Un plouc chez les bobos - Page 31

  • Les Roms, ingrédients pour cuisine politique

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    La polémique qui sévit au sein du gouvernement français à propos des Roms, démontre à quel point la classe politique est incapable d’avoir à leur sujet une vision à la fois réaliste et humaniste. Et ce constat ne se limite pas à Paris.

     

     En assimilant les Roms à la délinquance, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls stigmatise tout un peuple, ce qui ne fait qu’attiser un problème déjà brûlant au lieu de chercher à l’éteindre. Mais en niant l’exaspération des populations locales qui ne supportent plus les troubles provoqués par les campements sauvages, sa collègue écologiste Cécile Duflot fait preuve d’une impardonnable cécité.

     

    Ils ne s’intéressent pas aux Roms mais s’adressent tous deux à leur électorat respectif. Manuel Valls veut conforter son image de ministre protecteur de la loi et de l’ordre, apte à capter des voix d’électeurs excédés par la délinquance. De son côté, Cécile Duflot, après toutes les couleuvres que lui a fait avaler le président Hollande en matière de politique environnementale, doit se refaire une beauté gauchisante pour conserver son emprise sur le parti Europe Ecologie -Les Verts.

     

    Au lieu de touiller dans leur petite gamelle politicienne, les gouvernants feraient mieux d’examiner les questions liées aux Roms avec sérénité.

     

    Les responsabilités sont multiples, à commencer par celles des pays d’origine de ce peuple, la Roumanie, la Bulgarie, la Croatie notamment. Que fait Bucarest des 2,2 milliards d’euros que son gouvernement reçoit, chaque année, de l’Union européenne pour améliorer le sort désastreux réservé à ses deux millions de Roms?

     

    Apparemment rien ou très peu de chose, les Roms préférant dormir sur un trottoir parisien plutôt que de retrouver la misère hostile qui les attend dans leur pays. C’est donc sur le plan européen que cette question doit être réglée, en exigeant des Etats concernés qu’ils engagent enfin à bon escient les fonds qui leur sont généreusement alloués.

     

    Jean-Noël Cuénod

     

     

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  • Quelles valeurs contre la délinquance ?

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     La délinquance est-elle plus virulente maintenant que naguère, voire jadis? Peu importe les statistiques - qui sont soit aléatoires, soit manipulées - la délinquance est. Point à la ligne.

    Or, dans ce domaine, la pensée politique est d’une pauvreté affligeante, en France, en Suisse comme ailleurs. Elle se résume trop souvent à un débat stérile entre prévention et répression, entre laxisme et tours de vis. Bien entendu, les partis de la démagogie - Front national en France, UDC ou MCG chez nous - font leur beurre électoral sur le dos des victimes de la criminalité, amplifiant les réactions émotives en fonction du célèbre adage de Talleyrand: «Agitez le peuple avant de vous en servir.» Il serait vain d’attendre de ces « démagogiens » autre chose que des flots de salive corrosive.

    L’insécurité étant leur fonds de commerce, pourquoi chercheraient-ils à l’éradiquer?

     

    L’augmentation des effectifs du personnel policier et judiciaire ainsi que l’amélioration de leur formation apportent des solutions temporaires. Mais le mal est trop profond pour s’en satisfaire.

     

    La façon dont s’exerce la délinquance reflète les grands traits d’une société. La nôtre, marquée par le passage du capitalisme industriel au capitalisme financier, abandonne les valeurs liées au travail pour mettre en avant les contre-valeurs attachées à la consommation et à la rapidité, voire à l’instantanéité. Nous vivons le règne de la «quantité immédiatement disponible». Ces contre-valeurs sont célébrées par des clips publicitaires d’une redoutable efficacité puisqu’ils sont souvent réalisés par des metteurs en scène de «vrai» cinéma. Que ces derniers dans leurs «vrais» films fustigent la société de consommation est une autre histoire…

     

    Certes, on ne saurait réduire le phénomène délinquant à la pub, mais elle participe à un bruit de fond qui imprègne les cervelles malléables. Les jeunes sont ainsi induits à supprimer les étapes intermédiaires entre le désir et la possession. On prend les filles, les bijoux, les motos, le fric, là où elles et ils se trouvent. Les autorités peuvent bien construire des prisons, dépêcher des escouades de policiers dans les «cités sensibles», durcir les peines, ces mesures ne seront que digues de paille face au tsunami d’images séductrices et aliénantes formées par les contre-valeurs de la consommation.

     

    La délinquance nous pose cette question: quelle société voulons-nous? Si nous estimons que, tout compte fait, la nôtre, axée sur la consommation à haut débit et ses contre-valeurs, doit être conservée en l’état, alors acceptons l’une de ses principales conséquences, à savoir une délinquance à haut débit, elle aussi.

     

     Si, au contraire, nous sommes convaincus que l’accumulation de déviances constitue un danger social, alors portons le combat sur le terrain des valeurs, préparant ainsi l’émergence d’une autre société basée, elle, sur l’être et la lenteur et non plus sur l’avoir et la rapidité.

     

    Jean-Noël Cuénod

     

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    Rien de nouveau sous le soleil délinquant; la preuve, ce téléreportage tourné en 1960

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  • La seule utilité de l’armée suisse : ménager un « espace de brassage »

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    Si le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) a reçu, dimanche une telle claque, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. En axant son initiative populaire sur la seule suppression de l’armée, il a méconnu ce qui fait aujourd’hui l'unique utilité  de cette dernière et aurait dû analyser l’exemple français qui a supprimé le service obligatoire en 1996, sous la présidence de Jacques Chirac.

     

    En terme strictement militaire et de défense nationale, l’armée suisse ne sert plus à grand-chose dans la nouvelle configuration du monde. Elle n’est plus qu’un dinosaure onéreux pris dans les glaces de la défunte guerre froide. D’ailleurs, elle ne cesse de dépérir depuis plusieurs années et, avec sa tronche de représentant en articles funéraires, le conseiller fédéral blochérien Ueli Maurer a tout à fait la tête de l’emploi pour accompagner cette lente euthanasie.

     

    Il n’en demeure pas moins que, sur un autre plan, le service obligatoire reste une nécessité on ne peut plus actuelle. A l’hétérogénéité originelle de la Suisse – avec ses quatre langues, ses cantons jaloux de leur autonomie et ses deux religions naguère encore antagoniques – se sont ajoutées la grande diversité des origines ethniques et culturelles de nos compatriotes naturalisés ou «segundos», ainsi que l’apparition de nouvelles confessions (islam, bouddhisme et forte augmentation de l’orthodoxie), sans oublier la pluralité des couches sociales. L’armée a au moins ce mérite de brasser toutes ces origines, de provoquer des rencontres qui, sans elle, n’auraient pas pu se produire. Les cours de répétition donnent, à cet égard, de salutaires piqûres de rappel.

     

     Rien ne soude plus une communauté de jeunes adultes de provenances diverses que de subir des ordres idiots proférés par un adjudant borné dans les brumes d’un Jura hivernal. Supprimer cet «espace de brassage», sans offrir de contrepartie a été l’erreur fatale commise par le GSsA.

     

    En France, de nombreux politiciens de droite mais aussi – et en grand nombre - de gauche regrettent la suppression de l’obligation de servir. Certes, il serait erroné de réduire le très complexe «problème des cités sensibles» à cet aspect. Toutefois, l’absence de service militaire obligatoire ne tient pas qu’un rôle mineur dans la déchirure du tissu social français. Les jeunes des banlieues défavorisées et ceux des beaux quartiers ne sont plus séparés par un fossé mais par un océan de plus en plus vaste.

     

     Autrefois, le paysan breton avait l’occasion de partager la même chambrée que le mineur nordiste, le bourgeois parisien, l’aristocrate lyonnais ou l’ouvrier lorrain. Certes, les uns et les autres restaient séparés socialement et géographiquement dès la fin de leur service - même si de solides amitiés pouvaient perdurer -, mais ils avaient au moins pris conscience de l’existence d’une autre classe que celle dans laquelle ils furent élevés. Et cette prise de conscience formait la trame du tissu social. Chacun percevait l’autre comme un Français, différent certes, mais appartenant à la même communauté de destin.

     

    Le Groupe pour une Suisse sans armée a donc répété la même erreur que le président Chirac en 1996. Le peuple helvète l’a sans doute compris, d’où le rejet massif de l’initiative populaire.

     

    L’armée telle qu’elle est aujourd’hui, se trouvant condamnée à terme, il faut dès maintenant songer à une solution de remplacement afin de sauvegarder l’«espace de brassage». Pourquoi ne pas créer un service fédéral comprenant diverses tâches, telles que défense nationale (réservée à des professionnels), sécurité, sauvetage, travail en faveur de l’environnement, encadrement social, aide aux communes de montagne, etc.? Ce service devrait être obligatoire pour les hommes comme pour les femmes, car c’est le seul moyen d’assurer l’égalité entre tous et de provoquer le brassage social et culturel.

     

    L’armée de grand-papa est morte. Vive le service de tous pour tous!

     

    Jean-Noël Cuénod

     

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    Même en France, il n’est pas si facile de supprimer, pour toujours, le service obligatoire.


    Fini les conscrits en France... définitivement? par Phares-Balises

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  • Syrie: Fillon dégomme la France devant Poutine

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    FillonPoutine.jpg

     

     

    Le tropisme moscoutaire de la classe politique française a basculé depuis plusieurs années, de gauche à droite. Ne parlons pas de Gégé Depardieu qui, en tant que pipolorigolo, ne représente que lui-même. S’il aime la riante Mordovie, la République des goulags, au point d’y implanter un restaurant, grand bien lui fasse. Mais lorsqu’un pipolitique, ancien chef du gouvernement français, débine la position de son pays chez l'adversaire russe de celle-ci, on frôle la haute trahison.

     

    Assistant, aux côtés de Vladimir Poutine, à un forum à Valdaï, petite ville située entre Moscou et Saint-Pétersbourg, François Fillon a débiné ouvertement la position de la France en Syrie. Et pour être bien certain que le scandale sera répercuté au-delà des belles collines valdaïtes, il a balancé ce touite :   «Je souhaite que la France retrouve son indépendance et sa liberté de jugement et d'action dans cette crise».

     

    A propos de la Syrie, la Russie de Poutine se situe dans le camp opposé à celui de la France et des Etats-Unis ; faut-il le rappeler ? Oui sans doute… En France, Fillon a toute légitimité pour fustiger l’action de son pays, la juger trop dépendante de Washington ou dangereusement va-t-en-guerre. Mais lorsqu’il apparaît en public avec un adversaire de la politique française, la simple décence aurait commandé qu’il la fermât. C’était trop demander à François-le-Bien-Coiffé qui démontre avec cette attitude qu’il n’a pas l’étoffe d’un chef d’Etat. Il a voulu faire du beuze. Mais marcher dans le beuze ne porte pas forcément bonheur.

     

    Jadis, Staline avait, en France, ceux qu’il appelait ses « idiots utiles ». Aujourd’hui, Poutine vient d’en trouver un.

     

    Jean-Noël Cuénod

     

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    Retransmission en anglais du Forum de Valdaï

     

  • Pour une révolte des «petits» Etats européens

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    Les multiples couleuvres bancaires avalées par la Suisse démontrent que l’«Alleingang» des blochériens est, définitivement, une voie sans issue. Notre pays ne peut plus défendre ses intérêts en solitaire dans la nouvelle configuration mondiale. Les nationalistes demeurent les pires ennemis de la nation, tout comme les intégristes sont les plus redoutables adversaires de leur religion.

     

    L’entrée de la Suisse dans l’ensemble européen paraît inéluctable, au moins à moyen terme. D’autant plus que nous appliquons d’ores et déjà un grand nombre de lois décidées par Bruxelles sans avoir pris part à leur élaboration. Il est évident que nous défendrons mieux nos intérêts à l’intérieur de l’Union qu’à l’extérieur.

     

    Il faudra alors apprendre à se coaliser avec d’autres Etats européens de modestes dimensions géographiques ou démographiques, afin de résister aux tentations hégémoniques des «grands» qui, d’ailleurs, ont rétréci au lavage de la mondialisation. Dans ce contexte, il règne au sein de la classe politique française un climat de rejet des «petits» voisins dont nous, Suisses, devons tenir compte.

     

    A cet égard, un livre intitulé «Europe: amour ou chambre à part?» (Flammarion) - rédigé par la centriste (version MoDem) Sylvie Goulard, députée française au Parlement européen - est édifiant. Son propos est de donner un véritable pouvoir à une Union réduite à peu de chose par l’égoïsme des Etats. En ce sens, on ne peut que l’approuver. Mais pour la politicienne, il est d’autres adversaires que les gouvernements nationaux, à savoir les «petits» pays. Il faut voir avec quelle morgue, quel mépris, Mme Goulard évoque la Suisse et les autres Etats de taille semblable!

    Selon elle, les «grands», et surtout le couple franco-allemand, geants04.jpgdoivent gouverner l’Europe. Pour le bien de celle-ci, bien sûr. Or, la gouvernance allemande n’est pas de meilleure qualité que celle en vigueur en Suède, au Danemark, aux Pays-Bas, bien au contraire. Et par charité, nous n’évoquerons pas la France, percluse de dettes et de doutes.

     

     

    La prétention franco-allemande à régenter l’Europe ne repose donc que sur la quantité - les deux pays forment près du tiers de la population de l’Union - mais en aucun cas sur la qualité. (Photo: l'Europe vue par les partisans de la Françallemagne)

     

     

    Devant cette hégémonie, les Etats à l’économie dynamique mais de taille géographique réduite - comme les nations scandinaves, les Pays-Bas, l’Autriche et d’autres dont la Suisse - feraient bien de s’allier, s’ils ne veulent pas subir le diktat d’un duumvirat qui songerait plus aux intérêts de Berlin et de Paris que de l’ensemble du continent.

     

    En outre, les «petits» ont aussi des leçons à donner aux «grands», notamment en matière d’organisation du travail et de formation professionnelle.

     

    Jean-Noël Cuénod

     

     

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  • François Hollande en Syrie, le rétropédaleur de charme (avec vidéo)

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     Soixante ans après le champion cycliste suisse Hugo Koblet, surnommé le «pédaleur de charme», François Hollande est devenu le «rétropédaleur de charme», à la faveur de sa prestation télévisée de ce dimanche soir. Très en pointe pour en découdre avec le régime syrien, le président français s’est retrouvé dans le rôle du cocu magnifique. Le parlement britannique a interdit au gouvernement Cameron de participer aux frappes anti-Assad après le massacre au gaz de 1500 civils en Syrie; Barack Obama a préféré confier cette question à son Congrès; personne n’imaginait une seconde que la France allait frapper toute seule le gazocrate damascène avec ses petits bras. François Hollande a donc perdu, dans ses tartarinades syriennes, une bonne partie de son capital de confiance amassé lors de sa remarquable campagne au Mali.

     

    Mais en tant que rétropédaleur, le président français ne manque ni d’air ni de talent. Devant le micro bronzé de Claire Chazal, il a enfin jeté dans le même panier de crabes, Bachar al-Assad et les djihadistes qui le combattent, en concurrence avec l’opposition démocrate syrienne: «Faisons attention de ne pas installer ceux que nous considérons comme aussi dangereux que Bachar el-Assad puisque tous deux, Bachar el-Assad et les djihadistes, sont des massacreurs. Privilégions la conclusion d’un accord politique afin d’être sûrs que ceux qui vont être chargés de la transition en Syrie soient de vrais démocrates». François Hollande aurait dû se montrer d’emblée plus clair dans cette dénonciation des islamoterroristes anti-Assad; sa position aurait été sans doute mieux comprise par son opinion publique.

     

    Peu après, le président Hollande a mis le braquet supérieur à son rétropédalier en expliquant que grâce à sa position ferme – avec celle des Etats-Unis, concède-t-il en passant - la Russie a obligé la Syrie à sacrifier son arsenal criminogazier. Bien entendu, personne ne croit que l’autocrate moscovite a poussé ses pions sur l’échiquier syrien en réponse aux menaces françaises. Mais enfin, dit avec un tranquille aplomb, ce propos a permis Hollande d’éviter un surcroît de ridicule.

     

    Le président a ensuite embrayé sur les problèmes intérieurs: les impôts qui augmentent mais sans augmenter, les écologistes qui veulent partir du gouvernement mais sans le quitter et François Fillon qui veut séduire Marine Le Pen mais sans la draguer.

     

    Au terme de sa prestation syrienne, François Hollande a parfaitement appliqué la formule chère à Jean Cocteau:

     

    «Ces événements nous dépassent. Feignons d’en être les organisateurs».

     

     Jean-Noël Cuénod

     

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    Extrait de l'intervention de François Hollande dimanche soir 15 septembre 2013. Séquence consacrée à la position de François Fillon vis-à-vis du Front national.

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  • DELICIEUSE DOUCE NAUSEE

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    parfum.jpgLe sol s’envole valse trouble

    De mon cœur tout au bord des lèvres

    Délicieuse douce nausée

                               

    Vieux flacon de patchouli

    Tu me faisais vomir jadis

    Mais je ne te résistais pas

    Et revenais toujours vers toi

     

    Tous se meut, s’émeut, se noue

    Ligne brisée à l’horizon

    Montagnes parcourues de spasmes

    Gigantesques chiens malades

     

    Les signes du ciel menacent

    Je guette seul dans la nuit

    Délicieuse douce nausée.

     

     

    Jean-Noël Cuénod

     

     

    Livres de poésie de l'auteur disponibles:

      Dans les librairies Payot ou auprès de l'éditeur Samizdat (Denise Mützenberg, 8 chemin François-Lehmann - 1218 Grand Saconnex):

    - Circonstances

    - Le Goût du Temps (Prix Festival Rilke 2012)

    Disponibles sur les sites FNAC, Amazon,

     - Matriarche (Editions Editinter Paris)

    - Liens (Editions Editinter Paris)

    - Amour Dissident (Editions Editinter Paris. Coécrit avec Christine Zwingmann - Médaille du Sénat)

     

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  • Le crime à Marseille et les illusions d’optique

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     Marseille vit en ce moment une poussée de fièvre qui la désigne comme la capitale française du crime. Fausse image ou fidèle reflet? Ecartons tout d’abord les illusions d’optique. En apparence, Paris et Lyon semblent moins touchés par la délinquance. Mais il faut tenir compte de l’urbanisme particulier de la cité phocéenne.

     

     Les deux autres métropoles françaises ont exporté la précarité sociale vers leurs banlieues qui, sur l’humus de la pauvreté, ont vu croître la criminalité. De par sa configuration, Marseille ne dispose pas de cette solution de facilité et ses «cités sensibles» se situent à l’intérieur de son périmètre municipal, principalement dans les quartiers nord.

     

     A La Courneuve ou à Villiers-le-Bel, banlieues de la région parisienne, ou en Guadeloupe le crime pèse autant qu’à Marseille sur les épaules des habitants. Mais caméras et micros se dirigent en priorité vers l’antique Massalia, du fait de son importance démographique et historique.

     

    De même, les quinze assassinats commis depuis le début de l’année semblent marquer une recrudescence spectaculaire des règlements de comptes. Or, selon le criminologue Alain Bauer – qui ne fait pas dans l’angélisme - Marseille enregistrait entre trente et quarante crimes de sang par an durant les décennies 80 et 90. Sa situation demeure certes préoccupante mais elle n’est pas nouvelle.

     

    La criminalité à Marseille, c’est une longue histoire. Durant des décennies, le port de la ville occupait le premier rang en Europe. Il était le passage obligé du commerce maritime entre notre continent, l’Afrique, l’Asie et l’Amérique, ainsi que la plaque tournante de tous les trafics légaux et illégaux. Qui dit port dit bordels, industries fort rémunératrices pour financer la pègre. Le crime, dans sa version moderne, y a pris ses quartiers dès le XIXe siècle. Comme toutes les entreprises humaines, il a suivi les étapes du progrès technologique. Chacune d’entre elles se caractérisait – et se caractérise toujours – par une remise en question sanglante des hiérarchies criminelles.

     

     Ainsi, la bande de Spirito et Carbone a fait le ménage vers 1925 pour imposer un nouveau produit se substituant à l’opium de plus en plus rare: l’héroïne. Elle a été remplacés par le clan Guérini, fort de ses relations avec la mafia italo-américaine. Puis, d’autres ont déboulé sur la scène marseillaise, apportant de nouveaux concepts.

     

    La criminalité ne sera jamais éradiquée, ni à Marseille ni ailleurs, car la transgression est consubstantielle à l’humanité. Dès lors, les appels au «zéro crime» relèvent de la fumisterie. Le seul succès que peut envisager le ministre de l’Intérieur Manuel Valls est de la cantonner dans des limites socialement acceptables. Même réduit à ces raisonnables proportions, le défi sera fort lourd à relever.

     

    Jean-Noël Cuénod

     

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    La mère d'un garçon de 20 ans tué lors d'un règlement de compte à Marseille témoigne devant les caméras de FranceTV Info.

     

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  • A la Galerie ART-aujourd'hui: la caresse du vide

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    pierre_saint_paul_technique.jpg

    L’Esprit souffle où il veut mais selon les règles précises qu’il s’est à lui-même fixées. Il en va ainsi des œuvres créées par deux Pierre que la Galerie ART-aujourd’hui à Paris vient de cimenter. Ils y exposent de mercredi 11 septembre à dimanche 20 octobre. Le peintre Pierre Saint-Paul (photo en haut) et le sculpteur Pierre Martinon (photo en bas) ne se connaissaient pas. La philosophe-galeriste Marianne Rillon et l’artiste Philippe Rillon les ont réunis, leurs démarches présentant d’étonnantes similitudes.

     

    Martinon et Saint-Paul donnent, chacun selon sa technique, corps à cet Esprit qui ne connaît ni dogme ni prison. Le peintre et le sculpteur remplissent pleinement leur rôle de chaman, de truchement entre l’invisible et le visible.

     

    «Toujours en quête de la plus grande économie de moyens, la peinture de Pierre Saint-Paul vise au sacré. Mais, pour non-figurative qu’elle soit, s’y inscrivent les tensions profondes et les puissants paradoxes qui sont la trame même de notre réalité contemporaine. Saint-Paul fuit les certitudes et ose affronter le doute», explique Marianne Rillon dans son dossier de presse.

     

    Le doute, loin d’être opposé au sacré, lui confère son aura. Lorsque le sacré va de soi, il n’est plus questionné; n’étant plus questionné, il devient simple chose, un meuble parmi d’autres. Alors que s’il est remis en cause et en question, le sacré doit résister à cette interpellation; il en résulte une tension dramatique qui lui infuse un sang nouveau. C’est le combat avec l’Ange, toujours recommencé.

     

    «Il faut avoir vu dans l’atelier, une pièce en cours, pour comprendre que les formes si sensuellement pleines de Pierre Martinon sont physiquement faites d’une peau ou membrane de terre autour d’un noyau central… vide (cet espace intérieur permettra ultérieurement la cuisson sans fissures ni éclatements)», relève Marianne Rillon.

     

    Le vide, véhicule du sacré, est ce qui donne vie au plein. La nature n’a donc pas horreur du vide, sa matrice. Au contraire. Un vase sans vide ne remplirait pas son office et c’est grâce au vide que le sang irrigue le corps. Dans notre monde actuel trop plein, nous manquons singulièrement de vide. A quand l’infarctus social?

     

    L’Esprit, tel qu’il est incarné par Martinon et Saint-Paul, est aussi fait de chair. Les sculptures de l’un et les tableaux de l’autre, appellent la caresse.

     

    Jean-Noël Cuénod

     

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    PRATIQUE

     

    La Galerie ART-aujourd’hui est sise 8 rue Alfred-Stevens à Paris IXe arrondissement (métro: Pigalle). Elle est ouverte mercredi et jeudi de 13 h. à 19 h., vendredi et samedi, de 15 h. à 20 h. et sur rendez-vous. Contact: Marianne Rillon, tél. fixe +33 (0) 1 71 37 93 51; tél. portable: +33 (0) 6 52 34 98 24. Courriel: contact@galerie-art-aujourdhui.com; site: www.galerie-art-aujoudhui.com

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  • AVERTISSEMENT

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      Ils sont avec toi tes frèresincendie.jpg

    Devant le grand incendie

    Vous luttez tous pour l’éteindre

    Malgré le feu de vos larmes

    Dans la peur et dans la mort

    Toujours le pain partagé

     

    De défaites en victoires

    De victoires en défaites

    Vous aurez un monde en main

     

    Mais tout cela n’est rien

    Le grand combat contre l’ange

    Tu devras l’accomplir seul

                                                                                      Jean-Noël Cuénod

     

    Livres de poésie de l'auteur disponibles:

      Dans les librairies Payot ou auprès de l'éditeur Samizdat (Denise Mützenberg, 8 chemin François-Lehmann - 1218 Grand Saconnex):

    - Circonstances

    - Le Goût du Temps (Prix Festival Rilke 2012)

    Disponibles sur les sites FNAC, Amazon,

     - Matriarche (Editions Editinter Paris)

    - Liens (Editions Editinter Paris)

    - Amour Dissident (Editions Editinter Paris. Coécrit avec Christine Zwingmann - Médaille du Sénat)

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  • La Syrie, Obama et l’impuissance du gardien de but

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    gardien-de-but-de-football-1_21135180.jpg

     

     

     Campé sur ses jambes, ouvertes – mais pas trop – pliées – mais pas trop –, le corps souple et tendu à la fois, le gardien de but, avale tout le terrain du regard. Rien ne lui échappe. Ni l’ensemble ni le détail. L’attaque adverse s’approche. Les défenseurs se font plus fébriles. L’ennemi rejoint dangereusement les seize mètres. Que faire? Foncer sur le porteur du ballon pour fermer l’angle? Mais alors, le risque est grand de gêner l’arrière ou de laisser le but vide. Rester dans les buts? Le portier sera ipso facto crucifié par un tir à bout portant. Alors, il avance, recule, avance, recule, avance, recule… Tango de l’hésitation. Puis, dépité, ramasse le ballon au fond des filets d’un geste las.

     

    Barack Obama ressemble comme deux gouttes de sueur froide à ce gardien de but. Le terrain syrien ne lui convient vraiment pas. D’ailleurs, il ne convient à personne et surtout pas à ses habitants qui se font massacrer, bombarder, gazer, manipuler.

     

    Le président américain s’efforce de convaincre le Congrès de l’autoriser à frapper les troupes du dictateur Bachar El Assad «de façon limitée». Qu’est-ce qu’une «frappe limitée»? L’envoi d’un, deux, dix, cent missiles sur des objectifs militaires du camp Bachar? Sera-ce suffisant pour arrêter ses massacres? Le tyran se trouvant acculé, ce n’est pas cette «offensive modérée» qui le fera reculer. Et si l’armée américaine décide une intervention plus musclée? Elle se retrouvera prise dans l’engrenage de la guerre, avec présence de troupes au sol, et le conflit se communiquera à tout le Proche-Orient.

     

    Alors ne faisons rien et laissons les Syriens s’entre-tuer. Or, cette inaction serait aussi préjudiciable que l’action. Il semble acquis aujourd’hui que le camp Assad a gazé adultes et enfants. Laisser ce crime impuni, c’est encourager l’Iran à poursuivre la fabrication de sa bombe atomique et c’est montrer aux autres régimes d’oppression qu’ils peuvent massacrer l’âme légère et la main lourde.

     

    Il reste encore les démarches diplomatiques envers Poutine. Tant que l’autocrate moscovite soutiendra le gazocrate damascène, la guerre civile poursuivra ses ravages. Certes, le tsar au torse nu vient de lâcher du lest afin de ne pas faire capoter le G20 qui commence à Moscou : si les preuves du gazage sont réunies, le Kremlin ne s’opposera plus au Conseil de sécurité à une intervention des Nations-Unies en Syrie. Toutefois, même si la Russie donne son feu vert ou orange, une nouvelle dictature – islamiste et sunnite cette fois-ci – risque fort de remplacer celle des alaouites du clan Assad. Le camp des rebelles syriens reste marqué par une décourageante désunion et les intégristes les plus rétrogrades tendent à prendre le commandement sur le terrain.

     

    Que l’on agisse, tergiverse ou s’abstienne, aucune solution ne s’impose, toutes sont mauvaises et alourdies par moult effets pervers.

     

    Le gardien Obama peut bien courir vers le porteur du ballon, plonger à gauche, à droite, au centre ou se claquemurer dans sa cage, il ne réalisera aucun miracle. Et les Syriens «d’en bas» encaisseront.

     

     

    Jean-Noël Cuénod

     

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  • SOUTERRAIN

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    métauxfusion.jpg

    Misère

    Des métaux

    Or fondu

    Airain mort

    Fer Maudit

    Racines

    Privées d'air

    Et de suc

     

    Entrailles

    Pesantes

    Au sous-sol

    De l'homme

     

    Mais à quand

    Le retour

    Des pluies

    Le velours

    Du dégel?

    Et le sein

    Des fanges

    Réchauffé

    Par nos mains?

     

    Jean-Noël Cuénod

     

    Livres de poésie de l'auteur disponibles:

     
    Dans les librairies Payot ou auprès de l'éditeur Samizdat (Denise Mützenberg, 8 chemin François-Lehmann - 1218 Grand Saconnex):

    - Circonstances

    - Le Goût du Temps (Prix Festival Rilke 2012)

    Disponibles sur les sites FNAC, Amazon,

     - Matriarche (Editions Editinter Paris)

    - Liens (Editions Editinter Paris)

    - Amour Dissident (Editions Editinter Paris. Coécrit avec Christine Zwingmann - Médaille du Sénat)

     

     

     

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  • IL Y A TOUJOURS QUELQUE CHOSE QUELQUE PART

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    nuages.jpg

    Photo prise sur http://byebyebog.com

     

    Un vol de moineaux

    Fait naître l’inquiétude

    Dans le petit parc

     

                   Comme un sort jeté aux hommes

                   Par des dieux oubliés

     

     

    Le long du ruisseau

    Le cheval rouge galope

    Dans sa solitude

     

                   Yeux fous bouche d‘écume

                   Sur le cou aucun licol

     

    Miroir du ciel

    La plaine allume ses feux

    Et tend ses champs noirs

     

                   Fusion confusion

                   Terre porteuse de nuages

     

     

     Joie dans les nuages

    Il fait beau il faut partir

    Un soleil au cœur

     

                   Et toujours il y aura

                   Quelque chose quelque part

     

     Jean-Noël Cuénod

     

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  • Danse avec la nature, danse avec les animaux

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    grandjetédroitegrand.PNG

    Le Plouc et la Plouquette verdissent au Périgord, à Beaurecueil, entre Saint-Sulpice-de-Mareuil et Rudeau. Danseuse, poète, chorégraphe, danse-thérapeute, Christine Zwingmann Cuénod, alias La Plouquette, vous présente quelques bons bonds et rebonds. Voilà donc un grand jeté "aller" au bord de la Nizonne.

    Les ragondins qui abondent dans cette rivière, en sont restés baba. Quel est ce superbe animal qui prend son envol? Un félin heureux de l'être? Un oiseau inconnu qui va décrocher la lune?

    Et voilà le grand jeté "retour". Les ragondins commencent à se rêver rats de l'opéra.grandjetégauche.PNG La Plouquette ne part pas à la conquête de la nature. Elle en est un élément, à l'image des iris qui frissonnent sous la brise, des herbes de marais qui respirent le soleil comme si c'était la dernière fois, de la buse qui tourne et retourne vers cette proie qui bouge trop, de la rivière assoupie par août et repue par les pluies de juillet. Christine vous donne rendez-vous sur le site qu'elle vient d'ouvrir: http://christine-zwingmann.com. En attendant voilà une vidéo de la danse qu'elle vient d'improviser dans le somptueux décors verdo-périgordin.

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  • Jacques Vergès, l'extrême avocat

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    «Mais comment pouvez-vous défendre de pareilles fripouilles?» A cette remarque assénée par les honnêtes gens aux avocats pénalistes, le défenseur de Landru, Me Vincent de Moro Giafferi répondait: «Ah, mais je défendrais bien volontiers les enfants de Marie, hélas ils ne peuplent guère les Cour d’assises!»

     

    Jacques Vergès, qui vient de décéder à Paris, a défendu les pires monstres, y compris le «boucher de Lyon», le SS Klaus Barbie (ci-dessous, la vidéo de sa plaidoirie). Et il aurait été prêt à défendre Hitler, «à la condition qu’il plaide coupable», ajoutait-il. Cet engagement de l'extrême avocat n’était pas que pose provocatrice. Il traduisait ce qui forme l’essence, la raison d’être de la défense.

     

     L’avocat est une digue entre l’Etat de droit et l’état de barbarie. Détruisez cette digue, et l’état de barbarie submergera l’Etat de droit. Dès lors, empêcher Hitler d’avoir un avocat, c’est lui donner raison, c’est admettre que son entreprise de destruction de la civilisation démocratique a réussi. En ce sens, Jacques Vergès nous défend de la barbarie en plaidant pour les barbares.

     

     Certes, l’initiateur des «procès de rupture» n’avait pas de mots assez durs pour fustiger la société capitaliste et ce qu’il considérait comme sa façade démocratique. Mais à tout prendre, il vaut mieux une démocratie, même de façade, à l’absence totale de démocratie. En mettant en lumière les hypocrisies et les contradictions de notre société, en dénonçant ses reniements, en mesurant l’écart entre les beaux discours consensuels et les réalités brutales qu’ils dissimulent, l’avocat défunt a participé à la renforcer, alors qu’il voulait la détruire. Ce n’est pas le moindre paradoxe de cette vie pleine de fureurs et de mystères.

     

    Sans doute, Jacques Vergès était bien conscient de cet humour de l’Histoire et devait en sourire, entre deux bouffées de havane offert par Fidel Castro.

     

    Jean-Noël Cuénod

     

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  • Un ambassadeur "beurgeois" attaque le Quai d'Orsay

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    Kedadouche.jpg

    Ambassadeur de France en Andorre, d’origine algéro-kabyle et ancien footballeur professionnel, Zaïr Kédadouche (à gauche sur la photo, sous le maillot du Red Star) dénonce les discriminations dont il est victime au Quai d’Orsay, ce nid à particules nobiliaires. Un nid de vipères aussi, à en croire la lettre indignée que l’ambassadeur vient d’envoyer à son patron, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, dont voici ce passage:

     

    «Le manque d’ouverture et d’innovation du Ministère (…) empêche de valoriser de nouveaux parcours, en particulier celui des Français issus de l’immigration maghrébine dont vous savez bien que malgré les plus grands efforts possibles d’intégration, ils continuent à subir des rejets et des discriminations feutrées. Je les ai, à nouveau, subies dans les palais dorés du Quai d’Orsay».

     

    Il faut dire que le Ministère des affaires étrangères est traditionnellement l’apanage des rejetons de la noblesse française. Mais si la particule ne vaut plus diplôme, l’empreinte aristocratique ne s’est pas effacée pour autant. Trempant sa plume dans une encre plus sulfurique que diplomatique, l’ambassadeur Kédadouche, en porte témoignage dans sa conclusion:

     

    «J’ai le sentiment que le Quai d’Orsay, dans sa partie la plus influente, trace sa route dans un isoloir, cherchant à éliminer toute trace génétique risquant de compromettre la reproduction sociale des élites».

     

    Lorsqu’il se trouvait en poste à Liège en tant que consul général, Zaïr Kédadouche avait déjà essuyé des actes de harcèlement moral de la part de ses collègues aux patronymes à rallonges. Elevé en mai 2012 au rang d’ambassadeur auprès de la Principauté d’Andorre (dont la souveraineté est partagée entre la France et l’évêque catalan d’Urgell), le diplomate n’a pas été épargné pour autant et a eu maille à partir avec un de ses collaborateurs contre lequel, il a envisagé de déposer plainte, jusqu’à ce que l’Inspection générale du quai d’Orsay l’en dissuade. En revanche, M. Kédadouche a saisi le Défenseur des droits, Dominique Baudis qui va mener une enquête.

     

    Soucieux de calmer les esprits, le ministre Fabius a répondu à son ambassadeur qu’il était «disposé à l’écouter plus en détail».

     Le parcours de Zaïr Kédadouche est exceptionnel et démontre qu'être élevé en banlieue peut mener vers les hautes sphères. Mais le chemin est plus semé de rosseries que de roses. Il est né à Tourcoing (Nord de la France) en 1957 dans une famille kabyle de six enfants qui a fuit la misère de l'Algérie encore coloniale. Son père milite au Front national de libération qui lutte pour l'indépendance algérienne, est emprisonné et meurt alors que le petit Zaïr n'a que 5 ans. Sa mère, qui sait à peine lire et écrire, décide de rester en France.

    La famille Kédadouche vit alors dans un bidonville d'Aubervilliers, en banlieue parisienne. Durant sa jeunesse, Zaïr fait tous les métiers qui lui tombent sous la main, coursier, gardien de musée et... footballeur professionnel, tout en continuant à suivre des cours du soir. Il occupe le milieu de terrain défensif à Sedan de 1975 à 1977, puis au Paris FC de 1977 à 1983 avant de rejoindre le Red-Star à Saint-Ouen, tout près de Paris, entre 1984 et 1988. Il décroche un diplôme d'Etat d'éducateur sportif puis d'autres parchemin en sciences humaines, en gestion des entreprises et administrations, échoue d'un poil à l'Ecole nationale d'administration (ENA) et devient professeur certifié en technologie gestion.

    Il appartient désormais à cette «beurgeoisie» qu’il décrit dans un de ses ouvrages «La France et les Beurs» (son autre livre s'intitule "Zaïr le Gaulois", tout un programme!)

    Zaïr Kédadouche se lance en politique dès 1985; il siège au conseil municipal à Aubervilliers pendant dix ans, au Conseil régional d'Ile-de-France, de 1992 à 1998 et est élu maire adjoint du 17ème arrodissement à Paris. Il a commencé ce parcours sous les couleurs de Génération Ecologie, mouvement de Brice Lalonde, avant de se rapprocher du RPR (ancêtre de l'UMP), attiré par la personnalité de Jacques Chirac. Il se définit toujours comme un "chiraquien de gauche" et a appelé à voter François Hollande à la dernière élection présidentielle.

     Nommé en octobre 2002 membre du Haut Conseil à l'intégration, il devient conseiller en cette matière du ministre de la Ville Eric Raoult, puis du président Chirac. Parlant anglais et ancien "Young Leader" du programme d'échanges organisé par la Fondation américaine German Marschall, Kédadouche sait cultiver ses relations internationales et parvient à s'inscrire dans le circuit très fermé de la diplomatie française.

    Son ami d'un autre bord politique mais d'une commune origine, le socialiste Malek Boutih, déclare à son propos: "S'il veut un jour accéder au premier rang, Zaïr va devoir apprendre à montrer les dents".

    Avec cette lettre à Fabius, il semble que l'ambassadeur n'a plus besoin de leçon.

    Jean-Noël Cuénod

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  • ENSEMENCÉ D'ÉTOILES

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     Sens-tu mon frère le vent du Sud

     Et sa poigne d’étrangleur des sables ?

     L’air sec et cassant brise ton souffle

     Dos courbé tu poursuis ta route

     Pas lourd sac léger sel sur les lèvres

     La couche et la source t’appartiennent

     Mais l’air te manque tes poumons brûlent

     

     La nuit ouvrira ta poitrine

    Pour frayer un passage au zéphyr

     Tu seras ensemencé d’étoiles

     Au matin tu reprendras la route

     Guidé par le Sud et son haleine

     A midi plein le magnolia

     Offrira son ombre parfumée

     

    Au sein de ta sieste un sein

    Douce colline de chair dorée

    Rassasié  de dattes et d’amour

    Tu tailleras la route solaire

                   

    Jean-Noël Cuénod         

     

    Livres de poésie de l'auteur disponibles dans les librairies Payot ou auprès de l'éditeur Samizdat (Denise Mützenberg, 8 chemin François-Lehmann - 1218 Grand Saconnex):

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  • Christine Boutin, Stephanie Banister et les lapins crétins de la politique

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    Boutin.jpg

     

    A la manière de leurs lointains cousins de la famille oryctolagus cuniculus, les lapins crétins prolifèrent aussi en politique. Un jeune spécimen (spéciwoman dans le cas présent) paraît des plus prometteurs: Stéphanie Banister, 27 ans, candidate de l’extrême droite australienne à l’élection législative de Brisbane. Son intervention télévisée fait un beuze mémorable grâce au nombre impressionnant d’idioties qu’elle profère en un laps de temps réduit. Les médias anglo-saxons la sunomment déjà la «Sarah Palin australienne», évoquant ainsi la reine des lapins crétins, ex-candidate républicaine à la vice-présidence des Etats-Unis.lapincretin3.jpg

     

    Il est, en effet, difficile de battre Stéphanie Banister sur ce terrain pourtant bien disputé (voir notre Espace Vidéo). Qu’on en juge: «Je ne m'oppose pas à l'Islam en tant que pays mais j’ai le sentiment que leurs lois ne devraient pas être les bienvenues ici en Australie». L’islam est donc un pays. Elle confond aussi la nourriture «haram» (proscrite par l’islam) et «halal» (autorisée) et dans la foulée se lance dans les hautes sphères de la théologie: «Les juifs ne suivent pas le haram. Ils ont leur propre religion, qui suit Jésus Christ». Qu’en pense le Grand Rabin d’Australie?

     

    lapincretin2.jpgL’alimentation halal-haram trouble d’ailleurs sa digestion intellectuelle. Sur des boîtes de conserve vendues dans un supermarché, la Banister avait collé des étiquettes, «Attention, la nourriture halal provoque le terrorisme», ce qui lui vaut des ennuis judiciaires. Les lapins crétins politiques sont de grands incompris!

     

    La France tient en Christine Boutin (photo), un élément sûr dans l’élevage intensif de cette espèce qui est loin d’être en voie de disparition. Avec en plus, une mutation génétique tout à fait étonnante, car dans le cas Boutin, la grenouille de bénitier s’est muée en lapin crétin. Une grenouille qui a de grandes oreilles et un lapin qui a des pattes palmées, vous imaginez le monstre?lapincretin5.jpg

     

    Ce batracien lapinesque s’est attaqué à Nelson Mandela en affirmant que si «Madiba» était célébré par les médias du monde entier, ce n’est pas parce qu’il a purgé 27 ans de prisons pour s’être opposé à l’apartheid, ni pour avoir fondé la nouvelle République d’Afrique du Sud. Non, tout le monde se trompe. Si Mandela est célèbre, c’est pour avoir introduit le mariage gay et l’avortement dans sa constitution. Voici le texte intégral de l’intervention de la présidente démissionnaire des chrétiens-démocrates français devant l’Institut de la démocratie et de la coopération.

     

    On ne saurait conclure sans rendre un vibrant hommage au pape des lapins crétins, l’inusable Deubelyou Bush. Voici quelques extraits bruts de ses célèbres «buscheries». A mourir. Mais pas que de rire, hélas.

     

    L’ancien président a ainsi salué «le roi Abdullah de Jordanie, roi du Maroc»           

     

    Tout au désir de caresser Tokyo dans le sens du poil, l’Inoubliable s’est exclamé: «Depuis maintenant un siècle et demi, l'Amérique et le Japon ont formé l'une des plus grandes et des plus fortes alliances des temps modernes. De cette alliance est née une ère de paix dans le Pacifique». Durant un siècle et demi, il y a bien eu quelques petits malentendus entre le Japon et les Etats-Unis mais ce ne fut que broutilles: Pearl Harbor, quatre ans de guerre, Hiroshima, Nagasaki.

     

    Et maintenant passons à ses maximes gravées dans le marbre de la philosophie politique:

     

    -        «Cet argent est le vôtre. Vous avez payé pour l'avoir».

     

    -        «Le futur sera meilleur demain»

     

    -        «Je crois que nous sommes d'accord, le passé est fini».

     Jean-Noël Cuénod

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  • Le tiercé gagnant de Jean-Jacques Goldman (vidéos)

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    Le chanteur Jean-Jacques Goldman, 61 ans, a été désigné personnalité préférée des Français, hier, par le Journal du Dimanche. Deux fois par an, cet hebdomadaire consacre une enquête d’opinion pour désigner celle ou celui qui règne sur le cœur de nos voisins. Ceci explique-t-il cela ? Depuis douze ans, le créateur de « Quand la musique est bonne » s’est placé dans l’ombre des projecteurs. Il ne donne que de rares concerts de charité, notamment lors de la traditionnelle tournée des « Enfoirés » destinée à soutenir les Restos du Cœur. Et n’a plus sorti d’album, tout en continuant à écrire des succès, notamment pour Céline Dion et Johnny Hallyday.

     Or, le public apprécie les vedettes qui « ne se la joue pas ». Mais il ne faut pas pour autant se faire complètement oublier. L’an passé, l’album « Génération Goldman », reprises des « tubes » du sexagénaire par de jeunes vedettes, a fait un tabac fumant.

     Les Français apprécient aussi que Jean-Jacques Goldman place sa famille avant sa carrière. Le rythme fou de ses grandes années de succès, au cours des décennies 80 et 90, avait brisé son premier mariage (trois enfants de 28 à 38 ans). Après ses secondes noces avec une mathématicienne (trois enfants aussi, de 6 à 9 ans), Goldman en a tiré leçon en quittant Paris pour Marseille et en privilégiant la chaleur des siens aux feux de la rampe.

     En retrait, mais pas trop, actif dans le domaine de la solidarité, la famille comme valeur principale, voilà le tiercé gagnant de Jean-Jacques Goldman.

    A la deuxième place de ce podium de la popularité, figure l’ancien premier de classe, le comédien des « Intouchables », Omar Sy. La star Sophie Marceau n’est pas loin, de même que le comique Gad Elmaleh. Il est intéressant de constater que ces citoyens les plus populaires ne ressemblent guère à la majorité des parlementaires, Français de souche et  venant de la ruralité ou des villes cossues.

     Jean-Jacques Goldman est le fils d’un résistant juif communiste. Son demi-frère Pierre fut un militant gauchiste célèbre dans les années 70, accusé de braquages ; il a été assassiné en 1979 par un groupe d’extrême-droite « Honneur de la Police » dont les membres n’ont jamais été identifiés. Omar Sy est un Français de la banlieue, né dans une famille sénégalaise et mauritanienne. Sophie Marceau est issue d’une famille ouvrière et a grandi à Gentilly, symbole de la banlieue parisienne restée « rouge ». Quant à Gad Elmaleh, il est né de parents séfarades à Casablanca.

    « Et tout ça, ça fait d’excellents Français ! », comme le chantait Maurice Chevalier.

    Jean-Noël Cuénod

  • DESORIENTE

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      Ô mon amour de paille et de ventsolitaire.jpg

    Je suis perdu dans tes brindilles

    Le Nord me fuit le Sud me jette

    L’Est s’est éteint l’Ouest disparaît

    Le Centre de la terre est scellé

    Et le Ciel m’est inaccessible

     

    Ma solitude comme un bâillon

    Mon errance pour seule boussole

     

    Je vais dormir dans tes bras absents

    Et m’enrouler dans nos souvenirs

    Pour me préparer à recevoir

    Les étreintes glacées de l’aurore

    En moi aucun songe ne naîtra

    Mes rêves sont trop lourds à porter

     

    Ma solitude comme une force

    Mon errance pour seul sentier

     

     Jean-Noël Cuénod

     

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