23/11/2012

Dites MEEERRDE au Plouc!

 

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 C’est le moment de vider une sainte colère ou de faire œuvre de porte-bonheur. Dites un gros MERDE à la Plouquette et au Plouc. Dimanche, à Troyes, ils donnent un spectacle autour du dernier bouquin plouquesque «Le Goût du Temps» (Editions Samizdat). Si le hasard vous guide dans cette bonne ville champenoise, cela se passera dimanche 25 novembre à 18 h. à L’Arrivage, 6 rue de Larivey, grâce aux bons soins du poète, écrivain et critique Christian Noorbergen.

 

Christine Zwingmann improvisera une chorégraphie sur les haïkus du «Goût du Temps» dit par ma pomme. Elle jouera avec les lavis de Philippe Rillon, illustrateur du bouquin, qui seront projetés sur écran (cf. l’une des illustrations).

                                                                                  

Cette «performance» servira de point final à l’exposition que L’Arrivage a consacrée depuis le 25 octobre à six artistes du mouvement de la Peau de l’Ours: Duška, Philippe Rillon, K. Vasili (peintres), Bernard Thomas-Roudeix (peintre, céramiste et sculpteur), Catherine Bouroche et Gisèle Lacroix (sculptrices).

 

 

En guise de salut automnal, voilà un haïku tiré du «Goût du Temps»

 

 

Le brouillard prend feu

Et s’envole avec lui

Pour d’autres matins

 

Jean-Noël Cuénod

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22/11/2012

Juppé,l’ultime chance de l’UMP

 

L’UMP est devenue un cirque où des meutes de nabots hystériques se flanquent des tartes à la crème à la figure dans un concert de glapissements. Entre Jean-François Copé et François Fillon, le fossé est devenu infranchissable, d’autant plus que cette commission de contrôle à la noix, la COCOE, a reconnu, hier, avoir oublié trois fédérations départementales en décomptant les suffrages. Dans une élection censée élire le président du grand parti de la droite française, cet amateurisme laisse pantois.

 

De ce magma en fusion et confusion, un seul homme d’Etat émerge, Alain Juppé. Sa proposition de présider une commission hors-statut chargée d’examiner les résultats verra-t-elle vraiment le jour? Mais au fond quel est l’intérêt de compter, de recompter, de rerecompter des suffrages dans un tel contexte? Ni François Fillon ni Jean-François Copé ne peuvent désormais exercer pleinement la présidence. A cet égard, l’UMP est piégée par son essence même, qui est celle d’une formation bonapartiste, jadis taillée pour la haute stature du général de Gaulle. Ce genre de parti a pour moteur principal le culte du chef. Du chef, mais non pas des chefs!

 

Nicolas Sarkozy pourrait-il redevenir le patron du parti? Ce serait fort de café; Sarkozy est tout de même l’un des principaux coupables de cette désintégration de l’UMP. C’est lui qui a poussé Copé au détriment de Fillon. C’est lui qui a tracé la ligne politique hyperdroitière qui a mené aux outrances. Après avoir abîmé la France, Nicolas Sarkozy est en train de détruire son propre pari. Qu’il se concentre sur ses dossiers judiciaires, la besogne ne lui manque pas dans ce domaine.

 

Dès lors, la chance ultime pour l’UMP réside dans la désignation d’Alain Juppé comme président ad interim. Lui seul dispose de l’envergure nécessaire pour tenter de réanimer ce parti à bout de souffle.

 

 

Jean-Noël Cuénod

21:26 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sarkozy, fillon, copé, de gaulle | |  Facebook | | |

20/11/2012

Copé l’emporte sur Fillon mais pourquoi un tel «petchi » ?

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Jean-François Copé a donc emporté la présidence de l’UMP avec 98 voix d’avance, au terme d’un psychodrame où le comique se disputait au lamentable. Dépasser en ridicule le congrès socialiste de Reims paraissait mission impossible. Mais en politique française le pire est toujours probable. L’élection à la présidence de l’UMP a démontré que si la gauche est souvent maladroite, la droite sait se montrer gauche. Le spectacle cocasse des deux concurrents, François Fillon et Jean-François Copé, revendiquant chacun la victoire, le feuilleton des magouilles réciproques, le «petchi» — cet helvétisme nous permet d’éviter un mot plus gaulois — des opérations électorales internes ont décrédibilisé l’UMP, fer de lance fort émoussé de l’opposition.

 

Pourquoi les deux grands partis de gouvernement français sombrent-ils dans le grotesque chaque fois qu’il s’agit d’élire leurs dirigeants? L’an passé, le Parti socialiste nous avait offert un petit espoir en organisant avec succès sa primaire pour désigner le candidat de la gauche à la présidentielle. Mais peu après, le PS retombait dans ses vilaines manières en nommant son premier secrétaire au terme d’une désignation digne du Parti communiste chinois.

 

Ce travers chronique traduit l’incapacité de la classe politique française — de gauche comme de droite — à comprendre la société mondiale globalisée qui est aujourd’hui la nôtre, qu’on s’en lamente ou qu’on s’en loue. Caciques blanchis sous le harnais des médiocres ambitions personnelles, accumulant les mandats afin de conserver leurs gamelles bien remplies, ne parlant d’autre langue qu’un anglais à la Raffarin et écorchant la leur à force d’en faire du bois pour pipeaux, les hommes politiques français ne quittent pas du regard leur nombril hexagonal, sans se rendre compte qu’il devient toujours plus petit.

 

Les institutions de la Ve République ne créent plus de géants et ne fabriquent que des nains. Il est donc temps de les changer afin qu’émergent les forces vives qui sauront préparer la France à faire ce grand saut dans la société globalisée qu’elle redoute tant.

 

 

Jean-Noël Cuénod avec un dessin d'Acé

09:18 | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : copé, fillon, ump, ps | |  Facebook | | |

19/11/2012

Mariage gay et bazar UMP, c'est la grande collision

 

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Le plouc a désormais son dessinateur attitré, Acé, Alexandre Donnadieu de son vrai nom. Ce jeune Parisien est un futur éditorialiste du crayon. Comme tout bon dessinateur d’actualité, il fait entrer en collision deux événements qui ce sont produits ce ouiquende, la réussite des manifs contre le mariage homosexuel et le grand b… euh bazar à l’UMP qui a réussi à supplanter le congrès de Reims du Parti socialiste dans le championnat de France du ridicule politique.

 

Tripatouillage et magouillage sont les deux mamelles pendantes de cette élection à la présidence de l’UMP (Union pour des Manipulations Postélectorales). Entre les camps Fillon et Copé la haine s’affiche désormais en pleine lumière. Le pauvre Juppé – le seul dirigeant de ce parti à disposer de la stature d’homme d’Etat – s’arrache sa calvitie, ce qui est fort douloureux et avertit que l’UMP risque de s’effondrer.

 

L’ombre grimaçante de Nicolas Sarkozy plane sur la jungle. Le ricanement des hyènes frontistes secoue les  baobabs. Le sourire du François Hollande prend la forme d’un bananier géant. Le boa Borloo s’avance lentement mais sûrement vers les petits lapins UMP affolés. Dans son hamac, Bayrou rêve mais il ne sait plus à quoi.

 

Le plouc, lui, avance à pas de loup entre deux urnes aussi bourrées qu’un supporter de Liverpool.

 

 

Jean-Noël Cuénod

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17/11/2012

L’ado qui a tué sa famille est jugé irresponsable: un verdict juste et incompris

Il a fallu six longues heures de délibérations au jury de la Cour d’assises des mineurs d’Ajaccio pour déclarer Andy pénalement irresponsable, samedi à deux heures du matin. Ce garçon de 19 ans a d’ores et déjà rejoint un hôpital psychiatrique afin d’y recevoir des soins. Personne ne sait quand il en sortira. Alors qu’il n’avait que 16 ans, Andy a tué dans la maison familiale sise en Corse, sa mère, son père et ses deux petits frères avec le fusil à pompe paternel. L’adolescent a immédiatement avoué ses crimes mais n’a jamais été capable d’expliquer les raisons de son acte. Premier de classe, parents aimants, Andy avait tout pour être heureux, du moins si l’on se contente d’un regard superficiel. Mais il avait une faille dans laquelle la folie s’est engouffrée durant un bref instant de sa vie.

 

Pendant cinq jours, les jurés d’Ajaccio ont écouté les experts psychiatres qui ont démontré, une fois de plus, leur incapacité à expliquer ce qui ne peut relever que de l’inexplicable… Cortège de Diafoirus tricotant des théories dont la complexité n’a d’autre fin que de remplir du vide. Cette incapacité s’étend à tous, y compris à Andy lui-même: «J’aimais mes parents, j’aimais mes frères. Je les aime encore. Je sais que c’est moi qui ai fait ça mais je ne le voulais pas.»

 

Dès lors, la Cour d’assises a pris la seule décision légitime en déclarant qu’Andy ne relevait pas des juges mais des médecins. Bien entendu, ce verdict a soulevé des torrents d’indignation. Pourtant, tout autre jugement aurait trahi ce qui forme l’essence de la justice.

 

L’action des tribunaux a pour objet d’interrompre le cycle de la vengeance en imposant l’autorité de la raison sur les diverses expressions de la passion. Un monde sans tribunaux, c’est un monde où chacun règle ses comptes dans un chaos sanglant qui se répercute de génération en génération. Mais la justice a ses limites. Née de la raison et la déployant tout au long de son action, la justice ne peut pas traiter de la folie. Elle doit s’imposer à la passion, mais celle-ci n’est pas la folie. L’humain passionné dispose encore de son entendement. La justice a besoin d’un accusé qui possède les capacités d’utiliser le même langage qu’elle, quitte à la contester. L’humain fou, lui, se situe dans un autre monde où la justice humaine ne peut pas nouer avec lui cet indispensable débat.

 

Ceux qui ne connaissent pas grand-chose à la justice affirment qu’il «est trop facile d’éviter les foudres des tribunaux en mimant la folie». C’est ignorer à quel point il est périlleux de troquer la raison et ses rassurants repères contre la folie et ses souffrances indicibles. On ne joue pas au fou impunément. Dans le cas d’Andy, celui-ci s’est constitué prisonnier, a tout de suite avoué ses crimes et n’a nullement tenté de se faire passer pour un malade mental. Au contraire, il a demandé à suivre des cours par correspondance et réussi son bac avec mention avant d’étudier la médecine dentaire. Serait-ce le comportement d’un comédien de la folie?

 

La société doit admettre que dans le cas d’Andy l’incompréhensible s’est produit. Pendant un court instant, la folie l’a pénétré avant que l’intellect du garçon ne reprenne possession de son être. En d’autres temps, le diable aurait été convoqué sur le banc des accusés. Aujourd’hui, nous ne disposons plus de cet alibi.

 

Il n’en demeure pas moins que ce jeune homme reste potentiellement dangereux pour les autres. Qui dit que la folie ne reviendra-t-elle pas le hanter? Il est donc légitime que la société cherche à s’en protéger. Mais la prison – qui fixe un temps donné à l’enfermement – est le lieu le moins approprié pour assurer cette protection. Certes, la médecine ne constitue pas la panacée, comme l’ont démontré les experts psychiatres. Elle n’est pas encore outillée pour parer à ce surgissement de la violence insensée. Mais elle seule peut nous faire espérer qu’un jour Andy disposera de toutes les forces nécessaires pour quitter ses démons.

 

Jean-Noël Cuénod

16:13 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : justice, andy, crimes, famille, folie | |  Facebook | | |

16/11/2012

Le Plouc et son croco Lacoste à Canal +

Il y a peu, le Plouc a commis son blogue sur le crocodile Lacoste croqué par un groupe suisse. Ledit blogue a été évoqué vendredi 16 novembre vers 13 h. 15 par l'émission en clair de Canal + "Nouvelle Edition". Le voici, pur croco garanti plouc. Le sujet est à la fin de cette vidéo. Avec votre souris, vous avancez la bande vidéo jusqu'à 16:02 (facile: vous pensez à l'année de l'Escalade) et vous tombez pile dessus. Ou alors regardez en entier l'émission, plutôt marrante

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

19:21 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

15/11/2012

Nostalgie Sarkozy? Au moins avec François Hollande, "c'est du sérieux"

En quittant l'Elysée, ses pompes (étincellantes) et ses oeuvres (inachevées), après la conférence de presse de François Hollande mardi, le Plouc a relu ses notes du 8 janvier 2008. Ce jour-là, Nicolas Sarkozy menait lui aussi la première conférence de presse de son quinquennat. En comparant les deux prestations, le Plouc demeure baba (pas coule) devant la bouleversifiante nostalgie sarkolâtre qui étreint nombre de médias français et va de pair avec le dénigrement systématique du nouveau président, sur un mode  de plus en plus infantile ("Je veux mes jouets tout de suite avant Noël, na"!).

Un petit rappel s'impose donc. Il y a bientôt cinq ans, les journalistes étaient convoqué pour applaudir au spectacle d'un lutin autocentré, agité de tics, narquois, méprisant, essuyant ses escarpins compensés sur le dos de ses interlocuteurs, s'inventant des adversaires pour mieux boxer dans le vide, bafouillant parfois, fulminant toujours, n'abordant que trois sujets: lui, lui, lui. Et un quatrième, Carla.

Car c'est durant cette fameuse conférence de presse que le monde entier et ses banlieues galactiques ont appris qu'avec sa future femme  c'était du "sérieux", après une longue diatribe sur l'état, non de la France, mais de son coeur. L'état de la France, lui, était promptement passé par pertes et profits: "Que voulez-vous que je fasse? Les caisses sont vides".

Au  moins, avec François Hollande, "c'est du sérieux". Pas du mirobolant, pas de l'enthousiasmant, certes. Mais au moins a-t-il affronté les vrais problèmes, sans nous encombrer les oreilles de balivernes à l'eau de rose et de rosse.

Alors, pour les Sarkonostalgique, voici une petite vidéo pour leur rafraîchir la mémoire.

 

Jean-Noël Cuénod  

 


Nicolas Sarkozy et Carla Bruni : Conférence de... par whiteblog

 

 

 

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14/11/2012

Le tournant caché du président François Hollande

 

 

Ni tournant, ni virage, François Hollande conserve sa ligne droite. Tel est le message que le président français a voulu faire passer lors de sa première conférence de presse. Comme toujours, lorsqu’un dirigeant politique clame quelque chose, c’est son contraire qu’il convient de débusquer. Car, c’est un virage en épingle à cheveux que l’élu de la gauche a fait prendre à tout son camp, en élaborant sa théorie du «socialisme de l’offre» comme élément complémentaire au «socialisme de la demande».

 

«Une alternance change le pouvoir mais pas la réalité». Il fallait sans doute que le président Hollande rappelle cette évidence pour qu’elle pénètre dans la tête des Français si prompts aux rêveries politiques.

 

Soit la gauche vise au bouleversement complet des structures capitalistes pour établir un régime fondé sur la solidarité. Mais alors, cela suppose le recours à la violence révolutionnaire, ce que se gardent bien de reconnaître les communistes français et leurs alliés du Front de Gauche. L’Histoire nous apprend qu’en ce cas, le Grand Soir risque d’être suivi de petits matins aux gueules de flics. «La révolution n’est pas un dîner de gala», avertissait Mao, ni un discours de Jean-Luc Mélenchon.

 

Soit la gauche accepte de gouverner sans bouleverser les structures du capitalisme. Mais alors, là aussi, il faut qu’elle assume les conséquences de ce choix social-démocrate. Or, les crises à répétition, le poids de la dette publique et l’interdépendance des économies globalisées réduisent comme peau de chagrin les marges d’une politique sociale-démocrate. Dès lors, gouverner à gauche dans un tel contexte revient à tenter d’introduire des éléments de solidarité et de justice sociale dans une machinerie mue par l’énergie cupide.

 

Voilà pourquoi le socialiste Hollande plaide pour son «socialisme de l’offre». La modernisation de l’économie française est devenue une ardente nécessité. La politique de la gauche de gouvernement consiste non pas à freiner cette modernisation — ce qui signerait l’effondrement de la France à l’instar de ses voisins du Sud — mais à l’accompagner. Et pour cela, le «socialisme de la demande» est inopérant. Comment faire de la redistribution sociale lorsqu’il n’y a plus rien à redistribuer?

 

Pour cultiver son «socialisme de l’offre», François Hollande table sur la grande négociation qui se déroule actuellement entre syndicats et patronat sur la «sécurisation de l’emploi». Les partenaires sociaux parviendront-ils à concilier flexibilité de l’emploi et sécurisation des parcours professionnels à la manière des pays nordiques? En cas de réponse négative, le gouvernement rédigera lui-même un projet de loi.

 

Quelle que soit l’issue, le défi de François Hollande se limite à trouver des solutions pour que les salariés ne soient pas broyés par les nouvelles formes du capitalisme et disposent de points d’appuis pour se défendre. C’est moins glorieux que la prise de la Bastille, drapeaux rouges au vent. Mais c’est actuellement plus utile.

 

 

Jean-Noël Cuénod

 


Pour Hollande, la justice c'est maintenant par LeNouvelObservateur

 

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11/11/2012

QUEL TEMPS FAIT-IL?

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Le temps
Est une île
Sur l’étang
Qui s’espace
Dans le passé
Et s’assèche
Dans le présent
L’avenir
Est le Nil
Qui remonte
A sa source
Pour noyer
Le temps

Temps mort
Et tant de morts
En ces temps
Sans mémoire
Sans miroir

Quel temps fait-il
Quand le temps n’est plus ?

Le temps
N’a plus
Le temps
Haletant
Il tombe
Dans sa tombe
Où Satan
L’attend

Les heures
Brûlent
Dans son ventre

Les minutes
Fondent

Les secondes
Crépitent

Puis tout
S’éteint
Même Satan

Le temps n’a plus cours
Et l’espace est si court

Qu’il devient
Interstice
Qui se plisse
Et se perd
Dans l’infini
Sans forme

Mais le Nil
Revient
Le Nil toujours
Revient
Et libère le temps
De son bûcher

Tout recommence
Il ne s’est rien passé
         Rien

 


Jean-Noël Cuénod

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08/11/2012

Lacoste, des larmes françaises pour un crocodile naturalisé suisse

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La reprise de Lacoste par le groupe suisse Maus bouleverse la France. De 20 Minutes aux Echos, de France-Info à Tf1, chacun y va de sa larme. De crocodile, bien sûr. La perte d’un fleuron tricolore «qui, une fois de plus, s’en va au-delà des Alpes», comme le déplorait un téléjournaliste, est ressentie comme une claque encore plus douloureuse que le 6-1 encaissé par Lille contre le Bayern Munich (mais là, au moins, les Suisses n’y sont vraiment pour rien).

Après tout, ce n’est pas la première fois qu’un groupe étranger reprend une entreprise française. Alors pourquoi cette réaction lacrymale? Risquons quelques hypothèses pour tenter de la comprendre.

Tout d’abord, Lacoste n’est pas une boîte comme les autres. Dès sa naissance en 1933, elle est entourée par la légende qui s’attache aux «Mousquetaires». Surnommés ainsi par la presse sportive, Jean Borotra, Henri Cochet, Jacques Brugnon et René Lacoste forment la formidable équipe de France de tennis qui remporte la Coupe Davis six fois de suite entre 1927 et 1932.
En 1933, René Lacoste abandonne la compétition et fonde avec un industriel de Troyes la société Chemise Lacoste; précurseur dans la mercatique sportive, il utilise sa célébrité pour vendre sa marque. Avec succès.
Lacoste est éclairé par deux idées de génie. D’une part, l’ancien champion remplace la chemise de tennis traditionnelle par une autre plus confortable, plus légère. D’autre part, il impose son empreinte personnelle en adornant ses créations d’un petit crocodile. Lacoste reprend ainsi sa caricature dessinée par Robert George pour des journaux sportifs. Pourquoi le croquer sous la forme d’un croco? Afin d’illustrer la réputation du tennisman de ne jamais lâcher son adversaire.
Le nom de Lacoste est donc associé aux plus belles heures du sport français, d’où l’attachement particulier à cette marque, outre-Jura.

Ensuite, il règne actuellement en France un assez vif ressentiment contre la Suisse, compte tenu du contentieux fiscal entre les deux pays. Les Helvètes sont souvent perçus comme des profiteurs s’engraissant sur le dos des autres. En outre, pour de nombreux médias français, il est rageant de voir un petit pays, considéré comme quantité négligeable, accumuler les succès économiques au moment où l’industrie de l’Hexagone s’effondre. Alors, lorsque le gnome helvétique se goinfre une icône tricolore, on imagine l’ampleur de la rogne.

Enfin, la reprise de Lacoste par Maus illustre de façon crue l’une des faiblesses de la France, à savoir sa propension à s’embourber dans des querelles internes. Le phénomène est récurrent dans l’Histoire de ce pays. En 52 avant Jésus-Christ, la désunion des tribus gauloises emmenées par Vercingétorix avait déjà provoqué la défaite des tribus gauloise à Alésia. 

Lacoste et Maus sont tous deux des groupes familiaux. Mais là s’arrête la comparaison. Les Lacoste se sont déchirés entre divers clans hostiles au sein de la même famille. Les Maus, eux, tout au long de leur histoire, ont maintenu l’unité familiale, contre vents et marées. Comme César à Alésia, le groupe Maus, déjà introduit dans la place, a observé les luttes au sein des Lacoste. Survient alors ce qui devait arriver, l’un des clans Lacoste s’est allié au solide bloc Maus pour lui offrir la victoire.
Deux familles, deux pays, deux destins. Et un crocodile rouge à croix blanche.

Jean-Noël Cuénod

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07/11/2012

Barack Obama réélu: Romney s’est flanqué le doigt de Dieu dans l’œil

 

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Le Plouc lâche une larme de crocodile sur toutes les punaises de sacristie américaines qui ont prié pour que leur candidat à la mord-mon Mitt Romney triomphe de l’affreux afrosocialiste Barack Obama, le président sortant que leurs actions de disgrâce n’ont donc pas réussi à sortir.

 

Le pire pour ces mômiers flingolâtres et leur héros désormais Mitté est qu’ils se sont flanqué le doigt de Dieu dans l’œil. Ils attendaient un signe du Très-Haut pour assurer la victoire. Ce signe est bien venu du Ciel, avec autant d’éclat que de violence, sous la forme de l’ouragan Sandy. Mais c’est à Obama qu’il a profité. Certes, il serait un peu court d’attribuer à cet unique facteur la victoire du démocrate. Mais il y a contribué. La photo (voir ci-dessus) de Barack en train de consoler les victimes de Sandy a marqué les esprits à une époque où les Américains, comme les autres, éprouvent le besoin d’être rassurés dans un monde devenu aussi dingue que la météo.

 

Pendant que le président en exercice - revêtu d’un blouson d’aviateur pour marquer la présence du Chef au combat – pataugeait dans la boue avec des citoyens en plein désarroi, son adversaire multimilliardaire était photographié en train de monter en souriant sur l’échelle de coupée d’un jet flambant neuf. La comparaison s’est révélée assassine pour le camp républicain.

 

Sans doute est-ce trop lui demander, mais Mitt Romney aurait dû se rappeler la mésaventure d’Edmund Stoiber, aspirant malheureux à la Chancellerie fédérale allemande en 2002. Fin août, ce candidat conservateur de la CDU-CSU caracolait en tête des sondages devant le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder (41% contre 34% des intentions de vote). Une telle avance à cinq semaines du scrutin aurait dû lui valoir la chancellerie sans coup férir. C’était sans compter sur les éléments déchaînés et les pluies torrentielles qui avaient inondé l’Allemagne en septembre.

 

Gerhard Schröder a aussitôt mis au point un programme d’urgence et, pour le superviser, enfilé un ciré et des bottes purs Plouc en sillonnant l’Allemagne. Dans les régions les plus touchées, le chancelier se trouvait en première ligne des caméras affrontant les rues transformées en fleuve. Les caméras en ont fait leur miel. Le candidat CDU, lui, n’a pas réagi tout de suite et s’est ridiculisé lorsqu’il a enfin pris le chemin des villages et quartiers dévastés. Descendant de sa Mercedes au bord d’une route détrempée, Stoiber risquait d’un air dégoûté sa paire d’escarpins vernis et son pantalon noir au pli impeccable, avant de manquer se casser la figure. Dans la République fédérale transformée en vaste Venise, tous les spectateurs se sont gondolés. Résultat: Gerhard Schröder a été réélu.

 

Mitt Romney, vos bottes étaient trop bien cirées pour pouvoir entrer dans la Maison-Blanche.

 

Jean-Noël Cuénod

06:19 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

02/11/2012

NATURE HUMAINE

 

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Sous l'averse et le vent
S'évase la vase
Verte tripaille à l'air
Du marais torturé
Fouaillé poignardé
Paysage assassin
Guerre botanique
Décombres d'écorces
Et sous le lierre
S'étouffent les ruines

 

Jean-Noël Cuénod

 

(Photo: champ de bataille à Verdun)

10:35 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

31/10/2012

L’UMP ou l’irrésistible tentation du hara-kiri

Par son appel à recourir aux manifs si le mariage homosexuel et le vote des étrangers aux municipales sont adoptés par le parlement français, le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé a rajouté ce week-end, une épaisse couche «droitiste» à son discours. Elle survient après l’épisode du pain au chocolat arraché de la bouche des petits Français par de vilains islamistes.

 

Comment une figure importante d’un grand parti conservateur peut-elle en appeler au désordre de la rue? La raison en est simple, Jean-François Copé doit rattraper François Fillon dans la course à la présidence de l’UMP. Et pour l’instant, son langage musclé plaît aux militants et aux sympathisants qui, toutefois, semblent préférer François Fillon, puisqu’il paraît être le seul à pouvoir mener son camp à la victoire lors de l’élection présidentielle en 2017.

 

Par ses discours extrémistes, Jean-François Copé lance des passerelles vers le Front national. Plusieurs facteurs l’y engagent. D’une part, 30% des sympathisants de l’UMP se déclarent favorables à des alliances électorales, selon un sondage d’OpinionWay. D’autre part, nombre d’élus locaux de l’UMP poussent leur parti à conclure des accords régionaux avec les frontistes de Marine Le Pen afin de sauvegarder leurs sièges. A court terme, la tactique de Copé paraît cohérente. A moyen et long terme, elle trahit l’inconfortable position de l’UMP sur l’échiquier politique français.

 

Tout d’abord, Marine Le Pen ne conçoit une alliance avec l’UMP que dans la mesure où le Front national se trouve en position hégémonique. Ensuite, les opinions des deux partis sont tellement éloignées sur des sujets majeurs comme l’Europe et l'économie, qu’un accord sur le plan national conduirait la formation de Copé et de Fillon à se faire hara-kiri.

 

En effet, l’électorat de l’UMP n’est pas homogène. Un autre sondage OpinionWay démontre qu’il est divisé en quatre grandes familles: les «gaullistes» (31% des sympathisants de l’UMP), les «conservateurs antilibéraux» (24%), les «libéraux» (21%) et les «progressistes» (24%). La part la plus favorable au Front national se trouve au sein des «conservateurs antilibéraux». En revanche, les «libéraux» et les «progressistes» seraient enclins à rejoindre les rangs du nouveau parti de Jean-Louis Borloo, l’UDI (centre-droit), en cas d’alliance avec le Front national. Dans cette configuration, le groupe «gaulliste» se partagerait sans doute entre pro et antifrontistes. Dès lors, l’UMP réduite à sa part la plus droitière risquerait fort d’être avalée par le Front national. Le champ serait ainsi laissé libre à l’UDI qui affiche clairement sa volonté de devenir le grand parti de la droite modérée et de gouvernement.

 

Borloo et Marine Le Pen ont au moins un point commun, ils veulent tous deux dévorer l’UMP. Le nouveau président de ce parti devra donc affronter des adversaires résolus et bien organisés au sein même de l’opposition.

Jean-Noël Cuénod

 Lors de la fête de l'Aït-el-Kébir, les musulmans français ont distribué un petit pain au chocolat en forme de croissant qu'ils ont, si l'on ose dire, baptisé le "Copé". Le secrétaire général  de l'UMP s'est au moins fait un nom dans la viennoiserie allal.

 

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13:03 | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : islam, ump, france, front national, marine le pen, copé, fillon, borloo | |  Facebook | | |

26/10/2012

Les classes moyennes et l’étranger obsédant

A quoi ressemblent-elles, ces classes moyennes que les gouvernements caressent dans le sens du poil électoralement, pour mieux les tondre fiscalement? Entre le patron d’une petite boîte et son informaticien, les intérêts diffèrent quand ils ne divergent pas. Pourtant, ils partagent tous deux cette caractéristique propre aux classes moyennes: d’une part, leurs revenus sont trop importants pour qu’ils bénéficient des aides sociales réservées aux « superpauvres »; d’autre part, leurs revenus et leur fortune sont trop réduits pour qu’ils évitent les rigueurs de leur fisc d’origine en jouant à saute-frontières, à l’instar des « superriches ».

 

Pour les gouvernements confrontés aux crises et, pour les moins prévoyants, au poids de la dette publique, les classes moyennes constituent donc les gibiers privilégiés quand il s’agit de remplir les caisses de l’Etat. Les «gens de la moyenne» se considèrent à juste titre comme visés. D’où la naissance chez eux d’un fort sentiment d’injustice à l’égard des catégories qui échappent aux rigueurs fiscales, les « superriches » et les « superpauvres ». Dans les deux cas, l’étranger, sous ses différentes formes, est visé. Comme point d’arrivée des « superriches » qui s’y réfugient pour fuir leurs responsabilités fiscales. Comme point de départ des « superpauvres » qui fuyant la misère et la guerre, cherchent à trouver dans nos pays européens une terre pour vivre, voire survivre.

 

La colère contre les « superriches » s’épuise vite. Tout d’abord, ils ne sont plus là, «sous la main». Et les tentatives pour les faire cracher au bassinet collectif ont été, jusqu’à maintenant, vouées à l’échec. Dès lors, la colère des classes moyennes se tourne vers les « superpauvres » qui, eux, partagent le même espace local ou national. Les voilà supposés délinquants, islamo-intégristes, terroristes en puissance et profiteurs des aides sociales.

 

 Toutes les analyses, toutes les démonstrations pour démontrer la fausseté de ces allégations n’ont aucun effet. Lorsque la colère sociale a trouvé un os à ronger, comment le lui retirer des mâchoires? Les diverses versions de l’extrême-droite européenne l’ont fort bien compris. Il faut chasser les « superpauvres », clament-elles. C’est le thème sous-jacent de l’actuelle islamophobie. Ce discours rencontrant une audience de plus en plus élargie, il peut fort bien mener au pouvoir ceux qui le répètent façon mantra. Que feront-ils alors? Retour aux frontières murées? Ce n’est plus possible tant nos économies nationales sont imbriquées les unes dans les autres. Expulsions massives? Mais il faudrait passer des accords avec les pays d’origine. Et pourquoi ces derniers le feraient-ils? Pour les beaux yeux de Marine Le Pen et de ses «coreligionnaires» suisses?

 

Si le succès des mouvements d’extrême-droite en Europe est possible voire probable, leur échec est donc inscrit dans leur idéologie. Se posera alors la seule vraie question: comment faire payer les « superriches 

 

Jean-Noël Cuénod

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24/10/2012

Jérôme Kerviel, condamné par lui-même

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Si Jérôme Kerviel a subi, mercredi, une cinglante défaite devant la Cour d’appel de Paris, il ne le doit qu’à lui-même. Début 2008, lorsque la Société Générale a annoncé que son courtier lui avait fait perdre 4,9 milliards d’euros, Kerviel disposait encore de nombreux atouts à faire valoir pour sa défense.

 

Les dirigeants du groupe bancaire éprouvaient mille peines à expliquer comment l’un de leurs salariés avait pu mettre en échec des systèmes de surveillance dont ils vantaient tous azimuts l’extrême rigueur. Ainsi, le 4 juillet 2008, la Commission bancaire française condamnait-elle la Société Générale à une amende de 4 millions d’euros pour «carences graves» de son système de contrôle interne.

 

En reconnaissant ses indéniables erreurs, en jouant le modeste employé dépassé par les événements et en tablant sur l’impopularité des banquiers, Kerviel aurait sans doute écopé d’une peine plus légère et évité sa condamnation à rembourser la totalité du préjudice subi par la Société Générale. C’était d’ailleurs le système de défense organisé par sa première avocate, Me Elisabeth Meyer.

 

Mais l’arrogance de Kerviel — qui est apparue flagrante durant ses deux procès — a pris le dessus. En changeant maintes fois de défenseurs, il a brouillé son image, jusqu’alors très positive dans l’opinion française toujours prompte à s’enflammer pour un «petit» contre un «gros». Avec Me David Koubbi — plus habitué à plaider des dossiers de «people» que des affaires économiques — il a décidé d’entamer une guerre offensive contre la Société Générale, allant jusqu’à donner des leçons de transactions bancaires à la présidente Filippini, ancienne juge d’instruction spécialisée dans le droit pénal financier.

 

Kerviel et ses avocats en appel, ont voulu mettre sur pied un procès de rupture, en prenant les juges à partie. Ils ont oublié que pour réussir un procès de rupture, il faut être porté par une noble cause.

 

 

Jean-Noël Cuénod

 

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20/10/2012

Cri du coeur d'un musulman de Suisse: "Stop à la terreur et à la haine!"

Le plouc a reçu le courriel ci-dessous à la suite de son édito paru le 8 octobre 2012 sur le démantèlement d’une cellule terroriste animée par des Français convertis à l’islam. Il s’agit d’un cri du cœur poussé par une personnalité musulmane bien connue à Genève et ailleurs Hafid Ouardiri.  Ce cri mérite d’être entendu et même, écouté.

                          

Musulman,je suis doublement victime de ces voyous, barbares et criminels.

 

Pour ces innocents qu'ils arrachent à la vie et pour ma foi, l'islam à laquelle ces monstres se déclarent convertis.

Quel horrible outrage à Dieu ils commettent en perpétrant de tels actes barbares en son Nom.

 Nés dans les banlieues sans éducation dans lesquelles ils ont connus tous les échelons de la délinquance pour échouer dans les pénitenciers. Là, ils sont entrés en contact avec on sait quel "imam diabolique" qui les aurait convertis au terrorisme en les initiant à son idéologie meurtrière qui ressemble étrangement aux agissements des "hashashins" (assassins), mercenaires, drogués à mort qui allaient massacrer les innocents et semer la haine et le désordre dans certaines régions du Moyen-Orient il y a de cela quelques siècles.

 Non, ils n'ont pas été convertis à l'islam mais au terrorisme, à la haine et à la violence aveugle !

Ils sont les ennemis de tout le genre humain et sont porteurs de tous les racismes, de l'antisémitisme et ne l'oublions pas ils sont aussi et surtout les promoteurs de l'islamophobie. Car il n'y a pas pires ennemis de l'islam que ces énergumènes qui se réclament de lui pour tuer cruellement et corrompre la terre en étant persuadés qu'ils font le bien.

 Ils se vengent sans pitié pour se soulager de leurs échecs. Ce sont des gens gravement malades qu'ils fallait soigner avant qu'ils en arrivent à ce stade.

  C'est une abomination comme d'autres abominations que notre histoire a connu, il y a certainement une explication à cela mais jamais au grand jamais une justification à de tels actes inhumains.

 L'islam n'a rien à voir avec ces abominables criminels et les musulmans aujourd'hui dans leur extrême majorité souffrent à cause de ces détracteurs criminels. Ils doivent, aidés de toutes et de tous, lutter contre ce fléau qui les menace ainsi que tout le genre humain toutes appartenance confondues.

  Il ne faut pas que tous les opportunismes politiques ou autres, qui sont à l'affût de ces malheurs, en profitent pour ajouter la haine à la haine, la confusion à la confusion. Ils ne doivent pas encourager l'amalgame pour grapiller quelques voix en usant par ci par là de la stratégie du bouc-émissaire et de la culture de l'ignorance à outrance.

 Il faut que ceux qui sont chargés de la sécurité et de la justice accomplissent leurs tâche avec une tolérance zéro pour montrer à ses voyous tueurs sans foi ni loi qu'ils ne seront pas impunis.

Stop à la terreur et à la haine.

 

 

Hafid Ouardiri 

Fondation pour l'Entre-Connaissance

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17/10/2012

L’impossible débat politique en France

 

La classe politique française démontre avec la régularité d’un métronome bruyant son incapacité à mener un débat politique. Dernier exemple, celui offert par l’hystérie qui a suivi les déclarations du ministre Vincent Peillon. Celui-ci, pourtant, ne proposait rien de révolutionnaire, sinon que l’on réfléchisse à la dépénalisation — éventuelle — de l’usage de cannabis. Au lieu d’argumenter, l’opposition de droite, soutenue par une partie de la gauche, a hurlé: défense de poser cette question! Pourquoi? Parce que! Sur d’autres sujets, le constat est le même.

 

Cette incapacité à débattre plonge ses racines au plus profond de l’Histoire. Si l’on considère le pouvoir politique sous deux formes, l’une verticale, l’autre horizontale, force est de constater que, le plus souvent, la France a privilégié la verticalité. Dans cette optique, la division entre gauche et droite est dépassée. Il y a des «horizontalistes» à gauche comme à droite et des «verticalistes» dans les deux camps.

 

Roi «horizontaliste», Henri IV a permis à ses anciens coreligionnaires protestants de pratiquer leur foi sous certaines conditions, en signant l’Edit de Nantes le 13 avril 1598. La France devenait ainsi plurielle, ce qui aurait pu faire naître une lente évolution vers un Etat progressivement démocratique. C’est, en partie, pour arrêter ce processus que le roi «verticaliste» Louis XIV a révoqué cet Edit le 22 octobre 1685. La France régressait alors vers la monoculture religieuse, contraignant environ 300 000 (sur une vingtaine de millions d’habitants) de ses sujets protestants — la plupart, issus de la bourgeoisie intellectuelle en plein essor — à l’exil où ils ont participé à créer la richesse industrielle des pays du Nord de l’Europe et de l’Amérique.

 

A la Révolution, la France aurait pu prendre un autre pli. Mais les «horizontalistes» girondins — partisans d’une sorte de fédéralisme — ont été battus par les «verticalistes» jacobins qui ont fait triompher le centralisme autoritaire de la République «une et indivisible».

 

Si l’horizontalité offre aux débats politiques l’espace nécessaire pour se développer, tel n’est pas le cas de la verticalité. Dans l’optique verticale, le débat n’est qu’un babil retardant la mise en pratique des décisions prises par «en haut». Mais du fait de cet éloignement du «haut» par rapport au «bas», lesdites mesures ont de la peine à s’imbriquer dans le réel. Or, l’une des vertus du débat public est, justement, de rapprocher le «haut» et le «bas» et de permettre l’imbrication de la politique dans le réel.

 

La France saura-t-elle devenir plus «horizontale» malgré ses pesanteurs historiques? Les crises qui se succèdent vont sans doute la contraindre, qu’elle le veuille ou non, à revoir son type de fonctionnement politique.

Jean-Noël Cuénod

Faudra-t-il déconstruire la verticale du pouvoir en France?toureiffel1.jpg

 

15/10/2012

Le Plouc fait sa lecture publique: deux bouquins pour une soirée!

 

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Passez-vous par Paris samedi 20 octobre? Alors cette annonce est pour vous, rien que pour vous...

Le plouc lira des extraits de son «Quinquennat d’un plouc chez les bobos» et de son recueil de haïkus «Le Goût du Temps» (prix Festival International Rilke 2012)

 

Samedi 20 octobre 2012 à 18 h.

A l’Atelier «Les 26 chaises»,

49 rue Polonceau, Paris 18e,

 

Cette lecture publique se déroulera en présence de l’artiste Bernard Thomas-Roudeix qui a illustré de ses dessins les pages intérieures du «Quinquennat d’un plouc chez les bobos». Vous pourrez admirer d’ailleurs à cette occasion lesdits dessins et les autres œuvres de ce peintre-sculpteur.

 

Le «Quinquennat d’un Plouc chez les bobos» (Slatkine-Genève) est l’évocation par un correspondant de la presse étrangère du règne de Sarkozy sur le ton, tantôt humoristique et sarcastique, tantôt grave et ému.  Cet ouvrage ne parle donc pas que de Sarkozy, ses dames et ses drames ou de DSK et ses pantalonnades, mais aussi de la France dans tous ses états durant ce quinquennat.

 

Egalement écrit par Jean-Noël Cuénod, «Le Goût du Temps» (SamiZdat-Genève) est un recueil illustré par les lavis du peintre Philippe Rillon, président du Mouvement de la Peau de l’Ours. C’est l’essence du temps que Cuénod a tenté d’approcher par le vecteur de la forme la plus concentrée de la poésie, le haïku. De remarquables œuvres de Rillon seront aussi exposées.

 

Venez donc écouter le plouc et débattre avec lui et ses amis artistes, autour d’un verre.

ON NE VA PAS SE LAISSER ABATTRE… NON MAIS!

Jean-Noël Cuénod

 

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12/10/2012

EXCLUSIF ! Le jury du Prix Nobel de la Paix s’est trompé de date

Le plouc est en mesure de vous livrer un scoupe d’ampleur planétaire, voire sidérale et même sidérante. Le jury du Prix Nobel de la Paix s’est trompé de date en accordant aujourd’hui sa suprême récompense à l’Union européenne !

 

Cela dit, chacun aura rectifié de lui-même, comme le disent les journalistes qui ont été mouchés après avoir éternué une bévue.

 

 En effet, comment l’Union européenne aurait-elle pu être récompensée en 2012 pour ses efforts en faveur de la paix ?

 

Fallait-il la glorifier pour avoir laissé éclater sur son continent une guerre longue et effroyable en ex-Yougoslavie et s’être ensuite montrée dramatiquement incapable de la résoudre ?

 

Son action en Géorgie – où l’Europe a laissé la Russie s’emparer de deux territoires ‑ méritait-elle cet éloge ?

 

 Et que dire de la crise que traverse sa monnaie, à cause de l’impéritie de ses institutions ? Elle sème les émeutes en Grèce et la colère en Espagne ; sont-ce là des signes de paix ?

 

Le grand bienfait offert par l’Europe unie au monde est d’avoir pacifié, au milieu du siècle dernier, un continent ravagé par deux guerres mondiales. Mais le mérite n’en revient nullement aux actuels dirigeants de l’Union européenne. L’aquavit aidant, les jurés du Nobel  se sont donc trompés de soixante ans. C’est le Prix de la paix 1952 qu’ils voulaient décerner.

 

Le 23 juillet 1952 la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg signent le pacte de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier). En imbriquant les industries des pays qui, naguère encore, s’étripaient régulièrement, les dirigeants européens d’alors rendaient la guerre impossible entre les ex-belligérants. Cette idée a germé dans le cerveau d’un homme d’Etat français né au Luxembourg, Robert Schuman, qui l’a ensuite mise en pratique avec l’appui de l'Allemand Konrad Adenauer, du Luxembourgeois Joseph Bech du Néerlandais Johann Willem Beyen, de l'Italien Alcide de Gasperi, du Français Jean Monet et du Belge Paul-Henri Spaak. C’est à eux – et non pas à Barroso ou van Rompuy – que le prix Nobel de la Paix doit être attribué.

 

 

Jean-Noël Cuénod

 

ESPACE VIDEO

 

L’explication du pacte charbon-acier par Robert Schuman (document INA)

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10/10/2012

Jean-Marc Ayrault, soporifique erreur de casting

ayrault.jpgLe premier ministre — le plouc allait écrire «sinistre» — Jean-Marc Ayrault fait l’unanimité des médias français contre lui. A droite, certes. Mais à gauche, aussi. Impatience intempestive? Dans ce cas particulier, non. En plus de quatre mois d’exercice, le chef du premier gouvernement de l’ère Hollande apparaît comme la grande erreur de casting du président socialiste.

 

Sur le plan formel, ses prestations médiatiques et ses interventions parlementaires sombrent dans l’ennui le plus soporifique.

 

 Quant au fond, c’est pire. Ayrault égrène les contre-vérités comme un moine, son chapelet. Devant députés et médias, le premier ministre affirme que le pacte budgétaire européen (le TSCG -Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance) n’entame pas la souveraineté nationale et budgétaire de la France.

 

C’est faux. Le déficit structurel (hors conjoncture exceptionnelle) de chaque Etat membre ne devra pas dépasser 0,5% de son PIB (produit intérieur brut). Et si la Commission européenne constate qu’un pays ne respecte pas cette «règle d’or», les sanctions prévues seront aussitôt déclenchées. De plus, les Etats seront obligés de soumettre à Bruxelles leurs projets d’émission de dettes. Si de telles mesures n’entament pas la souveraineté nationale, alors les mots n’ont plus de sens!

 

Le gouvernement français estime, non sans raison, que ce traité est indispensable. Mais qu’il le dise clairement, en détaillant toutes les conséquences qui en découlent. Une marche en avant vers le fédéralisme européen paraît inéluctable, compte tenu de l’ampleur de la crise, et le TSCG représente un pas de plus. Toutefois, progresser vers l’intégration européenne en catimini est la pire des méthodes, comme le clame l’eurodéputé Daniel Cohn-Bendit. Le peuple se sent alors dépossédé et grossit les rangs du Front national.

 

Jean-Marc Ayrault a réitéré en soutenant devant les caméras de France 2 que «neuf Français sur dix ne seront pas touchés par les hausses d’impôt». Peu après, le quotidien de gauche Libération confronte cette déclaration à la réalité des chiffres. Résultat: «Les trois quarts des foyers fiscaux qui payent l’impôt sur le revenu le verront augmenter en 2013»!

 

Jean-Marc Ayrault se contente donc de glisser la poussière sous le tapis au lieu d’entreprendre le grand ménage, mais il le fait tellement mal que chacun peut s’en rendre compte. Pour l’instant, il sauve sa place, car le président Hollande ne peut pas s’offrir le luxe de griller son fusible tout de suite. Cela dit, Ayrault ne passera pas cinq ans à Matignon, comme l’a déjà laissé entrevoir le président.

 

Sous Nicolas Sarkozy, le gouvernement mentait avec aplomb. Avec Jean-Marc Ayrault, il ment avec langue de plomb. Ce n’est sans doute pas le changement promis par François Hollande et espéré par une majorité de Français.

 

Jean-Noël Cuénod

 

LE PLOUC CAUSE DANS LE POSTE

 

  •         En surfant sur le site internet de France-Info, vous pouvez écouter et enregistrer l’émission « Micro-Européen » de Marie-Christine Vallet à laquelle participait le plouc avec une consoeur espagnole dimanche 7 octobre ;
  •        Jeudi 11 octobre de 11 h. à midi, le plouc sera au  micro de « Chronique Hebdo » sur les ondes de Radio Libertaire, avec un de ses complices, le peintre-sculpteur Bernard Thomas-Roudeix. Il y sera question des deux bouquins plouquesques parus cette année : « Quinquennat d’un plouc chez les bobos » et « Le Goût du Temps ».  Pour les Franciliens et Parisiens, la fréquence F M est 89.4 ; pour les autres, il faut se rendre sur le site http://rl.federation-anarchiste.org

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