15/02/2013

Scandale de la viande de boeuf qui hennit: un Spanghero peut en cacher un autre

Le scandale de la viande de boeuf qui hennit risque de jeter au chômage les ouvriers et les sous-traitants de l'usine à bidoche Spanghero à Castelnaudary, pays du rugby-cassoulet.

 

Mais il fait aussi une autre victime, la famille Spanghero. Or, elle n'a plus rien à voir avec cette usine. Les frères Claude et Laurent Spanghero l'avaient fondée en 1970 et l'ont revendue à la gigantesque coopérative basque Lur Berri en 2009. Mais l'une des clauses exigées par l'acheteur était de conserver le nom Spanghero. Pourquoi? Parce que dans le Sud-Ouest, ce nom est synonyme de courage, de travail, de réussite sociale. La fratrie Spanghero a dominé le rugby des années 1965-1975. Parmi les cinq frères qui se sont consacrés à ce sport magnifique, Walter est le plus connu. Force de la nature et dur avec lui-même, il était considéré comme le roi du placage et l’empereur du tampon. Sa légende prétend qu'il fallait au moins six gros bras pour arrêter ce troisième ligne, auteur d'essais en force qui restent dans les mémoires de l'INA, l'Institut national de l'audiovisuel.

 

Walter Spanghero a subi une dizaine de fractures sur le terrain de sport mais aussi à la ferme familiale. Un jour, il s’était brisé la clavicule en remuant un tracteur. «Crac», il remet en place la clavicule, poursuit son boulot, ne dit rien à son médecin car il devait jouer un match avec l’équipe de France quinze jours plus tard. La partie terminée, «L’Homme de fer» - comme le surnommaient les Néo-Zélandais – a enfin consenti à faire un tour chez le toubib. Qui s’aperçoit que la clavicule s’était réduite d’elle-même, sans soin. Avec simplement une grosse bosse: «Mais bon l’esthétique, on s’en fout sur le terrain. L’important, c’est que ça tienne», expliquait le grand Walter – 1, 87 mètre et 100 kilos - au journaliste qui l’interviewait.

 

Les Spanghero ont de qui tenir. Leur père, maçon dans le Frioul, avait quitté l’Italie et la famine pour s’établir dans le sud-ouest de la France. A force de travail, il a acheté une petite ferme qui s’est agrandie. Bosseurs, les frères Spanghero conjuguaient rugby et travail à la ferme – le professionnalisme n’existait pas encore - mais aussi à l’école. De garçon de ferme, Walter est devenu employé de banque puis s’est lancé dans les affaires.

 

Aujourd’hui, ces gros costauds de Spanghero pleurent de honte devant les caméras. Une honte qui n’est pas la leur, puisque l’usine n’est plus leur propriété: «Mais voilà, notre nom est jeté dans la boue». Dans la boue, le grand «Oualtère» s’y jetait jadis à Twickenham, à Cardiff, à Colombes. Mais c’était pour la bonne cause.

 

 

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13/02/2013

Renonciation de Benoît XVI: le futur pape peut-il ne pas être un conservateur?

 

A peine Benoît XVI s’est-il déchargé de ses pesants insignes papaux que cette question fleurit partout: le prochain souverain pontife sera-t-il progressiste ou conservateur?

 

Mais un pape peut-il éviter d'être conservateur? Après tout, l’un de ses titres — Pontifex Maximus — correspond à celui de la plus haute fonction sacerdotale de la Rome antique. En outre, celui qui succédera à Benoît XVI ne sera pas seulement le dirigeant central d’une institution religieuse, il deviendra aussi le chef du dernier Etat autocratique de notre continent. Tout cela n’incite guère à s’écarter des sentiers battus et rebattus au fil des siècles.

 

Certes, des papes progressistes ont pu, parfois, secouer le cocotier clérical. Le nom de Jean XXIII surgit aussitôt à la mémoire. L’initiateur de Vatican II a introduit moult réformes au sein du catholicisme. Mais le futur pape sera-t-il tenté de suivre cet exemple qui remonte à un demi-siècle?

 

Après tout, l’Eglise subit encore les contrecoups de ces bouleversements, avec les offensives d’un clergé intégriste qui refuse toujours Vatican II. Les sectateurs de Mgr Lefebvre ne sont pas rentrés dans le giron romain, malgré les concessions faites en leur faveur par Benoît XVI. Ce fut d’ailleurs l’un des échecs les plus cuisants du futur ex-pape. L’Eglise romaine n’est pas sortie indemne de ses velléités réformatrices.

 

Le christianisme présente deux faces. L’une fixe, traditionnelle incarnée par l’orthodoxie et Rome. L’autre, mouvante, en perpétuel mouvement, illustrée par les protestantismes. Ces deux faces ne s’uniront pas de sitôt, tant il est difficile de trouver points de vue plus opposés. Mais l’une et l’autre, l’une avec l’autre et même l’une contre l’autre forment le christianisme dans sa globalité.

 

En fondant leur foi sur la seule Ecriture sainte et la réforme continue de l’Eglise, les protestants ont consacré la liberté de conscience, l’autonomie de l’individu et fait ainsi avancer le monde. Mais ils ont aussi introduit les disputes et la multiplication des institutions religieuses. Et cela, le charisme propre à l’Eglise romaine ne saurait l’admettre; elle reste obnubilée par l’unité à conserver. Conserver, justement, tout est dans ce verbe; il s’agit donc là de l’essence même du pouvoir papal.

Cependant, le monde évolue à la folle vitesse de la globalisation et contraint toutes les structures à s’adapter, même les plus rétives à ce genre d’exercice.

 

Si le pouvoir romain maintient sa fixité, vaille que vaille, il risque d’être brisé à l’instar d’un barrage trop rigide cédant à la pression du courant, faute de souplesse et d’adaptation.

 

 Mais si la papauté se réforme, elle peut provoquer ces tensions et discordes qui sont contraires à son être profond tendu vers l’unité.

On comprend, dans ces conditions, que Benoît XVI, à 86 ans, ait confié à un autre le soin d’affronter ce casse-tête romain.

 

Jean-Noël Cuénod

ESPACE VIDEO

L'annonce en direct - et en latin - de la renonciation de Benoît XVI.

 

 

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12/02/2013

François Hollande se moque du pape... Comme c’est vilain !

 

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Doux Jésus, quelle tempête dans les sacristies pour un petit morceau de phrase tombé au coin d’un demi-sourire! Lors du point de presse qui a suivi sa rencontre avec le président du Nigéria, François Hollande, à la fin de son intervention, aborde la renonciation de Benoît XVI à sa charge papale. Il glisse, à propos de la succession du souverain pontife : « Et nous ne présenterons pas de candidat».

 

Aussitôt, l’ancien ministre Claude Guéant s’insurge, en tordant d’indignation sa bouche en cul de poule : « Faire une blague à propos d'une décision aussi digne, ce n'est pas bien, c'est déplacé » Et d’ajouter en ajustant ce col romain imaginaire qui semble l’étrangler chaque fois qu’il pérore : « Chacun sait que François Hollande n'est pas très favorable aux religions en général et à la religion catholique en particulier ».

 

Guéant, s’agitant tel un goupillon dans la  main d’un curé atteint de la Danse de Saint-Guy, a encore un autre motif de sainte indignation. La ministre déléguée aux personnes âgées, Michèle Delaunay, a commis ce touite très légèrement ironique : « Je dois bien reconnaître que, à tort ou à raison, Benoît XVI a omis de me consulter avant de prendre sa décision #Age #EmploidesSeniors#.»

 

Bon, pas très malin dans les deux cas. Ni très drôle. Mais enfin pas de quoi sonner les cloches de l’Elysée. Alors pourquoi cette réaction disproportionnée ? C’est que Hollande et sa ministre ont bel et bien commis un sacrilège. Mais pas là où on l’attendrait. Les interventions en question n’insultent pas la religion. Le pape est un être humain et non une divinité sur terre contrairement à ce que coassent les grenouilles de bénitier. On peut donc se moquer de lui, comme de n’importe qui d’autres, dans les limites du Code pénal.

 

En l'occurrence, seule la laïcité républicaine a été insultée par le président Hollande et sa ministre des gérontes. En matière d’organisation interne des religions, les représentants de l’Etat n’ont qu’un seul droit : celui de la fermer.

 

 Ni notre dessinateur Acé ni votre Plouc ne sont assermentés (quoiqu’assez remontés parfois) ; ils peuvent donc s’en donner à cœur joie.

 

Jean-Noël Cuénod

 ESPACE VIDEO

Pour ceux qui veulent juger sur pièce, voilà la vidéo qui a enregistré le gag hollando-papal. Il intervient aux alentours de 22 minutes et 15 secondes.

 

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10/02/2013

PRIERE AVEUGLE

 

 

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Ô Eternel écoute mon silence !

Parce que tout te nie je crois en Toi

Tu es l’évidence que je ne sais pas voir

Mais qui éclaire mon chemin nocturne

Au bout de la route Tu seras là

Et je Te découvrirai sous mes traits

 

Grand Immobile ! tout autour de toi

Se fend se défend se ment se dément

Rien n’est certain tout est masque sur masque

Rien n’est stable tout s’écoule et s’écroule

Mais il y a cette musique en nous

Ô Eternel écoute mon silence !

 

Jean-Noël Cuénod

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08/02/2013

Mariage gay, le parlement français noyé sous les tweets!

 

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Dessins d'Acé

Les quelque 5000 amendements déposés par l’opposition pour freiner l’adoption – inéluctable – du mariage gay déroulent encore et toujours leurs moulins à prières dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale française. Afin de ne pas prêter le flanc – le Plouc allait écrire le Flanby, hélas cette frandise vient de fondre sous le soleil malien – à des répliques et dupliques en triptyques, les députés de la majorité envoient dans les azimuts las des tweets, tout comme la French First Girlfriend. Il y en a tellement, de ces tweets, que les instances du Parlement parlent d’en interdire, ou du moins d’en réglementer l’usage. Voilà qui a inspiré notre ami Acé.

 

Les tweets de députés que nous avons lus sont aussi dépourvus d’intérêt que les interventions orales de leurs auteurs. Avec toutefois, un immense avantage: ces gazouillis ne peuvent pas dépasser 140 caractères. En fait, au lieu d’interdire de tweeter, il faudrait imposer aux parlementeurs ce module à tous leurs discours. Au-delà de 140 caractères – crac! – le micro est coupé.

 

Jean-Noël Cuénod

 

 

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07/02/2013

L’Eglise catholique contre le mariage gay : est-ce vraiment un bon choix?

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Dessin d'Acé

La guerre contre le mariage homosexuel, en France, a pour général l’Eglise catholique. Les manifs sont devenues sa chose. Elle fournit le gros des troupes, la logistique, la propagande, les directives, les slogans, la tactique, la stratégie. L’UMP se contente de faire traîner les débats au parlement. Aux prises avec une crise interne qui est en train de faire sombrer une partie de ses dirigeants, le grand parti de la droite a laissé à l’Eglise romaine le soin de remuer ciel et terre.

 

Certes, les organisateurs des «manifs pour tous» – en opposition au «mariage pour tous» du projet de loi gouvernemental – prennent soin de relativiser le poids de l’institution catholique mettant en avant des représentants d’autres religions, des groupes d’homosexuels antimariage et même une res- capée du socialisme mitterrandien, Georgina Dufoix, qui présente l’avantage d’offrir aussi une caution protestante à cette cause.

 

Mais, à la base, en province, ce sont les paroisses qui accomplissent le travail militant, dûment chapeautées par les diocèses. Dans les cortèges contre le mariage homosexuel, l’homogénéité est frappante: la foule est blanche, familiale et provinciale.

 

Cette implication massive est-elle un bien pour l’Eglise catholique? A court terme, la réponse est sans aucun doute positive. A moyen et long terme, on peut y voir le signe de son repliement et, donc, de son déclin.

 

A court terme: alors que la plupart des médias la considéraient comme une relique du passé, tout juste bonne à être diluée dans la laïcité républicaine, l’Eglise catholique démontre qu’elle représente une importante partie des Français et qu’elle est en mesure de les faire agir sur le plan politique. Cent huit ans après la séparation de la religion et de l’Etat, le phénomène mérite considération.

 

A moyen et long terme: par son engagement contre le mariage gay, l’Eglise romaine apparaît avant tout comme l’expression religieuse d’une tribu française. Une tribu importante, certes. Mais une tribu quand même. Ce qui ne correspond nullement à l’étymologie du mot «catholique» qui, en grec (katholikós), signifie «universel». Il est vrai que, depuis la Réforme, cette universalité est battue en brèche.

Si la grande «manif pour tous» du dimanche 13 janvier a réuni une foule considérable – entre 340 000 et 1 000 000 manifestants – un tel succès ne saurait occulter ce fait: la position de l’institution catholique contre le mariage gay est de plus en plus minoritaire, comme l’illustrent les plus récents sondages. Tous s’accordent pour évaluer à quelque 60% la part des Français favorables au projet gouvernemental. Même l’adoption par des couples homosexuels, approuvée par près de la moitié des personnes interrogées, progresse dans l’opinion.

 

L’Eglise catholique a donc bien mobilisé sa base. Mais elle apparaît désormais comme la représentante d’un combat d’arrière-garde.

 

Jean-Noël Cuénod

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05/02/2013

La Cour européennes des droits de l'homme bénit la secte du Mandarom

 

Rappelez-vous. Cela se passait dans les années 90. La secte aumiste du Mandarom implantée en France et bien représentée en Suisse romande suscitait à la fois rires et craintes. Son gourou, autoproclamé «Messie Cosmoplanétaire de synthèse» — Gilbert Bourdin de son nom civil — régnait sur de nombreux disciples dans les Alpes-de-Haute-Provence. Il s’était fait ériger à son effigie une statue de 33 mètres dans le plus impur style Walt Disney flamboyant. Cette monstruosité a été détruite en 2001.

 

A Genève, des membres de cette secte avaient créé une agence de sécurité. Alors conseiller d’Etat chargé du Département de justice et police, Gérard Ramseyer décidait, le 14 juillet 1995, de retirer au directeur de cette agence son autorisation de l’exploiter, de même que ses permis de port d’armes. Le magistrat notait à propos du «Messie Cosmoplanétaire»:

 

«Il apparaît comme quelqu’un de déséquilibré qui mène une guerre interplanétaire contre les lémuriens et les atlantes en brandissant une arme de type science-fiction».

 

Eh bien, cette secte a reçu récemment la bénédiction de la Cour européenne des droits de l’homme qui siège à Strasbourg! Deux autres mouvements, dont l’un est aussi lié au Mandarom, en ont également profité. En effet, l’Etat français a été condamné à verser 3.599 551 euros au Mandarom (la deuxième secte recevra 387.722 euros et la troisième 36.886). Non, vous n’avez pas rêvé. La France, aux prises avec les pires difficultés budgétaires, va devoir passer à la caisse en faveur des chasseurs de lémuriens et autres atlantes. Il fait dire que les taxes cosmoplanétaires n’existent pas encore. Quelle lacune!

 

Le fisc d’outre-Jura avait taxé d’office à 60% les dons manuels des adeptes de ces mouvements. Or, appliquant sa jurisprudence qui avait déjà profité aux Témoins de Jéhovah, Strasbourg estime que par cette procédure fiscale la France porte atteinte à la liberté de religion. Serge Blisko, le nouveau président de la Miviludes (la mission interministérielle française sur les sectes) s’étonne: «Si ces associations ont été condamnées, c’est bien pour des dérives sectaires».

 

En l’occurrence, deux logiques s’opposent. Pour les Anglo-Saxons, la liberté de religion l’emporte sur la protection des individus. Pour l’Europe continentale, c’est avant tout la liberté de l’individu qui doit être préservée. Or, de nombreux cas, parfois tragiques, ont démontré à quel point les sectes savaient manipuler leurs adeptes, profitant de leurs faiblesses passagères ou chroniques et vidant ainsi leur liberté individuelle de sa substance.

 

La France avait décidé de frapper ces mouvements obscurantistes au porte-monnaie. Elle en est aujourd’hui pour ses frais et devra recourir à d’autres moyens contre les abus sectaires. Mais il faudrait aussi que la Cour européenne des droits de l’homme prenne mieux en compte le point de vue continental en matière de lutte contre les sectes.

 

Jean-Noël Cuénod

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Un petit aperçu de l'enseignement bouleversifiant du Messie Cosmoplanétaire racontant ses exploits guerriers contre les entités physiques, Lémuriens et autres Atlantes. Un général lémurien s'était même introduit dans l'enveloppe corporelle de son chien... Le Plouc se pose cette question à trois nonos, qu'est-il devenu, ce clebs?


Les exploits guerriers du Messie cosmoplanétaire par darimon 

 


 

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03/02/2013

François Hollande et l'hirondelle malienne

 

Pour François Hollande, une hirondelle, même malienne, ne fait pas le printemps. Samedi à Bamako, le président français a été acclamé par une foule reconnaissante. Mais son prédécesseur Sarkozy avait connu pareille liesse en septembre 2011 à Benghazi, après l’intervention française en Libye. Huit mois plus tard, il mordait la poussière à l’élection présidentielle.

 

Certes, même ses détracteurs sont obligés de l’admettre, François Hollande a démontré à l’occasion de la guerre au Mali toutes ses capacités à prendre des décisions vitales, avec efficacité et rapidité. Il est désormais entré dans cet habit de président que Nicolas Sarkozy, même après la chute du despote libyen, n’avait jamais su revêtir.

 

Cela dit, le quinquennat de Hollande sera jugé à l’aune sociale et non pas malienne. Les succès militaires ne font pas le poids face à l’effondrement de l’industrie française, aux fermetures d’usines quasi quotidiennes, à la pauvreté qui s’étend et s’installe.

 

Si au Mali, le président peut user des impressionnants pouvoirs que la Constitution française lui confère en tant que chef des armées, ils ne lui sont guère d’utilité sur les plans économique et social. Dans ce domaine, le volontarisme politique se heurte à la dure réalité du monde globalisé. Goodyear, Mittal et les autres grands groupes financiers et industriels sont autrement plus puissants que les terroristes, même aguerris et bien armés.

 

Les dirigeants français de tous les bords politiques se sont raconté de jolis contes pendant des lustres, en proclamant qu’ils pouvaient tout faire dans leur pré carré. Or, seule l’Europe dispose de la taille critique nécessaire pour tenir sa partie dans l’économie globalisée. C’est donc vers l’Europe que le président Hollande devrait diriger son action et faire œuvre de pédagogie vis-à-vis des Français, plutôt que de les bercer d’illusions perdues d’avance.

  

Jean-Noël Cuénod

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Le discours de Bamako dans son intégralité

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31/01/2013

Guerre au Mali et Sahelistan: l'analyse d'un général de division

Chose promise, chose due. Dans son texte diffusé hier, le Plouc vous annonçait la publication complète de l'analyse que le général de division Jean-Louis Esquivié - ancien numéro 2 de la cellule antiterroriste de l'Elysée -lui avait remise. Voilà donc cette passionnante démonstration qui, à ce jour, n'a paru que dans l'antre cybernétique du Plouc. A noter que les intertitres ont été ajouté par ledit Plouc.

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30/01/2013

Islamisme, terrorisme et guerre au Mali: Le «Sahelistan», zone de tous les dangers

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Le conflit au Mali est un épisode de cette guerre sans frontière que mène l’islamoterrorisme contre les démocraties. Une guerre qui illustre parfaitement la globalisation de la planète en ce début de XXIe siècle.

 

Actuellement, elle s’est enkystée dans cette vaste région sahélienne qui englobe des parties du Mali, de la Mauritanie, du Niger, de la Libye, du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie. Le général de division français Jean-Louis Esquivié, ex-numéro 2 de la cellule antiterroriste de l’Elysée, a analysé cette situation dans un document qu’il nous a remis:

 

«La perspective géographique de ce territoire des territoires, le Sahel, impose l’idée qu’il n’est à la portée du contrôle d’aucun Etat. Cet espace est le lieu idéal pour les sans-lois. La prise du Mali septentrional par un de ces groupes sahéliens extrémistes et terroristes en est la démonstration. Elle préfigure une emprise plus grande sur cet espace qui deviendrait, dans l’esprit de ses initiateurs, le Sahelistan.»

 

Empêcher l’avènement de ce Sahelistan est donc devenu l’objectif primordial tant pour l’Afrique que pour l’Europe.

 

Dans ce contexte, le rôle de l’Algérie – puissance militaire régionale – est capital. Récemment encore, elle autorisait la libre circulation des groupes islamoterroristes dans cet espace; en contrepartie, ils évitaient d’entamer des actions contre la souveraineté algérienne. Enhardies par cette tolérance, les milices terroristes ont poursuivi leur descente vers le sud du Mali, visant Bamako et déstabilisant les autres pays de la région. Cette témérité n’a pas été du goût d’Alger, qui a changé son AK-47 d’épaule en autorisant le survol de son espace aérien par les appareils de l’armée française lors de l’intervention au Mali.

Le général Esquivié ajoute: «Mieux, l’Algérie a consolidé cette décision en annonçant la fermeture de ses frontières.» La prise d’otages d’In Amenas n’a pu que convaincre Alger de la pertinence de son changement de cap.

 

Ce mois de janvier tourmenté qui se termine aujourd’hui changera bien des choses en Afrique et en Europe. En Afrique, car la virulence de l’islamoterrorisme conduira ce continent à renforcer ses institutions nationales et supranationales, avec la reconstruction de l’Etat malien comme priorité. En Europe, car elle ne peut plus jouer à l’autruche devant l’islamoterrorisme qui est à sa porte et menace directement ses ressortissants.

 

Dès lors, à terme, l’Union européenne devra forcément organiser une défense commune. La France ne peut ni se payer le luxe d’une intervention militaire par année ni devenir pour Bruxelles ce que la Suisse de l’Ancien Régime était pour Versailles. Un seul jour de présence militaire en Afghanistan a coûté 1,4 million d’euros au budget de l’Hexagone, et en Libye, 1,7 million. Le roi de France, lui au moins, payait ses Suisses!

 

Jean-Noël Cuénod

Demain, le Plouc publiera la totalité du document Esquivié dans son blogue. (Photo ci-contre: islamoterroristes de groupe Ansar Eddine)

 

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26/01/2013

LES APHORISMES DU PLOUC (7)

 

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*Malheur à qui trouble le rêve d'un chat!

 

* Le Plouc ne connaît rien de plus émouvant que le regard d’un vieux chien plein d’expériences et de rhumatismes.

 

*Pourquoi les actionnaires sont-ils si souvent réactionnaires?

 

 

 

*Le Plouc n'a ni ceinture dorée, ni bonne renommée. Royalement, il s'en fout.

 

*L'unique richesse de la vieillesse, c'est de se sentir libre du regard des autres. Le Plouc promet de ne pas cheminer à côté de ce trésor.

 

 

* Le silence est ce lieu du Grand Vide qui fait tourner le ciel.

 

Jean-Noël Cuénod

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24/01/2013

Florence Cassez libérée, la belle leçon du Mexique

Fascinante et instructive, l’audience de la Cour suprême du Mexique! Les cinq juges de sa 1ère Chambre ont délibéré en direct, devant les caméras, avant d’annoncer la libération immédiate de Florence Cassez et l’annulation du jugement la condamnant à 60 ans de prison. Belle leçon de transparence démocratique offerte à la France et à d’autres Etats européens, prompts à considérer les Mexicains comme de bouillants guitaristes porteurs de sombrero.

 

Retransmise par les chaînes d’information continue en France, cette délibération nous a permis de suivre le développement de l’Etat de droit dans un pays en proie à la guerre contre les narcotrafiquants.

 

Utiliser le mot «guerre» en l’occurrence n’est pas exagéré. De par sa situation entre les narcoproducteurs de l’Amérique centrale et du Sud (notamment colombiens) et le lucratif marché de l’Amérique du Nord, le Mexique est devenu le passage obligé de la drogue. 60% de l’héroïne et 92% de la cocaïne consommées aux Etats-Unis passent par le Mexique. Les autorités mexicaines évaluent à 63 milliards de dollars par an, les gains que rapporte le trafic vers les «States». Grâce à cette manne, les cartels mexicains qui gèrent cette stupéfiante logistique disposent de véritables armées. Comme dans tout marché capitaliste, la concurrence est rude. Mais les conflits ne se règlent pas par courrier d’huissier. Assassinats, viols, rapts sont les voies de recours privilégiées. Et s’il faut acheter des flics et des politiciens, aucun problème, les caisses sont pleines! La corruption est un investissement rentable. Le précédent président du Mexique Calderón ne disait-il pas que la moitié de ses policiers n’étaient pas recommandables? Dès lors, il n’est pas étonnant de constater - comme l’a fait le Monterrey Institute of Technology dans une récente étude ‑ que 98,5% des crimes commis au Mexique en 2010 restent impunis.

 

C’est dans ce contexte que Florence Cassez s’est retrouvée embastillée à la prison de Tepapan, au sud de Mexico, à la suite d’un montage organisé par la police avec la complicité de deux chaînes de télévision. La jeune Française était l’ex-compagne d’un homme accusé d’avoir enlevé quatre personnes. Cet homme croupit d’ailleurs toujours en détention préventive depuis sept ans, sans avoir été jugé.

 

La libération de Florence Cassez obéit-elle à un changement dans le rapport de force politique? Sans doute, puisque durant son règne, le président Calderón a toujours protégé le ministre de la sécurité publique Garcia Luna qui avait orchestré l’arrestation, désormais reconnue illégale, de Florence Cassez. Or, le nouveau chef de l’Etat mexicain, Pena Nieto, s’est débarrassé de cet encombrant personnage. Mais il serait faux de réduire la décision de la Cour suprême qu’à cet aspect.

 

Dans cette guerre contre le narcotrafic, il est difficile de distinguer entre les «bons» et les «méchants». Les policiers sont tentés d’utiliser les mêmes tactiques que ceux qu’ils sont censés combattre, lorsqu’ils ne sont pas carrément du côté des criminels.

 

Par leurs commentaires, les juges de la Cour suprême ont donc jeté les bases d’un véritable Etat de droit au Mexique. Leur leçon: il est vain de poursuivre le crime en mimant les criminels. Il en résulte une corruption de l’ensemble de la société, corruption qui ne profite qu’aux pires racailles. Les droits de l’homme ne sont pas de simples arguties juridiques, a souligné le juge Zaldivar. Ils forment le squelette d’un Etat démocratique. Sans lui, la démocratie n’est qu’une peau flasque et sans autre vie qu’apparente.

 Il reste maintenant au pouvoir politique, mais aussi à la société civile mexicaine, de transformer l’essai marqué par leurs magistrats.

 

 

Jean-Noël Cuénod

 

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Florence Cassez libérée : les arguments de la... par BFMTV

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23/01/2013

Islam et guerre au Mali: les mots pour ne pas le dire

 

Dans le conflit au Mali, il y a la guerre des maux, suscités par les actes terroristes, et la guerre des mots, pesés au trébuchet par les pontes de la communication élyséenne. Ainsi, le président François Hollande et, à sa suite, tous les membres de son gouvernement, éliminent-ils dans leurs discours, le mot «islamiste» pour qualifier les groupes intégristes contre lesquels la France se bat. Les ennemis sont nommés «terroristes», un point c’est tout.

 

Cette restriction lexicale part d’excellentes intentions. Il s’agit tout d’abord de ne pas stigmatiser les musulmans français qui constituent la deuxième religion du pays. La République doit forger cette unité intérieure sans laquelle toute guerre est vouée d’emblée à l’échec. D’autant plus qu’au sein des troupes françaises engagées se trouvent de nombreux militaires qui professent l’islam.

 

Ensuite, la France doit impérativement compter sur une coalition militaire formée par les pays de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest). Or, une grande partie des ressortissants de ces Etats est de religion musulmane. On comprend dès lors que l’emploi à tort et à travers du mot «islam» serait hautement contre-productif dans le contexte de cette stratégie. Enfin, il ne faut pas perdre de vue que les victimes du terrorisme au Nord du Mali appartiennent à l’islam et que des lieux saints du soufisme musulman ont été détruits par la violence intégriste.

 

Toutefois, cette éviction systématique du mot «islam» recèle aussi des effets négatifs. Nimbé de brume, l’islamoterrorisme devient une entité virtuelle et même irréelle. Et cette occultation a quelque chose d’infantilisant pour les citoyens français. Ne sont-ils pas assez grands pour faire la part des choses? Faut-il nier tous liens entre l’islam et les actes terroristes commis en son nom? Ils existent de toute évidence. Il appartient en premier lieu à ceux qui professent l’islam de mener un grand mouvement de réforme pour extirper ces racines mortifères qui existent, peu ou prou, dans toutes les croyances et tous les systèmes politiques. Effacer ainsi toute référence à l’islamisme n’aide certainement pas les musulmans de France et d’Europe à mener ce travail de réforme qui tarde à venir.

 

Entre le matraquage islamophobe proféré par une extrême droite dont la hauteur de vue est digne d’un gnome d’horticulture et l’évitement délibéré de tout mot qui pourrait fâcher, les communicants de l’Elysée ferait bien de trouver un moyen terme.

 

Comme l’écrivait Jean-Paul Sartre dans Qu’est-ce que la littérature: «La fonction d’un écrivain est d’appeler un chat, un chat. Si les mots sont malades, c’est à nous de les guérir».

 

 

Jean-Noël Cuénod

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Lors d'une interview dans Le Figaro, le politologue Christian Delporte confirme que le président François Hollande préfère le terme "terroriste" plutôt qu' "islamiste" pour décrire les groupes rebelles qui ont pris le contrôle du nord du Mali. Delporte donne une explication de plus par rapport à notre blogue: le président Hollande refuserait d'évoquer l'islamisme aussi pour des motifs électoraux. 

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22/01/2013

Guerre du Mali: remettre les Touareg* dans le jeu

 

En France, les craintes d’un enlisement au Mali sont de plus en plus perceptibles. Même si la comparaison avec l’interminable conflit afghan n’est pas de saison, cette guerre va durer. Or, l’armée française ne dispose pas des forces nécessaires pour mener un tel combat en solitaire pendant longtemps. En outre, il est malsain que l’ancienne puissance coloniale s’éternise en Afrique. Au bout de quelques mois, le libérateur français risque de devenir trop encombrant pour les Maliens.

Seule une force africaine aura la légitimité nécessaire pour entamer une lutte de longue haleine, aux côtés de l’armée malienne qui s’était effondrée. Mais pour l’instant, cette force n’est pas constituée. Il convient donc, pour la France, de trouver rapidement des alliés.

Dans cette optique, les négociations que mène actuellement la Suisse au Mali avec le mouvement targui  MNLA seront peut-être décisives. Certes, le MNLA s’est allié de mai à juin 2012 avec une partie (Ansar Eddine) des islamoterroristes. Mais ces derniers l’ont rapidement éjecté, le MNLA demeurant trop laïque à leurs yeux. Aujourd’hui, le mouvement targui soutient l’intervention française contre les islamoterroristes et ne réclame plus l’indépendance du Nord-Mali mais un vote d’autodétermination et un statut d’autonomie.

Il faut donc remettre le plus vite possible les Touareg dans le jeu malien. Tout d’abord, ces nomades connaissent mieux que quiconque tous les recoins de l’immense Nord-Mali où les djihadistes vont se terrer après avoir été chassés des villes. Ensuite, ayant approché ces islamoterroristes, ils peuvent donner de précieux renseignements sur leurs failles aux troupes françaises et africaines.

Enfin, ils deviendront forcément une composante du futur Etat malien qu’il faudra réédifier. Les exclure de ce processus ferait partir le Mali nouveau d’un bien mauvais pied.

 

Jean-Noël Cuénod

(Editorial paru mardi 22 janvier 2013)

 

*Il n’y a pas de « s » à Touareg qui est le pluriel du mot « Targui » : un Targui, des Touareg.

 

 

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21/01/2013

Paris sous la neige, silence dominical


Le plouc et la Plouquette s'en sont donnés à coeur joie. Paris sous la neige, c'est une merveille. Silence ouaté, bagnole paralysée, scooter à terre. Les hauteurs - modestes - de la Butte-aux-Cailles avaient des allures cervinesques, presque! Voici le petit reportage photo de ce dimanche bénit par le ciel.

PassageAtget.JPGSAM_1321.JPGLe passage Atget réclame une approche circonspecte. A droite, on construit un bonhomme de neige, passage Barrault. Plus bas à gauche, file d'attente devant une boulangerie boulevard Blanqui. Un petit air Leningrad sous Brejnev dans Paris sous Hollande. A côté, la Plouquette devient la perle de la rue des 5 Diamants. Les deux dernières photos sont prises dimanche soir, de la rue de la Butte-aux-Cailles. Les lumières des appartements de la Tour Jade qui domine la place d'Italie rivalisent avec les étoiles. Place de la Commune, une ambulance jette ses feux bleus sur la neige blanche.

SAM_1329.JPGSAM_1348.JPGPlouquette.JPGSAM_1346.JPG

 

 

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17/01/2013

Le mariage gay et le diable anthropologue

Les opposants au mariage homosexuel — qui ont massivement défilé à Paris dimanche — peignent sur la muraille de leur crainte un bien étrange diable. En suivant la conversation de ces manifestants, on se rend compte à quel point ce projet de loi est perçu comme une œuvre des plus malfaisantes, qui sape les fondements même de l’anthropologie. Anthropologie, voilà le grand mot lâché. On le surprend, notamment, dans les discours du cardinal Barbarin et au fil des interventions du porte-parole de la Conférence des évêques de France, Mgr Podvin. Sous-entendu, seul le mariage est naturel, voire estampillé «bio».

 

De la part d’hommes d’Eglise, on se serait attendu à des discours d’ordre moral, à des considérations sur la Bible. Mais non, c’est ce «naturel» qui revient chaque fois au galop dans leurs arguments! Comme s’ils n’avaient pas confiance dans leur propre discipline; comme s’ils devaient puiser dans la science des hommes pour trouver les mots qui leur manquent pour nous parler de Dieu. C’est de la part de ces ecclésiastiques catholiques un sacré aveu d’impuissance.

 

Que disent les vrais anthropologues? «L’humanité n’a cessé d’inventer de nouvelles formes de mariage et de descendance» explique au Monde Maurice Godelier, l’un des anthropologues français les plus renommés (lire son   interview). D’ailleurs, déjà dix pays de la planète ont contrevenu à ce fumeux et fumiste «ordre anthropologique» en autorisant le mariage homosexuel et l’adoption d’enfants par des couples gays, de même que huit provinces canadiennes et dix Etats américains. Proche voisine de la France, la Belgique connaît le mariage homosexuel depuis dix ans et l’adoption homoparentale depuis sept ans. Apparemment, le ciel anthropologique n’est point tombé sur la tête des Belges.

 

Instrumentaliser l’anthropologie dans ce contexte, c’est boucler l’humain à l’intérieur d’une prison dont une pseudoscience serait le verrou. Le mariage a évolué au fil du temps. Pendant des siècles, l’amour n’y avait guère de part. On ne se mariait pas. On était marié, pour mettre ensemble deux parcelles, deux patrimoines, deux royaumes. Chacun était enfermé dans sa caste et son rôle. La Réforme a enfoncé un coin dans cet édifice, en ne reconnaissant plus le mariage comme un sacrement. Puis, les révolutions américaine et française ont bouleversé cet ordre des choses et des êtres que l’Eglise romaine déclarait «naturel» et éternel. Le mariage d’amour est alors apparu, sillage parfumé du romantisme.

 

Aujourd’hui, un autre temps est venu avec la planète globale et ses nouvelles tribus. Ce mariage que l’on disait voué à la ringardise, reprend des couleurs grâce aux couples homosexuels. Voilà qui devrait réjouir les conservateurs plutôt que de les faire défiler. Et qu’ils se rappellent le message du Christ: rien n’est immuable, seul demeure l’Amour.

 

 

Jean-Noël Cuénod

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16/01/2013

Respect et gratitude pour les soldats français au Mali

 

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En Suisse, on peut être agacé par la France, ses ego bavards, ses polémiques infantiles ou son nombrilisme grognon. Certes. Mais depuis ce matin, les militaires français montent vers le Nord du Mali afin de mener la bataille - à pieds et non plus seulement dans les airs – contre les islamoterroristes qui ont semé la terreur partout où leur haine enturbannée a passé. Alors respect, la France! C’est aussi pour les Suisses, comme pour tous les Européens et les Africains, que ses soldats risquent leur peau.

 

Les autres pays de notre continent applaudissent les Français mais les laissent seuls face aux pires adversaires de la liberté et de la démocratie. «Ils se contentent de fournir quelques infirmières», raille avec raison l’eurodéputé Dany Cohn-Bendit. A quand une véritable force militaire européenne? A ouïr la pathétique Catherine Ashton - sinistre des affaires étrangères de l’Union européenne qui rendrait neurasthénique le plus joyeux des setters irlandais – ce n’est pas demain la veille. La seule chose que peut faire Bruxelles pour aider la France, c’est de nommer «prochainement» un «représentant spécial pour le Sahel». Tudieu, quel secours! 411 ans après l’Escalade, Bruxelles réinvente les «Renforts de Sézegnin» (1)

 

De sa minuscule voix éraillée par les courants d’air du métro Corvisart, le Plouc dit simplement merci à la République sœur.

 

 

Jean-Noël Cuénod

 

(1)    Explication destinée aux non-genevois: dans la nuit du 11 au 12 décembre 1602, dite «Nuit de l’Escalade», le peuple de Genève a repoussé l’assaut donné par les troupes du duc de Savoie. Plusieurs jours après la bataille, trois citoyens venant de Sézegnin, village éloigné de Genève, se sont annoncés en renfort à la porte de la ville, après avoir fréquenté les auberges placées malencontreusement sur leur chemin.

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13/01/2013

Mali, accord syndical et manif contre le mariage gay,François Hollande, hyper-président malgré lui

A propos du week-end tourmenté vécu par François Hollande, le plouc vous balance son édito qui paraît lundi dans la "Tribune de Genève" et "24 Heures". Avec, en supplément, un dessin de l'excellent Acé. 

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12/01/2013

CANTIQUE DES QUANTIQUES I

 

 

Présence

Au centre de l'absence

Absence

Au coeur de la présence

 

A chaque moment

La mort

En moi palpite

 

A chaque instant

La vie

En moi repose

 

Unies dans le même souffle

Je suis la nuit et le jour

 

 

Jean-Noël Cuénod

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10/01/2013

Georges Guingouin, une tragédie française

Qui se souvient de Georges Guingouin en France? Bien peu de monde, à la notable exception du Périgord et du Limousin, où le nom de ce héros de la Résistance reste ancré dans les mémoires. Heureusement, le téléfilm «Le grand Georges», diffusé mardi soir sur France 3, l’a extirpé de l’oubli. Il a été tourné par François Marthouret sur un scénario de Patrick Rotman.

 

Mêler, comme le fait cette œuvre, Histoire et fiction, reste une opération périlleuse. Le trait devient très appuyé et les zones grises sont soigneusement évitées. Même en couleur films et téléfilms privilégient le blanc et le noir. Mais ces considérations demeurent secondaires en regard de l’essentiel. Grâce à Marthouret et Rotman, l’un des destins les plus représentatifs du XXe siècle français a été remis en lumière.

 

Petit instituteur limousin, Georges Guingouin est entré au Parti communiste en 1934. Simple soldat en 1939, il évite d’être fait prisonnier par les troupes allemandes lors de la défaite de juin 1940. Alors que les dirigeants communistes français, englués dans le pacte germano-soviétique, attendront l’invasion nazie de l’URSS le 22 juin 1941 pour entrer en Résistance, le «grand Georges» l’a fait dès l’été 1940 et prend définitivement le maquis en avril 1941, contre l’avis du PCF. Il manifestera cette indépendance d’esprit tout au long de l’occupation et deviendra le chef de l’un des plus importants maquis de France, malgré les entraves de son propre parti.

 

Après la guerre, les dirigeants communistes lui feront payer très cher ce manque de souplesse stalinienne et l’acculeront à déchirer sa carte en 1952. Durant les années 50, Georges Guingouin subit l’assaut de ses anciens camarades mais aussi celui des ex-collabos de la police pétainiste, bien vite réhabilités par la IVe République. Après avoir été calomnié, accusé à tort, jeté en prison, passé à tabac, poussé vers la folie, rejeté de tous, sauf de ses plus proches, Guingouin est lavé de tout soupçon en 1959. Mais le Parti communiste français ne l’a réhabilité qu’en… 1998 dans la totale indifférence du héros, qui était redevenu le petit instituteur de sa jeunesse.

Le destin de Georges Guingouin symbolise à lui seul les illusions perdues de la France de l’après-Résistance. A la solidarité contre l’adversité a succédé la veulerie des compromissions.

 

Une fois de plus, le parallèle est établi entre fascisme et communisme. Même organisation pyramidale. Même obéissance aveugle. Même méthode de dénigrement. Même pression physique et psychique. Même ambition de soumettre le peuple à une entité totalitaire.

 

Cette proximité dans l’action ne doit pas pour autant masquer les différences idéologiques entre les deux formes de totalitarisme du XXe siècle. On serait bien en peine de trouver parmi les nazis et les SS, une figure qui possède la même trempe morale que Georges Guingouin.

 

Jean-Noël Cuénod

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Reportage sur la présentation de ce téléfilm

 

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