poésie - Page 2

  • ADHUC STAT

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     Vasque vide mousse éperdue

    Dans la cour du château caduc

    Où rôdent d’antiques esprits

    Des mondes abolis s’accrochent

    Lézards pétrifiés partout

     

    Des escaliers effondrés

    Ne portent que les pas du vent

    Les dentelles du toit flageolent

    Et du souvenir d’un puits

    Nulle vérité ne surgit

     

    La table rase du passé

    Ne saurait nourrir le présent

    Mais la pierre des ruines

    N’a pas dit son dernier mot

    Nous sommes au pied du mur

     

    Jean-Noël Cuénod

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  • De l’indispensable inutilité de la poésie

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    Essence-Ciel, photo JNC 

     « Ça rime à quoi ? », la seule émission radiophonique de poésie: supprimée de la grille de France-Culture ; la Maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines près de Paris : asphyxiée par fermeture du robinet à subventions; le Festival de Lodève : rayé de la carte. Ces trois emblèmes de la poésie en France vont donc passer par pertes et profits. Une pensée pour Sophie Nauleau, poétesse et productrice de «Ça rime à quoi ? » qui a défendu, toutes griffes dehors, la cause de la poésie chez les médiacrates. Une autre pour le maire et poète Roland Nadaus, qui a créé la Maison de Saint-Quentin-en-Yvelines. Une troisième pour Marc Delouze, cofondateur du Festival de Lodève, et infatigable animateur de l’association Les Parvis poétiques[1].

    Toutes ces mises à mort se sont déroulées dans un silence criant d’indifférence. Les protestations qui se sont élevées, ici et là, n’ont pas atteint l’ouïe des médias, sourds mais point muets, hélas.

     Cela dit, ces épisodes n’ont rien d’étonnant. Ils sont dans l’ordre des choses. La société actuelle, basée sur l’hypercapitalisme et l’industrie des médias, n’est pas compatible avec l’  « état de poésie », si bien décrit par ce cher Georges Haldas.

    Car, voyez-vous, la poésie n’est bonne à rien. Jadis majeur, cet art n’est aujourd’hui même plus mineur; il a disparu des écrans radar. Tout se vend, sauf la poésie. Tout se vaut, mais la poésie ne vaut rien. Impossible de la calibrer pour qu’elle se coince dans les moules de la marchandise.  La société médiamercantile a l’estomac nickelé des prédateurs. Elle avale tout : la musique qu’elle met en boîte format mp3, la littérature qu’elle castre pour la rendre consommable, l’art pictural qu’elle transforme en produits dérivés pour enjoliver les réfrigérateurs. Mais avec la poésie, rien à faire, elle la vomit.

     Ce qui fait résistance dans la poésie, c’est son inutilité. Elle ne peut pas servir à baliser une carrière, à s’insérer dans la lutte des places, à amorcer la pompe à phynances. Elle ne saurait être, en aucun cas, un divertissement, c’est-à-dire une occupation qui détourne l'humain de l'essentiel. Au contraire, la poésie va à l’essentiel, alors que la société médiamercantile impose le superflu.

     La poésie est dilatation de l’être ; elle l’aspire vers l’émotion esthétique. La société médiamercantile est rétractation de l’être ; elle le rabougrise dans sa seule dimension de tube digestif.

    Ne nous lamentons pas sur le rejet de la poésie par cette société-là. Au contraire, réjouissons-nous. Il y a au moins une dimension de la vie qui échappe à cette bouillie hypercapitaliste. C’est la seule. D’où sont indispensable inutilité.

     Continuons à écrire des poèmes, à les dire, à les vivre, partout, dans les rues, les parcs, les caves, les champs, les arbres, sans rien escompter d’autre que le plaisir du moment présent. Il y aura toujours une oreille attentive à jouir de l’essence-ciel.

     

    Jean-Noël Cuénod

     



    [1] www.parvispoetiques.fr

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  • DESTIN

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    Dans ce nid de poussière

    Que le courant d’air néglige

    Des lambeaux de souvenirs

    Viennent y pondre leurs œufs

     

    Il fait chaud dans la soupente

    Larme ou transpiration ?

     

    Peu importe c’est de l’eau

    Et c’est de l’air qu’il nous faut

     

    Ne pas mourir tout de suite

    Laisser le chant de la terre

    Dérouler tous ses refrains

    Nos comptes ne sont pas réglés

     

    Et les fumées du matin

    Cachent encore des mystères

     

    Nous respirons la poussière

    Comme l’univers aspire

    Ses planètes ses soleils

    Pour en faire des trous noirs

     

    Au ventre la lumière !

    Des astres courent en nous

     

    Quitter ce nid aux remugles

    Errer dans le soir qui tombe

    Sur un quai grouillant de rats

    Des grains de nuit rouleraient

    Entre les pavés luisants

    Des bateaux prêts à partir

    Balanceraient leur squelette

    En attendant notre assaut

     

    Jamais nous ne partirons

    Nous avons perdu la clef

    Les souvenirs monstrueux

    Ont fait des tas de petits

     

    Voilà notre air disputé

    Voilà notre peau bleuie

     

    Il n’y a jamais d’issue

    Il n’y a que des murailles

    A percer de nos mains nues

    Mousses de chair sur la pierre

     

    Les sarments de notre corps

    Témoigneront de l’effort

     

    Une vague d’espérance

    Roulera sur nos dos secs

    Il n’en restera rien

    Qu’un peu de sel à nos âmes

     

    Car nous n’avons pas fini

    De poursuivre l’invisible

     

    Brisant ses murs un à un

     

     

    Jean-Noël Cuénod

     

     

     

     

    Livres de poésie de l'auteur disponibles dans les librairies Payot ainsi que sur le site www.payot.ch ou auprès de l'éditeur Samizdat (Denise Mützenberg, 8 chemin François-Lehmann - 1218 Grand Saconnex):

     

    - Circonstances

     

    - Le Goût du Temps (Prix Festival Rilke 2012)

     

    Disponibles sur les sites FNAC, Amazon,

     

     - Matriarche (Editions Editinter Paris)

     

    - Liens (Editions Editinter Paris)

     

    - Amour Dissident (Editions Editinter Paris. Coécrit avec Christine Zwingmann - Médaille du Sénat).

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  • SANG NOIR

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    Photo Arbralettres 

    Cher ange où laves-tu donc tes os ?

    Dans quel récipient les trempes-tu ?


    Toute la suie que tu essuies

    Dans ton ciel si souillé qui suinte

    A passé ton squelette au brou de noix

    Tu n’es plus que cet oiseau mazouté

    Que l’homme a crucifié comme l’Autre

     

    Nous avons tout corrompu même toi

    Qui fut la plus belle part de nos rêves

    Lave tes os, l’ange, lave tes os

    Que nous puissions voir un peu de blanc

    Au-dessus de tout ce sang noir qui coule

     

     

    Jean-Noël Cuénod

     

     

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  • BILAN

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    Dans les sillons du ciel

                                                              Homme petit homme

    Tu as semé tes larmes

     

    Creuse creuse creuse

    Ta tombe tu tombes

    Tu tombes

    Dans le sein moelleux puant

                                                               De la sous-terre

     

    Tu te terres

    Te taire

    Tu n’es qu’un bruit qui fait tinter

                                                              Le silence

     

     

     

    Jean-Noël Cuénod

     

     

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  • VANILLE

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    VANILLE

     

    Rayon de soleil vanillé

    Sur le toit garni de corbeaux

    Hésitation du matin

    Frémissement  dans les plumages

    Un parfum féminin s’envole

    Douce prière de la peau

     

     

                                       *****************

     

    L’AILE DU DOUTE

     

    Sur l’aile du doute

    Navigue ma foi

    Vers d’autres matins

    Elle s’est envolée

    Mais le soir venu

    Elle revient

    Plumage nouveau

    Et même regard

     

    Jean-Noël Cuénod

    PHOTO: BLOG moniquetdany.typepad.fr

     

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  • NOCTURNE

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    Ta peau de lune dans la nuit

    Luit comme un serpent lisse et nu

    Le sombre sang du sol te nourrit

    Le passage de la dame blanche

    Veille sur tes étreintes secrètes

     

    Sous le chêne étique et tourmenté

    Un chat fait son œuvre d’assassin

    Et la mort s’échappe sans bruit

    Entre les buissons d’épineux

     

    Sur ton ventre des ombres propices

    Ont fait main basse et hautes caresses

    Les herbes frémissent sous ton corps

    Au loin très loin le son d’une cloche

    Dénoue tes doigts crispés sur le vide

     

    Jean-Noël Cuénod

     

     

     

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  • Haïkus – BOUILLON DE VIE

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    L’œillet du matin

    S’est ouvert sous la pluie

    Pour offrir sa force

     

     

     

    Trouver le lieu

    Dans un repli de l’enfance

    Y planter sa tente

     

     

    Le ciel déchire

    Sa peau grise et fait surgir

    Des plaies colorées

     

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    Soudaine pluie

    Qui bondit sur nos épaules

    Comme un chat sauvage

     

    Bouillon plein de vies

    La flaque dans l’ornière

    Créé ses univers

     

     

    Nuages en chemises

    Qui passent en se boutonnant

    Et filent ailleurs

     

    Jean-Noël Cuénod 

     

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  • Georges Moustaki, éternel métèque, tire sa révérence

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    La poésie en chanson porte le deuil de Georges Moustaki, décédé, mercredi à Nice, d’une affection des bronches. Il venait de fêter ses 79 ans. Depuis plusieurs mois, les habitués de l’île Saint-Louis, au cœur de Paris, ne le côtoyaient plus dans les rues ou chez le glacier Berthillon. Il avait choisi le climat de la Côte d’Azur pour apaiser les symptômes de sa maladie pulmonaire qu’il savait irréversible.

    Georges Moustaki a tiré sa révérence en enregistrant, avec la chanteuse franco-israélienne Orlika, ce titre éloquent: « Il est trop tard », qui est sorti en disque au mois de mars.

    Sa passion pour les voyages et sa faculté de s’adapter à des styles de musique de toutes provenances ont pour source Alexandrie, où il est né le 3 mai 1934. A cette époque, la ville égyptienne est la quintessence du cosmopolitisme. Dans ce chaudron grouillent les cultures juives, musulmanes, chrétiennes, italiennes, arabes, turques, arméniennes, maltaises britanniques et françaises. De son vrai nom Youssef Mustacchi, le futur chanteur est le fils d’un couple grec de religion juive. Son père Nessim parle cinq langues et sa mère Sarah, six. Ils inscrivent Youssef à l’Ecole française d’Alexandrie, qui l’initie à notre culture.

    Les succès de Charles Trenet l’éblouissent. Alors qu’il a 13 ans, sa mère l’accompagne au tour de chant d’Edith Piaf, dont il deviendra le fugitif compagnon onze ans plus tard.

    Bedos, Brassens…

    La tête pleine de chansons françaises, Moustaki s’installe à Paris dès 1951, où son beau-frère le poète Jean-Pierre Rosnay l’embarque dans son groupe, le JAR (Jeunes auteurs réunis), dont les membres s’appellent par dérision les «jarivistes». Parmi eux figure Guy Bedos. Peu après, Georges Brassens les rejoint. Convaincu par les premières chansons de Moustaki, il devient son mentor. Youssef abandonne son prénom pour choisir celui de Georges, en hommage à son modèle et soutien.

    Vendeur de livres de poésie au porte-à-porte — une nourriture plus spirituelle que calorique —, chanteur de rue et de terrasse, Georges Moustaki devient pianiste de bar, activité qui lui permet de pousser parfois sa propre chansonnette. Il parvient à se faire engager dans les cabarets parisiens des années 50, lieux d’éclosion des plus grands talents de la poésie chantée. Il enrichit son répertoire qu’il propose à des vedettes comme Henri Salvador, et collabore avec le sublime guitariste Henri Crolla. Après son mariage avec la seule femme que ce séducteur a épousée, Moustaki devient en 1954 père de Pia, qui choisira, elle aussi, de faire carrière dans la chanson.

    Intense rencontre avec Piaf

    Sa rencontre, grâce à Crolla, avec Edith Piaf en 1958 va bouleverser sa vie. La liaison de Georges Moustaki avec ce volcan à la voix d’or ne tiendra qu’une année mais elle lui a semblé «avoir duré dix ans», avouera-t-il plus tard, tant la vie avec la Piaf est trépidante. Il compose pour elle les paroles de l’un des plus grands succès de la star,Milord.

    Malgré quelques essais discographiques comme interprète, Georges Moustaki, au début des années 60, est surtout apprécié en tant qu’auteur et compositeur. L’acteur devenu chanteur Serge Reggiani lui doit ses meilleurs tubes. En tout, Moustaki a écrit 300 titres pour Yves Montand, Juliette Gréco, Barbara… Ce travailleur aura l’élégance de paraître paresseux.

    Le métèque sort de l’ombre

    Georges Moustaki connaît la gloire en tant qu’auteur-compositeur-interprète en 1969, avecLe métèque. Sa voix sourde et lumineuse à la fois, solaire mais voilée de brume marine séduit enfin. Surtout, la chanson correspond à l’air du temps — celui de Mai 68, auquel Moustaki participe avec enthousiasme — en évoquant un monde sans borne, fait de liberté pour chacun et de pain pour tous. Un engagement qui dure, puisque l’an passé, ce doux révolutionnaire appelle à voter Philippe Poutou, le candidat trotskiste du NPA, à l’élection présidentielle. Le voilà un an après qui part ailleurs avec sa guitare.

    Jean-Noël Cuénod

    Ecoutons-le

    Je vous chante ma nostalgie

    Ne riez pas si je rougis

    Mes souvenirs n’ont pas vieilli

    J’ai toujours le mal du pays

    Alexandrie.  

    Dir’ qu´il faudra mourir encor

    Moi qui suis souvent déjà mort

    Oui, mort d´amour et de plaisir

    De quoi pourrais-je mieux mourir?

     

    ESPACE VIDEO

  • AU FIL DES PLUIES

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    Aigle au ventre d’or

    Que les parfums portent

    Au-dessus des herbes

    Scrute la montagne

    Et ses doux replis

    Tu y trouveras

    Le songe des femmes

    Qui s’accroche aux rocs

    Pour donner leur chance

    Aux hommes des plaines

    Aveugles errants

     

    Aigle au ventre d’or

    Contemple le songe

    Ne l’emporte pas

    Dans ton bec solaire

    Ne l’agrippe pas

    Dans tes serres sanglantes

    Laisse-le aux hommes

    Qui le recevront

    Au fil des pluies

    Et un jour peut-être

    Ils le comprendront 

     

    Jean-Noël Cuénod

    Crédit photo: www.oiseaux.net

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  • DUNIQUES

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    C'est un signe du destin. Nous sommes les enfants égarés dans un désert peuplé d'ombres. Pour nous guider, nous avons la boussole de notre amour qui ne perd jamais le Nord et nous ne marchons pas en rond sur nos traces. Nous avançons sur le sable, vierge de pistes. Nous inventons nos chemins et les effaçons derrière nous. Que personne ne nous précède. Que personne ne nous suive.

     

    Nous sommes duniques. Deux et uniques dans les dunes.

     

    Nous regardons le ciel qui reste muet de chaleur et ne s'intéresse à rien d'autre qu'à espérer que le soir tombe un peu plus vite que d'habitude. Le ciel fait son travail de ciel. Sans plus. Que l'on ne compte pas sur lui pour accomplir des heures supplémentaires. Ciel, c'est un métier d'avenir; on y jouit d'une position élevée. Mais c'est un peu monotone comme activité, au fond.

     

    Je préfère la condition d'homme perdu dans le désert. A la condition que tu tiennes à mes côtés. Etre égaré avec toi, c'est retrouver tous les chemins de ma vie.

     

    Jean-Noël Cuénod

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  • Le plouc lauréat au Festival Rilke

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    Le plouc reçoit ce vendredi soir au Château Mercier à Sierre, le prix que son livre de haïkus "Le Goût du Temps" a reçu au concours de poésie au Festival Rainer Maria Rilke et cède le clavier à sopn excellent collègue Etienne Dumont (article paru mercredi dans la Tribune de Genève et 24 Heures) :

    Le Festival Rilke aura lieu pour la cinquième année à Sierre, du 17 au 19   août. Pourquoi Sierre? Parce que le poète allemand a passé ses dernières années à Veyras, tout près de là. La manifestation ne se veut pas passéiste pour autant. La preuve! En 2012, les voix romandes, de Thierry Romanens à Aliose, secoueront les "Notes sur la mélodie des choses". Il y aura aussi du slam, chose tout à fait inconnue lorsque Rilke quitta ce monde en 1926.

    La poésie classique garde bien sûr ses droits. Il y a eu une double compétition, en français et en allemand. Dans notre langue, c'est Philippe Delaveau qui l'a emporté avec "Ce que disent les vents", paru chez Gallimard. Notre collaborateur Jean-Noël Cuénod a remporté le second prix grâce au "Goût du temps", édité par Samizdat à Genève. L'occasion de lui demander les règles du jeu. «Ce concours ne se fait pas sur manuscrit. Le texte doit avoir été publié. Les organisateurs s'adressent aux différentes maisons, ce qui écarte les poèmes imprimés à compte d'auteur. »

    Sorti en avril, l'ouvrage de Jean-Noël se compose de haïkus. «J'écris un de ces poèmes japonais en dix-sept syllabes chaque jour. Je le vois comme une discipline. J'ai dépassé les 4000. Il s'agit là d'un petit choix de 200 textes, illustrés par Philippe Rillon. Les mauvais jours donnent les meilleurs vers. » Et pour quelle raison Samizdat? «Parce que je leur avais déjà donné un livre. C'est pour moi une question d'amitié et de confiance. »

    Note:www. festivalrilke. ch

    Et voici pour finir trois poèmes en forme de haïkus consacrés à l'été et tirés du "Goût du Temps"

    Sueur de l'été
    Sur la peau de la route
    Qui frémit d'aise.

    L'odeur du foin
    A la secrète odeur
    Du sein maternel

    Lune épaisse et rouge
    Qui attend son heure
    Comme l'ivrogne son verre.

     

     Jean-Noël Cuénod

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  • Le plouc fait son poète

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    Voici tout frais pondu, le nouveau bouquin du plouc, "Le Goût du Temps", des haïkus - c'est-à-dire des poèmes de formes courtes - illustrés par le peintre français Philippe Rillon qui préside le mouvement d'artistes "La Peau de l'Ours". La préface a été rédigée par son épouse Marianne, enseignante de philosophie dans la région parisienne et passionnée par le Japon où le haïku est né. "Le Goût du Temps" est édité par Samizdat et a reçu le soutien de la Ville de Genève. Samizdat est animé par la merveilleuse Denise Mützenberg. Avec sa soeur Claire Krähenbühl, elle se dépense sans compter pour la cause de la poésie.

    Vous ne risquez pas de lire quoique ce soit à propos de ce bouquin dans la presse. A part quelques heureuses exceptions qui se reconnaîtront, les confrères du plouc ne sont pas du tout portés vers la poésie. Jugez donc par vous-mêmes en lisant "Le Goût du Temps".

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  • Le plouc sort un deuxième bouquin : des haïkus qui n'ont rien à voir avec quelque quinquennat que ce se soit.

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    Les Editions Samizdat, animée par Denise Mützenberg et Claire Krähenbühl, publie un nouveau recueil de poésie de ma pomme. Cette fois-ci, il s'agit de haïkus préfacés par une enseignante française en philo, spécialiste du Japon, Marianne Rillon. Les magnifiques illustrations sont dues au peintre parisien Philippe Rillon.

    Ce  bouquin n'a donc rien à voir avec le « Quinquennat d'un plouc chez les bobos » (Editions Slatkine) du même Cuénod. Ledit bouquin continue d'ailleurs d'être en vente. Réclamez-le à votre libraire sur un ton comminatoire.

    Le plouc participera au Salon de Genève. Voici donc ses heures de présence

    • - Samedi 28 avril, de 10 h. à midi, Jean-Noël Cuénod présente son nouveau recueil de haïkus «Le Goûtdu Temps» au stand Samizdat i 1141 (i comme Ibsen, en face de l'exposition Courbet)

     

    • - Dimanche 29 avril, de 13 h. à 14 h. 30, Jean-Noël Cuénod présente le «Quinquennat d'un plouc chez les bobos» (cinq ans de chronique dans le Paris et la France de Sarkozy) au stand Slatkine F 841.

     

    En attendant, voilà le bon de souscription pour « Le Goût du Temps »

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  • Honneur à Anne Perrier, poète de la force secrète

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    annePerrier.jpgRien n’est plus éloigné de l’univers poétique d’Anne Perrier que ce ministère très parisien de la Culture dont les longs couloirs dégagent un remugle d’ambitions recuites et de courtisaneries déçues. Mais ne faisons pas la fine bouche. Ce n’est pas tous les jours que la France officielle honore un poète suisse majeur, la Lausannoise Anne Perrier en l’occurrence. Une foule dense d’invités s’est donc pressée, hier rue de Valois – à un jet de Mona Lisa du Louvre – pour assister à la remise par le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand du Grand Prix national de la Poésie.


    En l’absence de la poète, retenue à Lausanne par son grand âge, c’est sa petite-fille Marine Hutter qui a reçu ce prix prestigieux qui fut attribué à Francis Ponge, Aimé Césaire, Edmond Jabès, Yves Bonnefoy et notre compatriote Philippe Jaccottet, entre autres. Anne Perrier est la première femme à l’obtenir, précise Silvia Baron Supervielle, présidente du jury de ce Grand Prix.


    Il est fort rare que la France officielle s’intéresse à la littérature romande. Cette reconnaissance d’Anne Perrier est-elle une hirondelle annonçant le printemps après un long hiver d’indifférence? Un bref échange avec le ministre Frédéric Mitterrand induit à la prudence: «Mais enfin, Ramuz (prononcez: «Ramuze») est publié dans La Pléiade! Et Jacques Chessex (prononcez: «Chessexe») est bien diffusé chez nous». Monsieur le Ministre peut-il citer d’autres auteurs suisses? «Ah, c’est dommage… Jean-Luc Godard n’a pas écrit de romans!»


    Mais laissons ces futilités ministérielles pour en venir à cette évocation parisienne de l’œuvre poétique d’Anne Perrier qui est traduite en huit langues dont l’albanais, le chinois, le vietnamien. Et avant toute chose, lisons-la. Les Editions Empreintes, en collection «Poche-Poésie», ont récemment publié Le Voyage, suivi de Le Livre d’Ophélie, Le Joueur de Flûte et L’Unique Jardin. Pour l’écrivain français Alain Lévêque, qui a dit un poème de l’auteur couronné, «Anne Perrier est une musicienne du silence». L’Universitaire lausannoise Doris Jakubec lui fait écho: «Pour elle, les objets de la nature forment des points d’ancrage pour s’élever vers la spiritualité. Une spiritualité qui évolue dans la liberté et, si possible, la beauté».


    La poésie d’Anne Perrier est parcourue par une force d’autant plus agissante qu’elle est secrète. Elle fait songer au Rhône, ce passager clandestin qui pousse sa vie, caché sous la peau du Léman. Simple sa poésie? Disons qu’elle coule de source. Elle va à l’essentiel. Cette essence-ciel, qui sourd de la terre. Ecoutons Anne Perrier dans cet extrait d’«Heures» tiré du Livre d’Ophélie:


    Moi l’envolée

    J’ai perdu dans les airs la trace des oiseaux

    Moi l’écoulée

    En dormant j’ai perdu la voix des passeurs d’eau

    Je suis le chant qui s’en va tout seul

    Entre terre et ciel.

     

    Jean-Noël Cuénod

  • VIVE EAU

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    DSachot1.jpg

    Une onde vibrante
    Parcourt les eaux du ciel
    Pour créer la Terre

     

              ***  

     

    Le règne de l’eau
    Ne connaît aucune rive
    Puissance sans fond

     

              ***


    Le sel d'un instant
    Se dissout dans la pluie
    De tes caresses

     

              ***

    Il pleut sur ma peau
    Des gouttes de ta nuit
    Qui étend sa main.

     

    Jean-Noël Cuénod (la photo est tirée du remarquable blogue édité par le photographe Dominique Sachot (site:http://doque.over-blog.com)

  • ETOILE DE DAVID

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    etoile-de-david-14231.jpg                                                                       

     

     

     

     

     

     Notre vie suit

                                                                            Le long chemin des nombres

       Invisible et lumineux

       Caravane dirigée

       Par la sagesse du fou

       Dont le cœur est un sextant

     

       D’oasis en mirages

       Elle touche au but

       Et saura que l’oasis

       Est devenu mirage

       Et le mirage, oasis

       Vérités des vérités :

                                      L’Eternel présent.

     

     

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  • METHODE

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    rocher-humain-500426.jpg

     (Photo: Gilbert Jullien)

                                                                                               METHODE


                                                                                      Se fondre dans la poitrine
                                                                                      De la forêt

                                                                                      Se concilier la grâce
                                                                                      Des ronciers

                                                                                      S’humilier sous la poigne
                                                                                      Des falaises

                                                                                     S’endormir au flanc du roc
                                                                                     Puis au réveil
                                                                                     Se fendre pour retrouver l’Un.

                                                                                      Jean-Noël Cuénod

    Le Plouc a publié un bouquin de poésie, « Circonstances ». Il est disponible aux
    Editions Samizdat
    Denise Mützenberg
    8 chemin François-Lehmann - 1218 Grand-Saconnex
    Tél. 022 734 05 92 Etranger : 00 41 22 734 05 92
    sampoesie@gmail.com
    http://www.editionsamizdat.ch

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  • Pâques 2011(2): VERS L’INVISIBLE

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    DronneChalard.JPG

    Homme portant
    Les entrailles
    Tous ses muscles
    En révolte

    Charpente
    Au travail

    Par la charrue
    Des prophètes
    Marquer la boue
    Sillon de sang

    Charpente
    Etablie

    Retrouver l’eau
    Prendre le vent
    Et naviguer
    A l’estime.

     

     

    Jean-Noël Cuénod

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  • L'oeil bleu d'avril

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    Humeur radieuse
    D’un avril au goût de lait
    Et de grenadine 

     

     

     oeilbleu.jpg

     

     L'œil bleu de la rue
    Regarde sous les jupes
    Du temps qui passe

     

    Lumière d’avril
    Et l’odeur d’oignons grillés
    Dans l’escalier

     

     

    Le ver de terre
    Apporte un grain de soleil
    Dans le fumier

     

    Lune derviche
    Et la nuit bouillonne
    De tous ses étangs

     

     

    Jean-Noël Cuénod