31/01/2013

Guerre au Mali et Sahelistan: l'analyse d'un général de division

Chose promise, chose due. Dans son texte diffusé hier, le Plouc vous annonçait la publication complète de l'analyse que le général de division Jean-Louis Esquivié - ancien numéro 2 de la cellule antiterroriste de l'Elysée -lui avait remise. Voilà donc cette passionnante démonstration qui, à ce jour, n'a paru que dans l'antre cybernétique du Plouc. A noter que les intertitres ont été ajouté par ledit Plouc.

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30/01/2013

Islamisme, terrorisme et guerre au Mali: Le «Sahelistan», zone de tous les dangers

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Le conflit au Mali est un épisode de cette guerre sans frontière que mène l’islamoterrorisme contre les démocraties. Une guerre qui illustre parfaitement la globalisation de la planète en ce début de XXIe siècle.

 

Actuellement, elle s’est enkystée dans cette vaste région sahélienne qui englobe des parties du Mali, de la Mauritanie, du Niger, de la Libye, du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie. Le général de division français Jean-Louis Esquivié, ex-numéro 2 de la cellule antiterroriste de l’Elysée, a analysé cette situation dans un document qu’il nous a remis:

 

«La perspective géographique de ce territoire des territoires, le Sahel, impose l’idée qu’il n’est à la portée du contrôle d’aucun Etat. Cet espace est le lieu idéal pour les sans-lois. La prise du Mali septentrional par un de ces groupes sahéliens extrémistes et terroristes en est la démonstration. Elle préfigure une emprise plus grande sur cet espace qui deviendrait, dans l’esprit de ses initiateurs, le Sahelistan.»

 

Empêcher l’avènement de ce Sahelistan est donc devenu l’objectif primordial tant pour l’Afrique que pour l’Europe.

 

Dans ce contexte, le rôle de l’Algérie – puissance militaire régionale – est capital. Récemment encore, elle autorisait la libre circulation des groupes islamoterroristes dans cet espace; en contrepartie, ils évitaient d’entamer des actions contre la souveraineté algérienne. Enhardies par cette tolérance, les milices terroristes ont poursuivi leur descente vers le sud du Mali, visant Bamako et déstabilisant les autres pays de la région. Cette témérité n’a pas été du goût d’Alger, qui a changé son AK-47 d’épaule en autorisant le survol de son espace aérien par les appareils de l’armée française lors de l’intervention au Mali.

Le général Esquivié ajoute: «Mieux, l’Algérie a consolidé cette décision en annonçant la fermeture de ses frontières.» La prise d’otages d’In Amenas n’a pu que convaincre Alger de la pertinence de son changement de cap.

 

Ce mois de janvier tourmenté qui se termine aujourd’hui changera bien des choses en Afrique et en Europe. En Afrique, car la virulence de l’islamoterrorisme conduira ce continent à renforcer ses institutions nationales et supranationales, avec la reconstruction de l’Etat malien comme priorité. En Europe, car elle ne peut plus jouer à l’autruche devant l’islamoterrorisme qui est à sa porte et menace directement ses ressortissants.

 

Dès lors, à terme, l’Union européenne devra forcément organiser une défense commune. La France ne peut ni se payer le luxe d’une intervention militaire par année ni devenir pour Bruxelles ce que la Suisse de l’Ancien Régime était pour Versailles. Un seul jour de présence militaire en Afghanistan a coûté 1,4 million d’euros au budget de l’Hexagone, et en Libye, 1,7 million. Le roi de France, lui au moins, payait ses Suisses!

 

Jean-Noël Cuénod

Demain, le Plouc publiera la totalité du document Esquivié dans son blogue. (Photo ci-contre: islamoterroristes de groupe Ansar Eddine)

 

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26/01/2013

LES APHORISMES DU PLOUC (7)

 

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*Malheur à qui trouble le rêve d'un chat!

 

* Le Plouc ne connaît rien de plus émouvant que le regard d’un vieux chien plein d’expériences et de rhumatismes.

 

*Pourquoi les actionnaires sont-ils si souvent réactionnaires?

 

 

 

*Le Plouc n'a ni ceinture dorée, ni bonne renommée. Royalement, il s'en fout.

 

*L'unique richesse de la vieillesse, c'est de se sentir libre du regard des autres. Le Plouc promet de ne pas cheminer à côté de ce trésor.

 

 

* Le silence est ce lieu du Grand Vide qui fait tourner le ciel.

 

Jean-Noël Cuénod

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24/01/2013

Florence Cassez libérée, la belle leçon du Mexique

Fascinante et instructive, l’audience de la Cour suprême du Mexique! Les cinq juges de sa 1ère Chambre ont délibéré en direct, devant les caméras, avant d’annoncer la libération immédiate de Florence Cassez et l’annulation du jugement la condamnant à 60 ans de prison. Belle leçon de transparence démocratique offerte à la France et à d’autres Etats européens, prompts à considérer les Mexicains comme de bouillants guitaristes porteurs de sombrero.

 

Retransmise par les chaînes d’information continue en France, cette délibération nous a permis de suivre le développement de l’Etat de droit dans un pays en proie à la guerre contre les narcotrafiquants.

 

Utiliser le mot «guerre» en l’occurrence n’est pas exagéré. De par sa situation entre les narcoproducteurs de l’Amérique centrale et du Sud (notamment colombiens) et le lucratif marché de l’Amérique du Nord, le Mexique est devenu le passage obligé de la drogue. 60% de l’héroïne et 92% de la cocaïne consommées aux Etats-Unis passent par le Mexique. Les autorités mexicaines évaluent à 63 milliards de dollars par an, les gains que rapporte le trafic vers les «States». Grâce à cette manne, les cartels mexicains qui gèrent cette stupéfiante logistique disposent de véritables armées. Comme dans tout marché capitaliste, la concurrence est rude. Mais les conflits ne se règlent pas par courrier d’huissier. Assassinats, viols, rapts sont les voies de recours privilégiées. Et s’il faut acheter des flics et des politiciens, aucun problème, les caisses sont pleines! La corruption est un investissement rentable. Le précédent président du Mexique Calderón ne disait-il pas que la moitié de ses policiers n’étaient pas recommandables? Dès lors, il n’est pas étonnant de constater - comme l’a fait le Monterrey Institute of Technology dans une récente étude ‑ que 98,5% des crimes commis au Mexique en 2010 restent impunis.

 

C’est dans ce contexte que Florence Cassez s’est retrouvée embastillée à la prison de Tepapan, au sud de Mexico, à la suite d’un montage organisé par la police avec la complicité de deux chaînes de télévision. La jeune Française était l’ex-compagne d’un homme accusé d’avoir enlevé quatre personnes. Cet homme croupit d’ailleurs toujours en détention préventive depuis sept ans, sans avoir été jugé.

 

La libération de Florence Cassez obéit-elle à un changement dans le rapport de force politique? Sans doute, puisque durant son règne, le président Calderón a toujours protégé le ministre de la sécurité publique Garcia Luna qui avait orchestré l’arrestation, désormais reconnue illégale, de Florence Cassez. Or, le nouveau chef de l’Etat mexicain, Pena Nieto, s’est débarrassé de cet encombrant personnage. Mais il serait faux de réduire la décision de la Cour suprême qu’à cet aspect.

 

Dans cette guerre contre le narcotrafic, il est difficile de distinguer entre les «bons» et les «méchants». Les policiers sont tentés d’utiliser les mêmes tactiques que ceux qu’ils sont censés combattre, lorsqu’ils ne sont pas carrément du côté des criminels.

 

Par leurs commentaires, les juges de la Cour suprême ont donc jeté les bases d’un véritable Etat de droit au Mexique. Leur leçon: il est vain de poursuivre le crime en mimant les criminels. Il en résulte une corruption de l’ensemble de la société, corruption qui ne profite qu’aux pires racailles. Les droits de l’homme ne sont pas de simples arguties juridiques, a souligné le juge Zaldivar. Ils forment le squelette d’un Etat démocratique. Sans lui, la démocratie n’est qu’une peau flasque et sans autre vie qu’apparente.

 Il reste maintenant au pouvoir politique, mais aussi à la société civile mexicaine, de transformer l’essai marqué par leurs magistrats.

 

 

Jean-Noël Cuénod

 

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Florence Cassez libérée : les arguments de la... par BFMTV

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23/01/2013

Islam et guerre au Mali: les mots pour ne pas le dire

 

Dans le conflit au Mali, il y a la guerre des maux, suscités par les actes terroristes, et la guerre des mots, pesés au trébuchet par les pontes de la communication élyséenne. Ainsi, le président François Hollande et, à sa suite, tous les membres de son gouvernement, éliminent-ils dans leurs discours, le mot «islamiste» pour qualifier les groupes intégristes contre lesquels la France se bat. Les ennemis sont nommés «terroristes», un point c’est tout.

 

Cette restriction lexicale part d’excellentes intentions. Il s’agit tout d’abord de ne pas stigmatiser les musulmans français qui constituent la deuxième religion du pays. La République doit forger cette unité intérieure sans laquelle toute guerre est vouée d’emblée à l’échec. D’autant plus qu’au sein des troupes françaises engagées se trouvent de nombreux militaires qui professent l’islam.

 

Ensuite, la France doit impérativement compter sur une coalition militaire formée par les pays de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest). Or, une grande partie des ressortissants de ces Etats est de religion musulmane. On comprend dès lors que l’emploi à tort et à travers du mot «islam» serait hautement contre-productif dans le contexte de cette stratégie. Enfin, il ne faut pas perdre de vue que les victimes du terrorisme au Nord du Mali appartiennent à l’islam et que des lieux saints du soufisme musulman ont été détruits par la violence intégriste.

 

Toutefois, cette éviction systématique du mot «islam» recèle aussi des effets négatifs. Nimbé de brume, l’islamoterrorisme devient une entité virtuelle et même irréelle. Et cette occultation a quelque chose d’infantilisant pour les citoyens français. Ne sont-ils pas assez grands pour faire la part des choses? Faut-il nier tous liens entre l’islam et les actes terroristes commis en son nom? Ils existent de toute évidence. Il appartient en premier lieu à ceux qui professent l’islam de mener un grand mouvement de réforme pour extirper ces racines mortifères qui existent, peu ou prou, dans toutes les croyances et tous les systèmes politiques. Effacer ainsi toute référence à l’islamisme n’aide certainement pas les musulmans de France et d’Europe à mener ce travail de réforme qui tarde à venir.

 

Entre le matraquage islamophobe proféré par une extrême droite dont la hauteur de vue est digne d’un gnome d’horticulture et l’évitement délibéré de tout mot qui pourrait fâcher, les communicants de l’Elysée ferait bien de trouver un moyen terme.

 

Comme l’écrivait Jean-Paul Sartre dans Qu’est-ce que la littérature: «La fonction d’un écrivain est d’appeler un chat, un chat. Si les mots sont malades, c’est à nous de les guérir».

 

 

Jean-Noël Cuénod

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Lors d'une interview dans Le Figaro, le politologue Christian Delporte confirme que le président François Hollande préfère le terme "terroriste" plutôt qu' "islamiste" pour décrire les groupes rebelles qui ont pris le contrôle du nord du Mali. Delporte donne une explication de plus par rapport à notre blogue: le président Hollande refuserait d'évoquer l'islamisme aussi pour des motifs électoraux. 

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22/01/2013

Guerre du Mali: remettre les Touareg* dans le jeu

 

En France, les craintes d’un enlisement au Mali sont de plus en plus perceptibles. Même si la comparaison avec l’interminable conflit afghan n’est pas de saison, cette guerre va durer. Or, l’armée française ne dispose pas des forces nécessaires pour mener un tel combat en solitaire pendant longtemps. En outre, il est malsain que l’ancienne puissance coloniale s’éternise en Afrique. Au bout de quelques mois, le libérateur français risque de devenir trop encombrant pour les Maliens.

Seule une force africaine aura la légitimité nécessaire pour entamer une lutte de longue haleine, aux côtés de l’armée malienne qui s’était effondrée. Mais pour l’instant, cette force n’est pas constituée. Il convient donc, pour la France, de trouver rapidement des alliés.

Dans cette optique, les négociations que mène actuellement la Suisse au Mali avec le mouvement targui  MNLA seront peut-être décisives. Certes, le MNLA s’est allié de mai à juin 2012 avec une partie (Ansar Eddine) des islamoterroristes. Mais ces derniers l’ont rapidement éjecté, le MNLA demeurant trop laïque à leurs yeux. Aujourd’hui, le mouvement targui soutient l’intervention française contre les islamoterroristes et ne réclame plus l’indépendance du Nord-Mali mais un vote d’autodétermination et un statut d’autonomie.

Il faut donc remettre le plus vite possible les Touareg dans le jeu malien. Tout d’abord, ces nomades connaissent mieux que quiconque tous les recoins de l’immense Nord-Mali où les djihadistes vont se terrer après avoir été chassés des villes. Ensuite, ayant approché ces islamoterroristes, ils peuvent donner de précieux renseignements sur leurs failles aux troupes françaises et africaines.

Enfin, ils deviendront forcément une composante du futur Etat malien qu’il faudra réédifier. Les exclure de ce processus ferait partir le Mali nouveau d’un bien mauvais pied.

 

Jean-Noël Cuénod

(Editorial paru mardi 22 janvier 2013)

 

*Il n’y a pas de « s » à Touareg qui est le pluriel du mot « Targui » : un Targui, des Touareg.

 

 

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21/01/2013

Paris sous la neige, silence dominical


Le plouc et la Plouquette s'en sont donnés à coeur joie. Paris sous la neige, c'est une merveille. Silence ouaté, bagnole paralysée, scooter à terre. Les hauteurs - modestes - de la Butte-aux-Cailles avaient des allures cervinesques, presque! Voici le petit reportage photo de ce dimanche bénit par le ciel.

PassageAtget.JPGSAM_1321.JPGLe passage Atget réclame une approche circonspecte. A droite, on construit un bonhomme de neige, passage Barrault. Plus bas à gauche, file d'attente devant une boulangerie boulevard Blanqui. Un petit air Leningrad sous Brejnev dans Paris sous Hollande. A côté, la Plouquette devient la perle de la rue des 5 Diamants. Les deux dernières photos sont prises dimanche soir, de la rue de la Butte-aux-Cailles. Les lumières des appartements de la Tour Jade qui domine la place d'Italie rivalisent avec les étoiles. Place de la Commune, une ambulance jette ses feux bleus sur la neige blanche.

SAM_1329.JPGSAM_1348.JPGPlouquette.JPGSAM_1346.JPG

 

 

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17/01/2013

Le mariage gay et le diable anthropologue

Les opposants au mariage homosexuel — qui ont massivement défilé à Paris dimanche — peignent sur la muraille de leur crainte un bien étrange diable. En suivant la conversation de ces manifestants, on se rend compte à quel point ce projet de loi est perçu comme une œuvre des plus malfaisantes, qui sape les fondements même de l’anthropologie. Anthropologie, voilà le grand mot lâché. On le surprend, notamment, dans les discours du cardinal Barbarin et au fil des interventions du porte-parole de la Conférence des évêques de France, Mgr Podvin. Sous-entendu, seul le mariage est naturel, voire estampillé «bio».

 

De la part d’hommes d’Eglise, on se serait attendu à des discours d’ordre moral, à des considérations sur la Bible. Mais non, c’est ce «naturel» qui revient chaque fois au galop dans leurs arguments! Comme s’ils n’avaient pas confiance dans leur propre discipline; comme s’ils devaient puiser dans la science des hommes pour trouver les mots qui leur manquent pour nous parler de Dieu. C’est de la part de ces ecclésiastiques catholiques un sacré aveu d’impuissance.

 

Que disent les vrais anthropologues? «L’humanité n’a cessé d’inventer de nouvelles formes de mariage et de descendance» explique au Monde Maurice Godelier, l’un des anthropologues français les plus renommés (lire son   interview). D’ailleurs, déjà dix pays de la planète ont contrevenu à ce fumeux et fumiste «ordre anthropologique» en autorisant le mariage homosexuel et l’adoption d’enfants par des couples gays, de même que huit provinces canadiennes et dix Etats américains. Proche voisine de la France, la Belgique connaît le mariage homosexuel depuis dix ans et l’adoption homoparentale depuis sept ans. Apparemment, le ciel anthropologique n’est point tombé sur la tête des Belges.

 

Instrumentaliser l’anthropologie dans ce contexte, c’est boucler l’humain à l’intérieur d’une prison dont une pseudoscience serait le verrou. Le mariage a évolué au fil du temps. Pendant des siècles, l’amour n’y avait guère de part. On ne se mariait pas. On était marié, pour mettre ensemble deux parcelles, deux patrimoines, deux royaumes. Chacun était enfermé dans sa caste et son rôle. La Réforme a enfoncé un coin dans cet édifice, en ne reconnaissant plus le mariage comme un sacrement. Puis, les révolutions américaine et française ont bouleversé cet ordre des choses et des êtres que l’Eglise romaine déclarait «naturel» et éternel. Le mariage d’amour est alors apparu, sillage parfumé du romantisme.

 

Aujourd’hui, un autre temps est venu avec la planète globale et ses nouvelles tribus. Ce mariage que l’on disait voué à la ringardise, reprend des couleurs grâce aux couples homosexuels. Voilà qui devrait réjouir les conservateurs plutôt que de les faire défiler. Et qu’ils se rappellent le message du Christ: rien n’est immuable, seul demeure l’Amour.

 

 

Jean-Noël Cuénod

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16/01/2013

Respect et gratitude pour les soldats français au Mali

 

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En Suisse, on peut être agacé par la France, ses ego bavards, ses polémiques infantiles ou son nombrilisme grognon. Certes. Mais depuis ce matin, les militaires français montent vers le Nord du Mali afin de mener la bataille - à pieds et non plus seulement dans les airs – contre les islamoterroristes qui ont semé la terreur partout où leur haine enturbannée a passé. Alors respect, la France! C’est aussi pour les Suisses, comme pour tous les Européens et les Africains, que ses soldats risquent leur peau.

 

Les autres pays de notre continent applaudissent les Français mais les laissent seuls face aux pires adversaires de la liberté et de la démocratie. «Ils se contentent de fournir quelques infirmières», raille avec raison l’eurodéputé Dany Cohn-Bendit. A quand une véritable force militaire européenne? A ouïr la pathétique Catherine Ashton - sinistre des affaires étrangères de l’Union européenne qui rendrait neurasthénique le plus joyeux des setters irlandais – ce n’est pas demain la veille. La seule chose que peut faire Bruxelles pour aider la France, c’est de nommer «prochainement» un «représentant spécial pour le Sahel». Tudieu, quel secours! 411 ans après l’Escalade, Bruxelles réinvente les «Renforts de Sézegnin» (1)

 

De sa minuscule voix éraillée par les courants d’air du métro Corvisart, le Plouc dit simplement merci à la République sœur.

 

 

Jean-Noël Cuénod

 

(1)    Explication destinée aux non-genevois: dans la nuit du 11 au 12 décembre 1602, dite «Nuit de l’Escalade», le peuple de Genève a repoussé l’assaut donné par les troupes du duc de Savoie. Plusieurs jours après la bataille, trois citoyens venant de Sézegnin, village éloigné de Genève, se sont annoncés en renfort à la porte de la ville, après avoir fréquenté les auberges placées malencontreusement sur leur chemin.

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13/01/2013

Mali, accord syndical et manif contre le mariage gay,François Hollande, hyper-président malgré lui

A propos du week-end tourmenté vécu par François Hollande, le plouc vous balance son édito qui paraît lundi dans la "Tribune de Genève" et "24 Heures". Avec, en supplément, un dessin de l'excellent Acé. 

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12/01/2013

CANTIQUE DES QUANTIQUES I

 

 

Présence

Au centre de l'absence

Absence

Au coeur de la présence

 

A chaque moment

La mort

En moi palpite

 

A chaque instant

La vie

En moi repose

 

Unies dans le même souffle

Je suis la nuit et le jour

 

 

Jean-Noël Cuénod

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10/01/2013

Georges Guingouin, une tragédie française

Qui se souvient de Georges Guingouin en France? Bien peu de monde, à la notable exception du Périgord et du Limousin, où le nom de ce héros de la Résistance reste ancré dans les mémoires. Heureusement, le téléfilm «Le grand Georges», diffusé mardi soir sur France 3, l’a extirpé de l’oubli. Il a été tourné par François Marthouret sur un scénario de Patrick Rotman.

 

Mêler, comme le fait cette œuvre, Histoire et fiction, reste une opération périlleuse. Le trait devient très appuyé et les zones grises sont soigneusement évitées. Même en couleur films et téléfilms privilégient le blanc et le noir. Mais ces considérations demeurent secondaires en regard de l’essentiel. Grâce à Marthouret et Rotman, l’un des destins les plus représentatifs du XXe siècle français a été remis en lumière.

 

Petit instituteur limousin, Georges Guingouin est entré au Parti communiste en 1934. Simple soldat en 1939, il évite d’être fait prisonnier par les troupes allemandes lors de la défaite de juin 1940. Alors que les dirigeants communistes français, englués dans le pacte germano-soviétique, attendront l’invasion nazie de l’URSS le 22 juin 1941 pour entrer en Résistance, le «grand Georges» l’a fait dès l’été 1940 et prend définitivement le maquis en avril 1941, contre l’avis du PCF. Il manifestera cette indépendance d’esprit tout au long de l’occupation et deviendra le chef de l’un des plus importants maquis de France, malgré les entraves de son propre parti.

 

Après la guerre, les dirigeants communistes lui feront payer très cher ce manque de souplesse stalinienne et l’acculeront à déchirer sa carte en 1952. Durant les années 50, Georges Guingouin subit l’assaut de ses anciens camarades mais aussi celui des ex-collabos de la police pétainiste, bien vite réhabilités par la IVe République. Après avoir été calomnié, accusé à tort, jeté en prison, passé à tabac, poussé vers la folie, rejeté de tous, sauf de ses plus proches, Guingouin est lavé de tout soupçon en 1959. Mais le Parti communiste français ne l’a réhabilité qu’en… 1998 dans la totale indifférence du héros, qui était redevenu le petit instituteur de sa jeunesse.

Le destin de Georges Guingouin symbolise à lui seul les illusions perdues de la France de l’après-Résistance. A la solidarité contre l’adversité a succédé la veulerie des compromissions.

 

Une fois de plus, le parallèle est établi entre fascisme et communisme. Même organisation pyramidale. Même obéissance aveugle. Même méthode de dénigrement. Même pression physique et psychique. Même ambition de soumettre le peuple à une entité totalitaire.

 

Cette proximité dans l’action ne doit pas pour autant masquer les différences idéologiques entre les deux formes de totalitarisme du XXe siècle. On serait bien en peine de trouver parmi les nazis et les SS, une figure qui possède la même trempe morale que Georges Guingouin.

 

Jean-Noël Cuénod

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Reportage sur la présentation de ce téléfilm

 

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08/01/2013

Que représente Gérard Depardieu pour la France?


L’exil fiscal de Gérard Depardieu continue à susciter les passions. Pourquoi cette polémique étonnante par sa durée et son intensité ? Afin de répondre à cette question, le Plouc a roulé son béret dans ses doigts gourds pour solliciter les lumières du politologue français Gil Delannoi, l’un des meilleurs spécialistes des thèmes liés à la nationalité. Voici l’intégralité de cette interview pour les lecteurs du blogue plouquesque.

 

Gil Delannoi, que représente Gérard Depardieu pour les Français ?

 

En tant qu’acteur français le plus célèbre dans le monde, il symbolise l’exception culturelle de son pays. Elle s’est particulièrement exercée dans le cinéma qui est parvenu à surnager dans la grande globalisation économique et culturelle. Dès lors, tout naturellement, les regards se braquent sur ses faits et gestes, et pas seulement en France.

 

Mais il n’est pas la seule vedette française du grand écran…

 

Dans cette polémique, il faut aussi y voir la persistance de l’esprit monarchique au sein de la République française. A tout monarque, il faut un bouffon. Gérard Depardieu joue pleinement ce rôle. Alors que des milliardaires français s’exilent fiscalement en toute discrétion, lui annonce son départ à grand son de trompe et en mettant ses pieds dans le plat. Durant la précédente présidence, Nicolas Sarkozy cumulait les fonctions symboliques de roi et de bouffon. Le président François Hollande n’exerçant pas ce cumul, Gérard Depardieu est devenu son bouffon.

 

Depardieu n’a-t-il pas jeté le patriotisme fiscal aux orties ?

 

Le cas Depardieu est surtout illustratif d’une contradiction fondamentale qui n’affecte pas seulement la France mais tous les pays d’Europe. Depuis Maastricht, ces Etats ont choisi la libre circulation des capitaux et des personnes. Dès lors, lorsqu’un Etat prône le patriotisme fiscal, cela relève un peu de la tartufferie. On ne peut pas d’un côté célébrer l’idéologie de la libre circulation et stigmatiser celui qui en use, même pour des motifs fiscaux. L’ajustement d’un individu par rapport à  la collectivité s’exerce de moins en moins entre moi et l’Etat et de plus en plus entre moi et le monde. Par ses déclarations burlesques, Depardieu a mis du sel sur cette plaie «patriotique».

 

Jean-Noël Cuénod

ESPACE VIDEO

Gérard Depardieu s'est rendu à Zurich pour la remise du Ballon d'Or à Messi. On ne le savait pas si copain avec le Valaisan Sepp Blatter.

 

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04/01/2013

La Russie et Depardieu, une question de foie


Le plouc apprend comme tout le monde- et sans surprise - que Gérard Depardieu va toujours plus à l'Est. Après avoir planté son menhir en Belgique, le voilà qui hérite d'un passeport russe signé Poutine. Et Brigitte Bardot veut le suivre sur les bords de la Moskova. Tremblez distillateurs de vodka! Frémissez chasseurs de phoques!

La naturalisation russe a inspiré à notre cher dessinateur Acé son premier dessin de l'année, entre deux vapeurs de champagne.

 

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29/12/2012

CANTIQUE DES QUANTIQUES II

 

 

 

Dans la nuit des sens

Je marche en aveugle

Les sons se dérobent

Tout fuit sous mes doigts

 

Je vois la vérité

Et survient l'erreur

Je poignarde l'erreur

Et meurt la vérité

 

Erreur véridique

Vérité fautive

 

                                           Distinguer

                                            Et ne pas

                                           Distinguer

 

Dans la nuit des sens

                                           Je danse

 

 

 

Jean-Noël Cuénod

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26/12/2012

Noël et le songe brun de Monsieur Brunner

 

 

Président de l’UDC, Monsieur Toni Brunner songe, voyez-vous. En effet, d’après la «Tribune de Genève» et «24 Heures», son parti «songe à enfermer tous les requérants». On se frotte les yeux. Non, ce n’est pas possible. C’est nous qui rêvons. Le principal parti suisse ne peut pas «songer» à réhabiliter les camps de concentration. Et le jour de Noël en plus!

 

Eh bien si! Monsieur Brunner nous dessine son joli songe tout brun: «Nous débattons à l’interne du lancement d’une nouvelle initiative sur l’asile. Elle concernerait le transfert de tous les requérants d’asile dans des centres de prise en charge fermés». Car, bien sûr, Monsieur Brunner ne lâche pas le vilain mot de Konzentrationlager. Attention il s’agit de «centres de prise en charge fermés». Ah, mais ça change tout; ça ne change rien! Il s’agit encore et toujours d’enfermer des êtres humains, en fonction de ce qu’ils sont et non pas de ce qu’ils ont fait.

 

Ces requérants ont fui la misère, la guerre et l’oppression. Et il faudrait encore les punir, les enfermer. Comme dans tout groupe humain, il y a parmi eux des délinquants. Mais affirmer qu’ils le sont tous est aussi stupide que de prétendre que tous les banquiers sont des escrocs. Ou que tous les membres de l’UDC sont des fascistes.

 

Tout l’immonde de ce songe puant de Monsieur Brunner gît dans le mot «tous». Il déshumanise en réduisant l’humain à une entité vague qui devient ensuite un objet dont il convient de se débarrasser. C’est ainsi que commencent toutes les pensées si bien nommées «totalitaires».

 

On imagine facilement le sort qui aurait été réservé par les bureaucrates UDC à ces Juifs palestiniens nommés Marie et Joseph, frappant avec leur nouveau-né à la porte de la Suisse: Le «centre de prise en charge fermé» pour toute crèche.

 

Jean-Noël Cuénod

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21/12/2012

Après Depardieu, Deneuve & Co, le patriotisme fiscal devient tendance

 

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La polémique fait rage chez les vedettes françaises de la scène et des écrans. Les saltimbanques de droite soutiennent Gérard Depardieu dans son exil fiscal vers la Belgique et ceux de gauche, le vouent aux gémonies. Ce qui pourrait n’être qu’un pia-pia pour dîner parisien devient un sujet hautement politique et culturel. Car le comportement de chaque citoyen, quel que soit son pays d’origine, devant l’impôt entraîne toute une série de remises en cause fondamentales qui touchent aux rapports qu’un individu entretient avec ses proches et ceux qui partagent la même communauté de destin, avec son pays et son histoire. La fiscalité pose la question des liens, essentielle pour tous les êtres humains.

 

Avec la crise économique qui se prolonge, les Etats affrontent une demande pressante d’aides sociales et d’engagements pour combattre le chômage. Or, au même moment, ils doivent réduire la voilure. Diminuer le train de vie de l’Etat est nécessaire mais non pas suffisant. Il faut encore améliorer les recettes. Dès lors, le patriotisme fiscal devient furieusement tendance dans la bouche des dirigeants politiques.

 

Mais l’incitation au civisme a ses limites. Dès lors, la tentation est grande pour les Etats de suivre l’exemple américain en liant l’impôt à la nationalité. Où que vous soyez, vous payez l’impôt de votre pays, après déductions des taxes payées dans l’Etat de résidence.

 

Certes, il est possible d’abandonner sa nationalité d’origine, à la condition toutefois de disposer d’un autre passeport. Outre que la démarche n’est pas toujours aisée sur le plan administratif, le fait de renoncer à sa patrie ne va pas de soi. Est-il si facile de devenir un nomade fiscal hors-sol? Ce faisant, je me coupe non seulement de l’Histoire de mon pays, mais je tire aussi un trait sur tous les miens qui se sont battus pour lui.

 

 

Jean-Noël Cuénod

 

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20/12/2012

François Hollande piégé par son habileté

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Les habiles courent toujours le risque de se prendre les pieds dans leurs manœuvres. Le président français est en train de vivre cette amère expérience. Habile, François Hollande a démontré, à maintes reprises, qu’il l’était, notamment durant son long règne — onze ans — à la tête du Parti socialiste. A ce poste, son esprit de synthèse a souvent fait florès; nul mieux que lui a su ménager la chèvre, le chou, le berger et le maraîcher ou utiliser les uns et les autres, les uns contre les autres, dans de savantes alchimies.

 

Mais les tactiques pour diriger un parti ne sont pas forcément valables pour présider une République. L’affaire Mittal en est la calamiteuse illustration. François Hollande a sans doute voulu faire plier le propriétaire du groupe Mittal — qui voulait fermer définitivement deux hauts fourneaux à Florange — en jouant au plus fin.

 

Je lance le pitbull Montebourg pour faire peur à Mittal. Lorsque le patron me semble à point, je lui envoie le labrador Ayrault pour lécher ses plaies et recueillir un bon compromis qui sauvera Florange. Malheureusement, ce beau scénario a tourné court. Le pitbull Montebourg a mordu mal à propos le mollet de Mittal; le labrador Ayrault s’est mis aussitôt à gronder en direction de Montebourg. Bagarre dans le chenil gouvernemental. Hollande a dû conforter les uns sans blâmer les autres, brouillant définitivement une situation déjà fort embrumée.

 

De son côté, Mittal s’est contenté d’épousseter son pantalon, de promettre de ne licencier personne mais en évitant de s’engager sérieusement sur l’avenir de Florange, plus sombre que jamais. Alors que le ministre Arnaud Montebourg leur avait fait miroiter une nationalisation temporaire afin de laisser à Bernard Serin —le patron français du groupe belge Cockerill — le temps nécessaire pour reprendre Florange, les ouvriers n’ont pu que se sentir trahis par le gouvernement socialiste. En effet, celui-ci a cédé beaucoup à Mittal pour en obtenir bien peu.

 

Florange est devenu le symptôme du mal qui ronge la politique de François Hollande durant ses premiers mois de présidence, à savoir l’absence de ligne directrice précise et la navigation à vue. Si Hollande estime que la France ne peut pas rompre, toute seule, d’avec le libéralisme, qu’il le dise. Si, au contraire, le président juge qu’une politique sociale-démocrate peut changer la donne, qu’il en trace clairement les contours.

 

Nicolas Sarkozy a raté son quinquennat par sa maladresse. François Hollande peut louper le sien par son habileté.

 

Jean-Noël Cuénod

Dessin: Acé

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18/12/2012

Fillon, Copé et le cauchemar bleu Marine

 

 Malgré son abracadabrantesque crise interne, l’UMP a gagné dimanche trois élections législatives partielles en France. A Béziers, son candidat a même terrassé la représentante du Front national dès le premier tour. Cela signifie-t-il pour autant que le FN a cessé d’être un sujet de cauchemar pour l’UMP? Non.

Certes, le parti frontiste souffre pour l’instant d’une grave lacune. Il dispose avec Marine Le Pen d’une dirigeante charismatique qui draine un électorat de plus en plus nombreux. Mais il lui manque les relais intermédiaires, à savoir des élus de base bien formés et expérimentés. Or, cette faiblesse ne durera pas éternellement. Même si les chiffres avancés par Marine Le Pen sont incontrôlables, les frontistes sont en train d’étoffer leurs rangs, notamment grâce à l’apport d’anciens militants de l’UMP profondément ulcérés par la guerre Fillon-Copé. Avec un plus grand nombre d’adhérents, la sélection des futurs élus sera plus aisée à effectuer pour le parti d’extrême droite.

De son côté, si l’UMP est en train de s’extirper de son psychodrame, la violence de l’affrontement entre Jean-François Copé et François Fillon pour la présidence du parti a pris une telle ampleur que les plaies ne se refermeront pas rapidement. Copé devra remettre son mandat de président en jeu au mois de septembre prochain, lors d’une nouvelle élection ouverte aux membres de l’UMP. Pendant huit longs mois, la principale formation de la droite sera donc dépourvue de chef incontesté. En outre, des candidatures nouvelles ne manqueront pas de surgir avec, à la clé, une nouvelle campagne interne, qui mobilisera l’énergie de l’UMP au détriment de son rôle d’opposante principale au gouvernement socialiste.

Le Front national ne dispose que de deux députés. Mais on peut faire confiance à Marine Le Pen pour devenir, sur le plan médiatique, l’opposante numéro un.

(Edito paru lundi 17 décembre dans la "Tribune de Genève")

 

ESPACE VIDEO

Oldelaf dans "La Tristit'UMP". En France tout fini par des chansons.

 

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17/12/2012

Après la tuerie de Newtown, l’adieu aux armes n’est pas pour demain

 

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Le bilan de la tuerie de Newton laisse pantois: vingt bambins de 6 à 7 ans et six adultes assassinés par un dingue des flingues de 20 ans, abattu à son tour. Ne croyez pas que ce bilan effarant désarmera la puissante National Rifle Association qui vient de dépenser 9,8 millions de dollars pour qu’Obama ne soit pas réélu à la Maison-Blanche. Créé dans l’Etat de New York en 1871, ce groupe de pression s’appuie sur 4 millions de membres. Le but principal de la NRA: promouvoir le doux commerce des armes à feu en persuadant chaque Américain que sa survie nécessite l’acquisition de revolvers, pistolets, fusils et autres instruments destinés à harmoniser les relations humaines (voir le dessin d’Acé)

 

Mission remplie pour la NRA: 200 millions d’armes à feu (pour 300 millions d’habitants) circulent aux Etats-Unis, selon les chiffres de la Police Foundation.

 

Le tueur de Newtown, Adam Lanza, a été élevé par sa mère dans ce culte mortifère. Au domicile maternel, le jeune homme avait le choix: deux pistolets, deux fusils de chasse et une arme semi-automatique dont Mme Lanza était particulièrement fière puisqu’elle la montrait souvent à ses invités. C’est avec ce fusil que son fils l’a tuée avant d’entamer sa course criminelle contre l’école enfantine.

 

Depuis sa première élection, cela fait quatre fois que Barack Obama doit se rendre au chevet des familles victimes après un massacre de masse, comme il l’a souligné dimanche soir à Newtown. «Ces tragédies doivent prendre fin. Et pour qu’elles prennent fin, nous devons changer», précise le président américain. Vaste programme!

 

En effet, croire qu’une réglementation plus sévère du commerce des armes suffirait à éradiquer la violence américaine relève de l’illusion. Elle est profondément inscrite dans l’histoire de ce pays, qui a bâti son empire sur les ruines des tribus amérindiennes. Sa culture, ses mœurs, son capitalisme version brutale la développe quand elle ne la célèbre pas. Avec des effets positifs, illustrés par l’extraordinaire énergie américaine qui a permis à l’Europe – avec l’apport décisif des peuples soviétiques – de se libérer du joug nazi. Mais avec des effets terriblement négatifs, comme les massacres de masse dont le nombre ne cesse de croître.

 

Pour l’instant, le changement de mentalité espéré par Obama ne paraît guère de saison. A la tuerie de Newtown, des Américains répondent par le lancement d’une pétition réclamant «une arme dans chaque salle de classe». Samedi, ils étaient 1423 à l’avoir signée. Pourquoi ne pas transformer carrément les jardins d’enfants en champs de tir?    

 

A cette Amérique folle de ses armes, nous préférons celle de Victoria Soto (photo), l’héroïne de Newtown. Cette institutrice de 27 ans, mère de deux enfants, a sauvé la vie de ses élèves au détriment de la sienne. Lorsque Lanza a commencé son massacre, elle a enfermé les écoliers dans les placards de la classe, puis elle a répondu au tueur qu’ils se trouvaient dans le gymnase. Après avoir assassiné l’institutrice, il a délaissé la classe pour s’engouffrer dans le gymnase.

 

Honneur à cette belle âme.

Jean-Noël Cuénod

 

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