16/12/2012

Au cortège pour le mariage gay : «Jésus aussi avait deux papas»

 

SAM_1247.JPG

 

Le plouc s’est plongé ce dimanche dans la manif en faveur du mariage gay (ou « mariage pour tous ») qui a réuni 150 000 partisans selon les organisateurs, 60 000 d’après la police et 101 953 à en croire l’IPP (indice pifométrique du plouc). Lequel plouc vous présente son palmarès des pancartes.

 La plus théologique :

 Jésus aussi avait deux papas

 La plus réformée :

Eglise protestante unie* = mariage de Luther et de Calvin.

 

La plus joyeuse :

 Non au mariage triste, oui au mariage gai.

 

La plus hollywoodienne :

 Liz Taylor a eu 7 maris, moi j’en veux juste 1.

 

La plus hérétique :

 Mêlez-vous de vos messes !

 

La plus familiale :

 Je veux épouser mon copain, pas mon cousin germain.

 

La plus procréatrice :

 Vous nous faites des homos, nous vous ferons des hétéros.

 

Et pour terminer, la plus cynique :

 Moi aussi, je veux une pension alimentaire. Divorce pour tous !

 

Jean-Noël Cuénod

 

*Les deux Eglises réformées, la luthérienne et la calviniste, viennent de fusionner en France.

 

Vous pouvez lire le compte-rendu de cette manif en surfant sur le blogue du "Monde vu de Genève" avec ce lien: mondetdg.blog.tdg.ch

19:58 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : homosexuels, mariage, gouvernement | |  Facebook | | |

14/12/2012

Avec DSK, Le Plouc récidive sur Canal +


Le blog du plouc deviendrait-il un abonné de + pour canal +? Pour la deuxième fois en un mois, l'émission "Nouvelle Edition" de la chaîne cryptée évoque une ponte plouquesque, celle concernant un drôle d'oeuf sur la coquille duquel on lit trois lettres: DSK

 

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

15:02 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

12/12/2012

Capitalisme sauvage, islam radical et dépénalisation du cannabis

 

L’actualité en France démontre presque chaque jour à quel point la porosité s’est installée entre l’économie souterraine et le terrorisme inspiré par l’intégrisme musulman le plus extrémiste.

 

Les bandes de «lascars» — ils se nomment ainsi — sévissant dans les quartiers «chauds» des banlieues ou des grandes métropoles ont développé un capitalisme qui, pour être sauvage, n’en est pas moins structuré de façon pyramidale. La denrée de base est, bien sûr, le cannabis avec 1,2 million de consommateurs réguliers en France, selon un rapport de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue. Sans oublier les autres stupéfiants.

 

Au sommet de la pyramide trône l’importateur qui fournit le semi-grossiste, roitelet de sa barre HLM. Celui-ci y fait régner sa loi, rendant aléatoire toute opération de police. D’autant plus qu'il gagne à lui seul, en moyenne, un demi-million d’euros par an. Son entreprise est souvent le commerce le plus important du quartier et donne du travail à divers intermédiaires jusqu’aux revendeurs de rue. Ces derniers ne gagnent pas grand-chose mais espèrent, bien entendu, s’élever au sein de cette stupéfiante PME.

 Allez donc expliquer à un «lascar» qu’il doit se lever à 5 heures du matin, se coltiner deux heures de train et de métro avant d’aller trimer pour toucher son SMIC, le salaire minimum qui stagne en France à 1 118.00 euros net par mois!

 

Dans une économie de marché, souterraine ou non, la concurrence fait rage. Chaque «roitelet cannabiste» défend donc son territoire de façon quasi militaire et les litiges commerciaux se règlent à la Kalachnikov qui est au «lascar» ce que le tournevis est au mécano.

 

Les contre-valeurs du capitalisme sauvage — cupidité, cynisme, barbarie — sont donc complètement intégrées. Cela dit, l’homme, y compris le « lascar », ne vit pas que de pain, même fourré au haschisch. En prison — passage obligé pour obtenir ses galons — il se rend compte que ces contre-valeurs ne sont d’aucune aide pour remplir son vide intérieur. C’est alors que les musulmans radicaux — imams ou codétenus — lui instillent un islam rudimentaire, simpliste à l’extrême. Cette propagande donne au détenu une raison de vivre que le capitalisme sauvage ne saurait lui offrir. Pour les islamoterroristes, il est la proie rêvée. Le «lascar» connaît le maniement des armes, les tactiques policières et dispose de réseaux souterrains. Ce qui sert au cannabis peut être utilisé à d’autres fins.

 

Pour lutter sérieusement contre ce double fléau, il faudrait commencer par dépénaliser le cannabisme, afin d’assécher l’économie souterraine. Mais la société française n’est pas prête à prendre une telle décision. Et lorsqu’elle le sera, il sera sans doute trop tard.

 

Jean-Noël Cuénod

 

15:00 | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook | | |

10/12/2012

Dominique Strauss-Kahn, le chèque et le bâillon

DSK chaussettes.jpg

On aligne de gros montants sur un chèque et — hop! — il ne s’est rien passé samedi 14 mai 2011 dans la suite 2806 du Sofitel de New York. C’est la justice magique.

 

Le patron de la finance mondiale, promis à la présidence de la République française, est accusé d’agression sexuelle. Dominique Strauss-Kahn est exhibé par les policiers new-yorkais les menottes aux poignets. Un feuilleton médiatique déroule ses diaboliques chapitres. Et de tout ça, que subsiste-t-il? Un coupable qui n’est pas coupable. Une victime qui n’est pas victime. Un juge qui contrôle les comptes. Des avocats qui encaissent. Un chèque suffit à bâillonner la justice. Elle était aveugle. La voilà muette. D’autant plus que le coût de cette transaction doit rester secret. Il est difficile de trouver histoire plus immorale.

 

Les relations entre la justice et la morale demeurent toujours tendues. L’une exige la précision des faits et des textes pour appliquer les règles de droit qu’une société s’est fixées. L’autre relève du sentiment qu’une société développe pour distinguer entre le bien et le mal. L’une a la raison pour maître. L’autre a le cœur pour moteur.

Si la justice «colle» trop à la morale, il peut en résulter de graves dérives. Le juge serait alors tenté de suivre ses passions au détriment de son raisonnement, ce qui conduit tout droit à l’arbitraire.

 

Mais si la justice s’éloigne trop de la morale, elle perd sa légitimité. Les justiciables ne comprendraient plus ses décisions, trop éloignées de leur sens du bien et du mal. Et ne comprenant plus ses décisions, ils ne les respecteraient plus.

 

Dans l’affaire Strauss-Kahn et sa conclusion à X millions de dollars, le droit et la morale ont donc fait le grand écart. Comment accepter cette justice qui tarifie la souffrance et l’humiliation? Qui expose une affaire puis occulte sa conclusion? Or, le droit des Etats-Unis influence de plus en plus notre monde globalisé. Voilà qui est tout sauf rassurant.

 

 

Jean-Noël Cuénod

Dessinateur: Acé

20:31 | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | |

09/12/2012

La France est de plus en plus choquée

 

vielle marianne.jpg

 

 

La France est sous le choc. Ou plutôt sous les chocs. Le grand patron de gauche couleur saumon sur canapé, Louis Gallois - qui vient de pondre son rapport sur la désindustrialisation - prône un «choc de compétitivité». Le gouvernement socialiste en est tout retourné.

 

La ministre écolo du Logement, Cécile Duflot, lui emboîte le pas en appelant à un «choc de solidarité». Elle vise l’Eglise catholique, propriétaire de logements vides qui pourraient être utilisés en faveur des familles pauvres. Mais la ministre tendance verte de rage subit, en retour, un choc de crosses épiscopales, les évêques lui rétorquant que l’Etat n’a aucune leçon à leur donner. La crosse épiscopale est instrument contondant qui peut causer de graves blessures, surtout d’amour-propre

 

Guillaume Pepy, le patron du rail français, la SNCF, ne saurait rester muet. Aussi plaide-t-il pour un «choc de citoyenneté» en lançant une grande action contre les incivilités dans les trains. Apparemment, l’onde de choc n’a pas encore traversé les tortillards de la banlieue parisienne. Les «djeunes» sont toujours aussi nombreux à installer leurs baskets délacées et puantes sur le siège d’en face.

 

Acé, le dessinateur exclusif du Plouc, se montre inquiet comme le montre son dessin. Cette bonne vieille France ne risque-t-elle pas la crise cardiaque en subissant tous ces chocs? A moins qu’il ne faille lui administrer un choc de défibrillation pour la sortir du coma.

 

En attendant, le Plouc, s’apprête à passer Noël dans sa Suisse natale, avec d’autres chocs. Ceux de la maison Lindt par exemple.

 

 

Jean-Noël Cuénod

18:58 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : politique, france, pepy, louis gallois, cécile duflot, eglise catholique | |  Facebook | | |

05/12/2012

Les mémoires d'un procureur éclairé: le XXIe siècle sera juridique ou ne sera pas

 


Si vous n’avez plus foi en l’homme, lisez les «Mémoires de Ben» qui viennent de paraître à Paris aux Editions Michalon (traduction: Cécile Nelson). L’avocat américain Benjamin B. Ferencz, âgé de 92 ans, y retrace sa vie pleine de rebondissements et d’espoirs, malgré les horreurs traversées.

 

A l’heure où les immigrés clandestins sont poursuivis dans tous les pays d’Europe, il est utile d’apprendre que le futur procureur en chef au procès de Nuremberg est entré sur sol américain sous une fausse identité, à l’âge de 10 mois. Ses parents fuient alors la misère et les persécutions réservées aux Juifs hongrois de cette Transylvanie qui vient d’être annexée à la Roumanie. Ben passe son enfance dans un quartier de New-York pauvre et gangrené par le crime, le bien nommé «Hell’s Kitchen» (cuisine de l’enfer).

 

Cet enfant de divorcés, fils d’un cordonnier borgne qui survit de petits boulots, parvient à entrer dans la prestigieuse Faculté de droit de Harvard, après avoir effectué un parcours scolaire à la fois chaotique et brillant. Il y fait une rencontre qui changera le cours de son existence. Ben Ferencz devient l’assistant d’un professeur qui prépare un livre sur les atrocités perpétrées par l’armée allemande durant la Première Guerre mondiale. L’étudiant doit absorber tous les ouvrages de la bibliothèque de Harvard traitant des crimes de guerre.

Le deuxième conflit mondial éclate. Voilà le jeune juriste transformé en artilleur qui participe au débarquement en Normandie. Durant la bataille des Ardennes, il enquête sur les crimes de guerre commis par les Allemands, puis le sergent Ferencz est démobilisé et rejoint New-York. Mais la guerre va le reprendre, sous une autre fonction. Les Alliés décident, pour la première fois dans l’Histoire, de juger à Nuremberg les fauteurs de guerre et de massacres. Les compétences en la matière sont rares. La science acquise à Harvard dans ce domaine par le jeune Benjamin Ferencz se révèle fort précieuse.

 

A 27 ans, le petit Juif de «Hell’s Kitchen» devient procureur en chef au procès de Nuremberg. C’est lui qui mène l’instruction et présente les charges contre les chefs nazis, notamment ceux qui ont commandé les Einsatzgruppen, responsables du génocide de Juifs et de Tziganes. Il ressort de cette plongée dans la mort industrialisée plus convaincu que jamais de la nécessité de lutter pour instaurer l’Etat de droit sur la planète. Il en fera l’axe de sa vie et sera l’un des créateurs de la Cour pénale internationale. A ceux que la CPI laisse sceptique, Ben Ferencz répond:

 

 «Les criminels responsables de telles horreurs savent désormais qu’ils risquent de faire face aux juges».

 

Pour lui, le XXIe siècle sera juridique ou ne sera pas. La tâche est rude mais du haut de ses 92 ans, le procureur Ferencz nous montre les progrès considérables qui ont été accomplis sur le chemin, toujours tortueux, vers la justice.

 

 Jean-Noël Cuénod

 

ESPACE PHOTO

Cette photo a été prise le 12 avril 1945 dans une mine de sel près d'Ohrdruf en Allemagne. Le caporal Ben Ferencz, qui mène ses premières enquêtes sur les crimes nazis, figure à gauche, portant casquette. A droite, on reconnaît le général et futur président des Etats-Unis Eisenhower. Les soldats américains viennent alors de découvrir un trésor de guerre des SS.

Ferencz.jpg

 

 

15:59 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : justice, deuxième guerre mondiale, nazisme, benjamin b. ferencz | |  Facebook | | |

02/12/2012

Après les moulinets de Montebourg, déception programmée à Florange

 

L’accord entre le groupe Arcelor Mittal et le gouvernement français pour sauver le site sidérurgique de Florange a donc déçu à peu près tout le monde et, surtout, les travailleurs qui avaient pris pour argent comptant les mirobolantes promesses du ministre Arnaud Montebourg, surnommé désormais «Montebourde». Cette déception, pourtant, était programmée.

 

La nationalisation du site, brandie par le ministre, n’était pas viable en l’état actuel de l’économie, compte tenu de la baisse de la demande européenne en acier. Le gouvernement français en était bien conscient, puisqu’il n’a pas utilisé cette arme.

Celle-ci n’était donc destinée qu’à menacer le groupe Arcelor Mittal. Mais elle a principalement semé de fallacieux espoirs dans l’esprit des sidérurgistes. D’où la colère qui est en train de se répandre dans leurs rangs.

 

 Le président socialiste Hollande s’est assigné comme objectif d’arracher les ouvriers aux griffes du Front national. Ce n’est certes pas avec de telles fausses promesses qu’il y parviendra. Les marchands d’illusions font la prospérité de Marine Le Pen.

 

Ce bras de fer entre Mittal et le gouvernement marque sans doute une étape essentielle dans la prise de conscience par les Français des réalités du monde globalisé. Depuis l’avènement de la Ve République, notre voisin privilégie la notion d’Etat fort qui instaure sa politique industrielle au cœur de l’économie.

 

Aujourd’hui, Mittal démontre que cette politique appartient au passé. Un pouvoir politique national ne peut plus lutter contre un groupe dirigé du Luxembourg par un patron indien vivant à Londres. Seul le niveau européen dispose de la taille critique nécessaire pour résister à ces géants. Hélas, les actuelles institutions de l’Union européenne sont incapables de remplir cette mission. La grande question politique est donc, non pas de s’accrocher à des vestiges industriels, mais de créer une Europe cohérente et forte.

 

Jean-Noël Cuénod

ESPACE VIDEO Arnaud Montebourg s'explique après l'accord

 

19:22 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : montebourg, hollande, ayrault, mittal, sidérurgie | |  Facebook | | |

30/11/2012

Avec le feuilleton Copé-Fillon, les droites ne savent plus où elles habitent


A la demande de certains de ses copains vivant en France, Le Plouc balance sur son blogue sa page parue, vendredi 30 novembre 2012. Avec en supplément vidéo, un face à face entre Copé et Fillon mis en place par la télé suisse (RTS)

En outre, Le Plouc participe à l'émission de France-Culture "Secret des sources", samedi 1er décembre 2012, de 8 h. 10 à 9 h.; elle sera consacrée à la guerre des chefs à l'UMP.

 

La crise que traverse actuellement l’Union pour un mouvement populaire — UMP, le grand parti de la droite française — n’est pas qu’un mauvais feuilleton. Certes, les ambitions étroitement personnelles semblent animer, voire dévorer Jean-François Copé et François Fillon. Tous deux visent l’élection présidentielle de 2017 en s’étripant pour la direction de l’UMP.

 

 Toutefois, le «grand petchi» qui secoue leur parti n’est pas réductible qu’à cette guerre des ego. La campagne pour la conquête de l’UMP a démontré que les deux hommes représentaient deux courants bien distincts. Copé a repris dans ses discours la ligne qu’avait adoptée Nicolas Sarkozy lors de la dernière campagne présidentielle, à savoir mobiliser son électorat sur des thèmes xénophobes, marchant ainsi sur les plates-bandes du Front national de Marine Le Pen.

Fillon, lui, a refusé de suivre cette voie en développant une argumentation libérale et conservatrice plus classique. En fait, cette guerre des chefs illustre un épisode crucial dans la recomposition de la droite française. Où plutôt des droites.

Un pluriel bien singulier

En France plus qu’ailleurs, les idéologies tiennent une place essentielle dans le débat politique et se superposent, de façon quasi-autonome, aux rapports de force socio-économiques. Sous la IIIe République, un patron républicain partageait les mêmes intérêts économiques qu’un patron monarchiste, mais ces deux entrepreneurs faisaient vote à part. C’est la Révolution qui a fortement «idéologisé» la France; cette lame de fond fait encore ressentir ses effets. En raison de cette forte influence des idéologies, les gauches et les droites sont devenues plurielles. L’historien et politologue René Rémond, dans son livre «Les droites en France» (Aubier-Montaigne), a décrit les trois droites qui ont servi de matrices aux formations libérales et conservatrices actuelles.

La droite légitimiste refuse les acquis de la Révolution et défend une position conservatrice dans tous les domaines. Elle n’a plus d’héritier direct ou indirect aujourd’hui. Mais on en trouve encore des traces dans certains discours du Front national ou de la droite UMP. Le légitimisme inspire parfois certains arguments développés par les opposants au mariage gay. La droite orléaniste (appelée ainsi en référence à une branche de la famille royale française), elle, accepte une partie des acquis de la Révolution, notamment le libéralisme économique, et se montre plus ouverte aux influences extérieures, tout en restant conservatrice sur le plan des mœurs. Sous diverses formes, la droite orléaniste a perduré. L’UDF de Giscard d’Estaing en fut l’une des héritières.

Enfin, la droite bonapartiste se distingue des deux autres par le fait qu’elle est issue de la Révolution et qu’elle en défend une grande partie des acquis. Elle se caractérise par un Etat fort qui s’appuie sur la volonté populaire en réduisant le plus possible les corps intermédiaires. Le gaullisme en fut l’incarnation moderne. En fusionnant il y a dix ans l’UDF et le RPR gaulliste, l’UMP a voulu unir les deux droites, l’orléaniste et la bonapartiste. La tentative est en train de sombrer.

 Sarkozy a tué le gaullisme

 Lorsqu’il est arrivé au pouvoir en 2007, Nicolas Sarkozy a bouleversé ce paysage politique. Pour forger son discours, il a picoré des éléments dans toutes ces droites, de façon souvent confuse en raison de la médiatisation intense de sa présidence. Mais surtout, le président Sarkozy a tué le gaullisme, alors que la formation qui l’a porté à l’Elysée s’en réclamait, du moins en partie.

 

Comment a-t-il procédé? La droite bonapartiste, consciente de sa naissance révolutionnaire, a toujours cultivé des rapports avec la gauche. Napoléon III a reconnu le droit de grève et le général de Gaulle a gouverné avec les communistes et les socialistes de 1944 à 1946. Même son lointain successeur, Jacques Chirac ne se réclamait pas explicitement de la droite et a été élu en 1995 sur sa dénonciation de la fracture sociale.

Nicolas Sarkozy, lui, a brisé ce tabou en revendiquant son appartenance à la droite, puis sous l’influence de Patrick Buisson — ancien directeur du journal d’extrême droite Minute — à la droite de plus en plus dure. Ce faisant, Sarkozy a anéanti ce qui faisait l’originalité du gaullisme et de son ancêtre, le bonapartisme. Il s’en est suivi un champ de ruines idéologiques sur lequel Jean-François Copé et François Fillon mènent bataille.

 La droite bleu Marine

Aux trois droites de René Rémond, l’historien Michel Winock (auteur de La droite , hier et aujourd’hui, paru chez Perrin) ajoute une quatrième, la nationale populiste incarnée par le Front national et la famille Le Pen. Nationalisme, xénophobie, europhobie forment la trame de son idéologie. Elle est la traduction française d’un courant qui est présent dans la plupart des pays d’Europe. Depuis que Marine Le Pen a pris la direction du Front national, cette quatrième droite a capté certains de ses arguments à gauche. La chose n’est pas nouvelle, le fascisme en avait fait de même entre les deux guerres mondiales. Cela dit, on ne saurait pour autant qualifier Marine Le Pen et son parti de «fascistes», dans la mesure où ils entendent rester dans le cadre démocratique et qu’ils n’organisent pas de milices armées.

Le but visé par Sarkozy, puis Copé, est de développer un discours très voisin de celui des frontistes, afin de les contraindre à se radicaliser toujours plus. Etant de plus en plus radicalisés, les frontistes perdraient ainsi leur crédibilité, permettant à Sarkozy-Copé de recueillir leur électorat. Pour l’instant, cette tactique a plutôt fait l’effet inverse en banalisant l’idéologie nationale populiste, ce qui permet à Marine Le Pen de dicter l’agenda de l’UMP ou de ce qu’il en reste.

Le nouveau duc d’Orléans

 Marine Le Pen n’est pas l’unique grande gagnante de la décomposition de l’UMP. Jean-Louis Borloo — qui vient de créer l’Union des démocrates et indépendants (UDI) — se vante d’avoir engrangé 6000 adhésions depuis le «grand petchi» à l’UMP. Si Nicolas Sarkozy a dynamité la droite bonapartiste-gaulliste, Borloo, lui, a repris le sillage de la droite orléaniste. Le nouveau duc d’Orléans, c’est lui. Il ne cache pas son espoir d’être couronné à l’Elysée en 2017. Il se positionne clairement au centre-droit en défendant un libéralisme social proeuropéen. A part le «poor and lonesome cow-boy» François Bayrou, les principaux dirigeants centristes se sont ralliés à son panache bleu.

 Pour l’instant, la plupart des médias soulignent son côté velléitaire. N’a-t-il pas jeté l’éponge, lors de la dernière campagne présidentielle, alors que tous ses partisans espéraient qu’il se porterait candidat? Mais le sous-estimer serait une erreur.

 

 Lorsque Borloo avait 38 ans, en 1989, le magazine Forbes l’a classé parmi les cinq meilleurs avocats conseils de la planète; sur le plan politique, il a prouvé ses compétences à la mairie de Valenciennes et, pendant huit ans d’affilée, au gouvernement. Aucune reconstruction de la droite ne pourra s’accomplir sans lui.

Les jeunes loups sortent du Buisson

Les morts politiques ressuscitent souvent en France. Enterrer maintenant l’UMP paraît donc aventureux. De toute façon, l’ensemble des droites règne encore sur une grande partie, voire la majorité, des électeurs. Toutefois, plus rien ne sera comme avant à l’UMP. Si François Fillon et Jean-François Copé grillent toutes leurs chances de succès futurs dans leur entreprise d’autodestruction, deux jeunes loups sont en train de se faire les crocs.

 

Animateurs du courant «Droite Forte», Guillaume Peltier et Geoffroy Didier, tous deux âgés de 36 ans, sont les grands vainqueurs d’un autre vote au sein de l’UMP. Celui-ci au moins n’est pas contesté. Les adhérents de ce parti devaient choisir entre six motions déposées par les différentes tendances. Celle de la «Droite Forte» l’a emporté largement avec 28% des votes. Elle se situe à la droite de la droite et se réclame du sarkozysme le plus «décomplexé».

Cette victoire des deux jeunes loups protégés par Patrick Buisson (lire ci-contre) illustre bien l’état d’esprit d’une grande partie des militants de l’UMP qui sont de plus en plus séduits par Marine Le Pen. La «Droite Forte» sera-t-elle le ferment d’une future alliance entre l’UMP et le Front national? En tout cas, Guillaume Peltier connaît fort bien l’extrême droite puisqu’il a milité aux jeunesses du FN ainsi qu’au sein du mouvement de Bruno Mégret, ex-dirigeant frontiste entré en dissidence contre Jean-Marie Le Pen.

 

Jean-Noël Cuénod

 

 

12:44 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

28/11/2012

La poésie contre les arracheurs de langue

Sale1.JPG

 

Sans mots, pas de langue; sans langue, pas d’échanges; sans échanges, pas de vie. La préservation d’une langue riche, colorée, savoureuse, précise, évocatrice est donc une question de vie ou de mort. Or, les arracheurs de langue ne cessent de conquérir de nouveaux domaines.

 

Leur agressivité au front bas exerce en premier lieu ses ravages dans le domaine commercial et publicitaire. Un infâme salmigondis d’américain nauséabond et de bouts de français moisis dégouline chaque jour des affiches et panneaux des grands magasins.

 

A Paris, la FNAC n’a plus de rayon jouets; si l’on veut offrir un joujou à son gosse, il faut se rendre à l’«espace gaming». Ailleurs, c’est le «booking» qui désigne la librairie. Genève et Lausanne ne sauraient donner des leçons à la grande sœur parisienne. A chaque période des soldes, les enseignes à succursales multiples s’y donnent le ridicule de vanter leur «saleté», puisque sur de grandes affiches rouges, elles inscrivent le mot «SALE». Prenons-les au mot, et fuyons!

 

Les arracheurs de langue s’activent surtout dans le domaine politique. Là aussi, le franglais a gagné ses lettres de bassesse. Avec cette perversité supplémentaire, l’emploi massif de matière ligneuse. Les langues ainsi corsetées s’agitent tellement qu’elles font surgir des boîtes à babil le claquement frénétique des castagnettes. Le langage politicard — le mot «politique» est de trop noble facture pour qualifier ce bruit médiatique — est affligé d’une autre tare ; il vide les mots de leur sens.

 

Le rocambolesque feuilleton de la présidence de l’UMP nous en a offert le consternant exemple. Les élus de ce parti se succèdent devant caméras et micros pour ânonner que la «sérénité» et l’«union» vont régner dans leurs rangs, alors que le spectacle de leur affolement et de leur désunion saute aux yeux du plus aveugle des militants. Si la politique est l’art de transformer la parole en actes collectifs, on imagine aisément la qualité desdits actes collectifs avec une parole aussi dépourvue de sens.

 

La prose étant désormais tellement dégradée, la poésie devient l’unique îlot de résistance devant ces hordes d’arracheurs de langue. Elle seule restitue aux mots la richesse de leurs significations et la précision de leurs images. Elle rend le rêve palpable, l’invisible, visible et la réalité plus véridique.

 

Certes, la poésie paraît bien faible devant la puissance de ses ennemis. Mais il n’est pas nécessaire d’espérer pour résister. Défendons-la les armes à la langue. A commencer par les écoles où elle devrait devenir une pièce essentielle dans l’apprentissage de la vie. Une graine de poésie semée dans le cœur d’un enfant peut accomplir des miracles, voire une résurrection.

                                                                                                                         

Jean-Noël Cuénod

16:13 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

23/11/2012

Dites MEEERRDE au Plouc!

 

07_p23_paillettes_dorees.jpg

 

 

 C’est le moment de vider une sainte colère ou de faire œuvre de porte-bonheur. Dites un gros MERDE à la Plouquette et au Plouc. Dimanche, à Troyes, ils donnent un spectacle autour du dernier bouquin plouquesque «Le Goût du Temps» (Editions Samizdat). Si le hasard vous guide dans cette bonne ville champenoise, cela se passera dimanche 25 novembre à 18 h. à L’Arrivage, 6 rue de Larivey, grâce aux bons soins du poète, écrivain et critique Christian Noorbergen.

 

Christine Zwingmann improvisera une chorégraphie sur les haïkus du «Goût du Temps» dit par ma pomme. Elle jouera avec les lavis de Philippe Rillon, illustrateur du bouquin, qui seront projetés sur écran (cf. l’une des illustrations).

                                                                                  

Cette «performance» servira de point final à l’exposition que L’Arrivage a consacrée depuis le 25 octobre à six artistes du mouvement de la Peau de l’Ours: Duška, Philippe Rillon, K. Vasili (peintres), Bernard Thomas-Roudeix (peintre, céramiste et sculpteur), Catherine Bouroche et Gisèle Lacroix (sculptrices).

 

 

En guise de salut automnal, voilà un haïku tiré du «Goût du Temps»

 

 

Le brouillard prend feu

Et s’envole avec lui

Pour d’autres matins

 

Jean-Noël Cuénod

15:15 | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | |

22/11/2012

Juppé,l’ultime chance de l’UMP

 

L’UMP est devenue un cirque où des meutes de nabots hystériques se flanquent des tartes à la crème à la figure dans un concert de glapissements. Entre Jean-François Copé et François Fillon, le fossé est devenu infranchissable, d’autant plus que cette commission de contrôle à la noix, la COCOE, a reconnu, hier, avoir oublié trois fédérations départementales en décomptant les suffrages. Dans une élection censée élire le président du grand parti de la droite française, cet amateurisme laisse pantois.

 

De ce magma en fusion et confusion, un seul homme d’Etat émerge, Alain Juppé. Sa proposition de présider une commission hors-statut chargée d’examiner les résultats verra-t-elle vraiment le jour? Mais au fond quel est l’intérêt de compter, de recompter, de rerecompter des suffrages dans un tel contexte? Ni François Fillon ni Jean-François Copé ne peuvent désormais exercer pleinement la présidence. A cet égard, l’UMP est piégée par son essence même, qui est celle d’une formation bonapartiste, jadis taillée pour la haute stature du général de Gaulle. Ce genre de parti a pour moteur principal le culte du chef. Du chef, mais non pas des chefs!

 

Nicolas Sarkozy pourrait-il redevenir le patron du parti? Ce serait fort de café; Sarkozy est tout de même l’un des principaux coupables de cette désintégration de l’UMP. C’est lui qui a poussé Copé au détriment de Fillon. C’est lui qui a tracé la ligne politique hyperdroitière qui a mené aux outrances. Après avoir abîmé la France, Nicolas Sarkozy est en train de détruire son propre pari. Qu’il se concentre sur ses dossiers judiciaires, la besogne ne lui manque pas dans ce domaine.

 

Dès lors, la chance ultime pour l’UMP réside dans la désignation d’Alain Juppé comme président ad interim. Lui seul dispose de l’envergure nécessaire pour tenter de réanimer ce parti à bout de souffle.

 

 

Jean-Noël Cuénod

21:26 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sarkozy, fillon, copé, de gaulle | |  Facebook | | |

20/11/2012

Copé l’emporte sur Fillon mais pourquoi un tel «petchi » ?

de gaulle.jpg

 

Jean-François Copé a donc emporté la présidence de l’UMP avec 98 voix d’avance, au terme d’un psychodrame où le comique se disputait au lamentable. Dépasser en ridicule le congrès socialiste de Reims paraissait mission impossible. Mais en politique française le pire est toujours probable. L’élection à la présidence de l’UMP a démontré que si la gauche est souvent maladroite, la droite sait se montrer gauche. Le spectacle cocasse des deux concurrents, François Fillon et Jean-François Copé, revendiquant chacun la victoire, le feuilleton des magouilles réciproques, le «petchi» — cet helvétisme nous permet d’éviter un mot plus gaulois — des opérations électorales internes ont décrédibilisé l’UMP, fer de lance fort émoussé de l’opposition.

 

Pourquoi les deux grands partis de gouvernement français sombrent-ils dans le grotesque chaque fois qu’il s’agit d’élire leurs dirigeants? L’an passé, le Parti socialiste nous avait offert un petit espoir en organisant avec succès sa primaire pour désigner le candidat de la gauche à la présidentielle. Mais peu après, le PS retombait dans ses vilaines manières en nommant son premier secrétaire au terme d’une désignation digne du Parti communiste chinois.

 

Ce travers chronique traduit l’incapacité de la classe politique française — de gauche comme de droite — à comprendre la société mondiale globalisée qui est aujourd’hui la nôtre, qu’on s’en lamente ou qu’on s’en loue. Caciques blanchis sous le harnais des médiocres ambitions personnelles, accumulant les mandats afin de conserver leurs gamelles bien remplies, ne parlant d’autre langue qu’un anglais à la Raffarin et écorchant la leur à force d’en faire du bois pour pipeaux, les hommes politiques français ne quittent pas du regard leur nombril hexagonal, sans se rendre compte qu’il devient toujours plus petit.

 

Les institutions de la Ve République ne créent plus de géants et ne fabriquent que des nains. Il est donc temps de les changer afin qu’émergent les forces vives qui sauront préparer la France à faire ce grand saut dans la société globalisée qu’elle redoute tant.

 

 

Jean-Noël Cuénod avec un dessin d'Acé

09:18 | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : copé, fillon, ump, ps | |  Facebook | | |

19/11/2012

Mariage gay et bazar UMP, c'est la grande collision

 

homoparentalité.jpg

 

 

 

 

 

 

Le plouc a désormais son dessinateur attitré, Acé, Alexandre Donnadieu de son vrai nom. Ce jeune Parisien est un futur éditorialiste du crayon. Comme tout bon dessinateur d’actualité, il fait entrer en collision deux événements qui ce sont produits ce ouiquende, la réussite des manifs contre le mariage homosexuel et le grand b… euh bazar à l’UMP qui a réussi à supplanter le congrès de Reims du Parti socialiste dans le championnat de France du ridicule politique.

 

Tripatouillage et magouillage sont les deux mamelles pendantes de cette élection à la présidence de l’UMP (Union pour des Manipulations Postélectorales). Entre les camps Fillon et Copé la haine s’affiche désormais en pleine lumière. Le pauvre Juppé – le seul dirigeant de ce parti à disposer de la stature d’homme d’Etat – s’arrache sa calvitie, ce qui est fort douloureux et avertit que l’UMP risque de s’effondrer.

 

L’ombre grimaçante de Nicolas Sarkozy plane sur la jungle. Le ricanement des hyènes frontistes secoue les  baobabs. Le sourire du François Hollande prend la forme d’un bananier géant. Le boa Borloo s’avance lentement mais sûrement vers les petits lapins UMP affolés. Dans son hamac, Bayrou rêve mais il ne sait plus à quoi.

 

Le plouc, lui, avance à pas de loup entre deux urnes aussi bourrées qu’un supporter de Liverpool.

 

 

Jean-Noël Cuénod

14:10 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

17/11/2012

L’ado qui a tué sa famille est jugé irresponsable: un verdict juste et incompris

Il a fallu six longues heures de délibérations au jury de la Cour d’assises des mineurs d’Ajaccio pour déclarer Andy pénalement irresponsable, samedi à deux heures du matin. Ce garçon de 19 ans a d’ores et déjà rejoint un hôpital psychiatrique afin d’y recevoir des soins. Personne ne sait quand il en sortira. Alors qu’il n’avait que 16 ans, Andy a tué dans la maison familiale sise en Corse, sa mère, son père et ses deux petits frères avec le fusil à pompe paternel. L’adolescent a immédiatement avoué ses crimes mais n’a jamais été capable d’expliquer les raisons de son acte. Premier de classe, parents aimants, Andy avait tout pour être heureux, du moins si l’on se contente d’un regard superficiel. Mais il avait une faille dans laquelle la folie s’est engouffrée durant un bref instant de sa vie.

 

Pendant cinq jours, les jurés d’Ajaccio ont écouté les experts psychiatres qui ont démontré, une fois de plus, leur incapacité à expliquer ce qui ne peut relever que de l’inexplicable… Cortège de Diafoirus tricotant des théories dont la complexité n’a d’autre fin que de remplir du vide. Cette incapacité s’étend à tous, y compris à Andy lui-même: «J’aimais mes parents, j’aimais mes frères. Je les aime encore. Je sais que c’est moi qui ai fait ça mais je ne le voulais pas.»

 

Dès lors, la Cour d’assises a pris la seule décision légitime en déclarant qu’Andy ne relevait pas des juges mais des médecins. Bien entendu, ce verdict a soulevé des torrents d’indignation. Pourtant, tout autre jugement aurait trahi ce qui forme l’essence de la justice.

 

L’action des tribunaux a pour objet d’interrompre le cycle de la vengeance en imposant l’autorité de la raison sur les diverses expressions de la passion. Un monde sans tribunaux, c’est un monde où chacun règle ses comptes dans un chaos sanglant qui se répercute de génération en génération. Mais la justice a ses limites. Née de la raison et la déployant tout au long de son action, la justice ne peut pas traiter de la folie. Elle doit s’imposer à la passion, mais celle-ci n’est pas la folie. L’humain passionné dispose encore de son entendement. La justice a besoin d’un accusé qui possède les capacités d’utiliser le même langage qu’elle, quitte à la contester. L’humain fou, lui, se situe dans un autre monde où la justice humaine ne peut pas nouer avec lui cet indispensable débat.

 

Ceux qui ne connaissent pas grand-chose à la justice affirment qu’il «est trop facile d’éviter les foudres des tribunaux en mimant la folie». C’est ignorer à quel point il est périlleux de troquer la raison et ses rassurants repères contre la folie et ses souffrances indicibles. On ne joue pas au fou impunément. Dans le cas d’Andy, celui-ci s’est constitué prisonnier, a tout de suite avoué ses crimes et n’a nullement tenté de se faire passer pour un malade mental. Au contraire, il a demandé à suivre des cours par correspondance et réussi son bac avec mention avant d’étudier la médecine dentaire. Serait-ce le comportement d’un comédien de la folie?

 

La société doit admettre que dans le cas d’Andy l’incompréhensible s’est produit. Pendant un court instant, la folie l’a pénétré avant que l’intellect du garçon ne reprenne possession de son être. En d’autres temps, le diable aurait été convoqué sur le banc des accusés. Aujourd’hui, nous ne disposons plus de cet alibi.

 

Il n’en demeure pas moins que ce jeune homme reste potentiellement dangereux pour les autres. Qui dit que la folie ne reviendra-t-elle pas le hanter? Il est donc légitime que la société cherche à s’en protéger. Mais la prison – qui fixe un temps donné à l’enfermement – est le lieu le moins approprié pour assurer cette protection. Certes, la médecine ne constitue pas la panacée, comme l’ont démontré les experts psychiatres. Elle n’est pas encore outillée pour parer à ce surgissement de la violence insensée. Mais elle seule peut nous faire espérer qu’un jour Andy disposera de toutes les forces nécessaires pour quitter ses démons.

 

Jean-Noël Cuénod

16:13 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : justice, andy, crimes, famille, folie | |  Facebook | | |

16/11/2012

Le Plouc et son croco Lacoste à Canal +

Il y a peu, le Plouc a commis son blogue sur le crocodile Lacoste croqué par un groupe suisse. Ledit blogue a été évoqué vendredi 16 novembre vers 13 h. 15 par l'émission en clair de Canal + "Nouvelle Edition". Le voici, pur croco garanti plouc. Le sujet est à la fin de cette vidéo. Avec votre souris, vous avancez la bande vidéo jusqu'à 16:02 (facile: vous pensez à l'année de l'Escalade) et vous tombez pile dessus. Ou alors regardez en entier l'émission, plutôt marrante

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

19:21 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

15/11/2012

Nostalgie Sarkozy? Au moins avec François Hollande, "c'est du sérieux"

En quittant l'Elysée, ses pompes (étincellantes) et ses oeuvres (inachevées), après la conférence de presse de François Hollande mardi, le Plouc a relu ses notes du 8 janvier 2008. Ce jour-là, Nicolas Sarkozy menait lui aussi la première conférence de presse de son quinquennat. En comparant les deux prestations, le Plouc demeure baba (pas coule) devant la bouleversifiante nostalgie sarkolâtre qui étreint nombre de médias français et va de pair avec le dénigrement systématique du nouveau président, sur un mode  de plus en plus infantile ("Je veux mes jouets tout de suite avant Noël, na"!).

Un petit rappel s'impose donc. Il y a bientôt cinq ans, les journalistes étaient convoqué pour applaudir au spectacle d'un lutin autocentré, agité de tics, narquois, méprisant, essuyant ses escarpins compensés sur le dos de ses interlocuteurs, s'inventant des adversaires pour mieux boxer dans le vide, bafouillant parfois, fulminant toujours, n'abordant que trois sujets: lui, lui, lui. Et un quatrième, Carla.

Car c'est durant cette fameuse conférence de presse que le monde entier et ses banlieues galactiques ont appris qu'avec sa future femme  c'était du "sérieux", après une longue diatribe sur l'état, non de la France, mais de son coeur. L'état de la France, lui, était promptement passé par pertes et profits: "Que voulez-vous que je fasse? Les caisses sont vides".

Au  moins, avec François Hollande, "c'est du sérieux". Pas du mirobolant, pas de l'enthousiasmant, certes. Mais au moins a-t-il affronté les vrais problèmes, sans nous encombrer les oreilles de balivernes à l'eau de rose et de rosse.

Alors, pour les Sarkonostalgique, voici une petite vidéo pour leur rafraîchir la mémoire.

 

Jean-Noël Cuénod  

 


Nicolas Sarkozy et Carla Bruni : Conférence de... par whiteblog

 

 

 

15:00 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

14/11/2012

Le tournant caché du président François Hollande

 

 

Ni tournant, ni virage, François Hollande conserve sa ligne droite. Tel est le message que le président français a voulu faire passer lors de sa première conférence de presse. Comme toujours, lorsqu’un dirigeant politique clame quelque chose, c’est son contraire qu’il convient de débusquer. Car, c’est un virage en épingle à cheveux que l’élu de la gauche a fait prendre à tout son camp, en élaborant sa théorie du «socialisme de l’offre» comme élément complémentaire au «socialisme de la demande».

 

«Une alternance change le pouvoir mais pas la réalité». Il fallait sans doute que le président Hollande rappelle cette évidence pour qu’elle pénètre dans la tête des Français si prompts aux rêveries politiques.

 

Soit la gauche vise au bouleversement complet des structures capitalistes pour établir un régime fondé sur la solidarité. Mais alors, cela suppose le recours à la violence révolutionnaire, ce que se gardent bien de reconnaître les communistes français et leurs alliés du Front de Gauche. L’Histoire nous apprend qu’en ce cas, le Grand Soir risque d’être suivi de petits matins aux gueules de flics. «La révolution n’est pas un dîner de gala», avertissait Mao, ni un discours de Jean-Luc Mélenchon.

 

Soit la gauche accepte de gouverner sans bouleverser les structures du capitalisme. Mais alors, là aussi, il faut qu’elle assume les conséquences de ce choix social-démocrate. Or, les crises à répétition, le poids de la dette publique et l’interdépendance des économies globalisées réduisent comme peau de chagrin les marges d’une politique sociale-démocrate. Dès lors, gouverner à gauche dans un tel contexte revient à tenter d’introduire des éléments de solidarité et de justice sociale dans une machinerie mue par l’énergie cupide.

 

Voilà pourquoi le socialiste Hollande plaide pour son «socialisme de l’offre». La modernisation de l’économie française est devenue une ardente nécessité. La politique de la gauche de gouvernement consiste non pas à freiner cette modernisation — ce qui signerait l’effondrement de la France à l’instar de ses voisins du Sud — mais à l’accompagner. Et pour cela, le «socialisme de la demande» est inopérant. Comment faire de la redistribution sociale lorsqu’il n’y a plus rien à redistribuer?

 

Pour cultiver son «socialisme de l’offre», François Hollande table sur la grande négociation qui se déroule actuellement entre syndicats et patronat sur la «sécurisation de l’emploi». Les partenaires sociaux parviendront-ils à concilier flexibilité de l’emploi et sécurisation des parcours professionnels à la manière des pays nordiques? En cas de réponse négative, le gouvernement rédigera lui-même un projet de loi.

 

Quelle que soit l’issue, le défi de François Hollande se limite à trouver des solutions pour que les salariés ne soient pas broyés par les nouvelles formes du capitalisme et disposent de points d’appuis pour se défendre. C’est moins glorieux que la prise de la Bastille, drapeaux rouges au vent. Mais c’est actuellement plus utile.

 

 

Jean-Noël Cuénod

 


Pour Hollande, la justice c'est maintenant par LeNouvelObservateur

 

15:21 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

11/11/2012

QUEL TEMPS FAIT-IL?

Nil.jpg


 


Le temps
Est une île
Sur l’étang
Qui s’espace
Dans le passé
Et s’assèche
Dans le présent
L’avenir
Est le Nil
Qui remonte
A sa source
Pour noyer
Le temps

Temps mort
Et tant de morts
En ces temps
Sans mémoire
Sans miroir

Quel temps fait-il
Quand le temps n’est plus ?

Le temps
N’a plus
Le temps
Haletant
Il tombe
Dans sa tombe
Où Satan
L’attend

Les heures
Brûlent
Dans son ventre

Les minutes
Fondent

Les secondes
Crépitent

Puis tout
S’éteint
Même Satan

Le temps n’a plus cours
Et l’espace est si court

Qu’il devient
Interstice
Qui se plisse
Et se perd
Dans l’infini
Sans forme

Mais le Nil
Revient
Le Nil toujours
Revient
Et libère le temps
De son bûcher

Tout recommence
Il ne s’est rien passé
         Rien

 


Jean-Noël Cuénod

10:40 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

08/11/2012

Lacoste, des larmes françaises pour un crocodile naturalisé suisse

Lacoste%20Flag%20Logo%20-%20Switzerland.jpg


La reprise de Lacoste par le groupe suisse Maus bouleverse la France. De 20 Minutes aux Echos, de France-Info à Tf1, chacun y va de sa larme. De crocodile, bien sûr. La perte d’un fleuron tricolore «qui, une fois de plus, s’en va au-delà des Alpes», comme le déplorait un téléjournaliste, est ressentie comme une claque encore plus douloureuse que le 6-1 encaissé par Lille contre le Bayern Munich (mais là, au moins, les Suisses n’y sont vraiment pour rien).

Après tout, ce n’est pas la première fois qu’un groupe étranger reprend une entreprise française. Alors pourquoi cette réaction lacrymale? Risquons quelques hypothèses pour tenter de la comprendre.

Tout d’abord, Lacoste n’est pas une boîte comme les autres. Dès sa naissance en 1933, elle est entourée par la légende qui s’attache aux «Mousquetaires». Surnommés ainsi par la presse sportive, Jean Borotra, Henri Cochet, Jacques Brugnon et René Lacoste forment la formidable équipe de France de tennis qui remporte la Coupe Davis six fois de suite entre 1927 et 1932.
En 1933, René Lacoste abandonne la compétition et fonde avec un industriel de Troyes la société Chemise Lacoste; précurseur dans la mercatique sportive, il utilise sa célébrité pour vendre sa marque. Avec succès.
Lacoste est éclairé par deux idées de génie. D’une part, l’ancien champion remplace la chemise de tennis traditionnelle par une autre plus confortable, plus légère. D’autre part, il impose son empreinte personnelle en adornant ses créations d’un petit crocodile. Lacoste reprend ainsi sa caricature dessinée par Robert George pour des journaux sportifs. Pourquoi le croquer sous la forme d’un croco? Afin d’illustrer la réputation du tennisman de ne jamais lâcher son adversaire.
Le nom de Lacoste est donc associé aux plus belles heures du sport français, d’où l’attachement particulier à cette marque, outre-Jura.

Ensuite, il règne actuellement en France un assez vif ressentiment contre la Suisse, compte tenu du contentieux fiscal entre les deux pays. Les Helvètes sont souvent perçus comme des profiteurs s’engraissant sur le dos des autres. En outre, pour de nombreux médias français, il est rageant de voir un petit pays, considéré comme quantité négligeable, accumuler les succès économiques au moment où l’industrie de l’Hexagone s’effondre. Alors, lorsque le gnome helvétique se goinfre une icône tricolore, on imagine l’ampleur de la rogne.

Enfin, la reprise de Lacoste par Maus illustre de façon crue l’une des faiblesses de la France, à savoir sa propension à s’embourber dans des querelles internes. Le phénomène est récurrent dans l’Histoire de ce pays. En 52 avant Jésus-Christ, la désunion des tribus gauloises emmenées par Vercingétorix avait déjà provoqué la défaite des tribus gauloise à Alésia. 

Lacoste et Maus sont tous deux des groupes familiaux. Mais là s’arrête la comparaison. Les Lacoste se sont déchirés entre divers clans hostiles au sein de la même famille. Les Maus, eux, tout au long de leur histoire, ont maintenu l’unité familiale, contre vents et marées. Comme César à Alésia, le groupe Maus, déjà introduit dans la place, a observé les luttes au sein des Lacoste. Survient alors ce qui devait arriver, l’un des clans Lacoste s’est allié au solide bloc Maus pour lui offrir la victoire.
Deux familles, deux pays, deux destins. Et un crocodile rouge à croix blanche.

Jean-Noël Cuénod

15:20 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | |

07/11/2012

Barack Obama réélu: Romney s’est flanqué le doigt de Dieu dans l’œil

 

ObamaConsolator.JPG

 

Le Plouc lâche une larme de crocodile sur toutes les punaises de sacristie américaines qui ont prié pour que leur candidat à la mord-mon Mitt Romney triomphe de l’affreux afrosocialiste Barack Obama, le président sortant que leurs actions de disgrâce n’ont donc pas réussi à sortir.

 

Le pire pour ces mômiers flingolâtres et leur héros désormais Mitté est qu’ils se sont flanqué le doigt de Dieu dans l’œil. Ils attendaient un signe du Très-Haut pour assurer la victoire. Ce signe est bien venu du Ciel, avec autant d’éclat que de violence, sous la forme de l’ouragan Sandy. Mais c’est à Obama qu’il a profité. Certes, il serait un peu court d’attribuer à cet unique facteur la victoire du démocrate. Mais il y a contribué. La photo (voir ci-dessus) de Barack en train de consoler les victimes de Sandy a marqué les esprits à une époque où les Américains, comme les autres, éprouvent le besoin d’être rassurés dans un monde devenu aussi dingue que la météo.

 

Pendant que le président en exercice - revêtu d’un blouson d’aviateur pour marquer la présence du Chef au combat – pataugeait dans la boue avec des citoyens en plein désarroi, son adversaire multimilliardaire était photographié en train de monter en souriant sur l’échelle de coupée d’un jet flambant neuf. La comparaison s’est révélée assassine pour le camp républicain.

 

Sans doute est-ce trop lui demander, mais Mitt Romney aurait dû se rappeler la mésaventure d’Edmund Stoiber, aspirant malheureux à la Chancellerie fédérale allemande en 2002. Fin août, ce candidat conservateur de la CDU-CSU caracolait en tête des sondages devant le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder (41% contre 34% des intentions de vote). Une telle avance à cinq semaines du scrutin aurait dû lui valoir la chancellerie sans coup férir. C’était sans compter sur les éléments déchaînés et les pluies torrentielles qui avaient inondé l’Allemagne en septembre.

 

Gerhard Schröder a aussitôt mis au point un programme d’urgence et, pour le superviser, enfilé un ciré et des bottes purs Plouc en sillonnant l’Allemagne. Dans les régions les plus touchées, le chancelier se trouvait en première ligne des caméras affrontant les rues transformées en fleuve. Les caméras en ont fait leur miel. Le candidat CDU, lui, n’a pas réagi tout de suite et s’est ridiculisé lorsqu’il a enfin pris le chemin des villages et quartiers dévastés. Descendant de sa Mercedes au bord d’une route détrempée, Stoiber risquait d’un air dégoûté sa paire d’escarpins vernis et son pantalon noir au pli impeccable, avant de manquer se casser la figure. Dans la République fédérale transformée en vaste Venise, tous les spectateurs se sont gondolés. Résultat: Gerhard Schröder a été réélu.

 

Mitt Romney, vos bottes étaient trop bien cirées pour pouvoir entrer dans la Maison-Blanche.

 

Jean-Noël Cuénod

06:19 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |