Poésie L'Or du temps

  • Poésie : Deuil du singe, noce du signe

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    L’été brûle. En Amazonie, ce n'est pas le feu qui ravage mais le calcul glacé des agroprédateurs. Attisez donc les braises du vrai feu avec la poésie pour tisonnier. En faire provision n’est pas un luxe. Parmi les flammes ravivées surgira peut-être le superbe recueil Deuil du singe[1], composé par l’un des grands poètes vivants, Marc Delouze.

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  • Poésie à lire et à ouïr: POUR VINCENT LAMBERT

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    Jeudi 11 juillet, Vincent Lambert est parvenu au bout de sa vie. Les polémiques sur l’euthanasie et les conditions liées à la fin de vie se poursuivront. Il reste le souvenir d’un homme libéré des souffrances de ce monde.

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  • Poésie à lire et à ouïr : LE CHANT DU VRAI FEU

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    En cette canicul’ère, vous croyez avoir chaud ? C’est que vous n’avez pas entendu le chant du vrai Feu ! Celui qui brûle sans cendre. A lire. A ouïr. Si vous le voulez bien.

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  • Poème à lire et à ouïr – CHRIST-FEMME

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    En cette période pascale où tout doit naître et renaître juste une brèche dans notre temps. Et si Il était Elle ? (Ci-dessous, tableau de Léonor Fini)

     

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  • LE TEMPS DES SORCIÈRES EST REVENU

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    POESIE À LIRE ET À OUÏR Captez les ondes du grand retour. Ecoutez tout au fond du bruit de fond les vieux chants qui se fraient un passage. Elles reviendront, les sorcières…

     À LIRE

    Tambour aux tempes les femmes au corps souverain

    Prennent possession du monde et de sa marche

    Apôtres du soleil envoyées de la lune

    Tirant de leurs larmes le sel de leur destin

    Tirant de leur sang l’huile de leur onction

    Elles s’avancent pour engloutir les grandes plaines

     

    Leurs lèvres s’ouvrent et libèrent des oiseaux

    Leurs mains se tendent et caressent des serpents

    Leurs peaux se dilatent et recueillent des poissons

    Leurs yeux se ferment et gardent la lumière

     

    Tambour aux tempes les femmes au corps souverain

    Emportent avec elles l’agneau le lion

    Pour les nourrir de leur lait aux saveurs d’étoiles

    Gouttes de lumière le long de la gorge

    Qu’il est chaud le sein sacré de nacre et de soie !

    Qu’il est doux à la bouche du divin vivant !

     

    Les gestes anciens habitent leurs mains

    Comme s’ils n’avaient jamais été oubliés

    Elles caressent les douleurs dans le sens du cri

    C’est pour les étrangler tueuses nécessaires

     

    Tambour aux tempes les femmes au corps souverain

    Taillent leur route au rythme de l’univers

    Jettent sur les talus leur ombre parfumée

    Distribuent à pleine voix les chants oubliés

    De colline en colline l’écho les rafraîchit

    Le ciel a des couleurs de rires d’enfants

     

    Un seul bouclier leur ventre fer et velours

    Protégeant la vie avec ses monstres ses ombres

    Un seul trophée la dépouille des vieux juges

    Traînant avec eux les cendres de leurs bûchers

     

    Tambour aux tempes les femmes au corps souverain

    Redécouvrent le feu et se baignent à sa source

    Elles ne se laisseront plus voler leurs mystères

    Elles ne trembleront plus devant leurs bourreaux

    Les soudards baiseront l’empreinte de leur pas

    Il sera revenu le temps des sorcières

    Jean-Noël Cuénod

    À OUÏR


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  • Poème à lire et à ouïr : SOURCE DU FEU

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    Le Plouc vous souhaite une année pleine de flammes pour réchauffer nos cœurs refroidis et brûler nos masques. Mais pour aller plus loin vers la connaissance de ce qui fait notre être véritable, impossible de se contenter d’un brasero. Il faut trouver son chemin vers la source du Feu.

    A LIRE

    Vers la source du feu la cohorte chemine

    Femmes et hommes tous orphelins de la flamme

    Les flancs fouettés par la cravache du vent

    L’échine ployée sous le fardeau du soleil

    La quête et ses souffrances chevillées au corps

    Compagne cruelle et rassurante la vie

    La vie avec son long manteau de trépassés

    L’amour est un chemin tressé de mauvaises herbes

     

    Visages fermés tendus vers l’horizon flou

    Vague et mouvante ligne au bout des regards

    Comme une espérance enveloppée de fumée

    Mais pourquoi espérer ? Seule importe la marche

    Pourquoi chercher un cap ailleurs que dans son cœur ?

    Sous nos pieds crevassés comme un sol aride

    Grondera et jaillira la source du feu

    Jean-Noël Cuénod

    A OUÏR
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  • POEME A LIRE ET A OUÏR – L’OISEAU NOIR

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    Un instant de poésie. Non pas une pause, ni une pose. Mais un laps pour reprendre son souffle. Afin de changer des Gilets Jaunes, voici un oiseau noir. Un oiseau noir qui vous veut du bien.

    A LIRE

    Je suis l’oiseau noir qui vous veut du bien

    Mon chant referme les plaies lave les souillures

    Mon silence coule tout au long de mes plumes

    Goutte-à-goutte sur le cuir des corps brûlants

    Mélodie plongée dans la trempe du matin

    Ecoutez-la vous n’en croirez pas vos oreilles

    Et pourquoi les croire ? Vous n’êtes pas des sourds

    Troublée votre vue mais intacte votre ouïe

    Les ondes premières vous tissent toujours

    Sur la trame vivante des planètes mortes

     

    Je suis l’oiseau noir qui vous veut du bien

    J’ouvre grand mon bec pour avaler le soleil

    Le purifier dans le secret des entrailles

    Et rendre gorge pour vous le restituer

    Bouche après bouche dans sa pleine lumière

    Le soleil doit faire son nid dans vos nuits

    En vous d’autres soleils briseront leur coquille

    En vous ils déploieront leurs ailes et leur chant

    Tomberont alors les chaînes qui vous entravent

    Vous serez l’oiseau noir qui nous veut du bien

    Jean-Noël Cuénod

    A OUÏR
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  • POESIE à lire et à ouïr - TRACES

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    Pour ce samedimanche qui s’avance. Un poème à lire et à ouïr. Et à caresser dans le sens du poil. (photo JNC)
     

    A LIRE

    La nuit s’enfonce dans la forêt
    Prédatrice à pas de lynx sur la neige
    Silence des oiseaux et des renards
    Immobilité des hardes et des hordes
    Epées aux fourreaux crocs sous les babines
    Hors de portée des armes la nuit
    Cette nuit à nulle autre pareille
     
    Toutes les traces mènent à la peur
    Toute la forêt tend sa jugulaire
    Se soumettre se démettre et s’omettre
    La mort plutôt que l’attente gelée
    La mort plutôt que le ciel muet
    La mort plutôt que la lune engloutie
     
    Même le feu gît au sein de la glace
    Comprimé réprimé et déprimé
    Il suffirait d’une seule parole
    Une seule pour attirer l’éclair
    Et embraser de joie nos horizons

    Jean-Noël Cuénod

    A OUÏR


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  • Poème à lire et à ouïr: TRACES

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    IMG_0501.jpg

    Pour ce samedimanche qui s’avance. Un poème à lire et à ouïr. Et à caresser dans le sens du poil.

    A LIRE

     La nuit s’enfonce dans la forêt

    Prédatrice à pas de lynx sur la neige

    Silence des oiseaux et des renards

    Immobilité des hardes et des hordes

    Epées aux fourreaux crocs sous les babines

    Hors de portée des armes la nuit

    Cette nuit à nulle autre pareille

     

    Toutes les traces mènent à la peur

    Toute la forêt tend sa jugulaire

    Se soumettre se démettre et s’omettre

    La mort plutôt que l’attente gelée

    La mort plutôt que le ciel muet

    La mort plutôt que la lune engloutie

     

    Même le feu gît au sein de la glace

    Comprimé réprimé et déprimé

    Il suffirait d’une seule parole

    Une seule pour attirer l’éclair

    Et embraser de joie nos horizons

    Jean-Noël Cuénod

    A OUÏR
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  • Poésie à lire et à ouïr : PROCESSUS

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    FaceOffPhilippePasqua.jpg

    Cette sculpture en bronze de Philippe Pasqua, intitulée Face Off, est installée dans le superbe parc de Chamarande en Essonne. (Photo JNC)

    A LIR

    Frais pondu, un poème à lire et à ouïr comme cela vous chante.

     

    Croque-mort et pain de vie

     

    Le blé enterre le soleil

    Deuil et noce en un seul souffle

    Si tu rêves de ciel

    Enfonce-toi dans la glèbe

    Pénètre-la en son cœur

    Dans une étreinte de flamme

     

    Tu rencontreras le monstre

    Et tu te reconnaîtras

    L’âme-or passe par le sol

    Pour tirer le feu des pierres

    Le monstre alors sera l’ange

    Et la racine du blé

    Qui bande vers le ciel

     

    Croque-mort et pain de vie

    Jean-Noël Cuénod

    ET A OUÏR


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  • Poésie à lire et à ouïr – REFLUX

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    IMG_0446.JPG

    Photo JNC

    Retour vers la poésie. Pour s’efforcer de désensabler les oreilles et laver les yeux. Voilà qui ne manque pas de sel. A lire et à ouïr.

    Le vent des terres s’épuise

    Et meurt dans les bras de la mer

    Tout est résolu par le sel

    La pulsation des marées

    Reprend le chant du cœur éteint

    L’incorpore pour s’élancer

    Vers l’octave supérieure

     

    Même les bruits des humains

    Se fracassent contre ce rythme

    Misérables débris de son

    Sombrant dans le néant des sables

    Et la voracité des crabes

     

    Sourds à la musique vitale

    Les humains restent sur la rive

    Sans eux la fête continue

    La grande étreinte symphonique

    S’accomplit au sein de la mer

    Noces grises voilées de vert

    Jean-Noël Cuénod

    A OUÏR AUSSI


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  • Poésie à lire et à ouïr – RIRE FOU

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    poésie, poème

    Récente ponte du Plouc. Poème à lire et à ouïr dans l’espace libre de l’été. Que le torrent emporte vos songes pour en faire un océan. 

     Le fou rire des torrents

    Rend la montagne démente

    Tant de morts accumulés

    Dans sa carcasse d’ascète

    Tant de vies buissonnantes

    Sur ses flancs de reine-mère

                      *

    Les plus anciens délires

    Jaillissent comme des sources

    Fraîches et préhistoriques

    Sous la poigne des orages

    Sa peau transpercée d’éclairs

    Met la folie au zénith

                      *

     Délaissée par le ciel

    Abandonnée par la plaine

    Elle n’attend plus rien

    Du monde et des éléments

    De l’esprit et des nuées

    Plus rien que l’union

    Du ciel et de la plaine

    De tous les âges en elle

    Dans l’éclat d’un rire fou

                                                                           Jean-Noël Cuénod

    AUDIO 

    C'est ici!


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  • Poésie à lire et à hurler: PANIQUE

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    PaniqueTrump.jpg

    Les flons-flons de la fête du ballon rond s’estompent comme les sons d’une fanfare qui s’en va loin de la Grand’place du village. Reste la panique. Panique devant le délirant cynisme des irresponsables de ce monde qui nous mènent droit sur le mur. Contents, heureux, fiers sont-ils de nous y conduire toutes sirènes hurlantes.

     Roule roule vers le mur vide

     

    La plaine glisse sous tes pieds

    Ta bouche ouverte gobe les mouches

    Ta peau luisante frémit dans l’air

    Ta carcasse fend la poussière

    Tu cours plus vite que les mirages

    Fantômes qui font trembler les routes

     

    Un parfum de mort embaume l’été

    Odeur de chèvrefeuille étranglé

    Etranglé par le soleil couchant

    Qui veut nous entraîner dans sa chute

    Le monde hurle sauve-qui-peut

     

    Roule roule vers le mur vide

    Jean-Noël Cuénod

     

     

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  • Poésie à lire et à écouter: MAIN

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    Pech_Merle_main.jpg

    Escale sur les terres de la poésie. Poème tout frais pondu. Si vous le voulez. A lire ou à ouïr. Ou les deux. Le son est à la fin du texte. Cliquer sur l'icône.


    Tendre la main trop tendre, la main

    S’agite dans les cendres glacées

    Fouaille fouille farfouille frotte

    Et s’écorche s’accroche s’arrache

    Se détache de l’ombre du corps

    Elle va vient vie sa vie la main

    Mue par le vertige elle palpite

    Comme un cœur dépourvu de sang

    Comme un oiseau sans plume sans cri

    Qui vole, sans mémoire du nid

     

    Tendre la main, trop tendre la main

    Tout ce qu’elle triture est glacé

    Le vieux soleil n’y peut rien

    Sans feu sans lieu sans loi sans foi

    Les hommes ont éteint leurs yeux

    Faibles lampes jetées au rebut

    La main hors corps les cherche toujours

    Incapable de faire autrement

    Et se heurte aux fenêtres froides

    A l’immense silence des steppes

     

    Tendre la main trop tendre, la main

    Saisissez-la comme une hypothèse

    Sa fragilité vous sauvera

    La force a tellement d’apparences

    Parmi ses mirages un miracle

    Un miracle à prendre sur le champ

    Sinon il se refera mirage

    Un miracle à prendre sur le chant

    Pour que la main devienne oiseau

    Et que son cri se fasse étincelle

    Jean-Noël Cuénod


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  • Art – Le Plouc et un ami peintre primés !

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    montage-300dpi.jpg

    L’artiste Pierre Guerchet-Jeannin et Le Plouc (Jean-Noël Cuénod, auteur des textes) ont reçu le Prix du Jury 2018 au Salon « Sous Couverture » consacré aux éditions d’art. L’ouvrage primé est un livre-objet d’art intitulé « Car casse ou la mort dans l’âme ? » Le Plouc met en vente (240 euros) quelques exemplaires qui lui restent. Si vous êtes intéressés, vous pouvez lui adresser un courriel : jean-noel.cuenod@orange.fr.

    Le Salon « Sous Couverture » s’est tenu du 28 avril au 6 mai derniers à Saint-Antonin-Noble-Val dans le Tarn-et-Garonne. Le prix a été obtenu à l’unanimité des jurés. A eux merci !

    N’hésitez pas à faire un tour sur le site du peintre et graveur Pierre Guerchet-Jeannin

    http://www.guerchet-jeannin.fret sur celui de son épouse, artiste elle aussi, http://www.guerchet-jeannin.fr

    Présentation du livre-objet d’art  

    "Car casse ou La mort dans l'âme ?"composé de 19 photos, d'une linogravurede Pierre Guerchet-Jeanninet des textes de Jean-Noël Cuénoda été tiré en offset/numériquesur les presses de l'imprimerie Advence à Paris, Francesur papiers Rives Tradition 250grchemise Keaycolour Bourgogne 300grRéalisation graphique Flavie Jeannin ; textes en caractères Haas helvética & Destroy.

    Etui en acier oxydé, verni,avec la participation de Jean-Pierre Dall'Anese.

    Tirage limité à 45 exemplaires numérotés de 1 à 45 (240 euros l’exemplaire)et 7 exemplaires hors-série, numérotés de I à VII.

    Jean-Noël Cuénod

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  • Qu’un Christ se lève…

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    exodus-1966.jpg

    En ce jour pascal où la vie surmonte la mort, ce truc à lire si vous le voulez. Passez toutes et tous de belles Fêtes de Pâques. (Christ de Chagall tiré de sa série Exodus)

     La chemise du ciel se déchire

    Eclair de sang de son sol transpercé

    Poitrine ouverte sur le cœur à nu…

                         ***

    Nous marchions sans yeux tête basse

    En secouant nos chaînes d’un air las

    Leurs morsures ne nous faisaient plus souffrir

    Pourquoi donc arracher cet héritage

    Imprimé au fer rouge sur nos chairs ?

    Ne pas prendre le risque de respirer

    D’être aspiré par le vital vertige

    Pour éviter la mort nous périssions

    A tout petit feu à tout petits pas

                        ***

    Parfois nous entrions dans la colère

    Pour en rouler les rochers sur nos routes

    Rage sans espérance sitôt éteinte

    Tout reprenait son cours quotidien

    Certains dansaient en rythme avec leurs chaînes

    Comme des ours à l’anneau dans le nez

    Pour tuer le temps se donner de l’air

    Sans y croire s’ébattre sans se battre

    Remplir en vain une vie toujours vide

                       ***

    Mais qu’un Christ se lève de cette tourbe

    Et le chant du monde change de voix

    La chemise du ciel se déchire

    Eclair de sang de son, sol transpercé

    Poitrine ouverte sur le cœur à nu

    Palpitant comme un animal traqué

    Traqué et riche de ses mille vies

                      ***

    Fourmis d’étincelles sur notre peau

    La morsure des chaînes fait mal enfin

    Jean-Noël Cuénod

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  • Poésie – VIN NOCTURNE

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    VinNocturne.jpg

    L’ombre fraternelle de la nuit

    Ramène dans les plis de son manteau

    Tous nos ancêtres au souffle d’étoiles

     

    Rêves des humains vengés vendangés

    Bousculés en grappes dans le pressoir

    Pétris broyés malaxés triturés

    Rêves en jus épais sucré amer

    Nous buvons l’âme distillée des morts

    Pour avoir la force d’ouvrir la porte

    Et le courage d’en franchir le seuil

    Jean-Noël Cuénod 

     

    DERNIER OUVRAGE - "En Etat d'urgence" de Jean-Noël Cuénod, Grand Prix des Jeux Floraux du Béarn 2017 Editions La Nouvelle Pléiade.

    Disponible: Librairie Le Parnasse 6 rue de la Terrassière, 1207 Genève, Suisse
    Et partout ailleurs sur le site de l’éditeur La Nouvelle Pléiade en cliquant sur ce lien:

    http://www.psf-letrave.fr/ds/nos-editions/989/jean-noel-cuenod/ 

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  • Poésie – TACHE DE SILENCE

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    Photo JNCLoetch17II.jpg

    Juste un laps de poésie aujourd’hui. Le Plouc vient de pondre ça. Vous en faites des choux, des pâtés, des riens, de tout ce que vous voulez ou ne voulez pas.
    Autre ponte: celui de son bouquin
    "En Etat d'urgence" (Grand Prix de poésie des Jeux floraux du Béarn 2017) paru eux Editions de La Nouvelle Pléiade.

    L’ouvrage est disponible à Genève :
    Librairie Le Parnasse 6 rue de la Terrassière, 1207 Genève, Suisse
    Et partout ailleurs sur le site de l’éditeur La Nouvelle Pléiade en cliquant sur ce lien :

    http://www.psf-letrave.fr/ds/nos-editions/989/jean-noel-cuenod/ 

     

     

    TACHE DE SILENCE

    Tache de silence sur le pré

    Le matin se tient aux aguets

    Noisetiers, chênes, ruisseau, herbes

    Forment un seul corps tout puissant

    L’un après l’autre jouent ses organes

    S’étirent ses muscles et sa peau

     

    Bientôt ma chair en pourriture

    Deviendra l’un de ses aliments

    Et mon souffle rejoindra les vents

     

    A quoi bon courir sus au coupable ?

    Plutôt transmettre mon peu de vie

    Elle est encore pailletée de feu

    Elle ne brûle plus elle pénètre

    Elle coulera dans d’autres veines

    Sur le pré le silence s’est tu.

    Jean-Noël Cuénod

     

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  • Le Plouc « En état d’urgence » vient de sortir !

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    Le nouveau recueil de poésie pondu par Jean-Noël Cuénod, vient de sortir des presses de La Nouvelle Pléiade après avoir reçu le Grand Prix de Poésie des Jeux floraux 2017 à Pau. Le Plouc cède le clavier à Vital Heurtebise, président de « Poètes sans frontières » et auteur de la préface. A lui, grand merci.

    Le poète vrai assume une double fonction, une fonction sociale : il est témoin de son temps, il en dénonce et combat les excès. Il est alors le « veilleur au créneau », et une fonction spirituelle : il apporte un message par lequel le lecteur se sent transporté en esprit, il est alors « éveilleur d’âmes ». Les deux fonctions peuvent d’ailleurs se retrouver dans un même texte, sur un même sujet.

    Jean-Noël Cuénod assume cette double fonction !

    Journaliste de profession et de surcroît…poète, comment ne se sentirait-il pas agressé par les horreurs de notre belle actualité ! Quand le journaliste ne peut que « balbutier les évènements » dans un article objectif, certes, mais peu propice à l’expression de sentiments personnels, la poésie, par contre, est bien cette « parenthèse de vie ouverte dans l’existence » et que l’on ne referme pas sans avoir crié toute sa révolte, sans avoir hurlé de la douleur d’autrui, sans avoir condamné la haine, la violence et le meurtre perpétué par des fous.

    « En état d’urgence », écrit après l’attentat du Bataclan, marque le chemin du poète d’une pierre noire, un chemin déjà et depuis longtemps jalonné de pierre semblables. Le poète ne cessera jamais de croire en l’Homme mais au prix de combien de désillusions ! Une vague d’amour passera toujours et repassera sur nos désespérances, et s’il n’en reste rien « qu’un peu de sel à nos âmes » remercions en le poète : il nous a montré la voie de l’honneur.

    Vital Heurtebize Président de « Poètes sans frontières »

     OÙ SE PROCURER LE BOUQUIN ?

     « En Etat d’Urgence » (15 euros) peut être commandé sur le site de Poètes sans frontières – L’Etrave en cliquant sur le lien hypertexte suivant :

     http://www.psf-letrave.fr/ds/nos-editions/989/-en-etat-d-urgence-jean-noel-cuenod/

     A Genève, il est disponible à la Libraire Le Parnasse, 6 rue de la Terrassière (Rive-Eaux-Vives, cyberadresse : leparnasse@vtxnet.ch)

     Plusieurs lectures-danses autour de ce livre sont prévues à Genève et à Paris pour le début 2018. Nous vous tiendrons au courant.

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  • Conte Délirant signé Le Plouc & Burlingue

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    Grâce à l’excellent éditeur Alain Miquel, Le Plouc a rencontré un compagnon de délire, Burlingue, alias Xavier Bureau, un dessinateur qui allie poésie, cocasserie, folie et talent. Rien que ça. Il va exposer à Paris à La Galerie des Patriarches, (12 rue des Patriarches, Ve arrondissement) du 23 novembre au 20 janvier[1]. Le vernissage se déroulera mercredi qui vient, soit le 22 novembre. Si vous êtes l’Hexagonale Capitale, poussez vos pas jusque-là, vous ne le regretterez pas.

    Ci-dessus, une gouache de Burlingue « Cavalcade » qui a inspiré au Plouc ce conte délirant.

    CAVALCADE  

    J’ai le mal de terre. Tous ces virages à tordre les boyaux du diable, ces épingles à cheveux qui vous défrisent, ces tournants qui vous tourneboulent. Il faut monter, que voulez-vous. Ne pas se contenter de la plaine pleine de vide. Là-haut, c’est mieux. C’est toujours mieux, là-haut. La vue y est dégagée. Mais dégagée pour aller où ? Hein ? Pour le savoir, il faut monter. Pas d’autre issue. Et on ne monte pas en ligne droite. Jamais. Impossible. Le plus novice des mulets le sait bien. Désignez-lui le sommet. Et il vous tracera le chemin. Mais en zigzag. La nausée, c’est le prix à payer pour s’extirper des émouvants marais mouvants du pays d’en-bas.

    Un puissant parfum de patchouli me fout la gerbe. L’odeur jaillit de la terre comme un geyser odorant. D’étranges visions palpitent dans l’air épais transformé en vaste écran de cinéma.

    Les femmes ? Où sont les femmes ? Je ne les vois pas ! Ah si, en voilà une, en tête du cortège, danseuse sur le cul d’un cheval de parade à la queue enrubannée. La belle – certes, je ne la vois pas bien mais elle ne peut être que belle, toutes les femmes sont belles quand elles dansent. Où en étais-je ? Elle me rend chèvre, cette Cavalcade... La belle, disais-je, brandit haut une ombrelle. Pour l’équilibre. Pas pour le soleil. Elle le précède, le soleil, tenu par un Africain en babouches, juste un peu plus loin. Les jambes nues de la danseuse forment un 4. Je me mettrai bien en 4 pour satisfaire ses 4 volontés aux 4 coins du monde. Elle est l’âme du corps animal. D’un coup d’ombrelle, elle ferait vaciller la planète. La force est dans la grâce, voyez-vous ? Non. Vous ne voyez rien. Bien sûr…

    Et le grand crétin en habit d’aristo qui la suit peut bien faire le chef avec son tricorne vissé sur sa tête de piaf, ses gestes véhéments et son jarret tendu, il n’est qu’un pantin qui reste de bois. Le chef serait plutôt l’Indien, avec sa cascade de plumes, tirant sur sa pipe sous un dais pour envoyer des signaux de fumée à un mystérieux correspondant. Juché sur son rhinoféroce blindé, l’Indien n’a plus besoin d’être chef. Il a dompté le corps animal et sait que seule la danseuse dirige l’univers. Il lui reste les plumes, certes. Pour faire joli. Sans plus.

    Le paon suit. Sternum faraud mais roue pliée. Pas même une roue de secours. Pas du tout une roue de secousse. Paon digne mais paon de peu.

     Et ce geyser de patchouli qui rejaillit encore plus fort… Si le ciel avait des aisselles, elles auraient cette odeur tenace, nauséeuse, capiteuse, stomacale. Fourrer son nez dans les aisselles du ciel… But de cette montée cavalcade ? En guise de touffes poilues, les nuages. Sous les nuages, la peau bleue souple comme la membrane d’un organe palpitant.

    Avant de renifler, il faut monter, monter en serpentant. Nous sommes tous des boas. Nos langues bifides captent les molécules divines dans les jets de patchouli. Le film continue sur l’écran du parfum.

     Un Louis XIV se balance dans son carrosse décapotable. Son engeance sera décapitée. Il n’en perd pas la tête pour autant. Il faut bien une tête pour porter la perruque, non ? C’est la perruque qui fait le roi. Plus de tête, plus de perruque. Plus de perruque, plus de roi. C’est net, simple tranché. Louis XVI ne l’avait pas compris. Où avait-il la tête ?

    Encore une femme, nous sommes sauvés ! Habillée comme une comtesse russe qui aurait pris le thé chez Tchekhov, elle conduit de son fessier magistral le dinosaure devenu doux comme un agnelet pour carte postale. Le monstre ne bouffe même pas l’agaçant roquet qui le devance. Castratrice, la comtesse russe ! Elles se sont fait la malle, les couilles du mâle. « Où est le mal ? » s’exclame la comtesse. « Il n’a même pas eu mal. Un petit couinement préhistorique et hop, les testicules ont rejoint l’espace quantique. Mon dino est désormais indéterminé. Mort et vivant à la fois. Ici et ailleurs en même temps. Un dino de Schrödinger » La comtesse russe a bien envie d’en faire de même avec Tchekhov qui a la chance d’être tout à fait mort.

     L’automobiliste en crayon à moteur négocie son virage. Mais vous connaissez les virages… Redoutables partenaires ! Le virage l’attend donc au tournant. Le juge, le jauge et ne laissera le crayonmobile poursuivre sa route que s’il signe un exploit. N’importe quel exploit.

    Tiré par une jument noire qui se cabre, le carrosse vide ressemble à un corbillard qui aurait laissé partir son cercueil. A moins que la cavale n’ait pris le mort aux dents.

    L’hyène cycliste est en position de sprinteuse. Et pourquoi n’y aurait-il pas d’hyène cycliste ? Nous avons bien eu jadis, au temps sartrien, une hyène dactylographe. Le vélo fait partie de l’hygiène des hyènes. Pourquoi tant d’hyènes dans le monde ? Ah ça, c’est une autre histoire… Ici, il n’y en a qu’une, qui cherche à dépasser tout le monde de façon subreptice. Une vraie hyène, quoi !

    Entre l’hyène cycliste et le filiforme qui court en dansant, il paraît perdu, le mégacéphale sans cou, sans épaules dont les bras et les jambes surgissent de sa tronche inquiète. Il est dépassé par les événements et ça le rend morose. C’est dur de se voir dépassé par plus rapide que soi. Mais l’être par les événements, quel sort funeste ! Vous voilà seul, sans événements. Vous n’êtes même pas dans un désert. Car un désert, c’est encore un événement. Vous n’êtes même plus un événement pour vous-même. Vous flottez dans un vide indéfini, infini. Fini, vous êtes.

    Chevauché par un autre Louis XIV emplumé, le coq géant caquette son agacement. Il s’en va piquer les minces fesses du filiforme, rien que pour passer sa colère d’être cornaqué par l’empanaché. Et puis, il ne peut pas y avoir deux Louis XIV. Cela ferait un Louis XXVIII. Et il n’y jamais eu de Louis XXVIII, relisez bien votre manuel d’histoire. Lorsque la cavalcade aura atteint ses sommets, il faudra couper la tête à ces deux Louis. Nous aurons ainsi un Louis 0. Et tout rentrera dans le désordre.

    Soyons juste et impartial. L’ire du coq a peut-être une autre origine. Un ange à roulettes piloté par un diablotin souffle de la double trompe dans le cul du gallinacé agacé. Il y a de quoi mécontenter le plus placide des monarques de la basse-cour, non ? D’ailleurs, même ceux de la haute-cour détestent qu’un ange – même à roulettes, même conduit par un sous-diable – leur souffle de la double trompe au prose ; ça leur donne des vers.

    Un souverain oriental portant barbe assyrienne, suivi de son esclave porteur d’ombre, traine toge et robe dans la poussière des chemins. Il s’en fiche. Ses esclaves feront la lessive. Un jour nous retournerons tous, esclaves et souverains, à la poussière originelle. En attendant, il y a ceux qui nettoient et ceux qui sont nettoyés. Nous ne sommes pas tous nés de la même poussière. Certaines sont plus légères que d’autres et lorsque le vent souffle, elles vont au ciel. L’égalité des poussières n’est pas encore à l’ordre du jour. Ni de la nuit.

     Le dinosaure qui suit le souverain oriental n’a pas de barbe, même assyrienne et arbore sur son dos saurien une crête de punk tout à fait démodée. Sait-il que depuis des lustres (en plastique, pas en cristal) les Sex Pistols ont débandé ? Mais non, il n’en sait rien, le dinosaure ! Vous avez vu l’étroitesse de son crâne ? Pas de quoi abriter des nichées de neurones.  Il n’est bon qu’à tirer la langue en même temps qu’un char portant un vase antique garni de fleurs du même âge et surmonté d’un dais dont les montants ne tiennent que par la force du Saint-Esprit. Il faut bien qu’il serve à quelque chose, le Saint-Esprit.

     Sain d’esprit, tel est Neptune chevauchant un paquebot. Pas que beau, le Neptune, bodybuildé, surtout. Sain de corps aussi. Les muscles roulent sous la peau comme des courants sous-marins. Dans cette chair abondante, des mystères aquatiques se meuvent avec force et délicatesse. De son trident, Neptune fera surgir des monstres marins lorsqu’avec la Cavalcade, il sera parvenu tout en haut, là où la mer et le ciel ne font plus qu’une même soupe d’âmes.

     Le fou mandoliniste, échappé sans doute d’un carnaval belge, danse les yeux fermés. Pourquoi belge ? N’avez-vous pas remarqué le lion flamand qui lui colle aux fesses d’un air narquois ?

    Comme tous les fous – les vrais, pas ceux qui se prennent pour des rois – son troisième œil, bien ouvert, suffit à lui montrer le chemin. C’est le seul qui permet de voir l’invisible. Il est préférable de laisser les deux autres yeux dans leur nuit, lorsqu’on veut atteindre le sommet où tous les mondes se rejoignent. Nécessité de la cécité.

     Un chien ferme la marche, tête basse, à la recherche d’une odeur perdue. Et un dragon, queue entre les jambes, regarde en arrière la plaine qui s’éloigne et s’estompe dans la poussière du soleil. Il me contemple courant en vain derrière ce cortège. Et je reste seul, seul, seul dans une plaine sans parfum.

     Jean-Noël Cuénod

    [1] La Galerie est ouverte du jeudi au samedi, tous les renseignements se trouvent sur le site www.galeriedespatriarches.fr ; adresse électronique : galeriedespatriarches@gmail.com.