Poème à lire et à ouïr  ­– LE TEMPS CONFINÉ (1)

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Légende: " Et toujours il y aura / Quelque chose quelque part". ©Burlingue (Xavier Bureau)

Tant qu’à être confiné, redécouvrons la poésie. Vous l’aviez délaissée peut-être comme un vieux jouet déglingué par la nonchalante négligence du temps qui passe. Mais elle ne vous avait pas oublié. La voilà qui frappe à votre fenêtre. Laissez là entrer, elle ne porte pas d’autres virus que ses mots vibrionnants.

 Voici une première volée de la forme tanka d’origine japonaise, ancêtre du haïku, mieux connu sous nos cieux. Aux trois vers de 5-7-5 pieds du haïku, le tanka en ajoute deux de 7 pieds chacun.

Et en prime, Le Plouc vous offre ci-dessus cette superbe gouache de l’ami Burlingue (Xavier Bureau) admirable artiste qui gagne à être connu. Ou plutôt, c’est vous qui gagnerez à faire sa connaissance.

A LIRE

Nuages en chemises

Qui passent en se boutonnant

Et filent ailleurs

            Vers un ciel encor vierge

            Où il fera bon pleuvoir

****

Miroir du ciel

La plaine allume ses feux

Et tend ses champs noirs

            Fusion confusion

            Terre porteuse de nuages

****

Un chien aboie

Et la nuit est trouée

Comme une passoire 

            Des filets de lune tombent

            Sur les ombres des chemins

****

Fumées sur la plaine

Enveloppant la prairie

Linceul odorant

            Ta main lâche ses oiseaux

             Femme à feu et à ciel

****

Joie dans les nuages

Il fait beau il faut partir

Un soleil au cœur

            Et toujours il y aura

            Quelque chose quelque part

****

Rien n’est perdu

Serre l’aube dans tes bras

Et le jour vivra

            Tu feras naître un oiseau

            De cette étreinte solaire

Jean-Noël Cuénod

A OUÏR

podcast

 

 

 

Commentaires

  • Tranche de vie de cet apres-midi, quelque part en Europe Centrale:

    Vieille tzigane
    Assise sur l`asphalte
    Vend des masques bleus
    Cousus avec du fil vert.

  • Aie j`ai oublié le principal, le dernier pied:

    Vert comme tes bas hier soir...

  • Les bas de ma copine bien-sur. Bon, c`est un peu cucul comme tanka, je l`admets. Heureusement, les votres sont bien mieux.

  • Emile Gardaz parlait de soleil d'amitié

    or les poèmes ne changent rien à l'actualité

    familles endeuillées, orphelins

    de l'argent il n'en manque pas et les compensations économiques, si les promesses sont tenues, pleuvront

    mais, un simple exemple, chaque soir, y compris en Suisse, nous ouvrons nos fenêtres et portons hommage au corps médical et infirmiers du moment tragique que nous vivons:

    en France, depuis quand les infirmiers se plaignaient-ils du mépris dont on les accablaient!?

  • Les épidémies entre autres catastrophes n'ont rien à voir avec une colère divine mais si nous plaçons l'univers, les univers dans le VIVANT et que tout se tient et marche par des lois et des règles fonctionnant par compatibilité lorsque ces règles qui furent bibliquement traduites par commandements divins ne sont pas respectées quelques chose est dérangé dans l'"ordre des choses" qui peut se traduire selon notre langage par une catastrophe. Non respect de la planète comme de ses habitants.
    Biodiversité, climat, etc.

    Par incompatibilité fin de l'appétit sexuel.

    Nous parlons alors d' amour déçu selon nos connaissances et ressentis.
    A traduire selon ce qu'écrit, par savantes adéquations mathématiques.

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