15/10/2012

Le Plouc fait sa lecture publique: deux bouquins pour une soirée!

 

Lecture 26 Chaises complet jpg.jpg

 

Passez-vous par Paris samedi 20 octobre? Alors cette annonce est pour vous, rien que pour vous...

Le plouc lira des extraits de son «Quinquennat d’un plouc chez les bobos» et de son recueil de haïkus «Le Goût du Temps» (prix Festival International Rilke 2012)

 

Samedi 20 octobre 2012 à 18 h.

A l’Atelier «Les 26 chaises»,

49 rue Polonceau, Paris 18e,

 

Cette lecture publique se déroulera en présence de l’artiste Bernard Thomas-Roudeix qui a illustré de ses dessins les pages intérieures du «Quinquennat d’un plouc chez les bobos». Vous pourrez admirer d’ailleurs à cette occasion lesdits dessins et les autres œuvres de ce peintre-sculpteur.

 

Le «Quinquennat d’un Plouc chez les bobos» (Slatkine-Genève) est l’évocation par un correspondant de la presse étrangère du règne de Sarkozy sur le ton, tantôt humoristique et sarcastique, tantôt grave et ému.  Cet ouvrage ne parle donc pas que de Sarkozy, ses dames et ses drames ou de DSK et ses pantalonnades, mais aussi de la France dans tous ses états durant ce quinquennat.

 

Egalement écrit par Jean-Noël Cuénod, «Le Goût du Temps» (SamiZdat-Genève) est un recueil illustré par les lavis du peintre Philippe Rillon, président du Mouvement de la Peau de l’Ours. C’est l’essence du temps que Cuénod a tenté d’approcher par le vecteur de la forme la plus concentrée de la poésie, le haïku. De remarquables œuvres de Rillon seront aussi exposées.

 

Venez donc écouter le plouc et débattre avec lui et ses amis artistes, autour d’un verre.

ON NE VA PAS SE LAISSER ABATTRE… NON MAIS!

Jean-Noël Cuénod

 

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12/10/2012

EXCLUSIF ! Le jury du Prix Nobel de la Paix s’est trompé de date

Le plouc est en mesure de vous livrer un scoupe d’ampleur planétaire, voire sidérale et même sidérante. Le jury du Prix Nobel de la Paix s’est trompé de date en accordant aujourd’hui sa suprême récompense à l’Union européenne !

 

Cela dit, chacun aura rectifié de lui-même, comme le disent les journalistes qui ont été mouchés après avoir éternué une bévue.

 

 En effet, comment l’Union européenne aurait-elle pu être récompensée en 2012 pour ses efforts en faveur de la paix ?

 

Fallait-il la glorifier pour avoir laissé éclater sur son continent une guerre longue et effroyable en ex-Yougoslavie et s’être ensuite montrée dramatiquement incapable de la résoudre ?

 

Son action en Géorgie – où l’Europe a laissé la Russie s’emparer de deux territoires ‑ méritait-elle cet éloge ?

 

 Et que dire de la crise que traverse sa monnaie, à cause de l’impéritie de ses institutions ? Elle sème les émeutes en Grèce et la colère en Espagne ; sont-ce là des signes de paix ?

 

Le grand bienfait offert par l’Europe unie au monde est d’avoir pacifié, au milieu du siècle dernier, un continent ravagé par deux guerres mondiales. Mais le mérite n’en revient nullement aux actuels dirigeants de l’Union européenne. L’aquavit aidant, les jurés du Nobel  se sont donc trompés de soixante ans. C’est le Prix de la paix 1952 qu’ils voulaient décerner.

 

Le 23 juillet 1952 la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg signent le pacte de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier). En imbriquant les industries des pays qui, naguère encore, s’étripaient régulièrement, les dirigeants européens d’alors rendaient la guerre impossible entre les ex-belligérants. Cette idée a germé dans le cerveau d’un homme d’Etat français né au Luxembourg, Robert Schuman, qui l’a ensuite mise en pratique avec l’appui de l'Allemand Konrad Adenauer, du Luxembourgeois Joseph Bech du Néerlandais Johann Willem Beyen, de l'Italien Alcide de Gasperi, du Français Jean Monet et du Belge Paul-Henri Spaak. C’est à eux – et non pas à Barroso ou van Rompuy – que le prix Nobel de la Paix doit être attribué.

 

 

Jean-Noël Cuénod

 

ESPACE VIDEO

 

L’explication du pacte charbon-acier par Robert Schuman (document INA)

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10/10/2012

Jean-Marc Ayrault, soporifique erreur de casting

ayrault.jpgLe premier ministre — le plouc allait écrire «sinistre» — Jean-Marc Ayrault fait l’unanimité des médias français contre lui. A droite, certes. Mais à gauche, aussi. Impatience intempestive? Dans ce cas particulier, non. En plus de quatre mois d’exercice, le chef du premier gouvernement de l’ère Hollande apparaît comme la grande erreur de casting du président socialiste.

 

Sur le plan formel, ses prestations médiatiques et ses interventions parlementaires sombrent dans l’ennui le plus soporifique.

 

 Quant au fond, c’est pire. Ayrault égrène les contre-vérités comme un moine, son chapelet. Devant députés et médias, le premier ministre affirme que le pacte budgétaire européen (le TSCG -Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance) n’entame pas la souveraineté nationale et budgétaire de la France.

 

C’est faux. Le déficit structurel (hors conjoncture exceptionnelle) de chaque Etat membre ne devra pas dépasser 0,5% de son PIB (produit intérieur brut). Et si la Commission européenne constate qu’un pays ne respecte pas cette «règle d’or», les sanctions prévues seront aussitôt déclenchées. De plus, les Etats seront obligés de soumettre à Bruxelles leurs projets d’émission de dettes. Si de telles mesures n’entament pas la souveraineté nationale, alors les mots n’ont plus de sens!

 

Le gouvernement français estime, non sans raison, que ce traité est indispensable. Mais qu’il le dise clairement, en détaillant toutes les conséquences qui en découlent. Une marche en avant vers le fédéralisme européen paraît inéluctable, compte tenu de l’ampleur de la crise, et le TSCG représente un pas de plus. Toutefois, progresser vers l’intégration européenne en catimini est la pire des méthodes, comme le clame l’eurodéputé Daniel Cohn-Bendit. Le peuple se sent alors dépossédé et grossit les rangs du Front national.

 

Jean-Marc Ayrault a réitéré en soutenant devant les caméras de France 2 que «neuf Français sur dix ne seront pas touchés par les hausses d’impôt». Peu après, le quotidien de gauche Libération confronte cette déclaration à la réalité des chiffres. Résultat: «Les trois quarts des foyers fiscaux qui payent l’impôt sur le revenu le verront augmenter en 2013»!

 

Jean-Marc Ayrault se contente donc de glisser la poussière sous le tapis au lieu d’entreprendre le grand ménage, mais il le fait tellement mal que chacun peut s’en rendre compte. Pour l’instant, il sauve sa place, car le président Hollande ne peut pas s’offrir le luxe de griller son fusible tout de suite. Cela dit, Ayrault ne passera pas cinq ans à Matignon, comme l’a déjà laissé entrevoir le président.

 

Sous Nicolas Sarkozy, le gouvernement mentait avec aplomb. Avec Jean-Marc Ayrault, il ment avec langue de plomb. Ce n’est sans doute pas le changement promis par François Hollande et espéré par une majorité de Français.

 

Jean-Noël Cuénod

 

LE PLOUC CAUSE DANS LE POSTE

 

  •         En surfant sur le site internet de France-Info, vous pouvez écouter et enregistrer l’émission « Micro-Européen » de Marie-Christine Vallet à laquelle participait le plouc avec une consoeur espagnole dimanche 7 octobre ;
  •        Jeudi 11 octobre de 11 h. à midi, le plouc sera au  micro de « Chronique Hebdo » sur les ondes de Radio Libertaire, avec un de ses complices, le peintre-sculpteur Bernard Thomas-Roudeix. Il y sera question des deux bouquins plouquesques parus cette année : « Quinquennat d’un plouc chez les bobos » et « Le Goût du Temps ».  Pour les Franciliens et Parisiens, la fréquence F M est 89.4 ; pour les autres, il faut se rendre sur le site http://rl.federation-anarchiste.org

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07/10/2012

Cellule terroriste démantelée: l’islam radical «made in France»

Il ne se prénommait pas Omar ou Mohamed, mais Jérémie. Il ne venait pas d’Alger ou de Tunis, mais de Melun. Sa religion de naissance n’était pas l’islam; il s’y est converti à l’âge adulte.

 

Jérémie Louis-Sidney — abattu à Strasbourg lors du démantèlement ce week-end de sa cellule islamoterroriste — anéantit tous les préjugés rabâchés en France par le Front national et l’aile extrémiste de l’UMP. Selon le procureur chargé de ce dossier, les membres de cette cellule présentent tous le profil de Français convertis à l’islam de fraîche date.

 

Désormais, l’islam radical devient vraiment une affaire intérieure française et ne peut plus être considéré sous son seul aspect de «produit d’importation». Pour la France — mais aussi pour ses voisins — c’est un choc.

 

Pourquoi cette conversion de Français vers l’islam dans ce qu’il a de plus extrémiste? De tels parcours se révèlent complexes par nature. On peut tenter de les comprendre en hasardant quelques hypothèses. Lorsque des jeunes dérivent dans la déglingue et la délinquance, leur identité sombre avec eux. Privés le plus souvent de ces repères punitifs qui rassurent tout en éduquant, ils les cherchent et les trouvent parfois dans ces marqueurs identitaires forts que sont les religions.

 

Par un phénomène bien connu, ces convertis se sentent obligés de faire de la surenchère dans la pratique de leur nouvelle religion afin de s’y ancrer. Plus rigoristes que les dévots, plus extrémistes que les intégristes, ils constituent des proies rêvées pour tous les prêcheurs de la violence religieuse. Ce phénomène interroge à la fois l’islam véritable — sans ses déformations radicales — et nos sociétés occidentales.

 

Quels sont les éléments qui, dans la religion musulmane, offrent le prétexte à de tels passages à l’acte?

 

Pourquoi nos sociétés démocratiques sont-elles incapables d’offrir un cadre solide et cohérent à cette partie de la jeunesse qui se sent abandonnée, pire ignorée?

 

Jean-Noël Cuénod

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03/10/2012

François Hollande et l’impuissance de la puissance

Serait-ce possible ailleurs qu’en France? Son président intervient un jour à la tribune des Nations Unies à New York pour y débattre de l’avenir de la planète, puis se retrouve le lendemain dans une cage d’escalier de la banlieue grenobloise pour essuyer les reproches d’une habitante excédée par la violence de son quartier. Voilà donc François Hollande bondissant d’un fait divers à l’autre, comme un vulgaire Sarkozy.

 

Il se voulait être chef d’Etat «normal». C’est raté. En France, le président de la République doit être «anormal». Contrairement aux apparences et aux analyses de nombreux médias outre-Jura, ce phénomène n’est pas dû à la frénésie que Nicolas Sarkozy n’a cessé d’alimenter durant son quinquennat. Le ci-devant président n’a fait qu’amplifier un mouvement naturel, créé par les institutions de la Ve République.

 

Celles-ci confèrent au «présimonarque» de l’Elysée des prérogatives qu’aucun autre chef d’Etat d’un pays démocratique ne possède. Barack Obama rêverait de disposer des mêmes pouvoirs que François Hollande et d’une chambre d’enregistrement aussi docile que l’Assemblée nationale.

 

Mais cet excès de puissance virtuelle se transforme en impuissance réelle. Seul au sommet de son autorité, le président français est comptable de tout: des hauts-fourneaux qui ferment à Florange, des marins-
pêcheurs qui veulent pêcher davantage de noix de Saint-Jacques, des loyers qui grimpent, de la violence scolaire, des incivilités sur les trottoirs et même – pourquoi pas? – du dérapage des handballeurs montpelliérains.

 

L’essence de la Constitution française est caractérisée par le recours à la notion d’«homme providentiel», à l’image de son créateur, le général de Gaulle. Et lorsque nos confrères de Paris espèrent l’émergence en France d’un «nouveau Roosevelt», c’est encore à la «providence» qu’ils se réfèrent. Curieuse nation qui se veut berceau de la laïcité tout en demeurant inspirée secrètement par la monarchie de droit divin!

Ce phénomène provoque deux situations négatives.

 

Tout d’abord, les problèmes affluant, en fin de compte, vers un seul homme, le pouvoir subit un embouteillage comparable à celui du «périphérique» parisien un dimanche soir. Tout est différé, dilué, bloqué dans des commissions.

 

Ensuite, cette «présimonarchie» induit une certaine infantilisation des esprits au sein de la population. Le peuple, déléguant tout à son chef, se contente de subir et de râler en évitant surtout de se remettre lui-même en cause.

 

L’actuelle Constitution est devenue obsolète. Pire, elle empêche la France de se défendre dans le monde globalisé. Démocratiser les institutions, de façon que le peuple se sente enfin responsable de lui-même, est devenu en France une ardente nécessité.

 

Jean-Noël Cuénod

 

ESPACE VIDEO. La scène de la cage d'escalier à Echirolles, près de Grenoble, après l'assassinat de deux jeunes.


François Hollande interpellé à Echirolles par BFMTV

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28/09/2012

La Suisse abhore les minarets mais adore les burqas!

 burka_etc[1].jpgQue n’avait-on ouï durant la campagne de l’initiative contre la construction des minarets ! L’heure était grave, que dis-je, solennelle. Il fallait sonner le tocsin, décréter le Djihad fédéral, lever la Matze des divines colères pour défendre nos cimes immaculées contre les assauts impies des phallus musulmans. C’était une question d’honneur patriotique, de respect de nos traditions chrétiennes. Le peuple l’a bien compris. Dans sa majorité, il a décidé d’abattre d’un coup d’urne les rares projets minaresques.

 

Et voilà que ce vendredi, le conseil national a décidé par 93 voix contre 87 de ne pas interdire le port du voile intégral sur la voie publique. Alors que le minaret est l’ornement d’un lieu de culte et aurait dû être respecté en tant que tel à l’image des pagodes ou d’autres édifices religieux, le niqab et la burqa n’ont rien de respectables. Ce ne sont que vulgaires serrures textiles qui enferment les femmes dans leur esclavage conjugal. Rien dans les textes sacrés de l’islam ne les prescrits. Il s’agit de coutumes préislamiques qui nous ramènent à des temps barbares (sauf peut-être la version Marilyn, ci-dessus).

 

Alors pourquoi cette mansuétude soudaine ? Selon le conseiller national PLR genevois Hugues Hiltpold, «la burqa ne pose pas de véritable problème en Suisse. Une interdiction serait une mesure excessive et pourrait en outre avoir des conséquences négatives sur l'opinion des touristes issus de pays musulmans ». Voilà donc l’argument massue. Les richissimes émirs étant d’excellents clients de notre industrie horlogère et touristique, il serait malvenu de nous voiler la face en dévoilant celle de leurs épouses.

 

Ah, si seulement  les minarets, au lieu d’arabesques, avaient arboré des horloges « made in Switzerland »…

  

Jean-Noël Cuénod

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27/09/2012

Les musulmans, premières victimes des salafistes

 

En Tunisie, en Egypte, au Maroc, au Mali mais aussi en France et en Grande-Bretagne, les salafistes se montrent offensifs. Au sein de la nébuleuse islamo-intégriste, ce sont eux qui développent les idées les plus rétrogrades. Naguère encore, ils se repliaient vers le glorieux passé des compagnons du prophète comme une armée battant en retraite. Aujourd’hui, les salafistes passent à l’offensive et ne se contentent plus d’imiter Mohammed. Certains d’entre eux recourent à l’action violente.

Apparemment, les ennemis des salafistes sont les Occidentaux impies et leur modernité blasphématoire. En réalité, ce sont les musulmans que visent ces idolâtres du passé. Leur grande crainte est qu’un islam ouvert, tolérant, réformé et moderne se développe au contact des Occidentaux. Ils considèrent l’immigration des musulmans en Europe et en Amérique du Nord comme un danger mortel pour leur religion.

Il faut donc tout faire pour réprimer les «mauvais musulmans» qui subissent l’«influence délétère» de la liberté de conscience régnant dans nos contrées et séparer les «bons croyants» des Occidentaux.

En pays d’islam, la violence des salafistes de combat (djihadistes) se focalise principalement sur les soufis qui ont une approche mystique et ésotérique de leur religion. L’ésotérisme consistant à chercher l’esprit qui se cache sous la lettre, les salafistes ne sauraient le tolérer. Pour eux, il faut s’arrêter à la lettre et surtout ne pas réfléchir plus avant. Toute recherche spirituelle est hautement suspecte. La hantise du salafisme est le libre marché des religions instauré dès la fondation des Etats-Unis et qui s’est répandu sur une grande partie de la planète.

Les institutions fortement hiérarchisées comme le catholicisme romain et l’orthodoxie ont aussi éprouvé la plus vive répulsion devant cette mise en concurrence des théologies. Persuadées de détenir seules la Vérité, comment ces Eglises auraient-elles pu supporter d’être placées sur le même pied que des confessions hérétiques? Après avoir longtemps résisté, elles se sont finalement adaptées. Aujourd’hui, l’Eglise romaine est l’une des plus importantes des Etats-Unis.

La confrontation des idées, la libre circulation des croyances, les échanges, les polémiques, les dialogues changent les formes de la foi mais n’en altèrent pas ce qui fait sa substantifique moelle. En se frottant aux autres religions, l’Islam d’Occident se modifiera, abandonnera certaines pratiques, évoluera. Mais ce qui fait le fond du message musulman, à savoir l’unité de l’humain et du divin, gagnera en puissance.
Toutes les grandes religions ont été réformées. L’islam passera par ce stade, comme les autres. Accrochés au passé comme des drogués à leur stupéfiant, les salafistes utiliseront tous les moyens pour retarder cette échéance.


Leur bataille est perdue d’avance. Mais les combats d’arrière-garde sont souvent les plus sanglants car les plus désespérés.

Jean-Noël Cuénod

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25/09/2012

Catastrophe de l'Erika: justice pour les oiseaux mazoutés

Ne boudons pas notre plaisir. Lorsque le droit coïncide avec le sentiment de justice, chacun ne peut qu’applaudir. 150 000 oiseaux se débattant dans la gangue mortifère du pétrole. 400 kilomètres de plages françaises dévastées. Le bilan du naufrage de l’Erika — affrété par la compagnie pétrolière française Total — était effroyable.
 
L’arrêt de la Cour de cassation, prononcé hier à Paris, est à la hauteur de cette monstrueuse catastrophe écologique. Non seulement toutes les condamnations ont été confirmées, mais encore la compagnie Total s’est vue poursuivie pour «faute de témérité». Justice a été rendue aux oiseaux mazoutés. Si les décisions des juridictions précédentes avaient été annulées, les pollueurs multinationaux auraient eu encore de beaux jours devant eux.

Toutefois, cet arrêt ne résout pas tous les problèmes soulevés par les naufrages qui se produisent dans les eaux internationales et qui souillent les côtes nationales. Au cours de ce procès en cassation, l’avocat général avait demandé à la Cour d’annuler définitivement toute la procédure, le naufrage s’étant déroulé hors des eaux nationales et la justice française n’étant pas compétente, selon lui, pour juger cette affaire. Si la Cour de cassation avait suivi cet avis, un véritable permis de polluer aurait été délivré à tous les navires qui battent pavillon de complaisance.

Si politiquement, socialement, humainement, la position de l’avocat général était intenable, elle n’était pas pour autant dépourvue d’arguments juridiques. En affirmant que le droit national s’applique en l’occurrence, la Cour de cassation a préféré le bien commun aux mécanismes juridiques.

 Il n’empêche, cette jurisprudence risque d’être fragile, comme le relève Greenpeace. Les lois internationales sur le transport maritime sont inadaptées à la mondialisation. Il serait temps qu’émerge un véritable droit antipollution, avec instance de répression supranationale.


Jean-Noël Cuénod

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A la sortie de la Cour de cassation, intervention devant les caméras de Me Corinne Lepage, avocate de victimes et ancienne ministre française de l'Environnement.

 

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19/09/2012

Islam, Charlie-Hedbo et le grand paradoxe des intégristes

 

Les intégristes musulmans ne savent plus où donner du cocktail Molotov. Après avoir semé la violence pour protester contre un film islamophobe, voilà qu’ils forcent la France à protéger ses ambassades parce que l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo a publié, hier, des caricatures du prophète Mohammed.

 

«Il faut défendre l’honneur de Dieu!», proclament-ils. Principe éternel et créateur, en quoi Dieu serait-il atteint par les pires des insanités humaines? Tout ce qu’on peut dire de Lui se perd dans la nuit infinie et n’a pas plus d’importance que le bourdonnement d’un moucheron. «Certes, mais en l’occurrence, c’est un homme, un prophète, que les impies caricaturent. C’est sa mémoire qu’il s’agit de venger.»

 

Pour les musulmans, Mohammed n’est pas Dieu mais un homme, le plus parfait d’entre les humains, le modèle à suivre, celui qui porte la parole divine. Mais cet état si élevé ne le place-t-il pas hors d’atteinte des attaques portées contre sa mémoire? Si l’on suit la logique des dévots, ses propos, ses explications, l’exemple qu’il a donné à ses compagnons sont d’une force telle qu’ils résistent même à l’érosion du temps.

 

Alors pourquoi ce prophète aurait-il besoin qu’on le défende puisqu’il le fait si bien lui-même? En quoi quelques dessins qui seront oubliés demain pourraient-ils lui porter ombrage?

 

Voilà le grand paradoxe des  intégristes. En voulant honorer Dieu, ils Le rabaissent à l’état d’opinion qu’il faut défendre. En voulant venger la mémoire de Mohammed par la violence et la menace, ils le transforment en facteur de haine et de mort. Les dévots furieux restent les meilleurs propagandistes de l’athéisme.

 

Les textes fondateurs des trois religions monothéistes proclament que Dieu a fait de l’humain, un être libre. Libre de L’apostropher. Libre de Le louer. Libre de Le renier. Libre de L’aimer. Et même libre de Le caricaturer.

 

 

Jean-Noël Cuénod

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 CHARLIE-HEBDO S'EXPLIQUE

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17/09/2012

DUNIQUES

 

dunes.jpg

 

C'est un signe du destin. Nous sommes les enfants égarés dans un désert peuplé d'ombres. Pour nous guider, nous avons la boussole de notre amour qui ne perd jamais le Nord et nous ne marchons pas en rond sur nos traces. Nous avançons sur le sable, vierge de pistes. Nous inventons nos chemins et les effaçons derrière nous. Que personne ne nous précède. Que personne ne nous suive.

 

Nous sommes duniques. Deux et uniques dans les dunes.

 

Nous regardons le ciel qui reste muet de chaleur et ne s'intéresse à rien d'autre qu'à espérer que le soir tombe un peu plus vite que d'habitude. Le ciel fait son travail de ciel. Sans plus. Que l'on ne compte pas sur lui pour accomplir des heures supplémentaires. Ciel, c'est un métier d'avenir; on y jouit d'une position élevée. Mais c'est un peu monotone comme activité, au fond.

 

Je préfère la condition d'homme perdu dans le désert. A la condition que tu tiennes à mes côtés. Etre égaré avec toi, c'est retrouver tous les chemins de ma vie.

 

Jean-Noël Cuénod

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12/09/2012

La social-démocratie, "putzfrau" politique du capitalisme?

 

Si le SPD emporte la majorité du Bundesrat en septembre 2013, le «moteur franco-allemand» de l’Union européenne carburera au socialisme. Il reste à savoir ce que l’on entend par ce mot et si la chose peut encore servir. La «socialisation des moyens de production» qui fondait à la définition marxiste du socialisme n’est plus de saison. Aujourd’hui, dans sa version social-démocrate, le socialisme viserait plutôt une organisation sociale qui limiterait le plus possible les injustices.

 

Mais tout cela reste vague. Après avoir accepté les règles du marché, les socialistes cherchent toujours à redéfinir leur identité. En Allemagne, le chancelier social-démocrate Gherard Schröder en 2003-2005 avait réformé le marché du travail de façon ultralibérale par des mesures qui auraient fait hurler la gauche si la droite les avait ordonnées (notamment la loi Hartz IV).

 

Grâce à cette nouvelle donne, les entreprises allemandes ont multiplié les succès à l’exportation et la République fédérale est devenue la locomotive économique de l’Union européenne. Mais en France notamment, les médias n’évoquent guère le coût social de la politique de Schröder.

 

Or, il est très élevé. Une étude publiée en 2010 par l’Institut du travail de l’Université de Duisbourg-Essen indique que plus de 6,5 millions d’Allemands (20% des salariés) perçoivent moins de 10 euros (12 fr. 10) brut de l’heure. Dans la partie Est de l’Allemagne, des travailleurs — à temps complet — touchent à peine 720 euros (870 francs) par mois.

 

Le destin de la social-démocratie serait-il de servir de «Putzfrau» politique au capitalisme? En quoi un parti socialiste se distinguerait d’une formation libérale?

 

Dans son intervention dimanche soir devant les caméras de TF1, François Hollande n’a pas tracé un chemin bien différent de celui de Schröder, à une notable exception près: le président socialiste français veut frapper fiscalement les riches contribuables. Il tente ainsi de parvenir à un équilibre dans la rigueur. D’une part, les restrictions budgétaires et l’assouplissement du marché du travail qui se dessine frapperont les salariés. D’autre part, les contribuables aisés devront cracher moult euros au bassinet. Mais les classes moyennes risquent fort de porter la plus lourde charge du fardeau.

 

 Les plus pauvres seront épargnés, même si leur sort n’en sera pas amélioré pour autant; les plus riches pourront, comme d’habitude, choisir le chemin de l’exil fiscal. En Allemagne comme en France, la social-démocratie aura donc fait payer par les victimes de la crise les pots que le capitalisme financier a cassés; il sera impossible de distinguer la frontière entre droite et gauche.

 

 Cette situation fera le bonheur du troisième larron, l’extrême-droite dans sa version social-nationaliste à la Marine Le Pen. La social-démocratie européenne doit donc se réinventer une ligne politique claire. Elle n’en prend pas le chemin.

 

Jean-Noël Cuénod

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07/09/2012

Vices et insolence… Mais de quelle cité s’agit-il ?

Il s’agit d’une cité (…) qui est pleine de pièges, où la tromperie règne, où les vices de tous genres sont nombreux, où il faut supporter l’insolence, l’orgueil blessant, la malveillance, les dédains, le caractère antipathique et les importunités de tant de gens.

 

Il m’apparaît qu’il faut beaucoup de sagesse et d’habileté – quant on vit au milieu de vices si divers et si graves d’une si nombreuse population - pour éviter de mécontenter, de tomber dans les pièges tendus (…)

 

Alors de quelle ville s’agit-il ?

 De Paris, après une journée passée dans le métro ?

 De New-York, vu par un évangéliste frais débarqué du Dakota ?

 Non, de Rome. Et, malgré les apparences, de la Rome antique.

 

 Ce texte a été rédigé en 64 avant J-C par Quintus Cicéron, à l’intention de son frère Marcus, le célèbre orateur. Il est paru en français sous le titre « Lettre à mon frère pour réussir en politique » (Editions Les Belles Lettres). Tout candidat à un poste politique pourrait encore en faire son miel.

Quid novi sub sole?

 

Jean-Noël Cuénod

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06/09/2012

La femme est-elle l'avenir de la France?

Inconnue hors de la capitale française, Anne Hidalgo succédera-t-elle à Bertrand Delanoë à la mairie de Paris en 2014? Ses chances paraissent solides. Si elle est élue, la socialiste sera la première femme à diriger l’une des trois principales métropoles de l’Hexagone, les «PLM» (Paris, Lyon, Marseille). De plus, d’autres politiciennes — Rachida Dati, Chantal Jouanno, Cécile Duflot — aiguisent leurs griffes en vue de cette échéance électorale. Pour Paris, cette abondance de «précandidatures» féminines à la mairie est une première.

 

La classe politique française reste imprégnée de machisme. Certes, la Suisse — qui n’a accordé le droit de vote aux femmes sur le plan fédéral qu’en 1971 — n’a guère de leçon à donner. Mais désormais, les femmes y sont plus nombreuses qu’en France à occuper des postes à responsabilité politique.

 

Pourquoi la République voisine, qui a l’Egalité pour principe, ménage-t-elle une place si réduite à la «moitié du ciel»? Tout d’abord, comme partout, les hommes occupant la citadelle du pouvoir depuis la nuit des temps et s’y trouvant confortablement installés, ne se montrent guère enclins à libérer de la place. Surtout, le système électoral français ne facilite pas la promotion des candidatures féminines. A part quelques exceptions, il reste basé sur le scrutin majoritaire qui transforme trop souvent les débats politiques en combats de coq et privilégie les testostérones au détriment des neurones.

 

Le terrain n’est donc guère favorable pour les femmes intéressées par la politique. Toutefois, il n’y a pas de fatalité. L’exemple britannique le démontre. Le scrutin majoritaire à un tour n’a pas empêché Margaret Thatcher de faire la carrière que l’on sait. Avec Anne Hidalgo et d’autres jeunes socialistes, avec Nathalie Kosciusko-Morizet et d’autres élues de droite, la politique est en train de changer de visage, outre-Jura.

 

La femme serait-elle l’avenir de la France? Oui. A condition qu’elle ne suive pas les mauvais exemples masculins.

Jean-Noël Cuénod

 

ESPACE VIDEO

Etant donné le sujet, cette chanson de Jean Ferrat inspirée par un poème d'Aragon s'impose (un peu de patience, la vidéo tarde un peu)


Jean Ferrat La femme est l'avenir de l'homme par andeolbourlenc

 

 

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30/08/2012

Le plouc et la plouquette présentent le « Goût du Temps » à Genève

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Après avoir reçu son prix au Festival Rilke de Sierre pour  « Le Goût du Temps », le plouc présentera ce recueil de poèmes en forme de haïkous , SAMEDI 1er septembre 2012 à 17 heures, à la Villa Dutoit, 5 chemin Gilbert-Troillet au Petit-Saconnex (et non pas vendredi comme indiqué préalablement par erreur).

La préfacière, la philosophe française Marianne Rillon, fera une brève introduction de l’ouvrage, puis le plouc lira quelques-uns des petits textes de « Le Goût du Temps » qui seront « dansés » par la plouquette, c’est-à-dire Christine Zwingmann.
En même temps, les illustrations du livre, créées par le peintre Philippe Rillon, seront projetées sur écran ; Christine Zwingmann jouera d’ailleurs avec ces images lors de son improvisation chorégraphique.

Détail non négligeable, l’entrée est libre.

Cette création en plusieurs dimensions s’inscrit dans le contexte du vingtième anniversaire des éditions Samizdat qui a publié « Le Goût du Temps ».  Le finissage se déroulera dimanche 9 septembre à 17 h., toujours à la Villa Dutoit au Petit-Saconnex, avec la signature-  de Prisca Agustoni (« Le Déni ») et Elena Jurissevich (« Ce qui reste du ciel », traduit de l’italien par Mathilde Vischer) et la prestation musicale du violoncelliste Pascal Desarzens. L’entrée y sera également libre.

L’occasion est ainsi offerte au plouc de féliciter les éditrices-poètes de Samizdat, Denise Mützenberg et Claire Krähenbuhl, grandes militantes de la poésie romande.

 


Jean-Noël Cuénod

(Légende de la photo : Christine Zwingmann durant la présentation de « Le Goût du Temps »  en mai dernier, à Vincennes (près de Paris) à la galerie « Toutes Latitudes »).

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27/08/2012

Montagne et Mesure de l’homme

 

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(En forme d’oiseau en plein envol, le petit lac d’Huiton ou d’Iton, sous la Plaine Morte)

Pour la première fois depuis ses cinq années passées à Paris, le plouc a retrouvé les Alpes valaisannes pendant quelques jours passés en randonnées au-dessus de Montana, vers ces éminences aux noms qui sonnent comme des songes lointains : Cry d’Er, Bellalui, Tubang, sans oublier la Plaine Morte et son glacier au masque gris et la superbe vision smaragdine du lac Tseuzier, créé par le barrage du Rawyl.

La montagne remet les choses et les êtres à leur place, à commencer par soi-même. Vivre dans une capitale vous donne une vision tordue de la vie. L’humain y est partout le maître absolu et la nature n’est qu’un décor servile, à l’exemple de ses pauvres arbres parisiens tenus prisonniers par des grilles de fer que compissent chiens et hommes. Dès lors, politiciens et médiacrates peuvent bien affirmer, en se gonflant le jabot, que « l’homme doit être la mesure de toute chose », là-haut, c’est la montagne qui mesure l’homme.  C’est elle la plus forte. Et si l’humain l’oublie, elle se charge de le lui rappeler de la plus définitive des façons.

Non, l’homme n’est pas la mesure de toute chose. Il est intégré dans un ensemble dont il n’est qu’un élément. A force d’apparaître comme séparé de la nature, il devient séparé de lui-même puisqu’il ignore ainsi ce lien qui fait partie de son être, qu’il le veuille ou non.

Dans les capitales, les ego enflent. En montagne, ils dégonflent et apparaissent pour ce qu’ils sont, des baudruches disparaissant dans les tourbillons du torrent.

Et pour terminer, cette petite chose en forme de haïku :

Torpeur de midi

Sur le crâne du Tubang

L’aigle attend son heure.

 

Jean-Noël Cuénod

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17/08/2012

Le plouc lauréat au Festival Rilke

Le plouc reçoit ce vendredi soir au Château Mercier à Sierre, le prix que son livre de haïkus "Le Goût du Temps" a reçu au concours de poésie au Festival Rainer Maria Rilke et cède le clavier à sopn excellent collègue Etienne Dumont (article paru mercredi dans la Tribune de Genève et 24 Heures) :

Le Festival Rilke aura lieu pour la cinquième année à Sierre, du 17 au 19   août. Pourquoi Sierre? Parce que le poète allemand a passé ses dernières années à Veyras, tout près de là. La manifestation ne se veut pas passéiste pour autant. La preuve! En 2012, les voix romandes, de Thierry Romanens à Aliose, secoueront les "Notes sur la mélodie des choses". Il y aura aussi du slam, chose tout à fait inconnue lorsque Rilke quitta ce monde en 1926.

La poésie classique garde bien sûr ses droits. Il y a eu une double compétition, en français et en allemand. Dans notre langue, c'est Philippe Delaveau qui l'a emporté avec "Ce que disent les vents", paru chez Gallimard. Notre collaborateur Jean-Noël Cuénod a remporté le second prix grâce au "Goût du temps", édité par Samizdat à Genève. L'occasion de lui demander les règles du jeu. «Ce concours ne se fait pas sur manuscrit. Le texte doit avoir été publié. Les organisateurs s'adressent aux différentes maisons, ce qui écarte les poèmes imprimés à compte d'auteur. »

Sorti en avril, l'ouvrage de Jean-Noël se compose de haïkus. «J'écris un de ces poèmes japonais en dix-sept syllabes chaque jour. Je le vois comme une discipline. J'ai dépassé les 4000. Il s'agit là d'un petit choix de 200 textes, illustrés par Philippe Rillon. Les mauvais jours donnent les meilleurs vers. » Et pour quelle raison Samizdat? «Parce que je leur avais déjà donné un livre. C'est pour moi une question d'amitié et de confiance. »

Note:www. festivalrilke. ch

Et voici pour finir trois poèmes en forme de haïkus consacrés à l'été et tirés du "Goût du Temps"

Sueur de l'été
Sur la peau de la route
Qui frémit d'aise.

L'odeur du foin
A la secrète odeur
Du sein maternel

Lune épaisse et rouge
Qui attend son heure
Comme l'ivrogne son verre.

 

 Jean-Noël Cuénod

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14/08/2012

Olivier Breisacher: une belle plume sportive s'est envolée.

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Ce soir, le plouc pense très fort à ses camarades de la rubrique sportive qui viennent de perdre Olivier Breisacher, décédé dimanche à la suite d'un accident en Espagne, ainsi qu'aux proches et à la famille de ce remarquable collègue. Il est inhumé aujourd'hui au cimetière israélite de Madrescht près de Bienne.

D'autres diront mieux sa passion pour le tennis, le hockey sur glace et tous les sports, sans oublier les échecs. Olivier Breisacher avait compris toute l'exigence du journalisme sportif qui réclame d'autant plus de précision que l'événement à relater est observé par des milliers d'aficionados, tous plus experts les uns que les autres. Il dépassait le compte rendu pour le transformer en analyse. Mettre en évidence ce que ni les spectateurs, ni les caméras n'avaient remarqué, telle était la force d'Olivier. Ce faisant, il nous donnait à tous, y compris les journalistes non-sportifs, une sacrée leçon.

A Paris, étrange bourgade qui ignore le hockey sur glace, le plouc se jetait sur les articles d'Olivier pour suivre Genève-Servette et l'équipe suisse dont il analysait les matches avec une lucidité sans concession. Et voilà... Il nous manque déjà. La belle plume sportive s'est envolée dans le vent chaud d'août.

 

Jean-Noël Cuénod

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11/08/2012

Sarkozy fait son jogging sur le chemin de Damas

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« Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose qui est de ne pas savoir demeurer au repos dans une chambre », écrivait Pascal qui, sans doute, ne songeait pas à Nicolas Sarkozy en ciselant cette formule. Pourtant, elle semble avoir été conçue à son intention. Pour l’Ex, rester à l’écart des caméras est une épreuve trop rude. Le Vibrion du Cap Nègre a donc fait son intéressant en débitant d’inquiétantes sottises à propos de la Syrie.

N’y tenant plus, l’ancien président a consulté son carnet d’adresses pour téléphoner à l’un des chefs de l’opposition syrienne. Selon les agences, les deux hommes « sont convenus qu’il y a de grandes similitudes avec la crise libyenne ».  En d’autres termes, il faut que le président François Hollande remue son popotin corrézien et envisage une intervention militaire en Syrie, sur le modèle de l’opération en Libye.

Point n’est besoin d’être énarque pour se rendre compte que les situations syriennes et libyennes n’ont rien de commun. La Syrie compte 23 millions d’habitants et la Libye, un peu plus de 6 millions.

Sur le plan militaire, les deux pays ne sauraient être comparés. L’armée syrienne est l’une des mieux équipées des nations arabes grâce à son fidèle allié moscovite et possède des armes chimiques. L’armée libyenne était désorganisée et moins bien pourvue en armement. Il a fallu tout de même sept mois pour la battre.

Sur le plan diplomatique, la Libye était isolée, ce qui a permis à la France et à la Grande-Bretagne de recevoir le blanc-seing du Conseil de Sécurité pour soutenir les insurgés par des bombardements. La Syrie, elle, a pour alliés deux poids lourds du Conseil de Sécurité, la Russie et la Chine. Sans compter l’Iran qui soutiendra jusqu’au bout le régime Assad.

Sur le plan géopolitique, les différences sont criantes. La Lybie ne se trouve pas dans une zone de guerre. La Syrie, elle, est placée sur la ligne de front du conflit israélo-arabe. Une intervention militaire en Syrie risquerait fort d’embraser le Liban et d’y créer un nouveau foyer de guerre civile entre les Libanais sunnites favorables à leurs coreligionnaires, les insurgés syriens, et les Libanais chiites qui prendraient fait et cause pour le clan Assad qui appartient à une branche du chiisme, les alaouites. Ce conflit ne manquerait pas de s’étendre à l’Irak où les relations entre chiites et sunnites sont tendues. Dans ces conditions, on voit mal comment Israël ne serait pas concerné. Et si l’Iran entre dans le bal, c’est tout le Proche-Orient qui prendra feu.

En outre, qui soutiendrait-on chez les insurgés ? Ils paraissent divisés. Et certains d’entre eux émettent des déclarations plutôt préoccupantes, comme Mohamed Sensaoui qui commande un groupe de rebelles syriens : « Notre but est d’instaurer un  Etat islamique qui englobera les musulmans du Liban, de Turquie et des autres pays limitrophes de la Syrie » (cf. « Libération » du 4 août dernier). On voit aujourd’hui au Mali quel usage Al Qaeda au Maghreb islamique est en train de faire de l’armement généreusement répandu par la France en Libye. Est-on si pressé de recommencer une telle expérience dans la zone la plus explosive de la planète ?

La France n’est plus la puissance de jadis qui détenait mandat sur la Syrie. Alors, que cherche Sarkozy avec ses agitations estivales ? Paris partirait-il seul au combat? Voilà qui relève de la mauvaise plaisanterie. Ferait-il alliance avec d’autres capitales pour une intervention militaire ? Et avec qui, grands dieux ? Aucun dirigeant ne voudrait mettre le doigt dans un tel engrenage.

Voguant vers l’Orient très compliqué avec des idées très simples, Nicolas Sarkozy a sans doute voulu tâter le terrain pour - qui sait ? –envisager son éventuel retour en politique. Mais il vaudrait mieux, pour le respect des institutions républicaines, que Sarkozy se calme en s’exerçant à d’autres activités vacancières. Le pédalo, par exemple.

 

Jean-Noël Cuénod

    

Photo : Nicolas Sarkozy aurait-il oublié qu’il avait remis en selle le dictateur syrien Bachar el Assad lors de la création de son ectoplasmique Union pour la Méditerranée ?

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04/08/2012

Quand le geste prend corps au Festival Mimos

 

Chaque année depuis 1983, Périgueux consacre une semaine au Festival du mime et du geste - appelé Mimos - qui attire dans la capitale du Périgord quelque 50 000 spectateurs et 250 artistes. L'organisation y est exemplaire et l'ambiance, détendue mais concentrée (le mime est un art exigeant). Cette année, il s'est déroulé du 30 juillet au 4 août. Comme en Avignon, Mimos possède son «in» - spectacles dans des théâtres et sous chapiteau - et son «off», réservé aux scènes de rue.

Le plouc y a ses habitudes et interrompt son régime à base de foie gras, de Monbazillac et de promenade dans le Périgord Vert pour suivre plusieurs de ces spectacles «in» et «off».

theatre_du_mouvement_02.JPGCommençons par le «in». Le comédien Yves Marc a présenté un curieux objet théâtral, à savoir un spectacle en forme de conférence - à moins que cela ne soit l'inverse - intitulé «Ce corps qui parle». Le résultat est enthousiasmant. Yves Marc  (photo) démontre à quel point le langage n'est pas réservé qu'à la parole et précise que notre visage recèle 240 000 possibilités différentes d'expression. C'est même tout le corps qui s'exprime, parfois à notre insu, quitte à révéler à l'interlocuteur des secrets que le langage s'acharnait à recouvrir sous des amas de mots. Yves Marc s'appuie à la fois sur son expérience de mime et de comédien mais aussi sur de solides connaissances médicales et scientifiques. Joignant la parole au geste, Yves Marc prend diverses postures pour expliquer son propos, provoquant chez son public un rire attentif.

Afin d'illustrer la force du geste en politique, le plouc convoque un souvenir qui remonte à la fin des années 60 ou au début des années 70, lors d'un débat de la télévision française opposant Jean Lecanuet - démocrate-chrétien, plusieurs fois ministre, «troisième homme» de la présidentielle de 1965 et chaud partisan de l'Europe unie - à Maurice Couve de Murville - ancien ministre des Affaires étrangères, ultime premier ministre du général de Gaulle et eurosceptique.

Devant les caméras, Lecanuet ne cesse d'arborer ce sourire à la Kennedy qui enchante les sacristies et énamoure  les bonnes sœurs. Couve de Murville, lui, a revêtu sa mine HSP (haute société protestante) et son costume à fines rayures de coupe londonienne. Lecanuet chante les louanges de l'Europe. Son adversaire le... couve d'un air légèrement dégoûté, le laisse dire, puis incline sa tête vers son épaule gauche et d'un revers de main en balaie quelques minuscules poussières. Tout est dit. Voilà Jean Lecanuet et son babil réduits à l'état de molécules insignifiantes.

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C'est dans un tout autre monde que la compagnie «Système Castafiore» - de la danseuse Marcia Barcellos et du musicien Karl Biscuit - nous propulse avec «Les chants de l'Umaï» (photo). Un monde aux figures étranges et qui semblent correspondre aux quatre éléments plus un cinquième - la quintessence chère à Rabelais. Seule en scène, Marcia Barcellos s'intègre dans un dispositif vidéo complexe formé de deux écrans qui mélangent formes familières (rochers, montagnes, plaines...) et images fantastiques. Elle danse, chante de curieuses mélopées et créé un univers où le rêve devient l'essence suprême, la quintessence, qui enrobe toutes les autres. Le monde ne serait-il donc qu'illusion, comme le dit la sagesse hindoue? Peu importe, l'important est la vie sous toutes ses formes et dans tous ses états.

Ce spectacle offre des moments de beauté bouleversante; toutefois, il mériterait d'être resserré. Ses longueurs nuisent à l'envoûtement.

Point de beauté chez la chorégraphe Erna Omarsdottir, mais beaucoup de bouleversements avec son délire islandais intitulé «Teach us to outgrow our madness» (apprenez-nous à dépasser notre folie). Une folie exprimée par cinq furies scandinaves qui hurlent, se contorsionnent, sautent, s'étreignent, se battent, palabrent dans un micro sous une avalanche de décibels. D'ailleurs, les spectateurs reçoivent des tampons auriculaires afin d'épargner leurs tympans. Voilà donc un spectacle où il faut se boucher les oreilles pour écouter des sons et où les mimes bavardent dans les micros! Que dire de cette épreuve scénique? Rien, si ce n'est que pour aborder la folie mieux vaut lire ou relire Antonin Artaud.

Les plus belles surprises de Mimos, le plouc les a dénichées dans le «off», loin des effets spéciaux et des paires de baffles qui se perdent. Les artistes de la rue ont opportunément rappelé que le mime exprime un maximum d'intensité avec un minimum de moyens.

Le couple anglais du «Circle of two» a séduit un public qui s'est massé en nombre place du Marché au Bois. Un montreur d'automate sort de sa caisse une poupée dont il est amoureux. Sa partenaire donne la parfaite illusion d'un pantin de bois qui lui joue mille tours. Les enfants rient mais fuient sous les jupes de maman lorsque la poupée, déréglée, se précipite vers eux avec son sourire figé et inquiétant et ses yeux qui ne clignent jamais. Ce spectacle intitulé «Bambolina & Dodo» a conjugué humour, poésie et magie pendant vingt minutes de retour à l'enfance.

La plus belle expérience nous a été offerte par une saisissante danseuse japonaise, Barbara Murata Tomomi qui est venue d'Asie, à ses frais. Dans « Katawaré », elle joue avec son double, un masque confectionné à son effigie, et entreprend cette quête du moi vers le soi, de l'ego vers son être, qui passe par l'amour, la haine et tous les états intermédiaires. La danse dépasse, après les avoir réunis, tous les éléments épars et opposés qui s'agitent en nous.

A la fin, un chant en appelle à la révolution. Laquelle? Celle qui marque l'Histoire ou celle à conduire pour parvenir à cette unité d'être, qui fait de chacun un humain vraiment libre et non plus le jouet de ses contradictions?

 

Jean-Noël Cuénod

Voici un extrait vidéo du spectacle « Katawaré » et retenez ce nom : Barbara Murata Tomomi.

 

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01/08/2012

1er Août: Sur nos monts quand le sommeil...

 

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Le plouc cherche en vain de quoi allumer son feu. Il faut dire que dans le Périgord Vert où il coince une bulle d'enfer, le 1er août est un jour comme les autres. En cette canicule, l'idée ne viendrait à personne d'enflammer un bûcher et de chanter «Sur nos monts quand le sommeil/ Efface un brillant réveil» en agitant son lampion rouge à croix blanche.

Il reste au plouc les souvenirs de ses 1er-Août d'antan qu'enfant il fêtait d'ailleurs sur terre... savoyarde, au Salève, lorsque les tenanciers du restaurant de l'Observatoire, au-dessus de la Grande Gorge, faisaient crépiter un grand feu helvétique à l'intention des centaines de Genevois qui grimpaient sur la seule montagne à leur disposition afin de venir faire les Suisses en France. L'Observatoire organisait aussi un bal de façon à marier 1er-Août et 14-Juillet.

Foin de nostalgie. Histoire de se marrer un brin entre un discours - pas triotique mais presque - et des feux artificieux, le plouc vous offre ces quelques extraits du tordant «Dictionnaire impertinent de la Suisse», paru chez Slatkine, rédigé par Guy Mettan, actuel député et ancien patron de la «Tribune de Genève», et Christophe Büchi, correspondant de la «NZZ» (Neue Zürcher Zeitung).

Allemand (langue): selon la Constitution fédérale, une des quatre langues nationales suisses. Dommage que les Romands ne la parlent pas. La plupart des Suisses allemands, non plus d'ailleurs.

Röstigraben: gouffre sans fond qui séparerait les Romands des Alémaniques. Comme le Loch Ness, personne ne l'a vu mais tout le monde en parle. Surtout les dimanches soir de votations.

Welches: petite peuplade indisciplinée, exotique mais sympathique, qui habite à l'ouest du Röstigraben et qu'on appelle aussi Romands. Seraient parfaits s'ils étaient Alémaniques.

Alémaniques: peuplade mal connue habitant sur la rive droite de la Sarine et dont le but essentiel est d'embêter les gentilles tribus latines de la rive gauche en s'exprimant dans un idiome incompréhensible (voir Schwytzertütsch). On l'a compris, les Alémaniques habitent du mauvais côté du Röstigraben. Synonymes: Bourbines, Staufifres, Suisses Totos.

Saint-Bernard: chien suisse connu pour son alcoolisme et dont la particularité consiste à porter un petit tonneau d'eau de vie autour du cou, dans le but prétendu de secourir les victimes d'avalanche. Aujourd'hui, le Saint-Bernard secourt surtout les magasins de souvenirs.

Alper/Désalper: les musulmans ont le pèlerinage à la Mecque, les Suisses ont l'alpe et la désalpe. La montée à l'alpage et la désalpe figurent, en effet, au nombre des exercices spirituels que tout Suisse bien né se doit de pratiquer au moins une fois dans sa vie, s'il veut aller au paradis.

Premier Août: Fête nationale suisse qui a la particularité d'être uniquement nocturne car jusqu'en l'an 2000, il n'était pas question de chômer le jour de la Fête nationale. Depuis que le Premier Août est férié, les mœurs se sont relâchées et on a pris l'habitude d'allumer force feu d'artifice made in China. Le rituel, bien rôdé, consiste à 1/écouter des discours 2/allumer des feux et 3/rentrer se coucher pas trop tard pour être à l'heure au travail le lendemain.

A propos de discours, Guy Mettant donnera le sien ce soir à Presinge, village situé dans ce qui reste de la campagne genevoise.

Jean-Noël Cuénod

 

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