Un plouc chez les bobos - Page 48

  • Service militaire obligatoire: la Suisse suivra-t-elle le mauvais exemple français ?

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    soldats.jpgLe Parti socialiste suisse a donc inscrit la suppression de l’armée à son programme et tant que celle-ci durera, le PSS propose de remplacer le service militaire obligatoire par un service volontaire. Pour les citoyens qui ont dû subir pendant des années les ordres stupides aboyés par des officiers aux neurones rares, l’idée paraît séduisante. Elle est pourtant fort mal venue.

    Sous la présidence de Jacques Chirac, la France a supprimé en 1997 le service militaire obligatoire (conscription). Plus précisément, elle l’a suspendu, la conscription pouvant être rétablie si la situation du pays l’exige. Pour tenter de combler le vide ainsi créé, les jeunes Françaises et Français sont appelés à participer à une seule journée — de 8 h. 30 à 17 h. — consacrée au thème «Défense et Citoyenneté». Cette manière de «course d’école» n’a rien de commun avec un «service national» quel qu’il soit.

    Certes, avant 1997, la conscription ne correspondait plus à grand-chose en France. En outre, les besoins de l’armée ont changé. Elle préfère de bons professionnels en nombre réduit plutôt que des bataillons d’amateurs tire-au-flanc. Le service obligatoire n’est donc plus un impératif pour atteindre des objectifs purement militaires.

    Il n’en demeure pas moins que sans lui, la Suisse perdrait l’une des rares occasions qui obligent des citoyens d’origines, de cultures, de langues, de religions diverses à collaborer, à s’entraider, à partager. Pester contre les corvées est aussi un élément fédérateur dans une société aussi hétérogène que la nôtre.

    Comme l’écrit Pierre Daninos, «le service militaire est une période où l’on mange très mal, mais qui nourrit les conversations pour toute la vie»! Il représente aussi un rite collectif de passage à l’âge adulte qui permet de donner à la société un de ces repères balayés par l’actuelle mondialisation sauvage.

     

    Aujourd’hui, ce creuset social manque cruellement à la France dont le modèle républicain d’intégration vole en éclats. Plusieurs voix, à droite comme à gauche, s’élèvent outre-Jura pour proposer des solutions destinées à combler cette lacune... Au moment même où les socialistes suisses s’apprêtent à jeter la conscription aux oubliettes!

    Abolir le service militaire obligatoire est une chose. Supprimer le creuset social qu’il représente en est une autre. Pourquoi ne pas concevoir un «service citoyen» destinés à renforcer les autorités municipales, cantonales ou fédérales, à épauler les œuvres d’entraide? Ce ne sont pas les tâches qui manquent. Il devrait concerner tous les jeunes, quel que soit leur sexe. Faut-il le rendre obligatoire? Oui, dans la mesure où cette contrainte s’appliquerait à toutes et à tous — sauf motifs médicaux — de façon égalitaire. Personne ne devrait échapper à cette prise de conscience que nous appartenons tous à une collectivité, au-delà de nos origines.

     

    Jean-Noël Cuénod

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  • Le jour où de Gaulle est vraiment mort

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     Le 9 novembre 1970, peu avant 20 h. un chêne s’abat au domaine de la Boisserie à Collombey-les-deux-Eglises. En vingt minutes, le général de Gaulle est terrassé par une crise cardiaque. Chaque Français de plus de quarante ans se rappelle aujourd’hui ce qu’il faisait au moment où la nouvelle de sa mort a frappé ses oreilles. Il en va ainsi de tous les grands moments historiques.

     degaulle.jpgPour Le Plouc, le jour où Charles de Gaulle est vraiment mort remonte au 8 janvier 2008. Nicolas Sarkozy organise alors sa première conférence de presse à l’Elysée. Impressionné, Le Plouc a mis son plus beau costume pour ne pas trop faire tache sous les ors et les lustres de la grande salle de l’Elysée.

     

    Il imagine l’imposante silhouette du Général donnant ses célèbres conférences de presse menée de main de maître. C’est là que le fondateur de la Cinquième République, avec un art consommé du théâtre, a expliqué comment il allait sortir la France de son cauchemar algérien, pourquoi lui, l’homme de la France Libre, se dressait contre l’allié américain et comment il entendait faire de la France une puissance nucléaire.

     

    Mais voilà Le Plouc tiré de sa rêverie dans les altitudes. Entre deux tics d’épaule, le président Sarkozy lâche cette sentence: « Avec Carla, c’est du sérieux ! »Sarkocarla2.jpg

     

    La vraie rupture était consommée. Passant du théâtre classique à la discothèque, la grandeur de la France devenait une vieille lune.

     

    Jean-Noël Cuénod

  • Rousseau, Sarkozy, Hu Jintao et le Foron

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    Pour remercier Nicolas Sarkozy de son accueil impérial, le président chinois Hu Jintao a célébré les penseurs français, citant le premier d’entre eux, Jean-Jacques Rousseau. Oui, NOTRE Rousseau cantonal, qui, au bas de sa signature ne manquait pas d’ajouter, « Citoyen de Genève ». Histoire de démontrer qu’il appartenait au gratin rouge et jaune.


    Sans doute Sarkozy a-t-il été surpris : «Pourquoi c’te Chinois est-ce qu’il cite-t-il un vieux champion d’Europe de natation ?» Il faut dire que l’Hyperomni n’a pas encore fini de colorier « Le Contrat Social » que lui a offert Carla. C’est Michel Rousseau qui va être étonné lorsqu’il recevra la légion d’honneur au titre de l’amitié franco-chinoise !


    Mais revenons à Jean-Jacques, naturalisé Français par la volonté de Pékin. Cette annexion est-elle si baroque ? Après tout, s’il était resté à Genève, Rousseau serait devenu un horloger sachant rédiger des lettres bien tournées et non ce penseur qui a secoué le monde jusqu’à la Chine contemporaine. Alors, serait-il définitivement Hexagonal ? Non. Un Français de l’époque, élevé dans une monarchie absolue et au sein d’une religion unique, n’aurait pu connaître ce foisonnement antagonique d’idées qui traversait Genève et ses environs. Son propos comme son style en aurait été forcément différents. Et c’est cette musique particulière qui a fait le succès de Rousseau en dehors des frontières. Rousseau a séduit Paris parce que, Genevois, il apportait un ton qui tranchait sur celui des autres écrivains. Mais sans Paris, il n’y aurait pas eu Rousseau.


    Considéré de Chine, le Foron ne constitue même pas un ruisseau, tout juste un filet d’eau, invisible à l’œil nu et bridé ; il ne saurait séparer Foron.JPGque des microbes. 

    Jean-Noël Cuénod

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  • Les Lumières sont de plus en plus tamisées

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    Sale temps pour la Raison. Les Lumières nées au XVIIIème siècle tremblotent sous le coup des vents mauvais de l’obscurantisme, quand elles ne sont pas tamisées, voire éteintes par des délires d’ordre — ou plutôt de désordre — politico-théologique.

     C’est vrai qu’elle est ennuyeuse, pour ne pas dire plus, la Raison. Au lieu de vous narrer des contes à tuer debout, elle vous invite à réfléchir avant de hurler et de tirer. Elle remplace les images fortes par la pensée subtile, l’émotion par la réflexion, la distraction par la concentration. Quelle barbe! L’idéologie «brutaliste», qui tend aujourd’hui à étendre partout son empire d’étincelles crépitantes, se révèle tellement plus séduisante, plus captivante, plus ludique aussi. Elle se résume à ce court-circuit mental: tout ce qui est différent est ipso facto mon ennemi et, comme tel, doit être supprimé.

    Le «brutalisme» a l’avantage de coller à tous les masques qu’ils soient de gauche ou de droite (plutôt de ce côté pour l’instant, mais cela peut changer), chrétien, juif, musulman ou athée. Et se déploie avec des formes différentes tant dans les dictatures qu’au sein des démocraties.

    L’intégrisme musulman est la figure la plus spectaculaire du «brutalisme». Il n’est de vérité que dans l’Islam. Ceux qui se situent en dehors doivent être éradiqués. Les chrétiens arabes en font régulièrement  l’amère expérience. A cette «christianophobie» proche-orientale, répond une «islamophobie» occidentale, moins sanglante, certes, mais tout aussi stupide, comme l’illustrent ces «brutalistes» américains accusant Barack Obama de professer l’Islam.
    Il est vrai qu’en matière d’occultation de la pensée, la première puissance de l’Occident sait se montrer performante. Lors des récentes campagnes électorales,  les partisans des «tea parties» ont repoussé les bornes de la bêtise de plusieurs kilomètres.

    Entre parenthèses, cela démontre la nocivité du thé sur l’intellect, par rapport à d’autres breuvages autrement plus spiritueux!

    Cette tendance n’est pas qu’une expression ultraminoritaire, comme l’indique ce sondage de l’Institut Harris annonçant que 14% des Américains – ce taux grimpe à 24% chez les électeurs républicains   se disent persuadés qu’Obama est l’antéchrist. Ils le clament même sur leurs maillots (photo). ¨

    obama antéchrist.jpg

    Voyons… Voyons… Que faisait dire l’inoubliable Michel Audiard à Lino Ventura dans les « Tontons Flingueurs » ? Vite un petit tour sur DailyMotion : 
    « Les cons, ça ose tout et c’est même à ça qu’on les reconnaît »... Tout juste ! Le Plouc remercie dailymachin. Non seulement, ça ose tout, mais encore, ça s’affiche...


    Les racines du «brutalisme» à l’occidentale sont bien connues. La mondialisation sauvage des échanges économiques a entraîné la paupérisation d’une part importante des classes moyennes dans les pays industrialisés. C’est une chose de rester confiné dans la pauvreté. C’en est une autre d’avoir grimpé les échelons de la société, puis d’être rejeté au bas de l’échelle. L’amertume en est d’autant plus intense. Le réflexe premier est alors de s’en prendre à ceux qui se trouvaient déjà au sol, les étrangers, les exclus avec lesquels, on ne veut surtout pas être confondus, car l’espoir de remonter un jour persiste.

    L’Histoire nous a montré où le «brutalisme», par un enchaînement fatal, se termine. Mais il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre les leçons du passé.

    Jean-Noël Cuénod

    (Version enrichie pour le ouèbe du texte paru jeudi 4 novembre 2010 en rubrique "Perspective" de la Tribune de Genève et en rubrique "Réflexion" de 24 Heures).

  • Georges Haldas en état éternel de poésie

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    L'écrivain et poète  genevois Georges Haldas est décédé dimanche 24 octobre 2010 à l'âge de 93 ans et ses obsèques ont eu lieu vendredi 29 à Lausanne (ATS).

    Haldas.jpgGeorges Haldas ayant embarqué vers l’autre rive, Genève a gagné une ombre de plus. Une de ces ombres qui, de Rousseau à Bouvier, créent sa vraie lumière, celle des enseignes luxueuses et bancaires n’étant que des reflets grelottant dans la rade.


    Cette Genève-là, toute de fric et de troc, Georges Haldas avait sa myopie pour s’en protéger. Son regard courait tellement plus loin, plus profond, plus haut. Il a surpris – comme l’on surprend une femme au sortir du bain – la poésie de la ville sur une terrasse de bistrot, quai du Seujet, dans les clameurs du stade des Charmilles, au sein de la ferveur des meetings de Léon Nicole, sous un arbre laissé seul dans un terrain vague, au fond d’un verre de blanc embué par la fraîcheur. La poésie est partout. Mais partout, elle se cache, sans se dérober. Il suffit d’un regard pour la débusquer.


    L’émotion confuse a pris forme et s’est faite chair. Haldas est devenu le poème, plus que son auteur. L’état de poésie – pour reprendre le titre d’un des cycles de son œuvre – est le mystère d’une incarnation qui n’est pas réservée qu’au Christ. Rien n’est plus contraire à sa démarche qu’une poésie dégradée en passe-temps élitaire, en loisir amusant pour tour d’ivoire plongée dans un ennui distingué. Elle a du coffre et de l’odeur, l’écriture de Georges Haldas. Et l’état de poésie n’est pas qu’un état d’esprit, c’est avant tout un état d’être.


    Dans l’un des poèmes de Sans feu ni lieu (Age d’Homme), Georges Haldas prend à partie cette...

     
    Ombre


    Avec tes ponts sans fin
    Tes couloirs ton silence
    Où je vais maintenant
    Une lampe allumée
    Et suivant mon passé
    Qui marche devant moi
    Sans rien me demander
    Sans daigner me répondre
    Indocile à la voix
    Se retournant parfois
    Pour voir si je suis là.


     Genève n’en a pas fini avec Georges Haldas. Son ombre se retournera souvent.

     

    Jean-Noël Cuénod

    (Editorial paru vendredi 29 octobre dans la Tribune de Genève)

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  • France malade de ses deux jeunesses

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    Le mouvement social qui perdure en France dépasse de plusieurs coudées son sujet initial de mécontentement, à savoir la réforme des retraites. Il devient le révélateur de tous les malaises qui parcourant ce pays qui, comme tous les autres, affronte plutôt mal que bien la globalisation sauvage de l’économie.
     Ainsi, les manifs de mardi 19 octobre ont-elles illustré de façon spectaculaire ce thème bien connu d’une division radicale dans la jeunesse française entre casseurs et manifestants. De nombreux ouvrages de sociologie ont décortiqué ce phénomène mais y être confronté directement, dans la rue, lui donne un surcroît de réalité.

    Le manifestant lycéen se saisit de la réforme des retraites comme il en prendrait d’autres. La manif est pour lui — et pour elle, car les filles sont les plus déterminées dans les cortèges — une sorte de rite de passage vers l’âge adulte. Toutes les générations ont connu cette phase. Durant l’entre-deux-guerres, la jeunesse contestataire descendait dans la rue pour ou contre le fascisme.

     Mai-68 s’est attaqué à la société de consommation. Puis vinrent les années plus pragmatiques et moins idéologisantes des défilés contre les réformes touchant l’université ou les jeunes travailleurs. Dans les manifs actuelles, les lycéens et les étudiants apprennent à gérer les rapports de force politiques et sociaux, comme leurs aînés. Cela fait partie de leur apprentissage de femmes et d’hommes.

    Le casseur, lui, se perçoit d’emblée comme un exclu qui vit, le plus souvent, dans des quartiers rejetés à la marge des «vraies villes». Sa rage vise encore plus le manifestant que le policier. Il voit dans le lycéen, celui qui détient les codes d’accès pour l’avenir et qu’il ne possédera jamais. Le casseur est privé de parole. La bande qui a attaqué, mardi matin, les lycéens qui bloquaient la place de la République à Paris ne revendiquait rien. Elle cognait, c’est tout. Désespérance à l’état brut. Sans mot. Pour le casseur aussi, ce genre d’opération marque un rite de passage. Mais un passage pour aller où?

    C’est un mur de silence qui sépare ces deux jeunesses. Elles n’ont rien de commun, même pas le langage. «Mais je ne comprenais rien à ce qu’ils disaient!» nous expliquait une lycéenne de 16 ans après l’agression qu’elle et ses camarades ont subie place de la République.

    Les manifestants d’aujourd’hui savent que la paupérisation les guette. Mais ils pourront placer des mots sur leurs maux, ce qui leur permettra de se faire entendre. Les casseurs, eux, resteront dans leur mutisme bouillonnant.

    (Ce texte est paru jeudi 21 octobre 2010 en rubrique "Perspective" de la Tribune de Genève et "Réflexion" de 24 Heures.)

     

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  • Brice Hortefeux et Rachida Dati, mariés par l’inconscient?

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    DatiHortefeux.jpgCes deux-là se détestent, aux yeux de tous. D’ordinaire, les ministres se plantent des couteaux dans le dos – ils n’y peuvent rien, c’est l’instinct qui parle – tout en se faisant des risettes par-devant. Mais lorsque Rachida Dati s’occupait encore de la garde des sceaux (ces derniers ne s’en sont pas encore  remis), elle et son collègue Brice Hortefeux ne se contentaient pas de jouer du poignard façon hypocrite. Ils s’envoyaient plein de crochets à la face et en public.

    Ainsi, lorsque Hortefeux-de-bouche s’est mis à confondre Arabe et Auvergnat dans sa célèbre diatribe de haute volée: « Quand y en a un, ça va. C’est quand y en a plusieurs que ça va pas », Rachida traitait le ministre de « gros raciste » auprès de son entourage. Ce qui n’a pas manqué de filtrer dans les gazettes.

    Réponse du berger auvergnat à la bergère en cuissardes Dior : en mars dernier, Brice Hortefeux a brutalement privé Rachida Dati  - poussée hors du gouvernement après avoir cassé toutes les assiettes du ministère de la Justice - de sa Peugeot 607 et de ses trois gardes du corps. Rachida a dû se contenter de la Laguna fournie par sa mairie du VIIème arrondissement parisien. Le Plouc reste confondu devant un tel acte de cruauté. Il faut dire que la victime était accusée d’avoir répandu des vilenies sur le couple présidentiel, ce qui expliquerait cette douloureuse amputation de Peugeot 607. Bien sûr, Rachida a nié ces accusations en faisant porter la responsabilité de son martyr sur le seul Brice.

    Donc, lorsque le nom d’Hortefeux est apparu parmi les candidats pour remplacer François Fillon à la tête du gouvernement, Rachida Dati a fait savoir devant les micros que choisir un tel premier ministre serait du dernier sinistre.

    Rappelons pour la bonne bouche que l’ancienne figure de la diversité sarkozyste, a fait rire la Francophonie en confondant « inflation » et « fellation ». Sans doute était-elle éblouie par son retour devant les projecteurs. Son ennemi intime n’a pas manqué de se payer la tête de l’imprudente à la langue qui fourche.
    Mais voilà que lui-même est tombé dans un piège freudien en parlant d’  « empreintes génitales » au lieu d’empreintes digitales.

    Ces deux bourdes à connotation ollé ollé démontrent que le pouvoir ne monte pas qu’à la tête. Il s’arrête aussi à mi-chemin. Mais allons plus loin. Ces sexogaffes commises presqu’en même temps ne dévoilent-elles pas la connivence qui lie secrètement ces deux fauves? Leur inconscient bouillonne – qui sait ? – d’une passion réciproque. Et a force de bouillonner, cet inconscient espiègle déborde sur les zones langagières des deux cerveaux pour les faire dérailler.

    Alors, marions-les. Et nos deux zélus zémus auront beaucoup de petits lapsus.

    Jean-Noël Cuénod

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  • Manifs parisiennes contre la réforme des retraites : notre palmarès des pancartes

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    mardi19oct10NuitduFouquets.jpg

    Le Plouc vous offre son palmarès de pancartes, à peine extirpé des deux cortèges parisiens contre la réforme des retraites, ce mardi après-midi.


    La plus rabelaisienne :


    En haut, couilles en or
    En bas, nouilles encore

    La plus bucolique :

    Les jeunes au turbin
    Les vieux au jardin

    La plus hygiénique :

    Retrait de la réforme
    Retraite en pleine forme

    La plus fumante :

    Sarko nuit gravement à notre santé

    La plus sarkofestive :

    Elle est bientôt finie, cette nuit de Fouquet’s ?

    La plus agacée :

    Une vraie retraite pour les vieux, un vrai travail pour les jeunes, retraite à 55 ans pour les présidents de la République pénibles.

    La plus statistique :

    La retraite à 62 ans selon la police, 60 ans selon les manifestants.


    La plus genevoise :

    « On a tout avec de l’argent, hormis des mœurs et des citoyens. » Jean-Jacques Rousseau.

    La plus lausannoise :

    « Que l’autorité se borne à être juste. Nous nous chargeons d’être heureux ». Benjamin Constant.

     

    Jean-Noël Cuénod

    Et voici quelques photos prises au vol à Paris entre la Place d'Italie et les Invalides par Le Plouc.

    Cette grande marionnette est actionnée par les comédiens du Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine. Sans doute, représente-t-elle la République en marche.

    mardi19oct10LaMarionetteRépublique.jpg

    Et voilà un Jacobin qui veut limiter son nombre de balais même si l'envie de balayer le gouvernement lui monte au bonnet phrygien.

    mardi19oct1060Balais.jpg
  • Le destin des Juifs entre exil et savoir

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    prigogine.jpg 

    Pour le peuple de Moïse et de la Thorah, le XXème siècle fut celui de tous les paradoxes, des plus monstrueux aux plus enthousiasmants, de la Shoah à la renaissance d’Israël, sans oublier l’apport décisif des savants juifs aux sciences modernes. Jamais un peuple aussi petit par le nombre n’a donné au monde autant de semeurs de connaissances. (photo: Ilya Progogine, prix Nobel de Chimie en 1977 qui a, notamment, étudié la question de la flèche du temps)

    Pour s’en convaincre, il faut lire le nouveau livre du Genevois Isaac Benguigui, «Les Nobel juifs de chimie - Le partage du savoir au XXème siècle» qui vient de paraître aux Editions Slatkine. Rappelons que ce physicien et historien des sciences enseigne depuis vingt ans à l’Université de Genève, fut chercheur au Fonds national suisse de la recherche scientifique et chercheur-associé à l’Université californienne de Berkeley. Il connaît donc la terrifiante et enivrante musique des équations.

    «Le nombre de Juifs dans le monde est d’une quinzaine de millions sur une population mondiale qui dépasse les six milliards, soit moins d’un quart de pour cent (0,25%). Et on compte 23 lauréats juifs du Prix Nobel de chimie sur un total de 133, soit plus de 17%, c’est-à-dire 68 fois plus proportionnellement», note Isaac Benguigui.

    Il y a sept ans, lors d’un précédent ouvrage («Les Juifs et la Science» aux Editions Slatkine), l’auteur dressait un constat semblable concernant la physique: sur 162 prix Nobel attribués dans cette discipline, 33 l’ont été à des scientifiques juifs, soit 20% des physiciens couronnés. On retrouve donc un pourcentage à peu près équivalent en physique et en chimie. Cela ne doit sans doute rien au hasard.

    En brossant le portrait des 23 chimistes juifs «nobelisés», Isaac Benguigui remarque: «La plupart de ces savants juifs sont des exilés», écartelés entre le pays qu’ils ont quitté et celui qui les accueille plus ou moins bien. «A la douleur de cette séparation et de ce déracinement s’ajoute l’urgence d’une nécessaire intégration et d’un dépassement de soi-même (...) C’est cet écartèlement qui contraint à établir des choix et qui constitue une forme de ressort intérieur donnant l’énergie nécessaire pour faire autant sinon mieux que si la voie était toute tracée. Cette quête perpétuelle du savoir a toujours été, tout au long de leur histoire plusieurs fois millénaire, le bien le plus précieux des Juifs (...) Ces conditions ont été de nature à encourager les Juifs, souvent des immigrés, à se réfugier dans la science, supposée de nature objective et universelle».

    Mais rien n’est inexorable: «Depuis les années 1980, les étudiants asiatiques ont remplacé les étudiants juifs dans le domaine des sciences au sein des universités américaines les plus prestigieuses». L’auteur souligne ce nouveau paradoxe: «Les Juifs luttent pour être comme tout le monde et, le but atteint, ils perdent leur identité et concurremment leurs racines, qui ont fait leur spécificité».

    «Il y a un temps pour tout» dit L’Ecclésiaste, ce Livre du Premier Testament qui se nomme Qohelet en hébreu. Dans les sciences, il y a eu le temps des Lumières d’Europe, celui des Juifs. Demain peut-être, viendra celui des Asiatiques. L’important demeure le savoir partagé, au service du bien commun.


    Jean-Noël Cuénod

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  • Quand la retraite angoisse les jeunes Français

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    GroupeLycéens.jpgUn long ado à la chevelure bouclée brandit une pancarte: «60 ans, ça suffit!» Il n’est pas le seul. Au moins 20 000 lycéens et étudiants ont participé, mardi, au cortège parisien contre la réforme des retraites. Pourquoi, diantre, ces filles et garçons de 15 ans se soucient-ils d’une échéance qui tombera dans 45 ans, ou plutôt… 47 ans?

    C’est bien une question de soixante-huitard, ça! Les jeunes de cette époque se mobilisaient contre la dictature de Franco et la guerre au Vietnam. La contestation mondialisée était un luxe qu’ils pouvaient s’offrir. Les dirigeants d’entreprise faisaient la queue devant l’Université ou les écoles techniques pour s’arracher les diplômés. Et même ceux qui avaient échoué aux examens retombaient sur leurs pattes. L’économie avait soif de bras et de cerveaux. Les étudiants d’alors avaient l’embarras du choix. En France, ceux d’aujourd’hui, n’ont plus d’autre choix que l’embarras. Alors que l’économie s’est mondialisée, leur contestation vise désormais le quotidien et la proximité.

     


    25% des jeunes adultes touchent des allocations de chômage. Ce taux d’inactivité est sans doute encore plus élevé, tous n’ayant pu s’inscrire dans les Pôles Emploi. Afin de garnir leur curriculum vitae, ils enchaînent les stages non-rémunérés en entreprise où ils sont taillables, corvéables et jetables. Et de stage en stage, l’espoir d’être engagé diminue.

    C’est ainsi que de nombreuses familles continuent à héberger leur rejeton de 27 ans, bardé de diplômes universitaires. Décrocher un travail à la hauteur de cette formation tient de la loterie. Et si la diplômée — les jeunes filles sont encore plus mal loties — postule un emploi subalterne, l’employeur la renverra avec ces mots: «Désolé, mais vous êtes surdiplômée pour ce poste.» Nul besoin d’avoir décroché un master de sociologie pour faire caissière. En regagnant son domicile, la chômeuse surdiplômée ou le chômeur surformé enragera peut-être en voyant son copain de bac à sable frimer avec sa nouvelle Audi, achetée à la sueur de ses ventes d’herbe qui font rêver. Pour ceux-là, le «bizness» tourne à plein régime.

     La réforme des retraites est devenue le symbole de cette impression de «déglingue» du présent et de l’avenir qui accable une grande partie des jeunes. Les engager à travailler plus longtemps alors qu’ils vont se casser le nez sur le mur de l’emploi est perçu par ces manifestants juvéniles comme une provocation, voire une absurdité.  Cette situation n’atteint pas que les  catégories les plus défavorisées. L’insidieuse paupérisation franchit l’un après l’autre les barreaux de l’échelle sociale. Les classes moyennes en sont de plus en plus affectées. Dès lors, contrairement aux «paroles verbales» du premier ministre François Fillon qui accusaient les socialistes de pousser lycéens et étudiants à la rue, ceux-ci n’ont nul besoin d’un appel du PS — dont ils se moquent comme de leur première console Nintendo — pour crier leur angoise.

    Et ce mal-être de la jeunesse française ne s’éteindra pas avec la fin des manifs antiréformes.

     

    (Ce texte est paru jeudi 14 octobre 2010 en rubrique "Perspective" de la Tribune de Genève et "Réflexion" de 24 Heures.)

     

    Jean-Noël Cuénod

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  • L'émission du Plouc et "Circonstances"

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    L'émission de France-Culture "ça rime à quoi?" consacrée au Plouc et à son bouquin Circonstances a donc été diffusée samedi de 21 h. à 21 h. 30., Chacun peut l'écouter en cliquant sur ce lien: http://www.franceculture.com/emission-ca-rime-a-quoi-jean-noel-cuenod-poete-journaliste-2010-10-09.html

    Et voici un extrait de Circonstances (Editions Samizdat, éditrice Denise Mützenberg-Genève)

    UN TEMPS DE RAT

    Il fait un temps de rat

    Et d'arrière-chevaux

    A courir sur les toits

    A déchaîner les loups

                                

                                    Il fait un temps de quai

                                    Sans mer ni amarres

                                    A noyer ses chiens

                                    A prier la lune

     

    Il fait un temps de sang

    Sans roi ni soleil

    A hurler au ciel

    A mourir au matin

                               

                                   Il fait un temps de pain

                                  Et de vignes sacrées

                                 A briser ses miroirs

                                 A brûler ses masques

     

    Jean-Noël Cuénod

  • Un Plouc à France-Culture

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    Le Plouc cause dans le poste à France-Culture, dans l'émission "ça rime à quoi?" consacrée à la poésie, samedi 9 octobre de 21 h. à 21 h. 30. Voici la présentation de l'émission sur le site de France-Culture.

    Jean-Noël Cuenod, poète, journaliste

    09.10.2010 - 21:00

    Jean-Noël Cuenod pour Circonstances, recueil publié aux éditions Samizdat.

    Ce titre « Circonstances », au pluriel, dit le poème bien sûr de circonstance,

    mais aussi la force d’une poésie au présent, qui entend tenir parole

    – car circonstance vient de circumstare : « se tenir debout ».

     cuenod.jpg

    Jean-Noël Cuenod ©DR

     

     

    Ecrivain, poète et journaliste,  Jean-Noël Cuénod est né à Genève. Correspondant à Paris de la «Tribune de Genève» et de « 24 Heures ».

    Il a reçu le prix de l’information locale offert par la Fondation BZ à Berne en 1993, ainsi que le prix de l’information médicale de la Fédération des Médecins Suisses, en 1995, avec sa regrettée consoeur Danièle Weibel.

    En 2003, avec sa compagne Christine Zwingmann, il a obtenu la Médaille Littéraire du Sénat (français), remise le 6 juin 2003 à la Salle Gaveau à Paris pour leur livre de poésie « Amour Dissident » publié par Editinter (Paris).

    "La vie d’un journaliste est traversante. Et en traversant les existences qu’elle côtoie, elle les reçoit comme des coups, comme des cadeaux, comme des preuves de haine et d’amour. En partageant le quotidien de l’autre si prochain, et du prochain si autre, lors des reportages ou des analyses d’événements, le journaliste absorbe et restitue.

    A chaque fois, il est atteint. La douleur humaine en lui s’accumule. Mais il doit s’efforcer de la faire taire. Savoir brider - brimer ? - l’émotion qui risque de submerger et d’emporter au loin les raisonnements. Voire, la raison. Le journaliste n’est qu’un truchement, rien de plus. Au mieux, un porte-voix. Et encore…

    Alors, il faut bien que ce trop-plein déborde quelque part. Ce quelque part se situe en poésie. C’est par ce langage qui combine le son et l’écrit, le nombre et la lettre que le fait rapporté objectivement se transforme en fait vécu pleinement. Le réel devient mythe et devenant mythe n’en est que plus réel.

    Tous ces textes ont été inspirés directement par le reportage, ou indirectement par le biais d’interviews de témoins ou d’analyses de dépêches d’agence. Certains, rares, sont issus d’une expérience uniquement personnelle.

    Il s’agit donc de « poèmes de circonstance », pleinement assumés comme tels."

    Programmation musicale:

     "Another Childhood" de et par Claude Tchamitchian CD EMOU

    "Music from films you should have seen"  de Simon Fisher Turner CD Optical Sound 2009

     

     

    Thèmes : Littérature| Poésie| Jean-Noël Cuenod

  • Le nomade d’en haut et le nomade d’en bas

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    John et Janos ne se connaissent pas. Et ils ne risquent guère de se rencontrer. Tous deux, pourtant, sont des nomades. John, le courtier. Janos, le vannier.

    John court ou plutôt vole de capitale en capitale. Un jour à Shangaï, le lendemain à Singapour, dans une semaine à New-York après une escale à Bombay. Mais il ne fait pas que se déplacer physiquement. En pianotant sur son ordinateur portable dans un palace de Tokyo, le voilà qui achète des obligations brésiliennes à la bourse de Francfort.

    Janos, lui, voyage autant mais moins vite et moins loin. Avec femme et enfants, il taille la route en compagnie de son cousin Radu qui a réussi — Dieu sait comment — à mettre la main sur une Mercédès hors d’âge. Pour Janos et les siens, il n’est plus question de rester à Csavas, ce village de la transylvanie roumaine où les Roms comme eux sont parqués à l’écart de la bourgade, sur une pente qui charrie des torrents de boue à chaque averse. Ce n’est pas en vendant ses paniers au marché que Janos fera bouillir la marmite. Sortir de Csavas relève de l’urgence.

     


    John veut également quitter son domicile londonnien de Kensington. La nouvelle taxe qui frappe les «bonus» des courtiers — pardon, des «traders» — le met hors de lui. Et hors de l’Angleterre. Il hésite entre Genève et la Riviera vaudoise. Certes, y dénicher un logement où se poser entre deux jets ne se fait pas d’un claquement de doigts. John n’est pas le seul «businessman» à choisir les rives enchanteressses du Léman pour s’y réfugier. Mais avec son matelas de «stock-option», il trouvera bien un toit à sa mesure.

    «Genève», «Lausanne», ces villes sonnent agréablement aux oreilles de Janos qui veut persuader Radu de se diriger vers ces cités où coulent l’or et les diamants. Franchir la frontière entre la Haute-Savoie et Genève est facile. Y rester, c’est autre chose. Radu, en râclant son violon dans les Rues-Basses, s’est fait pincer par les flics. Et voilà donc Janos, son cousin et sa famille sur les routes françaises. A peine ont-ils posé leurs fesses sur une aire de stationnement que d’autres flics les chassent ailleurs.

    John, de son côté, a pris rendez-vous avec son avocat. Un procureur de New-York lui cherche des poux dans le «brushing». Bien sûr, qu’il a refilé à ses clients des actifs pourris dans le contexte des «subprimes»! Il a fait comme tout le monde. Son avocat à 4000 francs l’heure la rassure: pour un seul Madoff embastillé combien de «traders» blanchis…

    Janos traficote aussi. Un vol à la tire par ci. Une revente de ferraille volée par là. Janos n’est pas un ange. La sainteté est un luxe impayable. Stupidement, il tombe en fourgant une montre dérobée la veille. Il nie l’évidence. Les policiers haussent les épaules, signent des papiers. Le nomade d’en bas est jeté dans une cellule. Les gardiens lui ont laissé la photo de son petit Babik, 4 ans, qui mendie à Paris avec sa mère.


    John vient de recevoir un courriel de son ex-femme Marylene avec, en fichier attaché, la photo de son fils Kevin, 20 ans. En regardant les Alpes par la fenêtre, le nomade d’en haut songe: «Je ne l’ai pas vu grandir".

     

    Jean-Noël Cuénod

  • Rachida Dati a la langue qui fourche

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    Rachida Dati l’avait sur le bout de la langue, ce mot « inflation » à placer dans une interview télévisée. Mais c’est un autre qui est venu : « Je vois certains qui demandent des taux de rentabilité à 20-25%, avec une fellation quasi nulle... ». Le succès est immédiat. En unité de bruits médiatiques, cette interview – qui aurait dû passer inaperçue – remet en selle l’ex-garde des sceaux et des sacs Vuitton. Voilà un lapsus qui rapporte gros. Tapez le mot « fellation » sur Google et vous verrez le nom Rachida Dati se placer en quatrième position.
     
    C’est l’occasion pour tous les sites de la Toile de rappeler les lapsus les plus célèbres : le fameux « Moustaku » de l’éternel ministre de la mousse-ta-culture Jack Lang qui décorait Moustaki, le pâtre grec le plus célèbre de l’Ile Saint-Louis ; l’inoubliable cri du… cœur de Robert-André Vivien, député gaulliste : « Enfin Monsieur le Ministre, durcissez votre sexe, heu pardon, votre texte » à l'occasion d'un débat parlementaire sur la classification des films pornos en 1975. Mais dans ce cas, le lapsus n’est pas certain. Il est possible que ce député – amateur de calembours olé-olé- se fût volontairement trompé, à la suite d’un pari conclu à la buvette parlementaire !

    En Suisse, Couchepin avait également passé de Mörgeli à Mengele. Ce qui prouve que même en se trompant les politiciens suisses sont moins rigolos que leurs collègues français. A moins qu’ils ne se mettent à délirer en suisse-allemand comme Hans-Rudolf Merz à propos d’une histoire de viande salée (et non pas une histoire salée de viande). Mais là, c’est le bruit que fait son dialecte qui est drôle.

    Rachida Dati n’est donc pas la seule dont la langue, pourtant bien pendue, fourche. Ce qui peut faire mal. Il semble même que ces lapsus deviennent de plus en plus fréquents. Une explication saute aux yeux : les mini-caméras et  l’Internet diffusent aujourd’hui ce qui n’était connu, naguère encore, que d’un petit cercle de rieurs sous capes. Mais il en est une autre : les interventions des politiciens sont aujourd’hui calibrées au millimètre par les conseillers médias. Ce qui rend la parole de nos chers zélus aussi intéressante que la lecture à haute voix de la Pravda des années Brejnev. A force de débiter leurs discours creux, les raboteurs de langue de bois ne pensent plus à ce qu’ils disent. Et disent alors vraiment n’importe quoi.

    Jean-Noël Cuénod

    Puisque vous avez été sages voici les deux vidéos, celle de Rachida Dati et celle de Hans-Rudolf Merz.
    Lapsus: Dati confond "inflation" et... "fellation"
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  • Deux beaux films d’amour noir

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    Deux films fort différents l’un de l’autre ont marqué la rentrée sur les écrans parisiens. Deux beaux films d’amour noir: «Des dieux et des hommes» de Xavier Beauvois et «Le bruit des glaçons» de Bertrand Blier. Ou plutôt, deux films d’outrenoir, comme le formule le peintre Pierre Soulages qui nous fait voir la lumière et ses chatoiements derrière les vibrations des ténèbres.

    L’un se confronte au terrorisme; l’autre danse avec le cancer. Le mal collectif et le mal individuel. En les tressant, voilà qu’apparaît la trame du destin tragique de la face riche de la planète. La face pauvre, elle, est submergée par tant d’autres maux...

    Du tréfond de chacun des acteurs, Xavier Beauvois a fait émerger la part divine, ce noyau insecable qui est l’Etre en soi, au-delà de tous les masques. «Des dieux et des hommes» va donc plus loin et surtout plus haut que l’évocation du martyr subi en 1996 par les sept moines du monastère de Tibéhirine, dans l’Atlas algérien. Les assassins sont-ils les terroristes qui tuent les hommes de Dieu au nom de Dieu? Ou les militaires à la solde d’un pouvoir corrompu? Le film ne livre aucune réponse prête à l’emploi. D’ailleurs, aujourd’hui encore, les circonstances du massacre de ces moines de l’Ordre cistercien-trappiste restent floues.

    Placés face à la mort, tant par les djihadistes que par les officiers, les moines doivent lutter avec ce dilemme: partir et survivre ou rester quitte à en mourir. Même pour ces hommes habités par la foi, le débat remue en eux l’effroi, le doute, l’angoisse. Certains seront tentés de regagner la France. Mais aucun ne franchira le seuil du monastère. Ils resteront par fraternité envers les villageois de Tibéhirine  qui, eux aussi, endurent les violences de part et d’autre. Mais ils refuseront aussi de partir pour s’affirmer en tant qu’hommes libres et pour témoigner que l’amour ne fuit pas devant la haine. Les moines sont morts. Qu’ils vivent en chacun de nous et la mort sera terrassée.

    Le triangle vital

    Dans «Le bruit des glaçons», le héros qu’incarne Jean Dujardin n’a, lui, rien de sublime. Du moins en apparence. Il s’agit d’un écrivain alcoolique accroché à son ego et à sa bouteille de blanc nichée dans un seau à glace. Son cancer, interprêté par Albert Dupontel, sonne au portail de sa belle maison. La mort a la mine d’un quadragénaire en costume trois pièces. Le cancer et son hôte s’apprivoisent, se détestent, renouent, s’attendrissent, s’insultent et luttent sans répit.
    Alors que l’écrivain va céder à son ennemi et lui lâcher sa vie comme un objet encombrant, un adversaire se dresse pour barrer la route au cancer: l’amour. Le seul miracle à disposition des humains, pour autant qu’ils l’acceptent.

    La mort recule. Elle reviendra, un jour ou l’autre. Pour l’instant le cancer prend ses cliques et ses claques. Et c’est l’instant qui compte. Toute échappée vers la vie est bonne à saisir. Avec l’amour — qui se trouvait, là, sous ses yeux mais qu’il ne voyait pas — l’écrivain retrouve ce goût de pain qu’a la liberté.

    En usant de styles radicalement étrangers, les deux films nous lancent cette vérité: l’amour, la liberté, la vie... Impossible d’enlever un seul point du triangle.

    Jean-Noël Cuénod

    La bande annonce des deux films

     

  • Ces mauvais chemins qui mènent aux Roms

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    Ainsi, la France est accusée de discriminer les Roms, qui forment ce peuple de lointaine origine indienne, naguère nomade et sédentarisé de force sous le régime communiste en Roumanie, notamment. La commissaire européenne à la Justice Viviane Reding a employé – en anglais, pour bien remettre une couche d’opprobre – les mots qui fâchent vis-à-vis de Paris. L’objet de son ire: la circulaire ministérielle désignant les Roms comme cible prioritaire de la destruction des camps illégaux.

    Ici, les moulinets

    Et la commissaire — une Luxembourgeoise sociale-chrétienne d’ordinaire fort modérée — de tracer un parallèle avec la Seconde guerre mondiale. La comparaison fait hurler Paris. Se rendant jeudi à Bruxelles pour participer au sommet de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy s’est pris de bec avec le président de la Commission Barroso. Le président français a ensuite provoqué un incident avec la chancelière  Angela Merkel en prétendant que Berlin allait également prendre des mesures anti-Roms, ce qui lui a valu un cinglant démenti. Sarkozy a donc mouliné ses petits bras et bombé son bréchet de moineau persuadé d’avoir  gagné des voix pour l’élection présidentielle de 2012 en insultant ses partenaires européens.

     L’éternel candidat, une fois de plus, ne parvient pas à devenir président. Sans doute son cas est-il désespéré. Et désespérant.

    Basse politique

    Même si elle obéit à des raisons de basse politique, on peut comprendre la réaction du gouvernement français. Lorsque les nazis et leurs collaborateurs français ou d’autres Etats occupés expulsaient des Roms, ce n’était certes pas pour les ramener dans leur pays d’origine mais afin de les exterminer. Et il n’était vraiment pas question de leur donner — comme le fait la France actuellement — un pécule de 300 euros par adulte et de 100 euros par enfant. En l’occurrence, comparaison est déraison.

    Nazisme à toutes les sauces

    Brandir à tout bout de champ le nazisme et la collaboration pour illustrer le présent provoque deux effets pervers: on brouille le réel et on banalise l’horreur.
     
    Si la commissaire Viviane Reding a déraillé, le gouvernement français lui a tout de même offert un fagot de verges pour se faire fouetter. Le ministre de l’immigration Eric Besson et le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères Pierre Lellouche avaient expliqué fin juillet à Bruxelles que les expulsions d’Européens clandestins en France s’effectueraient sans discrimination contre tel ou tel groupe ethnique. Or, un mois et demi plus tard, la commissaire Reding apprend en lisant la presse l’existence de circulaire du ministère de l’Intérieur qui ordonne clairement de prendre des mesures discriminatoires vis-à-vis d’un groupe particulier, les Roms. On comprend la colère de la commissaire européenne devant cette attitude, pour le moins, légère.

    Circulaire indéfendable

    Ensuite, la circulaire ministérielle est indéfendable sur le fond. Il y aurait donc en France, plusieurs sortes de clandestins et il faudrait les soumettre à une manière de tri en fonction de leur appartenance ethnique. On expulserait ainsi les Roms en priorité. Pourquoi les Roms? Parce que les chemins de l’opinion publique mènent à eux actuellement? Pour le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, c’est une nouvelle bévue qui s’ajoute à son impressionnante collection. Le premier responsable de cette situation n’est autre que le président Sarkozy. Quelle idée de nommer Gaston Lagaffe à un poste aussi sensible, où le doigté doit toujours s’associer à la fermeté!

    Cela dit, la France n’a pas le monopole de la «romophobie» qui affecte nombre d’autres nations, y compris la nôtre. Dans les pays de l’Europe riche, les Roms se sont «nomadisés» à nouveau, en quête de ce pain qu’ils ne trouvent pas dans leurs pays d’origine. Ils ont ainsi réveillé le vieil antagonisme qui les oppose aux sédentaires.

    L’Europe doit désormais apprendre à maîtriser cette question de façon intelligente. Et les feux de bouche n’apporteront aucune lumière.

    Jean-Noël Cuénod

    Pour donner une autre image des Roms, voici cet extrait du film de Tony Gatlif "Latcho Drom".

  • Le vacarme des pasteurs fous et le silence des protestants libéraux.

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    L’Evangile selon Andy Warhol  proclame cette Béatitude de nos temps télévisuels: « Heureux les anonymes, ils recevront leur quart d’heure de célébrité ». Pour le pasteur Terry Jones – qui, lui, annonce l’Evangile selon Dingo – ce n’est pas quelques malheureuses quinze minutes de gloire qu’il a obtenues mais plusieurs semaines de triomphe.

     

     En menaçant de brûler 200 exemplaires du Coran afin de commémorer les attentats du 11 septembre 2001, il a obtenu la « une » de tous les quotidiens  d’envergure nationale aux Etats-Unis, celle de nombreux journaux de la planète, le passage en boucle de ses délires par les principales chaînes télé et radiodiffusées. Sans compter que l’homme le plus puissant du globe, le président Obama,  l’a supplié de renoncer à sa pulsion pyromane.

     

      Nous vivons une époque exaltante : le monde s’agenouille pour supplier un cinglé qu’il daigne ne pas faire sa connerie. C’est tout juste s’il n’est pas décoré après avoir renoncé, du bout des allumettes, à assouvir ses besoins mégalomaniaques. Et l'on apprend, grâce à la chaîne NBC, que ce héros de la bible incendiaire a eu maille à partir avec la justice pour avoir partagé des photos pédopornographiques sur internet.

     Des humains se sacrifient pour en sauver d’autres, lancent dans nos déserts médiatiques des appels à la fraternité. Et ils n’ont droit qu’à quelques lignes dans un coin de journal, dans le meilleur des cas.

     

    Il faut dire que les pasteurs fous exercent sur les caméras un attrait irrésistible. C’est bien normal. Un prétendu « ministre évangéliste» qui se promène avec des flingues en proclamant la haine et la destruction, « c’est vachement vendeur ça, Coco ! » Dans ce vide fait de bruits, les malheureux protestants libéraux ne sauraient donner de la voix.

     Comment y évoquer l’amour sans frontière dogmatique, sans exclusive cléricale et célébrer l’alliance des Lumières avec la Foi ? « Mais enfin Coco, ça intéresse qui ce genre de truc, tu peux me dire, hein ? »

     

    Jean-Noël Cuénod

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  • Démocratie directe ou démocratie pédestre?

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    Qu’elle soit de droite ou de gauche, la France éprouve une certaine appétence pour la démocratie directe. Mardi, (voir la vidéo de BFMTV) dans le cortège parisien contre la réforme des retraites, le Parti de Gauche — la formation de l’eurodéputé Jean-Luc Mélenchon qui a quitté le PS pour cause de tiédeur idéologique — distribuait cet autocollant: «Retraites - Il faut un référendum». Sur le bord opposé du fleuve politique, le Front national prône lui aussi le recours à la consultation populaire sauce helvétique. Toutefois, la caste intello-médiatique française la repousse avec horreur. Ce serait, dit-elle, faire le jeu de tous les populismes.  

     

    Tout d’abord, cessons une bonne fois pour toutes d’appeler «populisme» ce qui relève du «démagogisme». Que les politiciens débattent avec le peuple et l’écoutent, c’est la moindre des choses en démocratie. Cette démarche doit être distinguée de celle des démagogues qui agitent le peuple avant de s’en servir.

    Pour dénigrer référendum et initiative populaire, certains adversaires outre-Jura n’hésitent pas à rappeler l’usage que fit Hitler du référendum pour asseoir sa dictature. Le parallèle est d’un ridicule achevé. L’Allemagne nazie n’organisait pas un référendum, au sens où nous l’entendons, mais un plébiscite.

    Dans un référendum, le peuple est consulté soit parce qu’il le veut, soit parce que la Constitution l’exige. Le plébiscite, lui, reste dans les mains du tyran qui décide de sa propre initiative de consulter le peuple, après s’être assuré que le résultat sera conforme à sa volonté.

    En outre, la démocratie directe n’est pas une machine à fabriquer des extrémistes, puisque des partis «démagogistes» ont triomphé dans des pays qui ne connaissent pas notre système, comme les Pays-Bas. Cela dit, comme à toute entreprise humaine, il lui faut des garde-fous. Le peuple pourrait aussi, sans y être poussé par un despote, attenter aux droits fondamentaux. Une Cour constitutionnelle remplirait ainsi ce rôle de vigie. Elle fait défaut en Suisse, hélas.

    L’une des vertus de la votation réside dans cette obligation qu’elle induit à négocier. Dans la réforme des retraites qu’engage le gouvernement français, l’observateur suisse est frappé par l’autisme organisé qui caractérise tant l’exécutif que les syndicats.
    Ces derniers nient les conséquences du bouleversement de la pyramide des âges. De son côté, le président Sarkozy impose sa réforme en refusant d’avance toute remise en cause, sauf à la marge.

    Alors, pour tenter de faire entendre leur voix, les syndicats recourent à une sorte de démocratie pédestre en lançant ce pari: plus les manifestants sont nombreux à battre le pavé, plus les concessions seront substantielles. L’ennui, c’est que les évaluations du nombre de marcheurs protestataires ne sont crédibles ni de la part des policiers, ni de celle des organisateurs.

    De plus, même s’ils furent fort bien garnis, les cortèges de mardi 7 septembre n’ont réuni, en s’en tenant aux chiffres des syndicats, qu’environ 10% de la population active. Ce qui ne confère pas à ce genre d’action une légitimité en béton armé. La démocratie directe aurait eu pour effet de contraindre les syndicats à tenir compte de la réalité présente, et le gouvernement à laisser tomber sa défroque autoritaire.


    Jean-Noël Cuénod

     

  • La Croix et le Triangle contre Nicolas Sarkozy

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    croix-mer-bretagne.jpg

     
    portait-nicolas-sarkozy.jpgdelta-lumineux-or.jpgLes  mesures sécuritaires à relents xénophobes prises cet été par le président Nicolas Sarkozy suscitent la vive opposition des deux piliers antagoniques mais complémentaires de la morale française: l’Eglise catholique romaine et le Grand Orient de France.
    L’une est la dépositaire des traditions chrétiennes de sa «fille aînée» contre les vents et les marées de l’Histoire. L’autre, principal pôle fédérateur de Loges maçonniques en France, est le vigilant gardien des traditions laïques et républicaines du pays voisin.
    L’Histoire a souvent opposé ces deux piliers — la croix et le triangle. Aujourd’hui encore, le regard qu’ils portent l’un envers l’autre reste empreint d’une grande méfiance. Mais le renvoi massif des Roms et la remise en cause de la naturalisation française de certains criminels les placent dans la même position de refus, au nom des valeurs chrétiennes et républicaines.
     
     
    La réaction de l’Eglise romaine s’est révélée d’une particulière virulence. Ainsi, un prêtre lillois — le Père Arthur — a-t-il renvoyé au ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux sa médaille de l’Ordre du Mérite en guise de protestation. En proie à une sacrée colère, le Père Arthur a même déclaré qu’il priait «pour que Nicolas Sarkozy ait une crise cardiaque», tout en regrettant peu après cette prière peu catholique. Le pape a usé de mots plus choisis pour stigmatiser l’action sécuritaire du président français, mais son propos ne s’en montre pas moins ferme lorsque Benoît XVI exhorte le chef de l’Etat à «accueillir les légitimes diversités humaines».
     
     
    Quant au Grand Orient de France, qui tient ses assises aujourd’hui et demain, il proclame à l’endroit de l’Elysée: «La stigmatisation et l'exclusion, la confusion et l’amalgame, ne sauraient résoudre les problèmes qui se posent».
    Elevé à la dignité de chanoine du Latran par Benoît XVI au début de son quinquennat, le président français n’est donc plus en odeur de sainteté au Vatican. Et le fait que le secrétaire général du parti sarkozyste UMP Xavier Bertrand appartienne à une Loge du Grand Orient, comme il l’a publiquement annoncé, ne met aucune eau dans le vin des agapes maçonniques.
     
     
    A notre connaissance, Nicolas Sarkozy est le premier chef d’Etat français à prendre le risque d’affronter l’Eglise et le Temple en même temps. Depuis le Consulat, le pouvoir politique a tenté, soit de se concilier les deux piliers, soit de jouer l’un contre l’autre, mais a toujours évité de les prendre de front ensemble. Certes, leur influence politique n’est plus celle qui prévalait au début du XXème siècle. Il n’en demeure pas moins que les 47 000 francs-maçons du Grand Orient de France pèsent encore d’un poids certain dans la vie associative, de même que les catholiques.
     
     
    Par ses discours que ne renierait pas Blocher, Sarkozy a voulu récupérer ses électeurs d’extrême droite qui sont en train de rentrer au bercail de la famille Le Pen. Le pari est des plus hasardeux, car il risque aussi de légitimer le discours du Front national et de lui donner ainsi des voix. Tout en perdant celles de la droite chrétienne et du centre républicain.
    Jean-Noël Cuénod
    (Ce texte a paru en rubrique "Perspective" de la "Tribune de Genève" et en rubrique "Réflexion" de "24 Heures" jeudi 2 septembre)
  • L'ETOILE

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    Toujours en vacances, Le Plouc vous offre ça.

     

     

    L'ETOILE

     

     

     

    Notre vie suit

          Le long chemin des nombres

          Invisible et lumineux

          Caravane dirigée

          Par la sagesse du fou

          Dont le cœur est un sextant

     

          D’oasis en mirages

          Elle touche au but

          Et saura que l’oasis

          Est devenu mirage

          Et le mirage, oasis

          Vérités des vérités :

                                                                                                           L’Eternel présent.

                                                                Jean-Noël Cuénod

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