Un plouc chez les bobos - Page 38

  • Jérôme Kerviel, condamné par lui-même

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    Si Jérôme Kerviel a subi, mercredi, une cinglante défaite devant la Cour d’appel de Paris, il ne le doit qu’à lui-même. Début 2008, lorsque la Société Générale a annoncé que son courtier lui avait fait perdre 4,9 milliards d’euros, Kerviel disposait encore de nombreux atouts à faire valoir pour sa défense.

     

    Les dirigeants du groupe bancaire éprouvaient mille peines à expliquer comment l’un de leurs salariés avait pu mettre en échec des systèmes de surveillance dont ils vantaient tous azimuts l’extrême rigueur. Ainsi, le 4 juillet 2008, la Commission bancaire française condamnait-elle la Société Générale à une amende de 4 millions d’euros pour «carences graves» de son système de contrôle interne.

     

    En reconnaissant ses indéniables erreurs, en jouant le modeste employé dépassé par les événements et en tablant sur l’impopularité des banquiers, Kerviel aurait sans doute écopé d’une peine plus légère et évité sa condamnation à rembourser la totalité du préjudice subi par la Société Générale. C’était d’ailleurs le système de défense organisé par sa première avocate, Me Elisabeth Meyer.

     

    Mais l’arrogance de Kerviel — qui est apparue flagrante durant ses deux procès — a pris le dessus. En changeant maintes fois de défenseurs, il a brouillé son image, jusqu’alors très positive dans l’opinion française toujours prompte à s’enflammer pour un «petit» contre un «gros». Avec Me David Koubbi — plus habitué à plaider des dossiers de «people» que des affaires économiques — il a décidé d’entamer une guerre offensive contre la Société Générale, allant jusqu’à donner des leçons de transactions bancaires à la présidente Filippini, ancienne juge d’instruction spécialisée dans le droit pénal financier.

     

    Kerviel et ses avocats en appel, ont voulu mettre sur pied un procès de rupture, en prenant les juges à partie. Ils ont oublié que pour réussir un procès de rupture, il faut être porté par une noble cause.

     

     

    Jean-Noël Cuénod

     

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  • Cri du coeur d'un musulman de Suisse: "Stop à la terreur et à la haine!"

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    Le plouc a reçu le courriel ci-dessous à la suite de son édito paru le 8 octobre 2012 sur le démantèlement d’une cellule terroriste animée par des Français convertis à l’islam. Il s’agit d’un cri du cœur poussé par une personnalité musulmane bien connue à Genève et ailleurs Hafid Ouardiri.  Ce cri mérite d’être entendu et même, écouté.

                              

    Musulman,je suis doublement victime de ces voyous, barbares et criminels.

     

    Pour ces innocents qu'ils arrachent à la vie et pour ma foi, l'islam à laquelle ces monstres se déclarent convertis.

    Quel horrible outrage à Dieu ils commettent en perpétrant de tels actes barbares en son Nom.

     Nés dans les banlieues sans éducation dans lesquelles ils ont connus tous les échelons de la délinquance pour échouer dans les pénitenciers. Là, ils sont entrés en contact avec on sait quel "imam diabolique" qui les aurait convertis au terrorisme en les initiant à son idéologie meurtrière qui ressemble étrangement aux agissements des "hashashins" (assassins), mercenaires, drogués à mort qui allaient massacrer les innocents et semer la haine et le désordre dans certaines régions du Moyen-Orient il y a de cela quelques siècles.

     Non, ils n'ont pas été convertis à l'islam mais au terrorisme, à la haine et à la violence aveugle !

    Ils sont les ennemis de tout le genre humain et sont porteurs de tous les racismes, de l'antisémitisme et ne l'oublions pas ils sont aussi et surtout les promoteurs de l'islamophobie. Car il n'y a pas pires ennemis de l'islam que ces énergumènes qui se réclament de lui pour tuer cruellement et corrompre la terre en étant persuadés qu'ils font le bien.

     Ils se vengent sans pitié pour se soulager de leurs échecs. Ce sont des gens gravement malades qu'ils fallait soigner avant qu'ils en arrivent à ce stade.

      C'est une abomination comme d'autres abominations que notre histoire a connu, il y a certainement une explication à cela mais jamais au grand jamais une justification à de tels actes inhumains.

     L'islam n'a rien à voir avec ces abominables criminels et les musulmans aujourd'hui dans leur extrême majorité souffrent à cause de ces détracteurs criminels. Ils doivent, aidés de toutes et de tous, lutter contre ce fléau qui les menace ainsi que tout le genre humain toutes appartenance confondues.

      Il ne faut pas que tous les opportunismes politiques ou autres, qui sont à l'affût de ces malheurs, en profitent pour ajouter la haine à la haine, la confusion à la confusion. Ils ne doivent pas encourager l'amalgame pour grapiller quelques voix en usant par ci par là de la stratégie du bouc-émissaire et de la culture de l'ignorance à outrance.

     Il faut que ceux qui sont chargés de la sécurité et de la justice accomplissent leurs tâche avec une tolérance zéro pour montrer à ses voyous tueurs sans foi ni loi qu'ils ne seront pas impunis.

    Stop à la terreur et à la haine.

     

     

    Hafid Ouardiri 

    Fondation pour l'Entre-Connaissance

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  • L’impossible débat politique en France

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    La classe politique française démontre avec la régularité d’un métronome bruyant son incapacité à mener un débat politique. Dernier exemple, celui offert par l’hystérie qui a suivi les déclarations du ministre Vincent Peillon. Celui-ci, pourtant, ne proposait rien de révolutionnaire, sinon que l’on réfléchisse à la dépénalisation — éventuelle — de l’usage de cannabis. Au lieu d’argumenter, l’opposition de droite, soutenue par une partie de la gauche, a hurlé: défense de poser cette question! Pourquoi? Parce que! Sur d’autres sujets, le constat est le même.

     

    Cette incapacité à débattre plonge ses racines au plus profond de l’Histoire. Si l’on considère le pouvoir politique sous deux formes, l’une verticale, l’autre horizontale, force est de constater que, le plus souvent, la France a privilégié la verticalité. Dans cette optique, la division entre gauche et droite est dépassée. Il y a des «horizontalistes» à gauche comme à droite et des «verticalistes» dans les deux camps.

     

    Roi «horizontaliste», Henri IV a permis à ses anciens coreligionnaires protestants de pratiquer leur foi sous certaines conditions, en signant l’Edit de Nantes le 13 avril 1598. La France devenait ainsi plurielle, ce qui aurait pu faire naître une lente évolution vers un Etat progressivement démocratique. C’est, en partie, pour arrêter ce processus que le roi «verticaliste» Louis XIV a révoqué cet Edit le 22 octobre 1685. La France régressait alors vers la monoculture religieuse, contraignant environ 300 000 (sur une vingtaine de millions d’habitants) de ses sujets protestants — la plupart, issus de la bourgeoisie intellectuelle en plein essor — à l’exil où ils ont participé à créer la richesse industrielle des pays du Nord de l’Europe et de l’Amérique.

     

    A la Révolution, la France aurait pu prendre un autre pli. Mais les «horizontalistes» girondins — partisans d’une sorte de fédéralisme — ont été battus par les «verticalistes» jacobins qui ont fait triompher le centralisme autoritaire de la République «une et indivisible».

     

    Si l’horizontalité offre aux débats politiques l’espace nécessaire pour se développer, tel n’est pas le cas de la verticalité. Dans l’optique verticale, le débat n’est qu’un babil retardant la mise en pratique des décisions prises par «en haut». Mais du fait de cet éloignement du «haut» par rapport au «bas», lesdites mesures ont de la peine à s’imbriquer dans le réel. Or, l’une des vertus du débat public est, justement, de rapprocher le «haut» et le «bas» et de permettre l’imbrication de la politique dans le réel.

     

    La France saura-t-elle devenir plus «horizontale» malgré ses pesanteurs historiques? Les crises qui se succèdent vont sans doute la contraindre, qu’elle le veuille ou non, à revoir son type de fonctionnement politique.

    Jean-Noël Cuénod

    Faudra-t-il déconstruire la verticale du pouvoir en France?toureiffel1.jpg

     

  • Le Plouc fait sa lecture publique: deux bouquins pour une soirée!

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    Passez-vous par Paris samedi 20 octobre? Alors cette annonce est pour vous, rien que pour vous...

    Le plouc lira des extraits de son «Quinquennat d’un plouc chez les bobos» et de son recueil de haïkus «Le Goût du Temps» (prix Festival International Rilke 2012)

     

    Samedi 20 octobre 2012 à 18 h.

    A l’Atelier «Les 26 chaises»,

    49 rue Polonceau, Paris 18e,

     

    Cette lecture publique se déroulera en présence de l’artiste Bernard Thomas-Roudeix qui a illustré de ses dessins les pages intérieures du «Quinquennat d’un plouc chez les bobos». Vous pourrez admirer d’ailleurs à cette occasion lesdits dessins et les autres œuvres de ce peintre-sculpteur.

     

    Le «Quinquennat d’un Plouc chez les bobos» (Slatkine-Genève) est l’évocation par un correspondant de la presse étrangère du règne de Sarkozy sur le ton, tantôt humoristique et sarcastique, tantôt grave et ému.  Cet ouvrage ne parle donc pas que de Sarkozy, ses dames et ses drames ou de DSK et ses pantalonnades, mais aussi de la France dans tous ses états durant ce quinquennat.

     

    Egalement écrit par Jean-Noël Cuénod, «Le Goût du Temps» (SamiZdat-Genève) est un recueil illustré par les lavis du peintre Philippe Rillon, président du Mouvement de la Peau de l’Ours. C’est l’essence du temps que Cuénod a tenté d’approcher par le vecteur de la forme la plus concentrée de la poésie, le haïku. De remarquables œuvres de Rillon seront aussi exposées.

     

    Venez donc écouter le plouc et débattre avec lui et ses amis artistes, autour d’un verre.

    ON NE VA PAS SE LAISSER ABATTRE… NON MAIS!

    Jean-Noël Cuénod

     

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  • EXCLUSIF ! Le jury du Prix Nobel de la Paix s’est trompé de date

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    Le plouc est en mesure de vous livrer un scoupe d’ampleur planétaire, voire sidérale et même sidérante. Le jury du Prix Nobel de la Paix s’est trompé de date en accordant aujourd’hui sa suprême récompense à l’Union européenne !

     

    Cela dit, chacun aura rectifié de lui-même, comme le disent les journalistes qui ont été mouchés après avoir éternué une bévue.

     

     En effet, comment l’Union européenne aurait-elle pu être récompensée en 2012 pour ses efforts en faveur de la paix ?

     

    Fallait-il la glorifier pour avoir laissé éclater sur son continent une guerre longue et effroyable en ex-Yougoslavie et s’être ensuite montrée dramatiquement incapable de la résoudre ?

     

    Son action en Géorgie – où l’Europe a laissé la Russie s’emparer de deux territoires ‑ méritait-elle cet éloge ?

     

     Et que dire de la crise que traverse sa monnaie, à cause de l’impéritie de ses institutions ? Elle sème les émeutes en Grèce et la colère en Espagne ; sont-ce là des signes de paix ?

     

    Le grand bienfait offert par l’Europe unie au monde est d’avoir pacifié, au milieu du siècle dernier, un continent ravagé par deux guerres mondiales. Mais le mérite n’en revient nullement aux actuels dirigeants de l’Union européenne. L’aquavit aidant, les jurés du Nobel  se sont donc trompés de soixante ans. C’est le Prix de la paix 1952 qu’ils voulaient décerner.

     

    Le 23 juillet 1952 la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg signent le pacte de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier). En imbriquant les industries des pays qui, naguère encore, s’étripaient régulièrement, les dirigeants européens d’alors rendaient la guerre impossible entre les ex-belligérants. Cette idée a germé dans le cerveau d’un homme d’Etat français né au Luxembourg, Robert Schuman, qui l’a ensuite mise en pratique avec l’appui de l'Allemand Konrad Adenauer, du Luxembourgeois Joseph Bech du Néerlandais Johann Willem Beyen, de l'Italien Alcide de Gasperi, du Français Jean Monet et du Belge Paul-Henri Spaak. C’est à eux – et non pas à Barroso ou van Rompuy – que le prix Nobel de la Paix doit être attribué.

     

     

    Jean-Noël Cuénod

     

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    L’explication du pacte charbon-acier par Robert Schuman (document INA)

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  • Jean-Marc Ayrault, soporifique erreur de casting

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    ayrault.jpgLe premier ministre — le plouc allait écrire «sinistre» — Jean-Marc Ayrault fait l’unanimité des médias français contre lui. A droite, certes. Mais à gauche, aussi. Impatience intempestive? Dans ce cas particulier, non. En plus de quatre mois d’exercice, le chef du premier gouvernement de l’ère Hollande apparaît comme la grande erreur de casting du président socialiste.

     

    Sur le plan formel, ses prestations médiatiques et ses interventions parlementaires sombrent dans l’ennui le plus soporifique.

     

     Quant au fond, c’est pire. Ayrault égrène les contre-vérités comme un moine, son chapelet. Devant députés et médias, le premier ministre affirme que le pacte budgétaire européen (le TSCG -Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance) n’entame pas la souveraineté nationale et budgétaire de la France.

     

    C’est faux. Le déficit structurel (hors conjoncture exceptionnelle) de chaque Etat membre ne devra pas dépasser 0,5% de son PIB (produit intérieur brut). Et si la Commission européenne constate qu’un pays ne respecte pas cette «règle d’or», les sanctions prévues seront aussitôt déclenchées. De plus, les Etats seront obligés de soumettre à Bruxelles leurs projets d’émission de dettes. Si de telles mesures n’entament pas la souveraineté nationale, alors les mots n’ont plus de sens!

     

    Le gouvernement français estime, non sans raison, que ce traité est indispensable. Mais qu’il le dise clairement, en détaillant toutes les conséquences qui en découlent. Une marche en avant vers le fédéralisme européen paraît inéluctable, compte tenu de l’ampleur de la crise, et le TSCG représente un pas de plus. Toutefois, progresser vers l’intégration européenne en catimini est la pire des méthodes, comme le clame l’eurodéputé Daniel Cohn-Bendit. Le peuple se sent alors dépossédé et grossit les rangs du Front national.

     

    Jean-Marc Ayrault a réitéré en soutenant devant les caméras de France 2 que «neuf Français sur dix ne seront pas touchés par les hausses d’impôt». Peu après, le quotidien de gauche Libération confronte cette déclaration à la réalité des chiffres. Résultat: «Les trois quarts des foyers fiscaux qui payent l’impôt sur le revenu le verront augmenter en 2013»!

     

    Jean-Marc Ayrault se contente donc de glisser la poussière sous le tapis au lieu d’entreprendre le grand ménage, mais il le fait tellement mal que chacun peut s’en rendre compte. Pour l’instant, il sauve sa place, car le président Hollande ne peut pas s’offrir le luxe de griller son fusible tout de suite. Cela dit, Ayrault ne passera pas cinq ans à Matignon, comme l’a déjà laissé entrevoir le président.

     

    Sous Nicolas Sarkozy, le gouvernement mentait avec aplomb. Avec Jean-Marc Ayrault, il ment avec langue de plomb. Ce n’est sans doute pas le changement promis par François Hollande et espéré par une majorité de Français.

     

    Jean-Noël Cuénod

     

    LE PLOUC CAUSE DANS LE POSTE

     

    •         En surfant sur le site internet de France-Info, vous pouvez écouter et enregistrer l’émission « Micro-Européen » de Marie-Christine Vallet à laquelle participait le plouc avec une consoeur espagnole dimanche 7 octobre ;
    •        Jeudi 11 octobre de 11 h. à midi, le plouc sera au  micro de « Chronique Hebdo » sur les ondes de Radio Libertaire, avec un de ses complices, le peintre-sculpteur Bernard Thomas-Roudeix. Il y sera question des deux bouquins plouquesques parus cette année : « Quinquennat d’un plouc chez les bobos » et « Le Goût du Temps ».  Pour les Franciliens et Parisiens, la fréquence F M est 89.4 ; pour les autres, il faut se rendre sur le site http://rl.federation-anarchiste.org
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  • Cellule terroriste démantelée: l’islam radical «made in France»

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    Il ne se prénommait pas Omar ou Mohamed, mais Jérémie. Il ne venait pas d’Alger ou de Tunis, mais de Melun. Sa religion de naissance n’était pas l’islam; il s’y est converti à l’âge adulte.

     

    Jérémie Louis-Sidney — abattu à Strasbourg lors du démantèlement ce week-end de sa cellule islamoterroriste — anéantit tous les préjugés rabâchés en France par le Front national et l’aile extrémiste de l’UMP. Selon le procureur chargé de ce dossier, les membres de cette cellule présentent tous le profil de Français convertis à l’islam de fraîche date.

     

    Désormais, l’islam radical devient vraiment une affaire intérieure française et ne peut plus être considéré sous son seul aspect de «produit d’importation». Pour la France — mais aussi pour ses voisins — c’est un choc.

     

    Pourquoi cette conversion de Français vers l’islam dans ce qu’il a de plus extrémiste? De tels parcours se révèlent complexes par nature. On peut tenter de les comprendre en hasardant quelques hypothèses. Lorsque des jeunes dérivent dans la déglingue et la délinquance, leur identité sombre avec eux. Privés le plus souvent de ces repères punitifs qui rassurent tout en éduquant, ils les cherchent et les trouvent parfois dans ces marqueurs identitaires forts que sont les religions.

     

    Par un phénomène bien connu, ces convertis se sentent obligés de faire de la surenchère dans la pratique de leur nouvelle religion afin de s’y ancrer. Plus rigoristes que les dévots, plus extrémistes que les intégristes, ils constituent des proies rêvées pour tous les prêcheurs de la violence religieuse. Ce phénomène interroge à la fois l’islam véritable — sans ses déformations radicales — et nos sociétés occidentales.

     

    Quels sont les éléments qui, dans la religion musulmane, offrent le prétexte à de tels passages à l’acte?

     

    Pourquoi nos sociétés démocratiques sont-elles incapables d’offrir un cadre solide et cohérent à cette partie de la jeunesse qui se sent abandonnée, pire ignorée?

     

    Jean-Noël Cuénod

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  • François Hollande et l’impuissance de la puissance

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    Serait-ce possible ailleurs qu’en France? Son président intervient un jour à la tribune des Nations Unies à New York pour y débattre de l’avenir de la planète, puis se retrouve le lendemain dans une cage d’escalier de la banlieue grenobloise pour essuyer les reproches d’une habitante excédée par la violence de son quartier. Voilà donc François Hollande bondissant d’un fait divers à l’autre, comme un vulgaire Sarkozy.

     

    Il se voulait être chef d’Etat «normal». C’est raté. En France, le président de la République doit être «anormal». Contrairement aux apparences et aux analyses de nombreux médias outre-Jura, ce phénomène n’est pas dû à la frénésie que Nicolas Sarkozy n’a cessé d’alimenter durant son quinquennat. Le ci-devant président n’a fait qu’amplifier un mouvement naturel, créé par les institutions de la Ve République.

     

    Celles-ci confèrent au «présimonarque» de l’Elysée des prérogatives qu’aucun autre chef d’Etat d’un pays démocratique ne possède. Barack Obama rêverait de disposer des mêmes pouvoirs que François Hollande et d’une chambre d’enregistrement aussi docile que l’Assemblée nationale.

     

    Mais cet excès de puissance virtuelle se transforme en impuissance réelle. Seul au sommet de son autorité, le président français est comptable de tout: des hauts-fourneaux qui ferment à Florange, des marins-
    pêcheurs qui veulent pêcher davantage de noix de Saint-Jacques, des loyers qui grimpent, de la violence scolaire, des incivilités sur les trottoirs et même – pourquoi pas? – du dérapage des handballeurs montpelliérains.

     

    L’essence de la Constitution française est caractérisée par le recours à la notion d’«homme providentiel», à l’image de son créateur, le général de Gaulle. Et lorsque nos confrères de Paris espèrent l’émergence en France d’un «nouveau Roosevelt», c’est encore à la «providence» qu’ils se réfèrent. Curieuse nation qui se veut berceau de la laïcité tout en demeurant inspirée secrètement par la monarchie de droit divin!

    Ce phénomène provoque deux situations négatives.

     

    Tout d’abord, les problèmes affluant, en fin de compte, vers un seul homme, le pouvoir subit un embouteillage comparable à celui du «périphérique» parisien un dimanche soir. Tout est différé, dilué, bloqué dans des commissions.

     

    Ensuite, cette «présimonarchie» induit une certaine infantilisation des esprits au sein de la population. Le peuple, déléguant tout à son chef, se contente de subir et de râler en évitant surtout de se remettre lui-même en cause.

     

    L’actuelle Constitution est devenue obsolète. Pire, elle empêche la France de se défendre dans le monde globalisé. Démocratiser les institutions, de façon que le peuple se sente enfin responsable de lui-même, est devenu en France une ardente nécessité.

     

    Jean-Noël Cuénod

     

    ESPACE VIDEO. La scène de la cage d'escalier à Echirolles, près de Grenoble, après l'assassinat de deux jeunes.


    François Hollande interpellé à Echirolles par BFMTV

  • La Suisse abhore les minarets mais adore les burqas!

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     burka_etc[1].jpgQue n’avait-on ouï durant la campagne de l’initiative contre la construction des minarets ! L’heure était grave, que dis-je, solennelle. Il fallait sonner le tocsin, décréter le Djihad fédéral, lever la Matze des divines colères pour défendre nos cimes immaculées contre les assauts impies des phallus musulmans. C’était une question d’honneur patriotique, de respect de nos traditions chrétiennes. Le peuple l’a bien compris. Dans sa majorité, il a décidé d’abattre d’un coup d’urne les rares projets minaresques.

     

    Et voilà que ce vendredi, le conseil national a décidé par 93 voix contre 87 de ne pas interdire le port du voile intégral sur la voie publique. Alors que le minaret est l’ornement d’un lieu de culte et aurait dû être respecté en tant que tel à l’image des pagodes ou d’autres édifices religieux, le niqab et la burqa n’ont rien de respectables. Ce ne sont que vulgaires serrures textiles qui enferment les femmes dans leur esclavage conjugal. Rien dans les textes sacrés de l’islam ne les prescrits. Il s’agit de coutumes préislamiques qui nous ramènent à des temps barbares (sauf peut-être la version Marilyn, ci-dessus).

     

    Alors pourquoi cette mansuétude soudaine ? Selon le conseiller national PLR genevois Hugues Hiltpold, «la burqa ne pose pas de véritable problème en Suisse. Une interdiction serait une mesure excessive et pourrait en outre avoir des conséquences négatives sur l'opinion des touristes issus de pays musulmans ». Voilà donc l’argument massue. Les richissimes émirs étant d’excellents clients de notre industrie horlogère et touristique, il serait malvenu de nous voiler la face en dévoilant celle de leurs épouses.

     

    Ah, si seulement  les minarets, au lieu d’arabesques, avaient arboré des horloges « made in Switzerland »…

      

    Jean-Noël Cuénod

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  • Les musulmans, premières victimes des salafistes

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    En Tunisie, en Egypte, au Maroc, au Mali mais aussi en France et en Grande-Bretagne, les salafistes se montrent offensifs. Au sein de la nébuleuse islamo-intégriste, ce sont eux qui développent les idées les plus rétrogrades. Naguère encore, ils se repliaient vers le glorieux passé des compagnons du prophète comme une armée battant en retraite. Aujourd’hui, les salafistes passent à l’offensive et ne se contentent plus d’imiter Mohammed. Certains d’entre eux recourent à l’action violente.

    Apparemment, les ennemis des salafistes sont les Occidentaux impies et leur modernité blasphématoire. En réalité, ce sont les musulmans que visent ces idolâtres du passé. Leur grande crainte est qu’un islam ouvert, tolérant, réformé et moderne se développe au contact des Occidentaux. Ils considèrent l’immigration des musulmans en Europe et en Amérique du Nord comme un danger mortel pour leur religion.

    Il faut donc tout faire pour réprimer les «mauvais musulmans» qui subissent l’«influence délétère» de la liberté de conscience régnant dans nos contrées et séparer les «bons croyants» des Occidentaux.

    En pays d’islam, la violence des salafistes de combat (djihadistes) se focalise principalement sur les soufis qui ont une approche mystique et ésotérique de leur religion. L’ésotérisme consistant à chercher l’esprit qui se cache sous la lettre, les salafistes ne sauraient le tolérer. Pour eux, il faut s’arrêter à la lettre et surtout ne pas réfléchir plus avant. Toute recherche spirituelle est hautement suspecte. La hantise du salafisme est le libre marché des religions instauré dès la fondation des Etats-Unis et qui s’est répandu sur une grande partie de la planète.

    Les institutions fortement hiérarchisées comme le catholicisme romain et l’orthodoxie ont aussi éprouvé la plus vive répulsion devant cette mise en concurrence des théologies. Persuadées de détenir seules la Vérité, comment ces Eglises auraient-elles pu supporter d’être placées sur le même pied que des confessions hérétiques? Après avoir longtemps résisté, elles se sont finalement adaptées. Aujourd’hui, l’Eglise romaine est l’une des plus importantes des Etats-Unis.

    La confrontation des idées, la libre circulation des croyances, les échanges, les polémiques, les dialogues changent les formes de la foi mais n’en altèrent pas ce qui fait sa substantifique moelle. En se frottant aux autres religions, l’Islam d’Occident se modifiera, abandonnera certaines pratiques, évoluera. Mais ce qui fait le fond du message musulman, à savoir l’unité de l’humain et du divin, gagnera en puissance.
    Toutes les grandes religions ont été réformées. L’islam passera par ce stade, comme les autres. Accrochés au passé comme des drogués à leur stupéfiant, les salafistes utiliseront tous les moyens pour retarder cette échéance.


    Leur bataille est perdue d’avance. Mais les combats d’arrière-garde sont souvent les plus sanglants car les plus désespérés.

    Jean-Noël Cuénod

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  • Catastrophe de l'Erika: justice pour les oiseaux mazoutés

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    Ne boudons pas notre plaisir. Lorsque le droit coïncide avec le sentiment de justice, chacun ne peut qu’applaudir. 150 000 oiseaux se débattant dans la gangue mortifère du pétrole. 400 kilomètres de plages françaises dévastées. Le bilan du naufrage de l’Erika — affrété par la compagnie pétrolière française Total — était effroyable.
     
    L’arrêt de la Cour de cassation, prononcé hier à Paris, est à la hauteur de cette monstrueuse catastrophe écologique. Non seulement toutes les condamnations ont été confirmées, mais encore la compagnie Total s’est vue poursuivie pour «faute de témérité». Justice a été rendue aux oiseaux mazoutés. Si les décisions des juridictions précédentes avaient été annulées, les pollueurs multinationaux auraient eu encore de beaux jours devant eux.

    Toutefois, cet arrêt ne résout pas tous les problèmes soulevés par les naufrages qui se produisent dans les eaux internationales et qui souillent les côtes nationales. Au cours de ce procès en cassation, l’avocat général avait demandé à la Cour d’annuler définitivement toute la procédure, le naufrage s’étant déroulé hors des eaux nationales et la justice française n’étant pas compétente, selon lui, pour juger cette affaire. Si la Cour de cassation avait suivi cet avis, un véritable permis de polluer aurait été délivré à tous les navires qui battent pavillon de complaisance.

    Si politiquement, socialement, humainement, la position de l’avocat général était intenable, elle n’était pas pour autant dépourvue d’arguments juridiques. En affirmant que le droit national s’applique en l’occurrence, la Cour de cassation a préféré le bien commun aux mécanismes juridiques.

     Il n’empêche, cette jurisprudence risque d’être fragile, comme le relève Greenpeace. Les lois internationales sur le transport maritime sont inadaptées à la mondialisation. Il serait temps qu’émerge un véritable droit antipollution, avec instance de répression supranationale.


    Jean-Noël Cuénod

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    A la sortie de la Cour de cassation, intervention devant les caméras de Me Corinne Lepage, avocate de victimes et ancienne ministre française de l'Environnement.

     

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  • Islam, Charlie-Hedbo et le grand paradoxe des intégristes

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    Les intégristes musulmans ne savent plus où donner du cocktail Molotov. Après avoir semé la violence pour protester contre un film islamophobe, voilà qu’ils forcent la France à protéger ses ambassades parce que l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo a publié, hier, des caricatures du prophète Mohammed.

     

    «Il faut défendre l’honneur de Dieu!», proclament-ils. Principe éternel et créateur, en quoi Dieu serait-il atteint par les pires des insanités humaines? Tout ce qu’on peut dire de Lui se perd dans la nuit infinie et n’a pas plus d’importance que le bourdonnement d’un moucheron. «Certes, mais en l’occurrence, c’est un homme, un prophète, que les impies caricaturent. C’est sa mémoire qu’il s’agit de venger.»

     

    Pour les musulmans, Mohammed n’est pas Dieu mais un homme, le plus parfait d’entre les humains, le modèle à suivre, celui qui porte la parole divine. Mais cet état si élevé ne le place-t-il pas hors d’atteinte des attaques portées contre sa mémoire? Si l’on suit la logique des dévots, ses propos, ses explications, l’exemple qu’il a donné à ses compagnons sont d’une force telle qu’ils résistent même à l’érosion du temps.

     

    Alors pourquoi ce prophète aurait-il besoin qu’on le défende puisqu’il le fait si bien lui-même? En quoi quelques dessins qui seront oubliés demain pourraient-ils lui porter ombrage?

     

    Voilà le grand paradoxe des  intégristes. En voulant honorer Dieu, ils Le rabaissent à l’état d’opinion qu’il faut défendre. En voulant venger la mémoire de Mohammed par la violence et la menace, ils le transforment en facteur de haine et de mort. Les dévots furieux restent les meilleurs propagandistes de l’athéisme.

     

    Les textes fondateurs des trois religions monothéistes proclament que Dieu a fait de l’humain, un être libre. Libre de L’apostropher. Libre de Le louer. Libre de Le renier. Libre de L’aimer. Et même libre de Le caricaturer.

     

     

    Jean-Noël Cuénod

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     CHARLIE-HEBDO S'EXPLIQUE

  • DUNIQUES

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    C'est un signe du destin. Nous sommes les enfants égarés dans un désert peuplé d'ombres. Pour nous guider, nous avons la boussole de notre amour qui ne perd jamais le Nord et nous ne marchons pas en rond sur nos traces. Nous avançons sur le sable, vierge de pistes. Nous inventons nos chemins et les effaçons derrière nous. Que personne ne nous précède. Que personne ne nous suive.

     

    Nous sommes duniques. Deux et uniques dans les dunes.

     

    Nous regardons le ciel qui reste muet de chaleur et ne s'intéresse à rien d'autre qu'à espérer que le soir tombe un peu plus vite que d'habitude. Le ciel fait son travail de ciel. Sans plus. Que l'on ne compte pas sur lui pour accomplir des heures supplémentaires. Ciel, c'est un métier d'avenir; on y jouit d'une position élevée. Mais c'est un peu monotone comme activité, au fond.

     

    Je préfère la condition d'homme perdu dans le désert. A la condition que tu tiennes à mes côtés. Etre égaré avec toi, c'est retrouver tous les chemins de ma vie.

     

    Jean-Noël Cuénod

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  • La social-démocratie, "putzfrau" politique du capitalisme?

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    Si le SPD emporte la majorité du Bundesrat en septembre 2013, le «moteur franco-allemand» de l’Union européenne carburera au socialisme. Il reste à savoir ce que l’on entend par ce mot et si la chose peut encore servir. La «socialisation des moyens de production» qui fondait à la définition marxiste du socialisme n’est plus de saison. Aujourd’hui, dans sa version social-démocrate, le socialisme viserait plutôt une organisation sociale qui limiterait le plus possible les injustices.

     

    Mais tout cela reste vague. Après avoir accepté les règles du marché, les socialistes cherchent toujours à redéfinir leur identité. En Allemagne, le chancelier social-démocrate Gherard Schröder en 2003-2005 avait réformé le marché du travail de façon ultralibérale par des mesures qui auraient fait hurler la gauche si la droite les avait ordonnées (notamment la loi Hartz IV).

     

    Grâce à cette nouvelle donne, les entreprises allemandes ont multiplié les succès à l’exportation et la République fédérale est devenue la locomotive économique de l’Union européenne. Mais en France notamment, les médias n’évoquent guère le coût social de la politique de Schröder.

     

    Or, il est très élevé. Une étude publiée en 2010 par l’Institut du travail de l’Université de Duisbourg-Essen indique que plus de 6,5 millions d’Allemands (20% des salariés) perçoivent moins de 10 euros (12 fr. 10) brut de l’heure. Dans la partie Est de l’Allemagne, des travailleurs — à temps complet — touchent à peine 720 euros (870 francs) par mois.

     

    Le destin de la social-démocratie serait-il de servir de «Putzfrau» politique au capitalisme? En quoi un parti socialiste se distinguerait d’une formation libérale?

     

    Dans son intervention dimanche soir devant les caméras de TF1, François Hollande n’a pas tracé un chemin bien différent de celui de Schröder, à une notable exception près: le président socialiste français veut frapper fiscalement les riches contribuables. Il tente ainsi de parvenir à un équilibre dans la rigueur. D’une part, les restrictions budgétaires et l’assouplissement du marché du travail qui se dessine frapperont les salariés. D’autre part, les contribuables aisés devront cracher moult euros au bassinet. Mais les classes moyennes risquent fort de porter la plus lourde charge du fardeau.

     

     Les plus pauvres seront épargnés, même si leur sort n’en sera pas amélioré pour autant; les plus riches pourront, comme d’habitude, choisir le chemin de l’exil fiscal. En Allemagne comme en France, la social-démocratie aura donc fait payer par les victimes de la crise les pots que le capitalisme financier a cassés; il sera impossible de distinguer la frontière entre droite et gauche.

     

     Cette situation fera le bonheur du troisième larron, l’extrême-droite dans sa version social-nationaliste à la Marine Le Pen. La social-démocratie européenne doit donc se réinventer une ligne politique claire. Elle n’en prend pas le chemin.

     

    Jean-Noël Cuénod

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  • Vices et insolence… Mais de quelle cité s’agit-il ?

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    Il s’agit d’une cité (…) qui est pleine de pièges, où la tromperie règne, où les vices de tous genres sont nombreux, où il faut supporter l’insolence, l’orgueil blessant, la malveillance, les dédains, le caractère antipathique et les importunités de tant de gens.

     

    Il m’apparaît qu’il faut beaucoup de sagesse et d’habileté – quant on vit au milieu de vices si divers et si graves d’une si nombreuse population - pour éviter de mécontenter, de tomber dans les pièges tendus (…)

     

    Alors de quelle ville s’agit-il ?

     De Paris, après une journée passée dans le métro ?

     De New-York, vu par un évangéliste frais débarqué du Dakota ?

     Non, de Rome. Et, malgré les apparences, de la Rome antique.

     

     Ce texte a été rédigé en 64 avant J-C par Quintus Cicéron, à l’intention de son frère Marcus, le célèbre orateur. Il est paru en français sous le titre « Lettre à mon frère pour réussir en politique » (Editions Les Belles Lettres). Tout candidat à un poste politique pourrait encore en faire son miel.

    Quid novi sub sole?

     

    Jean-Noël Cuénod

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  • La femme est-elle l'avenir de la France?

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    Inconnue hors de la capitale française, Anne Hidalgo succédera-t-elle à Bertrand Delanoë à la mairie de Paris en 2014? Ses chances paraissent solides. Si elle est élue, la socialiste sera la première femme à diriger l’une des trois principales métropoles de l’Hexagone, les «PLM» (Paris, Lyon, Marseille). De plus, d’autres politiciennes — Rachida Dati, Chantal Jouanno, Cécile Duflot — aiguisent leurs griffes en vue de cette échéance électorale. Pour Paris, cette abondance de «précandidatures» féminines à la mairie est une première.

     

    La classe politique française reste imprégnée de machisme. Certes, la Suisse — qui n’a accordé le droit de vote aux femmes sur le plan fédéral qu’en 1971 — n’a guère de leçon à donner. Mais désormais, les femmes y sont plus nombreuses qu’en France à occuper des postes à responsabilité politique.

     

    Pourquoi la République voisine, qui a l’Egalité pour principe, ménage-t-elle une place si réduite à la «moitié du ciel»? Tout d’abord, comme partout, les hommes occupant la citadelle du pouvoir depuis la nuit des temps et s’y trouvant confortablement installés, ne se montrent guère enclins à libérer de la place. Surtout, le système électoral français ne facilite pas la promotion des candidatures féminines. A part quelques exceptions, il reste basé sur le scrutin majoritaire qui transforme trop souvent les débats politiques en combats de coq et privilégie les testostérones au détriment des neurones.

     

    Le terrain n’est donc guère favorable pour les femmes intéressées par la politique. Toutefois, il n’y a pas de fatalité. L’exemple britannique le démontre. Le scrutin majoritaire à un tour n’a pas empêché Margaret Thatcher de faire la carrière que l’on sait. Avec Anne Hidalgo et d’autres jeunes socialistes, avec Nathalie Kosciusko-Morizet et d’autres élues de droite, la politique est en train de changer de visage, outre-Jura.

     

    La femme serait-elle l’avenir de la France? Oui. A condition qu’elle ne suive pas les mauvais exemples masculins.

    Jean-Noël Cuénod

     

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    Etant donné le sujet, cette chanson de Jean Ferrat inspirée par un poème d'Aragon s'impose (un peu de patience, la vidéo tarde un peu)


    Jean Ferrat La femme est l'avenir de l'homme par andeolbourlenc

     

     

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  • Le plouc et la plouquette présentent le « Goût du Temps » à Genève

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    Après avoir reçu son prix au Festival Rilke de Sierre pour  « Le Goût du Temps », le plouc présentera ce recueil de poèmes en forme de haïkous , SAMEDI 1er septembre 2012 à 17 heures, à la Villa Dutoit, 5 chemin Gilbert-Troillet au Petit-Saconnex (et non pas vendredi comme indiqué préalablement par erreur).

    La préfacière, la philosophe française Marianne Rillon, fera une brève introduction de l’ouvrage, puis le plouc lira quelques-uns des petits textes de « Le Goût du Temps » qui seront « dansés » par la plouquette, c’est-à-dire Christine Zwingmann.
    En même temps, les illustrations du livre, créées par le peintre Philippe Rillon, seront projetées sur écran ; Christine Zwingmann jouera d’ailleurs avec ces images lors de son improvisation chorégraphique.

    Détail non négligeable, l’entrée est libre.

    Cette création en plusieurs dimensions s’inscrit dans le contexte du vingtième anniversaire des éditions Samizdat qui a publié « Le Goût du Temps ».  Le finissage se déroulera dimanche 9 septembre à 17 h., toujours à la Villa Dutoit au Petit-Saconnex, avec la signature-  de Prisca Agustoni (« Le Déni ») et Elena Jurissevich (« Ce qui reste du ciel », traduit de l’italien par Mathilde Vischer) et la prestation musicale du violoncelliste Pascal Desarzens. L’entrée y sera également libre.

    L’occasion est ainsi offerte au plouc de féliciter les éditrices-poètes de Samizdat, Denise Mützenberg et Claire Krähenbuhl, grandes militantes de la poésie romande.

     


    Jean-Noël Cuénod

    (Légende de la photo : Christine Zwingmann durant la présentation de « Le Goût du Temps »  en mai dernier, à Vincennes (près de Paris) à la galerie « Toutes Latitudes »).

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  • Montagne et Mesure de l’homme

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    (En forme d’oiseau en plein envol, le petit lac d’Huiton ou d’Iton, sous la Plaine Morte)

    Pour la première fois depuis ses cinq années passées à Paris, le plouc a retrouvé les Alpes valaisannes pendant quelques jours passés en randonnées au-dessus de Montana, vers ces éminences aux noms qui sonnent comme des songes lointains : Cry d’Er, Bellalui, Tubang, sans oublier la Plaine Morte et son glacier au masque gris et la superbe vision smaragdine du lac Tseuzier, créé par le barrage du Rawyl.

    La montagne remet les choses et les êtres à leur place, à commencer par soi-même. Vivre dans une capitale vous donne une vision tordue de la vie. L’humain y est partout le maître absolu et la nature n’est qu’un décor servile, à l’exemple de ses pauvres arbres parisiens tenus prisonniers par des grilles de fer que compissent chiens et hommes. Dès lors, politiciens et médiacrates peuvent bien affirmer, en se gonflant le jabot, que « l’homme doit être la mesure de toute chose », là-haut, c’est la montagne qui mesure l’homme.  C’est elle la plus forte. Et si l’humain l’oublie, elle se charge de le lui rappeler de la plus définitive des façons.

    Non, l’homme n’est pas la mesure de toute chose. Il est intégré dans un ensemble dont il n’est qu’un élément. A force d’apparaître comme séparé de la nature, il devient séparé de lui-même puisqu’il ignore ainsi ce lien qui fait partie de son être, qu’il le veuille ou non.

    Dans les capitales, les ego enflent. En montagne, ils dégonflent et apparaissent pour ce qu’ils sont, des baudruches disparaissant dans les tourbillons du torrent.

    Et pour terminer, cette petite chose en forme de haïku :

    Torpeur de midi

    Sur le crâne du Tubang

    L’aigle attend son heure.

     

    Jean-Noël Cuénod

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  • Le plouc lauréat au Festival Rilke

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    Le plouc reçoit ce vendredi soir au Château Mercier à Sierre, le prix que son livre de haïkus "Le Goût du Temps" a reçu au concours de poésie au Festival Rainer Maria Rilke et cède le clavier à sopn excellent collègue Etienne Dumont (article paru mercredi dans la Tribune de Genève et 24 Heures) :

    Le Festival Rilke aura lieu pour la cinquième année à Sierre, du 17 au 19   août. Pourquoi Sierre? Parce que le poète allemand a passé ses dernières années à Veyras, tout près de là. La manifestation ne se veut pas passéiste pour autant. La preuve! En 2012, les voix romandes, de Thierry Romanens à Aliose, secoueront les "Notes sur la mélodie des choses". Il y aura aussi du slam, chose tout à fait inconnue lorsque Rilke quitta ce monde en 1926.

    La poésie classique garde bien sûr ses droits. Il y a eu une double compétition, en français et en allemand. Dans notre langue, c'est Philippe Delaveau qui l'a emporté avec "Ce que disent les vents", paru chez Gallimard. Notre collaborateur Jean-Noël Cuénod a remporté le second prix grâce au "Goût du temps", édité par Samizdat à Genève. L'occasion de lui demander les règles du jeu. «Ce concours ne se fait pas sur manuscrit. Le texte doit avoir été publié. Les organisateurs s'adressent aux différentes maisons, ce qui écarte les poèmes imprimés à compte d'auteur. »

    Sorti en avril, l'ouvrage de Jean-Noël se compose de haïkus. «J'écris un de ces poèmes japonais en dix-sept syllabes chaque jour. Je le vois comme une discipline. J'ai dépassé les 4000. Il s'agit là d'un petit choix de 200 textes, illustrés par Philippe Rillon. Les mauvais jours donnent les meilleurs vers. » Et pour quelle raison Samizdat? «Parce que je leur avais déjà donné un livre. C'est pour moi une question d'amitié et de confiance. »

    Note:www. festivalrilke. ch

    Et voici pour finir trois poèmes en forme de haïkus consacrés à l'été et tirés du "Goût du Temps"

    Sueur de l'été
    Sur la peau de la route
    Qui frémit d'aise.

    L'odeur du foin
    A la secrète odeur
    Du sein maternel

    Lune épaisse et rouge
    Qui attend son heure
    Comme l'ivrogne son verre.

     

     Jean-Noël Cuénod

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  • Olivier Breisacher: une belle plume sportive s'est envolée.

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    Ce soir, le plouc pense très fort à ses camarades de la rubrique sportive qui viennent de perdre Olivier Breisacher, décédé dimanche à la suite d'un accident en Espagne, ainsi qu'aux proches et à la famille de ce remarquable collègue. Il est inhumé aujourd'hui au cimetière israélite de Madrescht près de Bienne.

    D'autres diront mieux sa passion pour le tennis, le hockey sur glace et tous les sports, sans oublier les échecs. Olivier Breisacher avait compris toute l'exigence du journalisme sportif qui réclame d'autant plus de précision que l'événement à relater est observé par des milliers d'aficionados, tous plus experts les uns que les autres. Il dépassait le compte rendu pour le transformer en analyse. Mettre en évidence ce que ni les spectateurs, ni les caméras n'avaient remarqué, telle était la force d'Olivier. Ce faisant, il nous donnait à tous, y compris les journalistes non-sportifs, une sacrée leçon.

    A Paris, étrange bourgade qui ignore le hockey sur glace, le plouc se jetait sur les articles d'Olivier pour suivre Genève-Servette et l'équipe suisse dont il analysait les matches avec une lucidité sans concession. Et voilà... Il nous manque déjà. La belle plume sportive s'est envolée dans le vent chaud d'août.

     

    Jean-Noël Cuénod

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