07/09/2013

AVERTISSEMENT

  Ils sont avec toi tes frèresincendie.jpg

Devant le grand incendie

Vous luttez tous pour l’éteindre

Malgré le feu de vos larmes

Dans la peur et dans la mort

Toujours le pain partagé

 

De défaites en victoires

De victoires en défaites

Vous aurez un monde en main

 

Mais tout cela n’est rien

Le grand combat contre l’ange

Tu devras l’accomplir seul

                                                                                  Jean-Noël Cuénod

 

Livres de poésie de l'auteur disponibles:

  Dans les librairies Payot ou auprès de l'éditeur Samizdat (Denise Mützenberg, 8 chemin François-Lehmann - 1218 Grand Saconnex):

- Circonstances

- Le Goût du Temps (Prix Festival Rilke 2012)

Disponibles sur les sites FNAC, Amazon,

 - Matriarche (Editions Editinter Paris)

- Liens (Editions Editinter Paris)

- Amour Dissident (Editions Editinter Paris. Coécrit avec Christine Zwingmann - Médaille du Sénat)

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05/09/2013

La Syrie, Obama et l’impuissance du gardien de but

 

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 Campé sur ses jambes, ouvertes – mais pas trop – pliées – mais pas trop –, le corps souple et tendu à la fois, le gardien de but, avale tout le terrain du regard. Rien ne lui échappe. Ni l’ensemble ni le détail. L’attaque adverse s’approche. Les défenseurs se font plus fébriles. L’ennemi rejoint dangereusement les seize mètres. Que faire? Foncer sur le porteur du ballon pour fermer l’angle? Mais alors, le risque est grand de gêner l’arrière ou de laisser le but vide. Rester dans les buts? Le portier sera ipso facto crucifié par un tir à bout portant. Alors, il avance, recule, avance, recule, avance, recule… Tango de l’hésitation. Puis, dépité, ramasse le ballon au fond des filets d’un geste las.

 

Barack Obama ressemble comme deux gouttes de sueur froide à ce gardien de but. Le terrain syrien ne lui convient vraiment pas. D’ailleurs, il ne convient à personne et surtout pas à ses habitants qui se font massacrer, bombarder, gazer, manipuler.

 

Le président américain s’efforce de convaincre le Congrès de l’autoriser à frapper les troupes du dictateur Bachar El Assad «de façon limitée». Qu’est-ce qu’une «frappe limitée»? L’envoi d’un, deux, dix, cent missiles sur des objectifs militaires du camp Bachar? Sera-ce suffisant pour arrêter ses massacres? Le tyran se trouvant acculé, ce n’est pas cette «offensive modérée» qui le fera reculer. Et si l’armée américaine décide une intervention plus musclée? Elle se retrouvera prise dans l’engrenage de la guerre, avec présence de troupes au sol, et le conflit se communiquera à tout le Proche-Orient.

 

Alors ne faisons rien et laissons les Syriens s’entre-tuer. Or, cette inaction serait aussi préjudiciable que l’action. Il semble acquis aujourd’hui que le camp Assad a gazé adultes et enfants. Laisser ce crime impuni, c’est encourager l’Iran à poursuivre la fabrication de sa bombe atomique et c’est montrer aux autres régimes d’oppression qu’ils peuvent massacrer l’âme légère et la main lourde.

 

Il reste encore les démarches diplomatiques envers Poutine. Tant que l’autocrate moscovite soutiendra le gazocrate damascène, la guerre civile poursuivra ses ravages. Certes, le tsar au torse nu vient de lâcher du lest afin de ne pas faire capoter le G20 qui commence à Moscou : si les preuves du gazage sont réunies, le Kremlin ne s’opposera plus au Conseil de sécurité à une intervention des Nations-Unies en Syrie. Toutefois, même si la Russie donne son feu vert ou orange, une nouvelle dictature – islamiste et sunnite cette fois-ci – risque fort de remplacer celle des alaouites du clan Assad. Le camp des rebelles syriens reste marqué par une décourageante désunion et les intégristes les plus rétrogrades tendent à prendre le commandement sur le terrain.

 

Que l’on agisse, tergiverse ou s’abstienne, aucune solution ne s’impose, toutes sont mauvaises et alourdies par moult effets pervers.

 

Le gardien Obama peut bien courir vers le porteur du ballon, plonger à gauche, à droite, au centre ou se claquemurer dans sa cage, il ne réalisera aucun miracle. Et les Syriens «d’en bas» encaisseront.

 

 

Jean-Noël Cuénod

 

ESPACE VIDEO

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27/08/2013

SOUTERRAIN

métauxfusion.jpg

Misère

Des métaux

Or fondu

Airain mort

Fer Maudit

Racines

Privées d'air

Et de suc

 

Entrailles

Pesantes

Au sous-sol

De l'homme

 

Mais à quand

Le retour

Des pluies

Le velours

Du dégel?

Et le sein

Des fanges

Réchauffé

Par nos mains?

 

Jean-Noël Cuénod

 

Livres de poésie de l'auteur disponibles:

 
Dans les librairies Payot ou auprès de l'éditeur Samizdat (Denise Mützenberg, 8 chemin François-Lehmann - 1218 Grand Saconnex):

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23/08/2013

IL Y A TOUJOURS QUELQUE CHOSE QUELQUE PART

 

nuages.jpg

Photo prise sur http://byebyebog.com

 

Un vol de moineaux

Fait naître l’inquiétude

Dans le petit parc

 

               Comme un sort jeté aux hommes

               Par des dieux oubliés

 

 

Le long du ruisseau

Le cheval rouge galope

Dans sa solitude

 

               Yeux fous bouche d‘écume

               Sur le cou aucun licol

 

Miroir du ciel

La plaine allume ses feux

Et tend ses champs noirs

 

               Fusion confusion

               Terre porteuse de nuages

 

 

 Joie dans les nuages

Il fait beau il faut partir

Un soleil au cœur

 

               Et toujours il y aura

               Quelque chose quelque part

 

 Jean-Noël Cuénod

 

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21/08/2013

Danse avec la nature, danse avec les animaux

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Le Plouc et la Plouquette verdissent au Périgord, à Beaurecueil, entre Saint-Sulpice-de-Mareuil et Rudeau. Danseuse, poète, chorégraphe, danse-thérapeute, Christine Zwingmann Cuénod, alias La Plouquette, vous présente quelques bons bonds et rebonds. Voilà donc un grand jeté "aller" au bord de la Nizonne.

Les ragondins qui abondent dans cette rivière, en sont restés baba. Quel est ce superbe animal qui prend son envol? Un félin heureux de l'être? Un oiseau inconnu qui va décrocher la lune?

Et voilà le grand jeté "retour". Les ragondins commencent à se rêver rats de l'opéra.grandjetégauche.PNG La Plouquette ne part pas à la conquête de la nature. Elle en est un élément, à l'image des iris qui frissonnent sous la brise, des herbes de marais qui respirent le soleil comme si c'était la dernière fois, de la buse qui tourne et retourne vers cette proie qui bouge trop, de la rivière assoupie par août et repue par les pluies de juillet. Christine vous donne rendez-vous sur le site qu'elle vient d'ouvrir: http://christine-zwingmann.com. En attendant voilà une vidéo de la danse qu'elle vient d'improviser dans le somptueux décors verdo-périgordin.

ESPACE VIDEO

 

 

 

 

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16/08/2013

Jacques Vergès, l'extrême avocat

«Mais comment pouvez-vous défendre de pareilles fripouilles?» A cette remarque assénée par les honnêtes gens aux avocats pénalistes, le défenseur de Landru, Me Vincent de Moro Giafferi répondait: «Ah, mais je défendrais bien volontiers les enfants de Marie, hélas ils ne peuplent guère les Cour d’assises!»

 

Jacques Vergès, qui vient de décéder à Paris, a défendu les pires monstres, y compris le «boucher de Lyon», le SS Klaus Barbie (ci-dessous, la vidéo de sa plaidoirie). Et il aurait été prêt à défendre Hitler, «à la condition qu’il plaide coupable», ajoutait-il. Cet engagement de l'extrême avocat n’était pas que pose provocatrice. Il traduisait ce qui forme l’essence, la raison d’être de la défense.

 

 L’avocat est une digue entre l’Etat de droit et l’état de barbarie. Détruisez cette digue, et l’état de barbarie submergera l’Etat de droit. Dès lors, empêcher Hitler d’avoir un avocat, c’est lui donner raison, c’est admettre que son entreprise de destruction de la civilisation démocratique a réussi. En ce sens, Jacques Vergès nous défend de la barbarie en plaidant pour les barbares.

 

 Certes, l’initiateur des «procès de rupture» n’avait pas de mots assez durs pour fustiger la société capitaliste et ce qu’il considérait comme sa façade démocratique. Mais à tout prendre, il vaut mieux une démocratie, même de façade, à l’absence totale de démocratie. En mettant en lumière les hypocrisies et les contradictions de notre société, en dénonçant ses reniements, en mesurant l’écart entre les beaux discours consensuels et les réalités brutales qu’ils dissimulent, l’avocat défunt a participé à la renforcer, alors qu’il voulait la détruire. Ce n’est pas le moindre paradoxe de cette vie pleine de fureurs et de mystères.

 

Sans doute, Jacques Vergès était bien conscient de cet humour de l’Histoire et devait en sourire, entre deux bouffées de havane offert par Fidel Castro.

 

Jean-Noël Cuénod

 

ESPACE VIDEO

 

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15/08/2013

Un ambassadeur "beurgeois" attaque le Quai d'Orsay

Kedadouche.jpg

Ambassadeur de France en Andorre, d’origine algéro-kabyle et ancien footballeur professionnel, Zaïr Kédadouche (à gauche sur la photo, sous le maillot du Red Star) dénonce les discriminations dont il est victime au Quai d’Orsay, ce nid à particules nobiliaires. Un nid de vipères aussi, à en croire la lettre indignée que l’ambassadeur vient d’envoyer à son patron, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, dont voici ce passage:

 

«Le manque d’ouverture et d’innovation du Ministère (…) empêche de valoriser de nouveaux parcours, en particulier celui des Français issus de l’immigration maghrébine dont vous savez bien que malgré les plus grands efforts possibles d’intégration, ils continuent à subir des rejets et des discriminations feutrées. Je les ai, à nouveau, subies dans les palais dorés du Quai d’Orsay».

 

Il faut dire que le Ministère des affaires étrangères est traditionnellement l’apanage des rejetons de la noblesse française. Mais si la particule ne vaut plus diplôme, l’empreinte aristocratique ne s’est pas effacée pour autant. Trempant sa plume dans une encre plus sulfurique que diplomatique, l’ambassadeur Kédadouche, en porte témoignage dans sa conclusion:

 

«J’ai le sentiment que le Quai d’Orsay, dans sa partie la plus influente, trace sa route dans un isoloir, cherchant à éliminer toute trace génétique risquant de compromettre la reproduction sociale des élites».

 

Lorsqu’il se trouvait en poste à Liège en tant que consul général, Zaïr Kédadouche avait déjà essuyé des actes de harcèlement moral de la part de ses collègues aux patronymes à rallonges. Elevé en mai 2012 au rang d’ambassadeur auprès de la Principauté d’Andorre (dont la souveraineté est partagée entre la France et l’évêque catalan d’Urgell), le diplomate n’a pas été épargné pour autant et a eu maille à partir avec un de ses collaborateurs contre lequel, il a envisagé de déposer plainte, jusqu’à ce que l’Inspection générale du quai d’Orsay l’en dissuade. En revanche, M. Kédadouche a saisi le Défenseur des droits, Dominique Baudis qui va mener une enquête.

 

Soucieux de calmer les esprits, le ministre Fabius a répondu à son ambassadeur qu’il était «disposé à l’écouter plus en détail».

 Le parcours de Zaïr Kédadouche est exceptionnel et démontre qu'être élevé en banlieue peut mener vers les hautes sphères. Mais le chemin est plus semé de rosseries que de roses. Il est né à Tourcoing (Nord de la France) en 1957 dans une famille kabyle de six enfants qui a fuit la misère de l'Algérie encore coloniale. Son père milite au Front national de libération qui lutte pour l'indépendance algérienne, est emprisonné et meurt alors que le petit Zaïr n'a que 5 ans. Sa mère, qui sait à peine lire et écrire, décide de rester en France.

La famille Kédadouche vit alors dans un bidonville d'Aubervilliers, en banlieue parisienne. Durant sa jeunesse, Zaïr fait tous les métiers qui lui tombent sous la main, coursier, gardien de musée et... footballeur professionnel, tout en continuant à suivre des cours du soir. Il occupe le milieu de terrain défensif à Sedan de 1975 à 1977, puis au Paris FC de 1977 à 1983 avant de rejoindre le Red-Star à Saint-Ouen, tout près de Paris, entre 1984 et 1988. Il décroche un diplôme d'Etat d'éducateur sportif puis d'autres parchemin en sciences humaines, en gestion des entreprises et administrations, échoue d'un poil à l'Ecole nationale d'administration (ENA) et devient professeur certifié en technologie gestion.

Il appartient désormais à cette «beurgeoisie» qu’il décrit dans un de ses ouvrages «La France et les Beurs» (son autre livre s'intitule "Zaïr le Gaulois", tout un programme!)

Zaïr Kédadouche se lance en politique dès 1985; il siège au conseil municipal à Aubervilliers pendant dix ans, au Conseil régional d'Ile-de-France, de 1992 à 1998 et est élu maire adjoint du 17ème arrodissement à Paris. Il a commencé ce parcours sous les couleurs de Génération Ecologie, mouvement de Brice Lalonde, avant de se rapprocher du RPR (ancêtre de l'UMP), attiré par la personnalité de Jacques Chirac. Il se définit toujours comme un "chiraquien de gauche" et a appelé à voter François Hollande à la dernière élection présidentielle.

 Nommé en octobre 2002 membre du Haut Conseil à l'intégration, il devient conseiller en cette matière du ministre de la Ville Eric Raoult, puis du président Chirac. Parlant anglais et ancien "Young Leader" du programme d'échanges organisé par la Fondation américaine German Marschall, Kédadouche sait cultiver ses relations internationales et parvient à s'inscrire dans le circuit très fermé de la diplomatie française.

Son ami d'un autre bord politique mais d'une commune origine, le socialiste Malek Boutih, déclare à son propos: "S'il veut un jour accéder au premier rang, Zaïr va devoir apprendre à montrer les dents".

Avec cette lettre à Fabius, il semble que l'ambassadeur n'a plus besoin de leçon.

Jean-Noël Cuénod

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13/08/2013

ENSEMENCÉ D'ÉTOILES

 

étoiles.jpg

 

 

 Sens-tu mon frère le vent du Sud

 Et sa poigne d’étrangleur des sables ?

 L’air sec et cassant brise ton souffle

 Dos courbé tu poursuis ta route

 Pas lourd sac léger sel sur les lèvres

 La couche et la source t’appartiennent

 Mais l’air te manque tes poumons brûlent

 

 La nuit ouvrira ta poitrine

Pour frayer un passage au zéphyr

 Tu seras ensemencé d’étoiles

 Au matin tu reprendras la route

 Guidé par le Sud et son haleine

 A midi plein le magnolia

 Offrira son ombre parfumée

 

Au sein de ta sieste un sein

Douce colline de chair dorée

Rassasié  de dattes et d’amour

Tu tailleras la route solaire

               

Jean-Noël Cuénod         

 

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09/08/2013

Christine Boutin, Stephanie Banister et les lapins crétins de la politique

 

Boutin.jpg

 

A la manière de leurs lointains cousins de la famille oryctolagus cuniculus, les lapins crétins prolifèrent aussi en politique. Un jeune spécimen (spéciwoman dans le cas présent) paraît des plus prometteurs: Stéphanie Banister, 27 ans, candidate de l’extrême droite australienne à l’élection législative de Brisbane. Son intervention télévisée fait un beuze mémorable grâce au nombre impressionnant d’idioties qu’elle profère en un laps de temps réduit. Les médias anglo-saxons la sunomment déjà la «Sarah Palin australienne», évoquant ainsi la reine des lapins crétins, ex-candidate républicaine à la vice-présidence des Etats-Unis.lapincretin3.jpg

 

Il est, en effet, difficile de battre Stéphanie Banister sur ce terrain pourtant bien disputé (voir notre Espace Vidéo). Qu’on en juge: «Je ne m'oppose pas à l'Islam en tant que pays mais j’ai le sentiment que leurs lois ne devraient pas être les bienvenues ici en Australie». L’islam est donc un pays. Elle confond aussi la nourriture «haram» (proscrite par l’islam) et «halal» (autorisée) et dans la foulée se lance dans les hautes sphères de la théologie: «Les juifs ne suivent pas le haram. Ils ont leur propre religion, qui suit Jésus Christ». Qu’en pense le Grand Rabin d’Australie?

 

lapincretin2.jpgL’alimentation halal-haram trouble d’ailleurs sa digestion intellectuelle. Sur des boîtes de conserve vendues dans un supermarché, la Banister avait collé des étiquettes, «Attention, la nourriture halal provoque le terrorisme», ce qui lui vaut des ennuis judiciaires. Les lapins crétins politiques sont de grands incompris!

 

La France tient en Christine Boutin (photo), un élément sûr dans l’élevage intensif de cette espèce qui est loin d’être en voie de disparition. Avec en plus, une mutation génétique tout à fait étonnante, car dans le cas Boutin, la grenouille de bénitier s’est muée en lapin crétin. Une grenouille qui a de grandes oreilles et un lapin qui a des pattes palmées, vous imaginez le monstre?lapincretin5.jpg

 

Ce batracien lapinesque s’est attaqué à Nelson Mandela en affirmant que si «Madiba» était célébré par les médias du monde entier, ce n’est pas parce qu’il a purgé 27 ans de prisons pour s’être opposé à l’apartheid, ni pour avoir fondé la nouvelle République d’Afrique du Sud. Non, tout le monde se trompe. Si Mandela est célèbre, c’est pour avoir introduit le mariage gay et l’avortement dans sa constitution. Voici le texte intégral de l’intervention de la présidente démissionnaire des chrétiens-démocrates français devant l’Institut de la démocratie et de la coopération.

 

On ne saurait conclure sans rendre un vibrant hommage au pape des lapins crétins, l’inusable Deubelyou Bush. Voici quelques extraits bruts de ses célèbres «buscheries». A mourir. Mais pas que de rire, hélas.

 

L’ancien président a ainsi salué «le roi Abdullah de Jordanie, roi du Maroc»           

 

Tout au désir de caresser Tokyo dans le sens du poil, l’Inoubliable s’est exclamé: «Depuis maintenant un siècle et demi, l'Amérique et le Japon ont formé l'une des plus grandes et des plus fortes alliances des temps modernes. De cette alliance est née une ère de paix dans le Pacifique». Durant un siècle et demi, il y a bien eu quelques petits malentendus entre le Japon et les Etats-Unis mais ce ne fut que broutilles: Pearl Harbor, quatre ans de guerre, Hiroshima, Nagasaki.

 

Et maintenant passons à ses maximes gravées dans le marbre de la philosophie politique:

 

-        «Cet argent est le vôtre. Vous avez payé pour l'avoir».

 

-        «Le futur sera meilleur demain»

 

-        «Je crois que nous sommes d'accord, le passé est fini».

 Jean-Noël Cuénod

ESPACE VIDEO

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04/08/2013

Le tiercé gagnant de Jean-Jacques Goldman (vidéos)

Le chanteur Jean-Jacques Goldman, 61 ans, a été désigné personnalité préférée des Français, hier, par le Journal du Dimanche. Deux fois par an, cet hebdomadaire consacre une enquête d’opinion pour désigner celle ou celui qui règne sur le cœur de nos voisins. Ceci explique-t-il cela ? Depuis douze ans, le créateur de « Quand la musique est bonne » s’est placé dans l’ombre des projecteurs. Il ne donne que de rares concerts de charité, notamment lors de la traditionnelle tournée des « Enfoirés » destinée à soutenir les Restos du Cœur. Et n’a plus sorti d’album, tout en continuant à écrire des succès, notamment pour Céline Dion et Johnny Hallyday.

 Or, le public apprécie les vedettes qui « ne se la joue pas ». Mais il ne faut pas pour autant se faire complètement oublier. L’an passé, l’album « Génération Goldman », reprises des « tubes » du sexagénaire par de jeunes vedettes, a fait un tabac fumant.

 Les Français apprécient aussi que Jean-Jacques Goldman place sa famille avant sa carrière. Le rythme fou de ses grandes années de succès, au cours des décennies 80 et 90, avait brisé son premier mariage (trois enfants de 28 à 38 ans). Après ses secondes noces avec une mathématicienne (trois enfants aussi, de 6 à 9 ans), Goldman en a tiré leçon en quittant Paris pour Marseille et en privilégiant la chaleur des siens aux feux de la rampe.

 En retrait, mais pas trop, actif dans le domaine de la solidarité, la famille comme valeur principale, voilà le tiercé gagnant de Jean-Jacques Goldman.

A la deuxième place de ce podium de la popularité, figure l’ancien premier de classe, le comédien des « Intouchables », Omar Sy. La star Sophie Marceau n’est pas loin, de même que le comique Gad Elmaleh. Il est intéressant de constater que ces citoyens les plus populaires ne ressemblent guère à la majorité des parlementaires, Français de souche et  venant de la ruralité ou des villes cossues.

 Jean-Jacques Goldman est le fils d’un résistant juif communiste. Son demi-frère Pierre fut un militant gauchiste célèbre dans les années 70, accusé de braquages ; il a été assassiné en 1979 par un groupe d’extrême-droite « Honneur de la Police » dont les membres n’ont jamais été identifiés. Omar Sy est un Français de la banlieue, né dans une famille sénégalaise et mauritanienne. Sophie Marceau est issue d’une famille ouvrière et a grandi à Gentilly, symbole de la banlieue parisienne restée « rouge ». Quant à Gad Elmaleh, il est né de parents séfarades à Casablanca.

« Et tout ça, ça fait d’excellents Français ! », comme le chantait Maurice Chevalier.

Jean-Noël Cuénod

16:45 | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : vidéos, goldman, omar sy, sophie marceau | |  Facebook | | |

DESORIENTE

  Ô mon amour de paille et de ventsolitaire.jpg

Je suis perdu dans tes brindilles

Le Nord me fuit le Sud me jette

L’Est s’est éteint l’Ouest disparaît

Le Centre de la terre est scellé

Et le Ciel m’est inaccessible

 

Ma solitude comme un bâillon

Mon errance pour seule boussole

 

Je vais dormir dans tes bras absents

Et m’enrouler dans nos souvenirs

Pour me préparer à recevoir

Les étreintes glacées de l’aurore

En moi aucun songe ne naîtra

Mes rêves sont trop lourds à porter

 

Ma solitude comme une force

Mon errance pour seul sentier

 

 Jean-Noël Cuénod

 

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03/08/2013

Banlieues et politique de la Ville : 36 ans d’échec. Pourquoi ?

 

clichy-sous-bois-la-foresti-1260725706.jpg

 

36 ans de politique de la Ville en France. 36 ans d’échec. Depuis le premier plan d’aide aux cités des banlieues défavorisées, adopté par le premier ministre Raymond Barre en 1977, chaque gouvernement y est allé de son « plan Marshall » pour calmer ces quartiers qui, régulièrement, flambent en émeutes. Les uns croyaient aux miracles de la rénovation urbaine, les autres ne juraient que par le renforcement des dispositifs policiers, d’aucuns misaient sur l’aide sociale. Aucune de ces mayonnaises, montées à gauche ou à droite, n’a pris.

Le président Hollande table aujourd’hui  sur la concentration des ressources vers les zones les plus pauvres. Gageons que ces louables intentions seront aussi vouées à l’insuccès que celles de ses prédécesseurs.

Cette impressionnante succession de défaites démontre que ce problème ne se limite pas aux banlieues mais qu’il se rapporte à la conception même du pouvoir en France.

 Ce pays est le plus centralisé du monde démocratique. C’est le centre qui décide de tout, aux échelons inférieurs d’appliquer les directives de Paris. Et ces directives concernent les situations les plus diverses. Or, il n’y a pas une, mais des cités. Les échelons locaux sont donc bien mieux placés pour débrider les plaies dont souffrent certains de leurs quartiers. Mais voilà, ces échelons n’ont pas de ressources qui leur sont propres et sont obligées de quémander l’aide du centre qui l’accorde ou non selon ses critères.

 La France n’aime pas le fédéralisme. Les réformes entreprises pour dégonfler le centre des décisions se sont révélées bien timides et ont favorisé l’émergence de roitelets provinciaux qui se satisfont des apparences du pouvoir. Mais sans une véritable décentralisation, la politique de la Ville restera lettre morte.

Jean-Noël Cuénod

 

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01/08/2013

Succès franco-suisse au Festival du mime de Périgueux : «Les Paraconteurs» démontrent qu’au paradis aussi, l‘enfer c’est les autres

 

LES_PARACONTEURS_ConSequences_anges.jpg

Pas de feu du 1er-Août mais une chaleur torride à Périgueux, ville du sud-ouest de la France qui, désormais, est moins renommée pour ses foies gras que pour son Festival international des arts du mime et du geste "Mimos", le plus important en Europe dans cette spécialité par essence transfrontalière. Il a commencé lundi et se terminera demain. Entre «Off» et «In», le spectacle est permanent à Périgueux qui, depuis 30 ans, a donné au mime toute son éloquence.

 

Parmi les spectacles du «In», celui du duo franco-suisse de clowns «Les Paraconteurs» - a fait un tabac. Ce qui, après tout, est normal puisqu’il y est notamment questions de cendres. La partie française du duo est représentée par Eric Druel (à gauche sur la photo) et le côté suisse est assumé par le Genevois de Paris Mathieu van Berchem qui est aussi, dans son autre vie, journaliste et signe de nombreux articles à la « Tribune de Genève » et à « 24 Heures ».

 

Dans un espace théâtral situé en forêt, aux environs de Périgueux, «Les Paraconteurs» ont fait, jeudi après-midi et soir, salle comble. Et comblée. «Cela fait longtemps que je n’ai plus autant ri à un spectacle», s’exclame une spectatrice à l‘éventail frénétique et enthousiaste. « Digne de Marceau » commente un autre.

 

Leur spectacle intitulé «ConSéquences» se présente sous la forme de saynètes sans paroles qui s’enchâssent pour former un récit qui subvertit les codes des rapports entre humains. Parmi les mises en situation, une évocation de la mort qui réussit à être hilarante sans provocation. La seule provocation est celle qui pousse le spectateur à faire de son rire un sujet de réflexion. Il apprendra ainsi qu’au paradis aussi, l‘enfer c’est les autres. Et que les cendres funéraires ne sont que ce qu’elles sont, de la poussière et rien d‘autres.

Le terme de clowns est-il approprié pour qualifier ce spectacle tout en finesse? Mathieu van Berchem l’assume tout en mesurant l’ambiguïté du mot: «Contrairement aux autres amuseurs, le clown révèle toujours quelque chose de lui-même, de ses faiblesses et fait rire à ses dépens».

Les amuseurs de la Télécratie, eux, font rire au dépens des autres.

 

 Jean-Noël Cuénod

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31/07/2013

MAIS OÙ SONT-ILS DONC PASSES LES HOMMES ?

 

Entendez-vous sonner la nuit

Au fond des impasses assoupies ?

Les nuages sont déchiquetés

Par la ronce des rayons lunaires

Le vent des barbelés s’est levé

 

Mais où sont-ils donc passés les hommes ?

 

Je ne vois que poubelles vidées

Fugitifs fantômes de rongeurs

Filant glissant comme des reproches

 

Entendez-vous sonner la nuit

Au-dessus du fleuve gras et gris ?

Les rives et les ponts sont dissous

Par l’acide du crachin jaunâtre

L’eau des venins a tourbillonné

 

Mais où sont-ils donc passés les hommes ?

 

Je ne vois qu’entrepôts désertés

Ombres épaisses des rafiots

Dansant grinçant comme des menaces

 

Entendez-vous sonner la nuit

Sur les éclats brisés de nos rêves ?

La peau de la ville est écorchée

Par nos courses d’aveugles errants

La terre des tombes est semée

 

Mais où sont-ils donc passés les hommes ?

 

Je ne vois que voitures brûlées

Squelettes fardés par la fumée

Puants béants comme des injures

 

Entendez-vous sonner la nuit

Près des sanctuaires endormis ?

Les murs sont lavés de lumière

Par la salive des réverbères

Le feu va dérouler ses tapis

 

Mais où sont-ils donc passés les hommes ?

 

Je ne vois que débandade en bande

Vieux masques jetés à la hâte

Flottants coulants comme des regrets

 

Entendez-vous sonner la nuit ?

Mais où sont-ils donc passés les hommes ?    

 

Jean-Noël Cuénod 

 

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29/07/2013

L’Egypte, la Tunisie et les révolutions musulmanes et la réaction patriarcale (2)

Suite de la première partie dont voici la fin, afin de vous permettre d’accrocher les wagons :

 Dans le cas du monde musulman, on ne saurait parler de révolution au singulier. Entre l’Egypte, la Tunisie, la Syrie les situations diffèrent. Les contradictions fourmillent dans ce contexte ; conflit ancestral confrontant les sunnites aux chiites, divergences entre organisations sunnites soutenues par les Qatari et celles, tout aussi sunnites, financées par les Séoudiens, et, bien sûr, tensions chroniques entre tenants d’un islam ouvert – le terme « laïque » n’a pas grand sens dans ce contexte – et les différents courant islamo-obscurantistes.

Dans cet empilement de contradictions, il en est une qui paraît plus universelle que d’autres, celle qui oppose la société patriarcale aux droits de la femme.

 Les « contre-évolutionnaires »

  La traditionnelle hiérarchie basée sur la prééminence du mâle, investi pater familias de droit divin, la relégation de la femme, au  mieux comme mineure à protéger, au pire comme esclave domestique et la criminalisation des homosexualités a amorcé son très lent déclin, en Occident, dès la fin de la Première Guerre mondiale, lorsque les femmes ont remplacé leurs maris à l’usine et dans la gestion de la ferme familiale. Progressivement, et de façon trop lente au gré des mouvements féministes, les femmes ont commencé à occuper les postes monopolisés par la gent masculine et à obtenir l’égalité des droits politiques. Mais ce mouvement « évolutionnaire » - appelé ainsi car il tient à la fois de l’évolution des mœurs et des luttes revendicatives – a connu bien des résistances.

 

Aujourd’hui, elles s’expriment plus particulièrement chez les « contre-évolutionnaires » machistes des mouvements islamistes. Car la place des femmes constitue le noyau dur des mouvements qui secouent les pays musulmans. Conserver à la partie féminine son statut d’humain de seconde zone est perçu, par les barbus au front bas et aux idées étroites, comme l’ultime rempart à défendre contre les assauts de la modernité. Le rempart qu’il faut défendre à tout prix, quoiqu’il en coûte. Toute l’énergie régressive des islamistes se tend vers la préservation des privilèges masculins, quitte, à l’instar des Talibans, à assassiner des fillettes qui ont l’incroyable culot d’aller à l’école.

 

Les révolutions arabo-musulmanes doivent donc  être observées tout particulièrement sous cet angle. Il sera de plus en plus malaisé aux enturbannés d’expliquer aux jeunes femmes de la classe moyenne intellectuelle de rester cloîtrées au foyer, à la disposition des désirs domestiques de leur seigneur et maîtres. Certes, la majorité des musulmanes est encore loin de partager les opinions libératrices de son avant-garde. Mais les mentalités évoluent bien plus vite que ne le souhaitent les idolâtres du temps jadis. Les tensions entre modernistes et rétrogrades vont donc encore s’accentuer, ce qui laisse augurer un regain de violences.

 

 Le scénario de fin est connu : aucune force rétrograde n’a pu triompher à long terme dans l’Histoire. Mais d’ici là, bien des souffrances seront endurées. Le penseur marxiste italien Antonio Gramsci a qualifié d’efficace façon cette phase que nous traversons : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à naître et dans le clair-obscur surgissent les monstres ».

 

L’Occident ne saurait éviter les conséquences de la décrépitude du patriarcat. Le mouvement « contre-évolutionnaire » y prend des aspects fort différents si on le compare à son homologue islamiste mais le fond reste le même : il s’agit de préserver le patriarcat. Les « contre-évolutionnaires » occidentaux se sont montrés particulièrement virulents aux Etats-Unis, avec l’imbuvable « Tea Party » et  en France avec le mouvement, largement soutenu par l’Eglise romaine dite « catholique », contre le mariage homosexuel.

 

Certes, les violences des « contre-évolutionnaires » occidentaux sont sans commune mesure avec celles des « contre-évolutionnaires » islamistes mais, répétons-le, leur démarche est semblable : retenir à la surface ce patriarcat qui est en train de sombrer dans les abysses de l’Histoire. D’ailleurs, ce n’est pas par hasard que de nombreux groupes islamistes ont défilé côte à côte avec les intégristes catholiques contre le mariage gay.

 

Dans ce « clair-obscur où surgissent les monstres », il est aisé de distinguer ce qui est en train, péniblement, de mourir, à savoir le patriarcat. Mais il est malaisé de concevoir le monde qui lui succédera. Peut-être verra-t-on apparaître une société où les distinctions de genres et d’appartenance seront perçues comme des étrangetés, à l’instar, pour nous, des préséances de l’ordre féodal. Le pire n’est pas certain. Le meilleur non plus.

Fin

 

Jean-Noël Cuénod      

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Si vous avez le temps, assistez donc à cette conférence universitaire sur l'Islam

 

 

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28/07/2013

L’Egypte, la Tunisie et les révolutions musulmanes et la réaction patriarcale (1)

 Le coup d’Etat  qui a mis sur la touche le calamiteux président Morsi, représentant des Frères musulmans, en Egypte, le climat de pré-guerre civile qui y règne, le retour en force des salafistes dans ce pays, en Tunisie et ailleurs provoquent deux types de réactions en Occident. Ceux qui fustigeaient l’an passé la révolution du Jasmin ironisent sur le ton : « On vous l’avait bien dit ». Les autres, qui y voyaient le signe d’une évolution favorable des pays de l’Islam se claquemurent dans un mutisme chafouin. Les deux ont tort.

 

Leur erreur vient du fait que les médias, tout à leur course à l’instantané, ont la mémoire d’une mouche décérébrée. Dans ce monde où tout zappe en zig-zag, où la danse de Saint-Guy fait office de pensée, le temps historique est une notion aussi étrange et étrangère que la recette de la blanquette de veau pour un Martien.

 

Or, à la manière des paquebots qui, tous moteurs éteints, continuent à glisser sur leur erre, les grands ensembles humains ne changent pas aisément de cap, même en période révolutionnaire. Il a fallu un siècle à la République française pour qu’elle parvienne  à instaurer durablement son pouvoir. Commencée en 1763, la révolution américaine ne s’est véritablement stabilisée qu’à partir de 1865, après la Guerre de Sécession. Croire qu’en quelques mois, les révolutions musulmanes allaient résoudre toutes leurs contradictions relève de la surdicécité.

 De tels mouvements historiques aussi profonds et aussi étendus connaissent des hauts, des bas, des pas en avant puis des reculades, de retours à l’ordre ancien suivi de reprises du cours révolutionnaire. La ligne droite leur est inconnue.

 

 D’autant plus que dans le cas du monde musulman, on ne saurait parler de révolution au singulier. Entre l’Egypte, la Tunisie, la Syrie les situations diffèrent. Les contradictions fourmillent dans ce contexte ; conflit ancestral confrontant les sunnites aux chiites, divergences entre organisations sunnites soutenues par les Qatari et celles, tout aussi sunnites, financées par les Séoudiens, et, bien sûr, tensions chroniques entre tenants d’un islam ouvert – le terme « laïque » n’a pas grand sens dans ce contexte – et les différents courant islamo-obscurantistes.

 

Dans cet empilement de contradictions, il en est une qui paraît plus universelle que d’autres, celle qui oppose la société patriarcale aux droits de la femme.

 

(A suivre)

 

Jean-Noël Cuénod

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 L’une des meilleures flûtistes de la planète, l’Egyptienne Ines Abdel Dayem dirigeait l’Opéra du Caire avant d’en être éjectée par le président Morsi avant d’être lui-même écarté du pouvoir. Elle aurait dû devenir ministre de la Culture après le coup d’Etat. Mais elle a finalement renoncé à ce poste ; ses relations conflictuelles avec les islamistes l’ont-elles dissuadée ?  

 

 

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25/07/2013

A Trappes, le voile islamiste!

 Le contrôle d’identité d’une musulmane portant le voile islamiste a provoqué une émeute à Trappes, ville de la banlieue parisienne qui est le fief de l’acteur Djamel Debbouze. Il était patent que l’application de loi contre la bourka et le niquabe provoquerait des troubles de ce type, tant les tensions entre communautés s’échauffent dans les cités françaises. Fallait-il pour autant que le parlement renonçât à la voter?

 

Relevons tout d’abord que le couple qui se trouve à l’origine de cette flambée s’est converti à l’Islam; ni le mari ni l’épouse ne sont nés dans une famille musulmane. Le schéma est d’un classicisme évident, les convertis en font souvent trop dans la bigoterie afin de se sentir introduits dans leur nouveau cercle. Nombre d’islamoterroristes sont d‘ailleurs des musulmans de fraîche date. Leur connaissance de l’Islam risque fort d’être élémentaire et réduite aux clichés dont le voile intégral est la plus flamboyante et médiatique figure. Les musulmans feraient bien de se méfier de ces convertis qui rendent détestable leur religion aux yeux des autres citoyens.

 

Revenons à nos brebis intégralement voilées. Deux visions s’affrontent en Occident vis-à-vis de cette prison ambulante pour femmes. L’une, inspirée du libéralisme protestant et de la culture anglo-saxonne, l’autre, suscitée par les principes républicains et laïques qui croissent sur le terreau du monarchisme absolu centré sur le catholicisme. Pour la première, l’Etat n’a pas à légiférer sur le port d’un bout de tissu et n’a pas à dicter sa loi aux communautés religieuses; chacun est libre de s’habiller comme il l’entend. Pour la seconde, l’Etat doit préserver l’espace public (au sens large du terme) de toute invasion religieuse.

 

Ces deux visions ont leur ambiguïté et leurs limites. Le libéralisme communautaire des Anglo-Saxons n’a évité ni le 11-Septembre ni les attentats sanglants de Londres. Quant à la loi anti-bourka, son application est empreinte d’une hypocrisie qui la déconsidère. Des policiers ont donc interpellé une femme voilée dans une cité défavorisée de la banlieue parisienne. Mais promenez-vous avenue Montaigne, haut lieux des boutiques de luxe parisiennes. Vous y verrez maintes Séoudiennes et Quataries intégralement niquabées claquer chez Dior et Boucheron les pétrodollars de leurs cheikhs (bien provisionnés). Aucun policier n’aurait l’indécence de soulever leur voile et de contrôler leur identité, sous peine de se retrouver laveur de paniers à salade dans un commissariat de Forbach ou d’Issoudun. La loi s’applique aux pauvres mais pas aux riches. C’est peut-être «populiste» comme constat. Mais il est bien réel. Que vaut donc une loi dont l’exécution provoque une émeute dans une banlieue et que l’on s’ingénie à ignorer lorsque cela complaît au grand commerce?

 

Pourtant, à écouter la remarquable Elisabeth Badinter dans la vidéo que Le Plouc vous réserve ci-dessous, on en conclut que cette loi doit être conservée. Ce que la philosophe dit de la réciprocité est particulièrement convainquant: en me voilant, j’interdis la vision de mon visage mais moi, je peux contempler celui de mes interlocuteurs. Or, toute la société est fondée sur la réciprocité. Sans elle, il n’est point d’humanité possible.

 

Alors, comment appliquer cette loi avec le maximum de justice et d’efficacité? Il n’y a pas de recettes magiques. Les ambiguïtés, les malentendus persisteront. On peut espérer les limiter par une meilleure formation des policiers mais aussi par l’enseignement des religions. Non pas l’enseignement religieux prodigué par un ecclésiastique mais l’explication donnée aux enfants des multiples formes que prennent la foi et l’athéisme. Dans ce contexte, les responsables religieux de l’Islam ont un rôle essentiel à jouer. C’est à eux qu’incombe le devoir de rappeler que le port du voile intégral est une coutume ne relevant nullement des prescriptions coraniques. S’ils ne fournissent pas cet effort collectif, la bigoterie et la superstition rongeront, en premier lieu, leur propre religion.

Jean-Noël Cuénod

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mission parlementaire sur le voile intégral... par noop

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23/07/2013

Hitler, nomades et fausse bourde de Bourdouleix

 Le dérapage reste la principale activité des politiciens, même l’été. Si la route des vacances est sèche, le boulevard des médias demeure glissant. Mais le mot « dérapage » convient-il ? Nullement. C’est un de ces termes fourre-tout que les médiacrates utilisent par paresse et manque de temps.

 

Penchons-nous donc sur la dernière fausse bourde, celle commise par le bien nommé Bourdouleix. Rappel des faits : une communauté évangélique de nomades campe de façon sauvage sur la commune de Cholet dans l’Ouest de la France. Le député-maire Gilles Bourdouleix déboule sur les lieux pour exiger le départ des évangélistes en roulottes. On s’invective. On échange des noms d’oiseaux. Les nomades ont-ils fait le salut nazi devant le maire?  En tout cas le micro d’un journaliste capte ce soupir de l’illustre Bourdouleix : « Comme quoi, Hitler n’en a peut-être pas tué assez… ». Bien entendu, le député-maire criera au « bidouillage » ourdi par un « petit merdeux de journaliste ». Mais personne ne croît à ses dénégations, même pas son parti, l’Union des démocrates indépendants (UDI). Ses dirigeants, horrifiés par ce propos, l’ont exclu de leurs rangs manu militari, avant de se rendre compte qu'une éviction aussi prompte n'était pas conforme aux statuts de leur parti. Une démarche a donc été lancée afin de mettre Bourdouleix à la porte. Quant à la justice, le procureur de la République a ouvert une enquête préliminaire pour "apologie de crime contre l'humanité" afin de mieux connaître les détails de cet échange. 

 Il est sans doute nécessaire, hélas, de rappeler que le nazisme a développé une politique systématique d’extermination des Tziganes, Roms, Gitans et autre peuples nomades. Plus de 500 000 d’entre eux ont été massacrés.

 

Alors, Bourdouleix a-t-il « dérapé » ? Notons tout d’abord qu’il ne s’agit sans doute pas d’une provocation à la Jean-Marie Le Pen, qui préparait de façon savante ses prétendus « écarts de langage » lorsque les médias ne parlaient pas suffisamment de lui. Mais Le Plouc hésite à qualifier de « dérapage » la bourdouleixerie.

  Ne serait-elle pas plutôt l’expression d’une opinion enfouie que le politicien prenait soin d’occulter afin de ne pas nuire à sa précieuse carrière ? La chaleur estivale, l’énervement, les insultes ont alors fait sauter ce barrage pour laisser couler le fond de sa pensée, si on ose user d’un terme aussi noble en de si méprisables circonstances. N’oublions pas que ce député-maire est obsédé par les nomades contre lesquels il multiplie recours et démarches.

Sa référence à Hitler n’est pas une bourde, c’est une panne temporaire de surmoi.

 Politiquement, Bourdouleix-sed-lex ne vient pas de nulle part. Sa participation aux centristes très modérés de l’UDI dirigée par Jean-Louis Borloo ne doit pas faire illusion. Sa véritable formation est le Centre national des indépendants et paysans (CNIP) qu’il préside depuis 2009. Ce petit parti s’est fondu récemment au sein de l’UDI. Créé en 1949, le CNIP a longtemps servi de sas de décontamination pour politiciens d’extrême-droite soucieux de faire carrière dans les grandes formations de la droite gouvernementale.

 

 Après la Libération, le CNIP a réuni des conservateurs venant de l’aile droite de la Résistance et d’autres ayant participé à la collaboration. Cette présence d’authentiques résistants au Centre des Indépendants a permis aux pétainistes de se retremper dans des eaux plus républicaines que celles de Vichy. Par la suite, le CNIP a continué sa fonction de machine à laver les anciens extrémistes de droite. Après sa rupture avec Poujade (le défenseur du petit commerce), Jean-Marie Le Pen a été député du CNIP de 1958 à 1962.

 

 Plus récemment, Hervé Novelli, secrétaire d’Etat durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, est passé par le Centre national des Indépendants et paysans après avoir milité à l’extrême-droite et avant de rejoindre des partis plus intéressants pour participer aux sphères nutritives du pouvoir, c’est-à-dire l’UDF de Giscard, puis l’UMP de Sarkozy. Le remugle qui émane du « centrisme » façon CNPI n’est donc pas sans rappeler celui qui s’exhale de l’Union démocratique du Centre de notre pays.

 

Il faut se garder de toute illusion : Bourdouleix recevra moult messages d’encouragements après sa « sortie » sur Hitler et les gens du voyage. L‘antagonisme entre peuples sédentaires et nomades est sans doute le plus ancien de l’histoire humaine. Il sévit à toutes les époques et sous toutes les latitudes. Il prend aujourd’hui une ampleur particulière avec la montée de la pauvreté. Car le plus souvent, les conflits entre nomades et sédentaires opposent des pauvres entre eux. Ceux qui cherchent un coin pour se loger et ceux qui entendent ne pas s’en faire déloger.

 

 Les nantis, eux, sont fort loin d’en être affectés. Ce qui ne les empêche pas de mettre un plein jerrican d’essence sur ce feu lorsque cela sert leurs intérêts. Avocat au Barreau de Paris, chargé de cours en droit constitutionnel à l‘Université d’Angers, député et maire, Gille Bourdouleix fait, de toute évidence, partie des nantis. Sa sortie médiatique va lui valoir sans doute maints suffrages dans sa ville de Cholet. Monsieur Bourdouleix est bien dans le sale air du temps.

 

Jean-Noël Cuénod

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Voici la vidéo qui a diffusé la bourdouleixerie. Tendez bien l'oreille, à la fin.

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21/07/2013

Fiscalité France et Suisse: le tango des faux-culs

 

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Suivant le même chemin ascensionnel que le mercure des thermomètres, les relations franco-suisses prennent un tour torride. Deux douaniers français, pas très malins, se font pincer à Genève en train de reluquer la banque Pictet; le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan traite la Suisse d’«Etat voyou»; notre conseillère fédérale au nom de nain bleu et d’éternuement, Mme Eveline Widmer-Schlumpf, signe une convention sur les successions entre les deux pays qui privilégie outrageusement la France au détriment des cantons romands (vive la solidarité francophone!); tels sont les derniers pas de ce tango belliqueux entre Paris et Berne, qui a pour partition la fiscalité.

 

Tango des faux-culs, plutôt. Car tant les dirigeants suisses et français font, dans ce contexte, assaut d’hypocrisie. La Suisse, un Etat voyou? Mais alors que dire de la France qui a réussi cette performance mondiale de nommer un fraudeur fiscal, ministre des Impôts? Même le Roi Ubu avec son croc à phynances n’y avait pas pensé! Si depuis des lustres la politique française prend Genève comme havre de ressourcement financier, qui faut-il blâmer en premier? La corruption gagne de nombreux secteurs au sein des dirigeants français, et ce n’est guère nouveau. Alors, de quel côté du Foron se trouvent les voyous?

 

Des deux côtés, serait-on tenté de répondre. Car en matière de voyouterie, certains de nos banquiers n’ont rien à envier aux gouvernants français qui, parfois, font partie de leur clientèle. Utiliser les combines les plus retorses pour aider les fortunes françaises à ne pas passer à la caisse tout en captant les ressources de leur pays d’origine, est une attitude parfaitement méprisable. Ceux qui se livrent à ces pratiques sont des voyous. Des voyous avec attaché-case et sans capuche. Mais des voyous quand même. Des supervoyous, même. Car contrairement aux voyous au bas de l’échelle, ils parviennent, le plus souvent, à se tirer des flûtes.

 

Alors que nos faux-culs franco-suisses se déhanchent tant qu’ils le voudront. Ce ne sont pas eux qui danseront devant le buffet vidé par les crises.

  Jean-Noël Cuénod

(Photo tirée du blog de Charles Le Brusselier)

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19/07/2013

LE MATIN OUVRE SA CHEMISE

 femmeMétro.jpg

Le matin ouvre sa chemise

Et laisse glisser l’air tiède

Sur les jambes nues des passantes

Sur leur poitrine au goût soleil

 

Prépare-toi pour la rencontre

Aiguise-toi au fil de ton cœur

 

De quelle bouche de métro

Sortira-t-elle comme un chant ?

Glissera-t-elle comme un songe ?

De quel coin de trottoir ombreux

Bondira-t-elle comme un faon ?

 

Ne crains rien homme amputé

Car l’autre partie de toi-même

En se dévoilant t’offrira

Les signes de reconnaissance

 

Plaisir éprouvant de l’espoir

Dans la ville au parfum d’orange

Jean-Noël Cuénod

 

 

 

Livres de poésie de l'auteur disponibles:

 

Dans les librairies Payot ou auprès de l'éditeur Samizdat (Denise Mützenberg, 8 chemin François-Lehmann - 1218 Grand Saconnex):

 

- Circonstances

 

- Le Goût du Temps (Prix Festival Rilke 2012)

 

 

 

 

 - Matriarche (Editions Editinter Paris)

 

- Liens (Editions Editinter Paris)

- Amour Dissident (Editions Editinter Paris. Coécrit avec Christine Zwingmann - Médaille du Sénat)

 

 

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