,
Elle qui rentre dans ma bouche,
Elle qui m’appelle à la maison,
Elle où dans ses yeux un poulain joue.

Comme dans toutes les œuvres d’art authentiques, on peut trouver dans Penzum de Josef Nadj bien d’autres significations que celles retenues par l’auteur. Cette performance musicale-chorégraphique-plastique évoque aussi l’origine des humains, la Grande Origine, l’époque mythique d’avant la différenciation des sexes, d’avant la séparation d’avec l’animal, lorsque l’homme-femme ne faisait qu’une âme-chair avec l’univers.

Afin de laisser tous ses effets à la surprise, nous ne dévoilerons pas la fin car ce spectacle tournera encore dans d’autres contrées. Elle est émouvante et sublime, cette fin. Disons que l’humain y apparaît dans toute sa splendeur animale.

Mimos : deux découvertes asiatiques au Off

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Mimos aussi à son Off. Mimes et danseurs investissent toute la ville de Périgueux pour présenter scénettes et spectacles de rue. Au gré des promenades, nous avons découvert deux jeunes artistes venus de l’Extrême-Orient, le Japonais Tsubasa Watanabe[1] et la Coréenne Sun-A Lee[2] (Photos:Jean-Noël Cuénod)

Avec la méticulosité d’un sumotori, Watanabe prépare l’espace avant d’entamer sa prestation intitulée Hidden Place : une corde formant cercle et au centre d’icelui, un rectangle créé par les deux baguettes et les deux fils qui feront danser le diabolo, accessoire ou plutôt partenaire du mime. La comparaison avec le sumo s’arrête là : Tsubasa Watanabe a la minceur souple et nerveuse d’une liane. Tout dans cette performance est légèreté. A l’intérieur du cercle tracé par l’artiste, l’air même perd son épaisseur. Tout y devient possible. Il vole, le diabolo et nous avec lui.

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La danseuse et chorégraphe coréenne Sun-A Lee, avec son solo Jayeon-E-Ro, parle la langue du corps pour s’insérer dans le décor naturel : buissons du parc, pièce d’eau, gazon. Iguane, truite, mouette, félin ? Sun-A Lee devient une espèce nouvelle qui ne se limite pas au règne animal. Nouvelle, l’espèce ? Ou alors tellement ancienne que nous en avons perdu la mémoire.

Le geste, c’est la parole des origines. Nous retombons sur nos pattes.

Jean-Noël Cuénod

 

[1] Aujourd’hui à 12h.30 Place André-Maurois (Périgueux) ; 15h. place de la Vertu et 16h. place de l’ancien Hôtel-de-Ville.

[2] Aujourd’hui à 13h. et à 16h.30 au Jardin du Musée Vesunna ; demain jeudi à 16h.30 et 19h. au Jardin des Arènes.

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09/06/2017

Trump l’éléphant fou dans le bazar oriental

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Au moment l’ancien directeur du FBI James Comey l’accuse, le président Trump continue à piétiner les porcelaines du bazar moyen-oriental et risque de faire sombrer tout l’Occident dans un conflit qui n’est pas le sien, à savoir la guerre intra-musulmane entre sunnisme et chiisme, forme contemporaine de l’antagonisme millénaire arabo-perse.(Dessin d'Acé)

Et rien à voir avec ce qui précède: Le Plouc a reçu le Grand Prix de Poésie à Pau.

L’éléphant fou échappé à grands barrissements de la Maison Blanche pèse désormais de tout son poids en faveur des sunnites menés par l’Arabie Saoudite, alors que l’affrontement entre les deux grandes confessions de l’islam a pris une ampleur nouvelle. Suspecté de se montrer trop accommodant avec les chiites Iraniens, le Qatar a été mis au ban des nations par les Emirats arabes unis, Bahreïn, l'Égypte et le Yémen à l’instigation du maître de la manœuvre, le régime saoudien. Le motif avancé par Ryad pour expliquer la quarantaine du Qatar – à savoir que cet émirat favoriserait le terrorisme – ne trompe personne.

Dans son sermon antiterroriste adressé au Qatar, l’Arabie Saoudite est aussi crédible qu’une mère maquerelle prêchant l’abstinence sexuelle à l’une de ses pensionnaires. C’est donc bien le rapprochement, fantasmé ou réel, du Qatar avec l’Iran chiite qui est en cause.

En outre, le terrorisme sunnite de l’Etat Islamique a frappé mercredi Téhéran au cœur même du pouvoir chiite, causant la mort de treize personnes. Comme si les terroristes de Daech voulaient donner un signal aux Saoudiens en leur rappelant qu’une cause sacrée les unissait : combattre le chiisme.

Obama avait rééquilibré la position des Etats-Unis vis-à-vis de l’Iran, sans pour autant abandonner les intérêts de son pays auprès des monarchies arabes. Trump a démoli ce savant équilibre en soutenant pleinement le régime saoudien au détriment de l’Iran. Certes, l’Arabie Saoudite a dû payer cet engagement au prix fort, en signant au bénéfice des Etats-Unis pour 380 milliards de dollars en contrats dont 110 milliards d’armement. Armement qui, d’ailleurs, risque un jour ou l’autre de servir contre le fidèle allié américain, Israël.

Le président américain a agité ces contrats en signe de victoire. Une victoire qui risque fort d’être de dupes. Car avec quel argent les Saoudiens vont-ils honorer ces mirifiques projets ? Le déficit saoudien a dépassé les 84 milliards de dollars et la dette publique du Royaume s’alourdit à la suite de l’effondrement constant des cours du pétrole et des campagnes militaires en Syrie et au Yémen. Comme l’on dit à Genève, « les promesses rendent joyeux les fous ». Surtout, les fols éléphants…

Le but que semble – la prudence est de mise – poursuivre Dingo Donald serait de susciter un changement de régime en Iran, en mettant la pression sur ce pays. Au moment où les Iraniens ont massivement réélu à la présidence de la République le modéré Hassan Rohani, dans l’espoir de renouer avec l’Occident, le Pachyderme n’a rien trouvé de mieux que de leur fermer la porte au nez, en soutenant Ryad contre Téhéran. Ce faisant, Washington a apporté aux ennemis de l’Occident, aux conservateurs iraniens et aux tyranniques gardiens de la Révolution un soutien inespéré. Si changement de régime il y avait en Iran, ce serait sans doute au détriment des partisans de l’ouverture à l’Occident. Bien joué, le Mammouth !

La mollarchie iranienne n’est pas plus sympathique que les monarchies arabes, loin de la là. Mais force est de constater que le terrorisme qui nous frappe reste le fait de pays ou de groupes qui se réclament du sunnisme. Pendant longtemps, les pétromonarchies ont financièrement soutenu nos plus implacables ennemis et ils continuent aujourd’hui à les nourrir de leur idéologie salafiste, antisémite, liberticide et antidémocratique.

Les démocraties occidentales n’ont donc aucun intérêt à intervenir dans le conflit entre sunnites et chiites, ni d’un côté ni de l’autre. Il n’y a, dans cette affaire, que des coups à prendre. Dans son Médecin malgé lui, Molière avait tout compris en s’exprimant par le truchement de Sganarelle:

Vous êtes un impertinent de vous ingérer dans les affaires d’autrui. Apprenez que Cicéron dit : Qu’entre l’arbre et l’écorce il ne faut pas mettre le doigt.  

Jean-Noël Cuénod

Le Plouc reçoit le Grand Prix de Poésie à Pau

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Le Grand Prix de Poésie des XXIIIème Jeux Floraux du Béarn a été attribué à Jean-Noël Cuénod –– autrement dit votre Plouc – samedi 3 juin 2017 pour son manuscrit encore inédit En Etat d’Urgence. Ce concours est placé sous l’égide du Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, de la Ville de Pau et la revue de poésie L’Etrave.

Outre la coupe remise audit Plouc par Jean Lacoste – adjoint à la culture du maire de Pau un certain François Bayrou – cette distinction permettra à ce manuscrit d’être édité par La Nouvelle Pléiade.

Moult mercis à la présidente des Jeux Floraux du Béarn, la poétesse Floriane Clery et à Vital Heurtebize, président de Poètes sans Frontières et président d’honneur de la Société des Poètes Français, inlassable et efficace militant de la cause poétique.

 

17:25 Publié dans Poésie L'Or du temps, Politique internationale | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : trump, islam, iran, arabie, terrorisme, poésie | |  Facebook | | |

23/05/2017

Les petits de Manchester

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Les petits de Manchester

 Etincelles la nuit au cœur

            

            Les petits de Manchester

            Les petits de Manchester

            Les petits de Manchester

 

Sont partis dans les gerbes d’étoiles

En emportant l’enfance éternelle

Nous voilà maintenant orphelins

De ces petits devenus immenses

Pour leur bourreau à jamais l’oubli

Pas même l’aumône de la haine

Jean-Noël Cuénod

17:42 Publié dans Poésie L'Or du temps | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : terrorisme, manchester | |  Facebook | | |

15/04/2017

8 BÉATITUDES pour PÂQUES 17 

Christ,lumière,mort,vie

Que vous possédiez ou non la foi, ne passez pas à côté de ce voyage, celui de Jésus le Christ ; c’est du vôtre qu’il s’agit. Injustice, injure, torture, trahison, abandon, angoisse, indifférence, mépris, mort… Autant d’étapes franchies par le Fils de l’Homme. Laissez dans l'ornière les églises et leurs dérives. Que vous guide le nombre 8.

A lire ci-dessous et/ou à ouïr ce fichier audio du poème dit par l'auteur

 
podcast

Et danse le Christ danse danse

Dense est la pluie sur nos cendres

Sombre haleine exhalée du sol

Soleil de sel chauffant l’humus

Humide des vieilles colères

Choléra serpent des ruines

Runes griffées sur les pierres

Pire menace à l’horizon

 

Et danse le Christ danse danse

Dense est la moiteur de la chair

Parchemin où la peur s’écrit

Cri surgit du cœur de la gorge

Forge des paroles de fer

Fertilité du champ des morts

« Morts ! Laissez les morts s’enterrer »

Terre Terre voici la vie !

 

Et danse le Christ danse danse

Dense est la vie au sein des morts

Meurt et revit dans le souffle

Souffre en creusant ton souterrain

Sous tes reins palpite le monde

Monde monstre qui fouille

Farfouille dans les coffres forts

L’or pour le transformer en clous

 

Et danse le Christ danse danse

Dense est la neuvième heure

Heurs malheurs bonheurs dans le neuf

Neuf où tout sera consommé

Consumé, ce présent vieux

Plus vieux que tous les passés

Trépassés aux mémoires vives

Rive où le futur n’a nul port

 

Et danse le Christ danse danse

Dense est le noyau du ciel

Scellé dans le centre du sol

Soleil noir des nuits sanguines

Sang même sang qui s’écoulait

Coulait de tes mains déjà mortes

Mordues par tous les clous du monde

Onde du sang ciel et sol

 

Et danse le Christ danse danse

Dense est le son au fond des âges

Sagesse sans fin ni lieu

Lien qui libère et relie

Relit les signes de ta main

Maintient cap de Bonne-Espérance

Errance pour mieux veiller

Réveiller la voix la voie

 

Et danse le Christ danse danse

Dense est le pain de nos sueurs

Sœurs d’eau de sel à fleur de peau

Pauvre et léger, le fils de l’Homme

Comme un parfum d’herbe brûlée

Braise en gerbe sur nos forêts

Furets porteurs de feu d’enfance

En tous sens perdus retrouvés

 

Et danse le Christ danse danse

Dense est le vin notre partage

Sage rage de ton Judas

Justice soit rendue au traître

Maître qui a rendu possible

L’impossible divinité

De l’humanité en dérive

Rêve désormais éveillé.

 

Jean-Noël Cuénod

15:53 Publié dans Poésie L'Or du temps | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : christ, mort, vie, humanité | |  Facebook | | |

06/04/2017

Afrique(s): Tchicaya U Tam’si, le poète du corps-monde

Afrique(s). Avec ce pluriel bien singulier, le Printemps des Poètes 2017 – qui s’est terminé le 19 mars à Paris – a fait d’une pierre multiples coups. Il a mis en lumière les poésies africaines qui nourrissent de sève lumineuse le verbe de la Francité, notion qui déborde largement de l’Hexagone. La mentalité coloniale encrassant encore bien des discours, ce continent est trop souvent perçu comme un seul bloc que l’on peut déplacer ici ou là au gré de ses préjugés. De triste mémoire, le sarkozien Discours de Dakar fut l’illustration de cette arrogance paradant sur la bourrique de l’ignorance. Or, les Afriques foisonnent, fourmillent, irriguent le monde de tous leurs sangs multicolores.

Ce Printemps des Poètes a rendu un hommage particulier aux deux grandes figures des poésies africaines, Léopold Sédar Senghor et Tchicaya U Tam’si. Si l’un est resté célèbre, l’autre est aujourd’hui oublié en Europe. Il était donc temps de remettre au soleil les textes de ce poète du corps-monde.

De son prénom officiel Gérald-Félix, Tchicaya est né en 1931 à Mpili dans le Congo alors français. Son père, Jean-Félix est un homme politique de premier plan, instituteur et sous-officier de la France Libre durant la Seconde Guerre mondiale. Elu député à l’Assemblée constituante en 1945, le père du poète restera membre du parlement français jusqu’en 1958.

 Un père impressionnant mais très encombrant qui arrache son fils de la chaleur maternelle pour l’envoyer « se faire éduquer » en métropole. Il sera magistrat et tiendra un rôle éminent dans le Congo indépendant qui se dessine. Mais Gérald-Félix ne l’entend pas de cette oreille. Ni d’une autre d’ailleurs… Il quitte le lycée à 17 ans, juste avant de passer son bac, pour vivre de poésie et survivre de petits métiers en France. L’exemple de Rimbaud souffle partout et frappe quiconque à une âme pour le suivre.

De cette enfance contrariée, mais solidement instruite, Tchicaya fils restera marqué par une autre épreuve : une malformation du pied gauche qui l’a fait souffrir, l’empêchant de partager les jeux de ses copains.

La petite feuille qui parle pour son Afrique

Son premier recueil Le Mauvais sang paraît en 1955 aux Editions Caractères à Paris et sera salué par Léopold Sédar Senghor. En 1957, le jeune poète prend pour nom Tchicaya U Tam’si (qui signifie en langue bantoue « petite feuille qui parle pour son pays. ») et retourne dans son pays d’origine qui vit, comme ses voisins, les convulsions des indépendances. Il sera la plume de Patrice Lumumba, le leader des indépendantistes du Congo ex-Belge. Après l’assassinat de Lumumba dans d’horribles conditions, Tchicaya U Tam’si regagne la France et occupera plusieurs postes au siège parisien de l’UNESCO. Il peut ainsi vivre et écrire en toute indépendance, non sans éprouver cette déchirure dont souffrent tant d’auteurs africains : ils chantent leurs pays mais c’est en Europe que se trouvent la plupart de leurs lecteurs. Le 22 avril 1988, Tchicaya U Tam’si meurt à 56 ans, à Bazancourt, dans l’Oise, bien loin de ses terres.

En novembre dernier, L’Harmattan a pris l’excellente initiative de rééditer en un seul volume, trois œuvres poétiques majeures : Le Mauvais sang, Feu de Brousse et A Triche-cœur.

Dans son premier recueil (Le Mauvais sang), Tchicaya U Tam’si reste encore dans le jardin des rimes classiques françaises mais avec des ruptures dans la métrique. Il y pousse d’étranges lianes dans ce jardin, des lianes au sève de sang, de mauvais sang :

Pousse ta chanson – Mauvais sang – comment vivre

l’ordure à fleur de l’âme, être à chair de regret

l’atrocité du sang fleur d’étoile, nargué

Des serpents dans la nuit sifflaient comme des cuivres.

 

Dans ce recueil écrit en métropole, la pluie intervient souvent, comme des larmes venues du froid et qui coulent sur un pays maternel, solaire et lointain. Une pluie qui fait ce bruit de gouttes d’eau sur une plaque chaude :

Seul j’écoute, je doute, il pleut et c’est certain

Comme seul l’oiseau au plus fort des tragédies,

je chante pour n’être pas vaincu à la fin.

 

Le poète chante dru. C’est le vrai, dans toutes ses dimensions, qu’il étreint. Le cœur est aussi un viscère, non ? Dans ce quatrain, Tchicaya se rappelle aussi son infirmité à la jambe gauche :

Ils ne conviendront pas qu’enfant, j’eus les boyaux

durs comme fer et la jambe raide et clopant

j’allais terrible et noir et fièvre dans le vent

L’esprit, un roc, m’y faisaient entrevoir une eau.

Afrique à bras le corps

Avec Feu de Brousse et A Triche-cœur, le poète saute par-dessus la barrière du jardin et s’ébroue dans sa brousse. La poésie prend ses Afriques à bras le corps :

j’écume je meurs fleuve sans lames

qui me venge des poissons apathiques

ô mes fleuves

je vous rends l’eau salée

de mes pores.

 

La nuit africaine est une veine qui bat à sa tempe, comme un signe que donnerait le corps, un signe qui montre que tout est possible :

venez ce soir

ma tête est parfumée

ma sueur c’est de la bonne résine

venez ce soir allumez vos lampes

 

la nuit viendra,

mon âme est prête toute.

 

Lorsque les lampes font comme des étoiles terrestres, on se met à contempler ses paumes pour y déceler des pistes dans la jungle personnelle :

où mènent-elles

toutes ces lignes dans ma main ?

 

Et le dans Feu de Brousse, le mauvais sang revient :

j’ai donc eu mon mauvais sang.

 

Mais il vient d’où, ce mauvais sang ? De l’enfance à l’ombre d’un père soleil qui trace votre destin sans rien vous demander ? De cette mère dont vous avez été arraché à la chaleur pour être jeté dans le froid de la métropole ? De cette jambe qui fait souffrir ? De ces Afriques trahies par tous et même par les siens ? Des Afriques dévorées à laides dents (A Triche-Cœur) :

un charnier ouvre un festin

où l’on mange ses viscères d’abord

puis ses bras puis sa mémoire (…)

 

où l’on y boit la lente chanson du rossignol.

 

Le poète est l’arbre et le sanglier, le ciel et la fange, la rose et son fumier :

par l’épée ta moisson

sera sans ivraie rêve

ô sanglier mon cœur

 

il y avait le ciel bleu

il était dans ma bauge

 

il a culbuté l’arbre

que j’étais dans le vent.

Poète révolutionnaire authentique

 Engagé en faveur de l’indépendance du Congo, des Congos plutôt, et de toutes les Afriques, le poète n’a pas mis en vers ses programmes politiques, suivant en cela l’exemple de René Char – résistant et poète mais pas poète et propagandiste – avec lequel Tchicaya U Tam’si a souvent été comparé.

Chez Tchicaya, le corps ne fait pas partie de la nature ; il est la nature. Abolie, cette occidentale hiérarchie de supermarché qui divise en catégories distinctes les éléments de la nature et place l’Homme (et un cran au-dessous, la Femme) comme un dieu séparé d’une nature qu’il n’a même pas créée mais qu’il soumet à son profit, en aveugle avide !

En explosant cette hiérarchie, en abattant les murs, en plaçant l’humain dans l’unité qui est sa véritable nature, dans tous les sens du terme, Tchicaya U Tam’si prouve qu’il est un poète révolutionnaire. Authentiquement révolutionnaire, contrairement à ceux qui, se prétendant tels, ne font que proclamer des slogans aussitôt oubliés. En cela, Tchicaya U Tam’si rejoint un autre poète révolutionnaire, Benjamin Péret, l’inconnu le plus célèbre du surréalisme.

Tchicaya U Tam’si. Son nom fait encore vibrer toutes nos savanes.

 Jean-Noël Cuénod

 (Cet article a été également publié par AGORA FRANCOPHONE http://www.agora-francophone.org) 

ESPACE VIDEO 

Poème dit par l'auteur

Bibliographie

 

Gallimard est en train de publier ses œuvres complètes (collections «Continents noirs»). Pour le moment deux volumes sont sortis :

 

Tome 1 – J’étais nu pour le premier baiser de ma mère.

Tome 2 – La Trilogie romanesque ( Les Cancrelats, Les Méduses, Les Phalènes)

 

L’Harmattan- Littérature a publié dans sa collection « Poètes des cinq continents » en un volume les trois recueils Le Mauvais sang, Feu de Brousse et A Triche-cœur.

 

Tchicaya est aussi auteur de théâtre :

  • Le Zulu suivi de Vwène Le Fondateur, Nubia, 1977.
  • Le Destin glorieux du maréchal Nnikon Nniku, prince qu'on sort, Présence africaine,1979.
  • Le Bal de N'dinga, éditions L'Atelier imaginaire/Éditions L'Âge d'Homme : Tarbes,1987.

 

A recommander la lecture de Tchicaya U Tam’si, le viol de la lune. Vie et œuvre d’un maudit, biographie rédigée par Boniface Mongo-Mboussa. Editions Vents d’ailleurs.

 

 

 

 

 

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09/02/2017

OMBRE ET MERVEILLE

ClairièreSaint-Cergue.jpg

Un moment pour respirer et se rappeler la prière d’avant toutes les prières. La prière d’avant la parole. Quand nous étions une idée dans le ventre de l’Eternel.

 Marcher dans l’ombre avec ses merveilles tapies

Dans ses replis succulents ses recoins moussus

Cathédrale de bois, de feuilles et de parfums

Qui frémit aux chants de ses oiseaux liturgiques

Respirer est la prière du fond des âges

La prière d’avant le don de la parole

 

Marcher dans l’éclat bleuté de la clairière

Mais sous les pieds du pèlerin que de pièges !

Il en est de toutes tailles de tous calibres

Prêts à s’ouvrir à la moindre inattention

Le sol n’est pas si sûr le pire peut arriver

Tous, nous sommes nus quand la terre se dérobe

Jean-Noël Cuénod

Photo JNC, photo prise entre La Combe Grasse et Saint-Cergue.

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19/08/2016

Il y a 80 ans, Garcia Lorca était fusillé

lorca.jpg

 Le 19 août 1936, les gardes civils aux ordre de Franco traquent l’un des plus grands poètes espagnols, Federico Garcia Lorca (1). Ils le débusquent chez un autre poète Luis Rosales, le trainent dans un ravin près de Grenade et le fusillent. 80 ans plus tard, la terre andalouse n’a toujours pas rendu le corps de celui qui l’a célébrée avec tant de ferveur.

Durant cet été 1936, le général Franco trahit la République espagnol qu’il était censé défendre en provoquant l’une des plus sanglantes guerres civiles de l’histoire européenne. Ses troupes contrôlent l’Andalousie. Alors qu’il habitait Madrid, Federico Garcia Lorca ne peut résister à l’appel de sa terre andalouse et, malgré les dangers, se rend dans les environs de Grenade, comme chaque année à pareille époque.

Peu après son arrivée, le Rossignol d’Andalousie doit fuir les franquistes. Il n’est pourtant ni dirigeant politique ni militant, Garcia Lorca. Il est bien pire: un poète et écrivain de théâtre qui est devenu la voix des paysans andalous. Et pour ses bourreaux, gardiens des vertus très catholiques, son homosexualité est une provocation de plus qui mérite bien douze balles dans la peau.

Un rapport de police rapporte de façon lapidaire que Federico Garcia Lorca a été passé par les armes et enterré dans un ravin très difficile à localiser. Tellement difficile qu’à ce jour, personne n’a retrouvé sa dépouille. En 2008, le juge espagnol Balthazar Garzon avait ouvert une enquête sur les crimes du régime franquiste, dont l’assassinat de Garcia Lorca.  Un an après, des fouilles furent entreprises dans un ravin à Viznar, non loin de Grenade. En vain. Comme si elle voulait conserver son amant, la terre andalouse n’a pas rendu le corps du poète. L’enquête contre les massacres du franquisme a été abandonnée par la suite car les tabous laissés par la dictature sont aussi vivaces que le lierre sur un mur en ruine.

Cela dit, hier, une juge fédérale d’Argentine, Maria Servini, a décidé de redémarrer cette enquête pour retrouver les restes du poète et reconstituer les circonstances exactes de son assassinat. Pour ce faire, elle s’appuie sur le principe de compétence universelle en matière d’atteinte aux droits de l’homme.

Si les franquistes sont parvenus à cacher son cadavre, ils n’ont pu empêcher la voix du poète de retentir dans le monde. Pourtant, ils n’avaient pas ménagé leurs efforts en interdisant la publication de ses ouvrages jusqu’en 1953, année qui a vu paraître en Espagne ses œuvres prétendues «complètes» mais atrocement mutilées par les censeurs du Caudillo. Depuis le décès du tyran en 1975, Federico Garcia Lorca est à nouveau à l’honneur dans son pays. Et sa mort continue à faire un bruit du tonnerre comme l’avait prophétisé Aragon dans son poème Un Jour, un Jour (in Le Fou d’Elsa) :

Tout ce que l'homme fut de grand et de sublime

Sa protestation ses chants et ses héros,

Au dessus de ce corps et contre ses bourreaux

A Grenade aujourd'hui surgit devant le crime

 

Et cette bouche absente et Lorca qui s'est tu

Emplissant tout à coup l'univers de silence

Contre les violents tourne la violence

Dieu le fracas que fait un poète qu'on tue (…)

Garcia Lorca est né le 5 juin 1898 à Fuente Vaqueros, dans le domaine de son père, propriétaire terrien. Il vit sa prime enfance en liberté parmi les bergers, les peupliers qui bordent les rivières Cubillas et Genil, les grands champs inondés de soleil. Sa grand-mère et ses tantes l’initient aux fables et légendes qui peuplent l’imaginaire du peuple andalou mais aussi à la poésie de Victor Hugo. Cette expérience première irriguera toute son oeuvre. Loin de se complaire dans une description des paysages, il saisit leur essence, évoque la sage folie des légendes et met au jour la nature en son surréalisme. Le temps n’a plus de limite. Il n’est donc plus le temps. Il est un état d’être permanent, l’état de poésie, comme le disait le poète genevois Georges Haldas, grand admirateur de l’écrivain andalou. En voici un témoignage avec le poème Baile (Bal) tiré de l’un des plus célèbres ouvrages de Federico Garcia Lorca, Romancero Gitano (d’abord en espanol, puis en français avec la traduction de Josiane de Carlo).

 

La Carmen está bailando

por las calles de Sevilla.

Tiene blancos los cabellos

y brillantes las pupilas.

 

¡Niñas,corred las cortinas!

 

En su cabeza se enrosca

una serpiente amarilla,

y va soñando en el baile

con galanes de otros días.

 

¡Niñas, corred las cortinas!

 

Las calles están desiertas

y en los fondos se adivinan,

corazones andaluces

buscando viejas espinas.

 

¡Niñas,_corred las cortinas!

 

Elle danse, la Carmen,

Dans les rues de Séville.

Blancs elle a les cheveux,

Brillantes les pupilles.

 

Fillettes, tirez les rideaux!

 

Sur sa tête s’enroule

Un serpent jaune,

Et elle va, rêvant au bal,

Avec des galants d’autres temps.

 

Fillettes, tirez les rideaux !

Les rues sont désertes,

Et tout au fond on devine

Quelques cœurs andalous

Cherchant de vieilles épines.

 

Fillettes, tirez les rideaux !

 

Quels seront les cœurs andalous qui trouveront les ossements du poète? Peu importe répond son ombre:

Rien n’est plus vivant qu’un souvenir.

 Jean-Noël Cuénod

(1) Dans Les 13 dernières heures de la vie de García Lorca, publié fin juin, l'historien espagnol Miguel Caballero Pérez conteste les différentes versions plus ou moins officielles se rapportant aux circonstances qui ont entouré la mort du poète. Il l’attribue à une vengeance de la famille Alba, ennemie des Garcia Lorca, que l’écrivain avait rudement attaquée dans sa pièce La Maison de Bernarda Alba. Cela dit, la thèse d’un meurtre commis par des franquistes n’est pas pour autant écartée. La haine familiale des uns s’est-elle alliée à la fureur antirépublicaine des autres, qui sait ?

ESPACE VIDEO

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11/08/2016

SOL SANS BOUSSOLE

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 La forge des éclairs prend la terre à témoins

A jets continus pluie et feu sur nos chairs

Nous marchons hagards sur des chemins qui s’effacent

Des gerbes de rires jaillissent çà et là

Comme des fougères surgissant des fossés

Des gerbes de rires pour baliser le cortège

Pour redresser l’échine et affermir le pas

 

L’horizon n’est pas encor sorti de sa gangue

Longue larve ventrue cœur palpitant visible

La certitude est une illusion de plus

Plus cruelle que toutes les autres et c’est tout

Le temps est une prison que nous contournons

Le but est une impasse que nous évitons

Nous marchons lucides au bord des précipices

Jean-Noël Cuénod

20:25 Publié dans Poésie L'Or du temps | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : poesie, poème | |  Facebook | | |

22/07/2016

DEMAIN?

#climat #poésie #poesia

La bouche des fleuves est close

Le soleil a éteint les rivières      

Les ruisseaux sont devenus muets

 

L’humain sollicite ses yeux

Pour en soutirer quelques sanglots

Il n’en sort que de la poussière

 

A quoi bon prêcher dans ce désert

La dernière goutte divine                

Sur les cœurs surchauffés s’évapore

 

                       Dieu est humide voyez-vous

                       Sa parole est une rosée

                       Qui fait surgir du néant les mondes

 

Mais que faisons-nous sur ce globe?

Nos pauvres danses de la pluie

Font rire les cieux aux éclats

 

Nous avions en main notre destin

Il n’est plus qu’une poignée de sable

Jean-Noël Cuénod

 

 

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06/06/2007

Quarante-neufs poèmes d'amants

"Tes Mots". En deux...mots, ce titre dit l'essence de ces "49 poèmes d'amants" que vient de publier l'excellent poète français Robert Inard d'Argence aux Editions Melis. Ce recueil est illustré par un fusain, à la fois austère et émouvant, de René Monteix. Qui écrit? Le poète à son amante? Ou alors le poète est-il écrit par elle? Il devient le mot qu'elle prononce; il est le fruit de sa bouche. L'amour est un éternel et réciproque enfantement de l'une par l'autre, de l'autre par l'une. Voilà ce que "Tes Mots" nous disent dans ce merveilleux ouvrage.

A titre d'exemple, ces quelques vers de Robert Inard d'Argence.

Tu es là,

chaque seconde il me faut t'inventer,

inventer ce sourire

qui brise de son dessin

mes yeux encore fermés;

inventer ce parfum

joint à celui des nuits,

dissout à la lueur du jour;

t'inventer dans ce que je devine

du ouaté de tes mots

à la chaleur de ton ventre

Les mots du poète font corps, littéralement, comme le démontre cet autre extrait.

 Un seul de tes mots suffit

pour hisser la grand voile

vers tes baisers de large,

pour affronter la houle

des pleins

et déliés du vent.

Tu es à portée de rame,

tes seins sont les récifs dérobés de la plage

où le sable lissée ne songe qu'à l'écume,

où le bal des galets

sous la blancheur grisâtre

des ans qui me dominent

donne un goût de croisière

à l'angle de tes cuisses,

un goût de sel au plaisir de tes hanches,

un goût d'ivresse au sac et au ressac.

Alors, voguez avec le poète sur la mer des mots.

Jean-Noël Cuénod

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22/05/2007

Poètes et artistes genevois en Jordanie(Fin)

 

OMBRE LUMINEUSE

DU FILS-MAÎTRE DANS LES BRUMES

DE LA GALILEE(jnc)       

Derniers spectacles de cette tournée de six artistes et poètes genevois en Jordanie, au nord, vers le Plateau du Golan. A l'Université d'Irbid, tout d'abord, dont la radio a retransmis le spectacle en direct. Foule jeune et attentive, féminine en majorité. Certaines étudiantes sont voilées, d'autres laissent leurs cheveux de jais flotter un vent chaud qui, enfin, se lève après une période hivernale. Les plus voilées ne sont pas forcément les moins curieuses. Au contraire. Dès le spectacle terminé, elles se précipitent vers les deux danseuses, Nadia Makhlouf et Christine Zwingmann. Cette dernière, avec son poème "Cuba" remporte un succès encore plus intense que d'habitude. Dame, nous sommes à un jet de pavé du conflit israélo-palestinien! Tout devient brûlante politique. Plus tard, dans la banlieu d'Irbid, des spectateurs fort différents - familles en tenue "du dimanche" comme on ne dit plus chez nous - écoutent les poètes genevois tantôt en arabe, tantôt en français... "Cuba" fait toujours autant vibrer!

Pause en face du lac de Tibériade. A droite la Jordanie et la Syrie. En face, Israël et la Palestine. Calme absolu sur ce lac que le regard du Christ a effleuré comme un galet ricochant, où Pierre est devenu "pêcheur d'hommes". Les guerres se brisent contre la sérénité des lieux, comme des vagues d'eau boueuse. Il est vrai que l'oeil du cyclone dirige la tempête mais ne la subit jamais. Au revoir, la Jordanie qui aime tant les poètes...

16:58 Publié dans Poésie L'Or du temps | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | |

09/05/2007

Poètes et artistes genevois en Jordanie(8)

VOLUPTE SECRETE

AMMAN CARESSE LA CHAIR

DE SES SEPT COLLINES (jnc)

Après Furheis, ville chrétienne dans les hauts faubourg de la capitale jordanienne, et ses fêtes bien arrosées de raki, les six poètes et artistes genevois redescendent vers Amman. Devant un parterre imposant d'ambassadeurs, ils déploient leur spectacle. Rien dans l'ambiance trahit leur présence au centre du cyclone proche-oriental C'est que, justement, la sérénité règne toujours dans l'oeil du cyclone! D'autant plus que les services de sécurité jordaniens ont une longue expérience de la protection discrète mais rapprochée. Malgré cet aréopage diplomatique qui pourrait éveiller les malveillances diverses, tout se passe dans un calme genevois. Que dis-je...Carrément gros-de-vaudois!

L'ambassadeur français a les yeux brillants en écoutant les poèmes dans notre langue. Et surtout en contemplant Nadia Makhlouf et ses danses arabes ainsi que Christine Zwingmann, poètesse-ballerine, et ses arabesques...occidentales. Le regard de l'ambassadeur suisse Paul Widmer, lui, s'embue lorsque le duo "N'importe quoi" entame un "Mon vieux chalet" orientalisant. Et son merveilleux consul, Markus Meli, écrase une larme sur sa joue. Comment dit-on "Heimweh" en arabe?

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08/05/2007

Poètes et artistes genevois en Jordanie(7)

ETONNANTE NEIGE

QUI GLISSE SUR L'AVENUE

COMME UN ARCHET FOU (jnc)

A l'arrivée à Amman, les six poètes et artistes genevois sont accueillis par une odeur de neige. La veille encore, la capitale jordanienne était tout éberluée par cette cape de templier tombée sur ses épaules. Des traces subsistent. Après avoir donné un résumé de leurs prestations devant les médias jordaniens à l'Intercontinental d'Amman, le sextuor grimpe sur les hauteurs de la ville jusqu'à Furheis. Surprise: les clochers d'églises y sont plus nombreux que les minarets. Furheis est, en effet, un faubourg à majorité chrétienne. Dans la salle communale quelque 200 personnes sont présentes. Mohammad Abu Rub dit les poèmes en arabe, Nadia Makhlouf entame une danse arabe alors que Christine Zwingmann lui donne la réplique à l'européenne. L'auteur du blogue dit les poèmes mais en français. En français? Ben oui, puisque nous participons au Festival francophone! Et grâce à la traduction d'Abu Rub, la musique des mots passe malgré tout. Malgré les téléphones portables qui carillonnent, les cris des enfants qui courent autour de lqa scène. Pas de panique, c'est l'habitude là-bas. Un spectacle, c'est pour vivre. Pas pour rester paralysé et muet sur son siège. Public attentif d'ailleurs. Lorsque Christine Zwingmann dit son poème "Cuba" qui n'épargne pas les Américains, le public l'ovationne!

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01/05/2007

Poètes et artistes genevois en Jordanie( 1 à 6)

30 Avril 2007

Pour terminer la présentation des six artistes et poètes genevois qui ont sillonné la Jordanie en mars dernier, voici la Compagnie des Yeux Fertiles au grand complet. Christine Zwingmann est danseuse de ballet et chorégraphe. Elle a appartenu aux compagnies des opéras de Munich et de Ratisbonne. Elle écrit et publie ses vers. Son compagnon (l'auteur de ce blogue) lui, ne danse pas, heureusement. Il se contente d'écrire et de dire la poésie. Il lit les vers et sur sa parole, Christine improvise sa chorégraphie. Ils ont présenté leur spectacle à Paris et dans sa région, à Aix-les-Bains et à Genève, notamment au Petit Music'Ohl le 3 avril dernier lors des "Mardis de Pierre Alain". Et bien sûr en Jordanie comme nous le verrons plus tard. Jean-Noël Cuénod.

25 Avril 2007

TES YEUX SONT DES NUITS

SANS ETOILES NI LUNE

TA LOURDE CHEVELURE M'ENVELOPPE

DEUX MONDES TENEBREUX

JE SUIS EGARE AU FOND DE MOI-MEME

ILLUMINE PAR L'ARDEUR DE TON AMOUR (Mohammad Abu Rub)

Ce poème est né dans l'esprit d'un grand poète, à la fois Jordanien et Suisse: Mohammad Abu Rub. Il écrit en arabe, bien sûr - il a obtenu une licence en littérature à l'Université de Beyrouth. Mais aussi en français - il est l'auteur d'une thèse de doctorat dans notre langue intitulée "La poésie galante andalouse" parue à Paris en 1990 chez ASFAR dans la collection "Arabiyya". Il vit aujourd'hui à Genève avec sa femme et ses trois enfants et y dirige une école de langues. Il a publié en Romandie "Chants d'Exil" (La Baconnière en 1990) et prépare d'autres recueils.

Mohammad Abour Rub est le principal organisateur du voyage des poètes et artistes genevois en Jordanie, au mois de mars dernier. Au cours des récitals à Fuheis, Amman, Irbid et Husson, il a dit ses poèmes en arabe devant des centaines de spectateurs qui buvaient à ses paroles comme à un oued de montagne. L'auteur de ses lignes lisait la version française. La musique des mots arabes et français ont noué des liens et tressé des arabesques sur la page des nuits jordaniennes.

Jean-Noël Cuénod

23 Avril 2007

Mosaïque antique à Pétra

GENEVE AU BALCON

 

LE MONDE TOURNE à L'ENVERS

 

AMMAN AUX TISONS (jnc)

 

Alors que les six artistes Genevois ont quitté Cointrin sous un soleil aoûtier samedi 17 mars, c'est un froid févriesque qui les a accueillis à Amman. La veille, la neige était tombée sur des Jordaniens incrédules. Mais pour réchauffer l'atmosphère, rien ne vaut le duo "N'importe quoi". Après Nadia Makhlouf, la danseuse orientale, vient le tour de ces deux musiciens étonnants: Koko Taylor, née à Tokio et résidante à Genève où elle enseigne au Conservatoire populaire de musique, et Sylvain Fournier, né à Genève et qui, comme sa compagne, joue d'un nombre impressionnant d'instruments, y compris ceux qu'il invente. Ce duo accompagne Nadia Makhlouf mais joue également en solo - si l'on ose dire ainsi pour un duo! Grâce à eux, les musiques et les chants ancrés dans l'Helvétie la plus glébeuse s'inscrivent dans la musique des mondes. Ils reprennent ces vieux coucous et en les parant de couleurs africaines, asiatiques ou orientales, en font des oeuvres toutes fraîches. Leur interprétation de "Mon beau chalet" a enchanté les Jordaniens. Au paradis des compositeurs, l'âbbé Bovet a été certainement tout ému. (A suivre)

Jean-Noël Cuénod

20 Avril 2007

Suite du périple jordanien de six poètes et artistes genevois et de leur présentation. Commençons par Nadia Makhlouf. Elle cumule les passeports: suisse, français, marocain, preuve indéniable et douanière de sa multiculturalité. Son domaine: la danse arabe. Lorsqu’on évoque cette tradition chorégraphique, de lourds clichés encombrent les esprits: on imagine une houri bien nourrie roulant son ventre dans les épaisses fumées des narguilés au fond d’un bouge de Tanger. Rien de tout ça, avec Nadia Makhlouf. Sa danse s’abreuve aux sources du sacré et de la spiritualité ardente qui sourdent des terres d’islam. De blanc vêtue, elle s’élance sur la scène, virevolte, réinvente le mouvement des planètes et des atomes, à l’image des derviches tourneurs. Avec elle, la pudeur devient sensuelle. Pour mieux la connaître, surfez sur son site: http://www.dansesarabes.com

Ne ratez pas lundi. Ce blogue présentera le duo «N’importe quoi». Qui joue de tout, ou à peu près, mais pas n’importe comment. Et pour terminer le haïku jordanien du jour:

VERS QUEL CIEL MONTENT

LES SEPT COLLINES D’AMMAN?

PRIERE DES NOMBRES.

Jean-Noël Cuénod

19 Avril 2007

Il n'y a pas que des dromadaires ironiques et ricanant en Jordanie. Il y a aussi de drôles de chiens, qui rôdent la nuit venue. Notre haïku du jour en atteste.

LES CHIENS D'AMMAN

DEFENDENT LA VOIE LACTEE

AVEC LEURS CROCS LUNAIRES.

Nos six poètes et artistes genevois commencent leur périple jordanien par visiter Petra. Que dire de cette cité de pierres caressées par tant de mains et d'yeux au fil des millénaires? Que le temps s'est figé dans ces rochers ciselés qui semblent revêtus de chair humaine. Le bédouin qui souffle aujourd'hui sur la braise de son feu de bois pour faire son thé était là avant Jésus-Christ. A l'époque sans doute vendait-il déjà ses bijoux aux célestes cailloux.

Mais au boulot, les artistes! Amman est là dans son brouhaha magnifiquement bordélique. Qui sont-ils ces Genevois? Demain, ce blogue vous présentera la danseuse orientale Nadia Makhlouf.

18 Avril 2007

OMBRES DECHIREES

PETRA PIERRES PALPITANTES

QUE LE TEMPS CARESSE (jnc)

A Petra bat le coeur de la Jordanie et celui de notre Antiquité. La Jordanie est aussi une terre de poésie. Six poètes et artistes genevois ont représenté la Suisse à la Fête de la Francophonie du 18 au 22 mars: Christine Zwingmann (poésie et danse classique), Nadia Makhlouf (danse orientale), le duo "N'importe quoi", c'est-à-dire Koko Taylor et Sylvain Fournier (musique), ainsi que la cheville ouvrière de ce fructueux voyage, Muhammad Abu Rub (poésie en arabe) et Jean-Noël Cuénod (poésie en français).

Ces prochains, ce blogue vous racontera comment, par la poésie, la musique et la danse, les langues arabes et françaises peuvent se délier et s'accorder au-delà des frontières et des affrontements. JNC

Poésie en Jordanie

14 Mars 2007

21 mars: Journée internationale de la Poésie!

Elle est belle, la danseuse, n'est-ce pas? Christine Zwingmann, tel est son nom: poétesse et ballerine. Elle forme avec l'auteur de ce blogue - Jean-Noël Cuénod - la Compagnie des Yeux Fertiles. Son but? Faire bouger la poésie. Christine danse sur ses poèmes et ceux de Jean-Noël. Qui dit les vers. Rassurez-vous, il ne danse pas. Tous deux participent en ce moment même en Jordanie à des récitals poétiques. En effet, la Compagnie des Yeux Fertiles réprésente, avec d'autres poètes et artistes, la Suisse lors de la Fête de la Francophonie qui se tient actuellement en Jordanie. Voilà le communiqué de cette manifestation. La Jordanie accueille des artistes suisses à l’occasion de la Fête de la Francophonie Parmi les 52 pays représentés aux journées de la Francophonie en Jordanie, la Suisse est activement présente. Son Ambassade à Amman a invité six artistes romands du 18 au 22 mars 2007 pour présenter leur spectacle. Le but de cet échange helvético-jordanien est de promouvoir l’image d’un pays ouvert sur le monde et actif dans la promotion des valeurs sur lesquelles il fonde sa stabilité et son action au plan international. Une tournée de 4 spectacles réunissant poésie (français-arabe), danse et musique est prévue à Fuheis, Amman et Irbid dans le Royaume Hachémite de la Jordanie. Les artistes suisses sont Mohammad Abu Rub (poésie), Jean-Noël Cuénod (poésie), Christine Zwingmann (poésie et danse), Nadia Makhlouf (danse), Koko Taylor (musique) et Sylvain Fournier (musique). Leur art tentera de lier deux cultures pour parvenir à une unité harmonieuse. Les différentes cultures viennent enrichir le langage artistique. L’art étant le meilleur ambassadeur universel.

18 mars 2007 conférence et spectacle à Amman

19 mars 2007 spectacle à Fuheis à 19.30 h

20 mars 2007 spectacle à Amman à 20.00 h

21 mars 2007 spectacle à Irbid à 11.30 h (université

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