20/05/2013

AU FIL DES PLUIES

 

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Aigle au ventre d’or

Que les parfums portent

Au-dessus des herbes

Scrute la montagne

Et ses doux replis

Tu y trouveras

Le songe des femmes

Qui s’accroche aux rocs

Pour donner leur chance

Aux hommes des plaines

Aveugles errants

 

Aigle au ventre d’or

Contemple le songe

Ne l’emporte pas

Dans ton bec solaire

Ne l’agrippe pas

Dans tes serres sanglantes

Laisse-le aux hommes

Qui le recevront

Au fil des pluies

Et un jour peut-être

Ils le comprendront 

 

Jean-Noël Cuénod

Crédit photo: www.oiseaux.net

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17/09/2012

DUNIQUES

 

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C'est un signe du destin. Nous sommes les enfants égarés dans un désert peuplé d'ombres. Pour nous guider, nous avons la boussole de notre amour qui ne perd jamais le Nord et nous ne marchons pas en rond sur nos traces. Nous avançons sur le sable, vierge de pistes. Nous inventons nos chemins et les effaçons derrière nous. Que personne ne nous précède. Que personne ne nous suive.

 

Nous sommes duniques. Deux et uniques dans les dunes.

 

Nous regardons le ciel qui reste muet de chaleur et ne s'intéresse à rien d'autre qu'à espérer que le soir tombe un peu plus vite que d'habitude. Le ciel fait son travail de ciel. Sans plus. Que l'on ne compte pas sur lui pour accomplir des heures supplémentaires. Ciel, c'est un métier d'avenir; on y jouit d'une position élevée. Mais c'est un peu monotone comme activité, au fond.

 

Je préfère la condition d'homme perdu dans le désert. A la condition que tu tiennes à mes côtés. Etre égaré avec toi, c'est retrouver tous les chemins de ma vie.

 

Jean-Noël Cuénod

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17/08/2012

Le plouc lauréat au Festival Rilke

Le plouc reçoit ce vendredi soir au Château Mercier à Sierre, le prix que son livre de haïkus "Le Goût du Temps" a reçu au concours de poésie au Festival Rainer Maria Rilke et cède le clavier à sopn excellent collègue Etienne Dumont (article paru mercredi dans la Tribune de Genève et 24 Heures) :

Le Festival Rilke aura lieu pour la cinquième année à Sierre, du 17 au 19   août. Pourquoi Sierre? Parce que le poète allemand a passé ses dernières années à Veyras, tout près de là. La manifestation ne se veut pas passéiste pour autant. La preuve! En 2012, les voix romandes, de Thierry Romanens à Aliose, secoueront les "Notes sur la mélodie des choses". Il y aura aussi du slam, chose tout à fait inconnue lorsque Rilke quitta ce monde en 1926.

La poésie classique garde bien sûr ses droits. Il y a eu une double compétition, en français et en allemand. Dans notre langue, c'est Philippe Delaveau qui l'a emporté avec "Ce que disent les vents", paru chez Gallimard. Notre collaborateur Jean-Noël Cuénod a remporté le second prix grâce au "Goût du temps", édité par Samizdat à Genève. L'occasion de lui demander les règles du jeu. «Ce concours ne se fait pas sur manuscrit. Le texte doit avoir été publié. Les organisateurs s'adressent aux différentes maisons, ce qui écarte les poèmes imprimés à compte d'auteur. »

Sorti en avril, l'ouvrage de Jean-Noël se compose de haïkus. «J'écris un de ces poèmes japonais en dix-sept syllabes chaque jour. Je le vois comme une discipline. J'ai dépassé les 4000. Il s'agit là d'un petit choix de 200 textes, illustrés par Philippe Rillon. Les mauvais jours donnent les meilleurs vers. » Et pour quelle raison Samizdat? «Parce que je leur avais déjà donné un livre. C'est pour moi une question d'amitié et de confiance. »

Note:www. festivalrilke. ch

Et voici pour finir trois poèmes en forme de haïkus consacrés à l'été et tirés du "Goût du Temps"

Sueur de l'été
Sur la peau de la route
Qui frémit d'aise.

L'odeur du foin
A la secrète odeur
Du sein maternel

Lune épaisse et rouge
Qui attend son heure
Comme l'ivrogne son verre.

 

 Jean-Noël Cuénod

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09/06/2012

Le plouc fait son poète

 

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Voici tout frais pondu, le nouveau bouquin du plouc, "Le Goût du Temps", des haïkus - c'est-à-dire des poèmes de formes courtes - illustrés par le peintre français Philippe Rillon qui préside le mouvement d'artistes "La Peau de l'Ours". La préface a été rédigée par son épouse Marianne, enseignante de philosophie dans la région parisienne et passionnée par le Japon où le haïku est né. "Le Goût du Temps" est édité par Samizdat et a reçu le soutien de la Ville de Genève. Samizdat est animé par la merveilleuse Denise Mützenberg. Avec sa soeur Claire Krähenbühl, elle se dépense sans compter pour la cause de la poésie.

Vous ne risquez pas de lire quoique ce soit à propos de ce bouquin dans la presse. A part quelques heureuses exceptions qui se reconnaîtront, les confrères du plouc ne sont pas du tout portés vers la poésie. Jugez donc par vous-mêmes en lisant "Le Goût du Temps".

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24/04/2012

Le plouc sort un deuxième bouquin : des haïkus qui n'ont rien à voir avec quelque quinquennat que ce se soit.

Les Editions Samizdat, animée par Denise Mützenberg et Claire Krähenbühl, publie un nouveau recueil de poésie de ma pomme. Cette fois-ci, il s'agit de haïkus préfacés par une enseignante française en philo, spécialiste du Japon, Marianne Rillon. Les magnifiques illustrations sont dues au peintre parisien Philippe Rillon.

Ce  bouquin n'a donc rien à voir avec le « Quinquennat d'un plouc chez les bobos » (Editions Slatkine) du même Cuénod. Ledit bouquin continue d'ailleurs d'être en vente. Réclamez-le à votre libraire sur un ton comminatoire.

Le plouc participera au Salon de Genève. Voici donc ses heures de présence

  • - Samedi 28 avril, de 10 h. à midi, Jean-Noël Cuénod présente son nouveau recueil de haïkus «Le Goûtdu Temps» au stand Samizdat i 1141 (i comme Ibsen, en face de l'exposition Courbet)

 

  • - Dimanche 29 avril, de 13 h. à 14 h. 30, Jean-Noël Cuénod présente le «Quinquennat d'un plouc chez les bobos» (cinq ans de chronique dans le Paris et la France de Sarkozy) au stand Slatkine F 841.

 

En attendant, voilà le bon de souscription pour « Le Goût du Temps »

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07/03/2012

Honneur à Anne Perrier, poète de la force secrète

 

annePerrier.jpgRien n’est plus éloigné de l’univers poétique d’Anne Perrier que ce ministère très parisien de la Culture dont les longs couloirs dégagent un remugle d’ambitions recuites et de courtisaneries déçues. Mais ne faisons pas la fine bouche. Ce n’est pas tous les jours que la France officielle honore un poète suisse majeur, la Lausannoise Anne Perrier en l’occurrence. Une foule dense d’invités s’est donc pressée, hier rue de Valois – à un jet de Mona Lisa du Louvre – pour assister à la remise par le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand du Grand Prix national de la Poésie.


En l’absence de la poète, retenue à Lausanne par son grand âge, c’est sa petite-fille Marine Hutter qui a reçu ce prix prestigieux qui fut attribué à Francis Ponge, Aimé Césaire, Edmond Jabès, Yves Bonnefoy et notre compatriote Philippe Jaccottet, entre autres. Anne Perrier est la première femme à l’obtenir, précise Silvia Baron Supervielle, présidente du jury de ce Grand Prix.


Il est fort rare que la France officielle s’intéresse à la littérature romande. Cette reconnaissance d’Anne Perrier est-elle une hirondelle annonçant le printemps après un long hiver d’indifférence? Un bref échange avec le ministre Frédéric Mitterrand induit à la prudence: «Mais enfin, Ramuz (prononcez: «Ramuze») est publié dans La Pléiade! Et Jacques Chessex (prononcez: «Chessexe») est bien diffusé chez nous». Monsieur le Ministre peut-il citer d’autres auteurs suisses? «Ah, c’est dommage… Jean-Luc Godard n’a pas écrit de romans!»


Mais laissons ces futilités ministérielles pour en venir à cette évocation parisienne de l’œuvre poétique d’Anne Perrier qui est traduite en huit langues dont l’albanais, le chinois, le vietnamien. Et avant toute chose, lisons-la. Les Editions Empreintes, en collection «Poche-Poésie», ont récemment publié Le Voyage, suivi de Le Livre d’Ophélie, Le Joueur de Flûte et L’Unique Jardin. Pour l’écrivain français Alain Lévêque, qui a dit un poème de l’auteur couronné, «Anne Perrier est une musicienne du silence». L’Universitaire lausannoise Doris Jakubec lui fait écho: «Pour elle, les objets de la nature forment des points d’ancrage pour s’élever vers la spiritualité. Une spiritualité qui évolue dans la liberté et, si possible, la beauté».


La poésie d’Anne Perrier est parcourue par une force d’autant plus agissante qu’elle est secrète. Elle fait songer au Rhône, ce passager clandestin qui pousse sa vie, caché sous la peau du Léman. Simple sa poésie? Disons qu’elle coule de source. Elle va à l’essentiel. Cette essence-ciel, qui sourd de la terre. Ecoutons Anne Perrier dans cet extrait d’«Heures» tiré du Livre d’Ophélie:


Moi l’envolée

J’ai perdu dans les airs la trace des oiseaux

Moi l’écoulée

En dormant j’ai perdu la voix des passeurs d’eau

Je suis le chant qui s’en va tout seul

Entre terre et ciel.

 

Jean-Noël Cuénod

28/12/2011

VIVE EAU

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Une onde vibrante
Parcourt les eaux du ciel
Pour créer la Terre

 

          ***  

 

Le règne de l’eau
Ne connaît aucune rive
Puissance sans fond

 

          ***


Le sel d'un instant
Se dissout dans la pluie
De tes caresses

 

          ***

Il pleut sur ma peau
Des gouttes de ta nuit
Qui étend sa main.

 

Jean-Noël Cuénod (la photo est tirée du remarquable blogue édité par le photographe Dominique Sachot (site:http://doque.over-blog.com)

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25/09/2011

ETOILE DE DAVID

etoile-de-david-14231.jpg                                                                       

 

 

 

 

 

 Notre vie suit

                                                                        Le long chemin des nombres

   Invisible et lumineux

   Caravane dirigée

   Par la sagesse du fou

   Dont le cœur est un sextant

 

   D’oasis en mirages

   Elle touche au but

   Et saura que l’oasis

   Est devenu mirage

   Et le mirage, oasis

   Vérités des vérités :

                                  L’Eternel présent.

 

 

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19/08/2011

METHODE

                                                                                         

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 (Photo: Gilbert Jullien)

                                                                                           METHODE


                                                                                  Se fondre dans la poitrine
                                                                                  De la forêt

                                                                                  Se concilier la grâce
                                                                                  Des ronciers

                                                                                  S’humilier sous la poigne
                                                                                  Des falaises

                                                                                 S’endormir au flanc du roc
                                                                                 Puis au réveil
                                                                                 Se fendre pour retrouver l’Un.

                                                                                  Jean-Noël Cuénod

Le Plouc a publié un bouquin de poésie, « Circonstances ». Il est disponible aux
Editions Samizdat
Denise Mützenberg
8 chemin François-Lehmann - 1218 Grand-Saconnex
Tél. 022 734 05 92 Etranger : 00 41 22 734 05 92
sampoesie@gmail.com
http://www.editionsamizdat.ch

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18/04/2011

Pâques 2011(2): VERS L’INVISIBLE

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Homme portant
Les entrailles
Tous ses muscles
En révolte

Charpente
Au travail

Par la charrue
Des prophètes
Marquer la boue
Sillon de sang

Charpente
Etablie

Retrouver l’eau
Prendre le vent
Et naviguer
A l’estime.

 

 

Jean-Noël Cuénod

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02/04/2011

L'oeil bleu d'avril

 

 

Humeur radieuse
D’un avril au goût de lait
Et de grenadine 

 

 

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 L'œil bleu de la rue
Regarde sous les jupes
Du temps qui passe

 

Lumière d’avril
Et l’odeur d’oignons grillés
Dans l’escalier

 

 

Le ver de terre
Apporte un grain de soleil
Dans le fumier

 

Lune derviche
Et la nuit bouillonne
De tous ses étangs

 

 

Jean-Noël Cuénod

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19/02/2011

OUROBOROS

ouroboros_col.jpgOUROBOROS

 

 


Guide-moi vers cette contrée où seul
Règne le Grand Serpent qui déroule
Ses anneaux de velours mortifère
Gardien sans partage du diamant
Aux frémissantes veines de venin

En se mordant la queue il emporte
La vie et la fixe dans le cycle
Unique contre-poison : ton amour

Jean-Noël Cuénod

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26/11/2010

Vivre en douce dans la folie du monde

DelannoiEchoArcenciel.JPGImpression d’une subjectivité certaine ou constat d’une certaine réalité? Ceux que l’on persiste à nommer les «fous» semblent de plus en plus nombreux sur les trottoirs des grands boulevards ou dans les couloirs anxiogènes du métro parisien.

 Il y a les «hyperagités» dont on évite le regard de crainte qu’ils ne vous le captent pour entamer un impossible dialogue, les véhéments qui crient contre une injustice indicible et tous les autres qui traînent à leur suite d’inquiétants silences. Sans oublier les ombres qui, oreillettes vissées, marchent d’un pas saccadé en écoutant leur baladeur, l’œil flou et tendu, regard sans regard. Il paraît que ceux-là ne sont pas «fous» mais simplement très pressés d’arriver quelque part.

Dans le Paris d’aujourd’hui, devenu plus beau musée du monde, l’humeur n’est pas à la contemplation mais à la rumination morose et frénétique. Sur le présentoir des vendeurs de journaux, le mot «malaise» est usé jusqu’à sa trame effilochée. «Malaise des banlieues». «Malaise dans la police». «Malaise au gouvernement». «Malaise des jeunes». «Malaise des seniors» (on ne dit plus vieux, pourquoi? Par superstition? Pour conjurer la mort proche?).

Un problème intervient-il n’importe où, n’importe comment, qu’il se traduit aussitôt en terme de «malaise». Il faut croire que nous avons tous «mal à notre aise».
Désormais, on ne voyage pas, on bouge. Surtout, ne pas s’arrêter, de peur d’être submergé par les vagues de l’angoisse. Oubliée la pensée de Pascal: «J’ai dit souvent que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre.»

En ce désert surpeuplé et fiévreux, les âmes fourbues découvrent parfois des oasis. La nôtre a pour paysage un livre, un vrai, avec sa tendre odeur d’encre et de papier. Son titre: «L’Echo et l’Arc-en-ciel» paru aux Editions Berg International à Paris. Son auteur: Gil Delannoi. Politologue et professeur à Sciences Po, ce Français est connu dans les médias comme spécialiste des théories sur la nation. Ce livre ne se situe pas aux antipodes de ses ouvrages habituels mais se glisse plutôt dans une autre dimension: celle de l’état poétique.

«L’Echo et l’Arc-en-ciel» est un voyage immobile qui visite l’instant avec une heureuse lenteur. «Tenir l’instant par la main», ainsi que préconise Gil Delannoi. Virgile, Shakespeare, Neruda, Horace, les poètes chinois et japonais, Bach, Mozart, le sommet aux effluves d’herbes surplombant la mer sont autant de témoins qui ne s’imposent pas mais servent de guides aimables. Il est difficile de décrire un tel livre. Disons que cet ouvrage dédié à l’attention nous invite à vivre en douce au milieu de la folie du monde.

 

Jean-Noël Cuénod

09:19 | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : poésie, gil delannoi, bien vivre, douceur | |  Facebook | | |

10/10/2010

L'émission du Plouc et "Circonstances"

L'émission de France-Culture "ça rime à quoi?" consacrée au Plouc et à son bouquin Circonstances a donc été diffusée samedi de 21 h. à 21 h. 30., Chacun peut l'écouter en cliquant sur ce lien: http://www.franceculture.com/emission-ca-rime-a-quoi-jean...

Et voici un extrait de Circonstances (Editions Samizdat, éditrice Denise Mützenberg-Genève)

UN TEMPS DE RAT

Il fait un temps de rat

Et d'arrière-chevaux

A courir sur les toits

A déchaîner les loups

                            

                                Il fait un temps de quai

                                Sans mer ni amarres

                                A noyer ses chiens

                                A prier la lune

 

Il fait un temps de sang

Sans roi ni soleil

A hurler au ciel

A mourir au matin

                           

                               Il fait un temps de pain

                              Et de vignes sacrées

                             A briser ses miroirs

                             A brûler ses masques

 

Jean-Noël Cuénod

10:53 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : france-culture, poésie, journalisme | |  Facebook | | |

06/10/2010

Un Plouc à France-Culture

Le Plouc cause dans le poste à France-Culture, dans l'émission "ça rime à quoi?" consacrée à la poésie, samedi 9 octobre de 21 h. à 21 h. 30. Voici la présentation de l'émission sur le site de France-Culture.

Jean-Noël Cuenod, poète, journaliste

09.10.2010 - 21:00

Jean-Noël Cuenod pour Circonstances, recueil publié aux éditions Samizdat.

Ce titre « Circonstances », au pluriel, dit le poème bien sûr de circonstance,

mais aussi la force d’une poésie au présent, qui entend tenir parole

– car circonstance vient de circumstare : « se tenir debout ».

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Jean-Noël Cuenod ©DR

 

 

Ecrivain, poète et journaliste,  Jean-Noël Cuénod est né à Genève. Correspondant à Paris de la «Tribune de Genève» et de « 24 Heures ».

Il a reçu le prix de l’information locale offert par la Fondation BZ à Berne en 1993, ainsi que le prix de l’information médicale de la Fédération des Médecins Suisses, en 1995, avec sa regrettée consoeur Danièle Weibel.

En 2003, avec sa compagne Christine Zwingmann, il a obtenu la Médaille Littéraire du Sénat (français), remise le 6 juin 2003 à la Salle Gaveau à Paris pour leur livre de poésie « Amour Dissident » publié par Editinter (Paris).

"La vie d’un journaliste est traversante. Et en traversant les existences qu’elle côtoie, elle les reçoit comme des coups, comme des cadeaux, comme des preuves de haine et d’amour. En partageant le quotidien de l’autre si prochain, et du prochain si autre, lors des reportages ou des analyses d’événements, le journaliste absorbe et restitue.

A chaque fois, il est atteint. La douleur humaine en lui s’accumule. Mais il doit s’efforcer de la faire taire. Savoir brider - brimer ? - l’émotion qui risque de submerger et d’emporter au loin les raisonnements. Voire, la raison. Le journaliste n’est qu’un truchement, rien de plus. Au mieux, un porte-voix. Et encore…

Alors, il faut bien que ce trop-plein déborde quelque part. Ce quelque part se situe en poésie. C’est par ce langage qui combine le son et l’écrit, le nombre et la lettre que le fait rapporté objectivement se transforme en fait vécu pleinement. Le réel devient mythe et devenant mythe n’en est que plus réel.

Tous ces textes ont été inspirés directement par le reportage, ou indirectement par le biais d’interviews de témoins ou d’analyses de dépêches d’agence. Certains, rares, sont issus d’une expérience uniquement personnelle.

Il s’agit donc de « poèmes de circonstance », pleinement assumés comme tels."

Programmation musicale:

 "Another Childhood" de et par Claude Tchamitchian CD EMOU

"Music from films you should have seen"  de Simon Fisher Turner CD Optical Sound 2009

 

 

Thèmes : Littérature| Poésie| Jean-Noël Cuenod

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04/08/2010

L'écharde d'odeur

En partant en vacances, Le Plouc lance ce poème dans le Cyberocéan. Qu'il vogue à son gré. La photo qui l'illustre a pour auteur Laurent Toussaint.

 

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L'ECHARDE D'ODEUR

 

 

Parfum des nuits d'été sans lune

Qui porte le clair esprit du vide

 

Dans ce noir lumineux, l'Homme Droit voit

La vie et la mort dans le même tissu

Inextricablement dessiné, tramé

 

Mais l'aurore annonciatrice

Du monde divisé, efface tout

Avec ses soleils d'ombre et d'illusion

Il ne reste de ces instants sans instant

Qu'une écharde d'odeur plantée au cœur

De la mémoire qui donne corps au temps

 

 

 

Jean-Noël Cuénod

 

 

 

 

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13/05/2010

Ascension et descension

 

En ce jour d'Ascension, il faut parfois descendre dans la terre et la chair pour y découvrir le ciel. Le Plouc vous offre ce poème en vous souhaitant de transformer vos descentes en montées.

 

 

SEL

 

Regarde là

Lumière Lumière vive

Qui vais-je attendre ?

Un destin passe

               repasse

               trépasse

 

Le matin délicieux s'écoule

Miel vertueux

Mêlé au vin des ténèbres

 

Viens-tu à mon secours, âme qui vive ?

 

Descends dans ta chair

Qu'elle palpite enfin, cette chienne

Qu'elle me crève

            me rêve

            me sève

 

De part en part ses griffes

Fouaillent mon ventre

Puanteur de roses séchées dans le sang

La terre ne reconnaît plus ce cadavre

Voué à l'eau à l'oubli à la lune

 

Viens-tu à mon secours, âme qui vive ?

 

Fais pleuvoir ton sang

Sur la rigole des mes rides

Sur le tapis de mes cris

Sang ou vinaigre, qu'importe

Je suis tellement sel.

 

Jean-Noël Cuénod

17:09 | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : poésie, ascension, spiritualité, descente | |  Facebook | | |