Poésie à lire et à ouïr – LE MARCHEUR NU

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Petite pose avec cette suite de tankas. Ancêtre du haïku, le tanka est une forme de poésie brève d’origine japonaise. Il se décline par trois vers de 5, 7 et 5 pieds puis de deux vers de 7 pieds chacun. Le haïku ne compte que trois vers avec la même métrique 5-7-5.

Dans la symbolique traditionnelle occidentale, le 5 représente à la fois le nombre de l’humain et celui de la division puisqu’il partage en deux la puissance divine évoquée par 10 (l’Unité et l’Eternité). Lorsqu’il est doublé, le 5 retrouve l’unité divine. Le 7 suggère le passage du visible à l’invisible, de la matière à l’esprit : 6 jours pour la Création et 1 jour pour l’intérioriser.

Dans le cas présent, chaque tanka peut être lu séparément et n’a pas besoin des autres pour vivre. Mais il est aussi possible de les lire en globalité car ils forment aussi une suite.

A LIRE

Le soleil bascule

Les paupières du ciel

Se ferment sur moi

                                   Précipitée dans un songe

                                   Ma boussole s’est brisée

                       ********

C’est dans la nuit

Que les lumières luisent

Le jour les éteint

                                   Le soleil m’est interdit

                                   Il me faut encor grandir

                       ********

Le parfum des fleurs

Et les senteurs de l’humus

Mes guides infaillibles

                                   Chemin tapissé de noir

                                   Ne pas oublier mes morts

                       ********

La peau du rocher

Frissonne sous mes caresses

En moi sa fraîcheur

                                   Respiration des pierres

                                   En est irrigué mon sang

                      ********

Vies entrelacées

Grouillements silencieux

J’entre dans le bal

                                  A L’ombre de la forêt

                                   Des univers naissent et meurent

 Jean-Noël Cuénod

A OUÏR


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Lien permanent Catégories : Poésie L'Or du temps 8 commentaires

Commentaires

  • Les Japonais ont fait si longtemps partie du monde culturel chinois, qu'ils utilisent encore intégralement le hanzì (caractères Han) dans leurs textes officiels ou lors de cérémonies. En ce qui concerne la source du tanka, voir l'article Wiki à propos du yuefu : https://fr.wikipedia.org/wiki/Yuefu

  • Ils sont beaux ces tankas car ils sont vrais. Le dernier me parle particulierement. Mon veil ordinateur est devenu malheureusement muet mais a encore bon pied bon oeil pour l`écrit; quant aux images, elles viennent toutes seules a l`esprit.

  • D`ailleurs peu importe la forme que prend la beauté, elle reste toujours belle. Parfois au point d`attirer les larmes, comme par exemple quand j`écoute le guitariste Estas Tonne.

  • C'est bien beau

    sans grande poésie il arrive
    que la foi se brise

    et qu'il ne reste
    que la certitude

    que sans lois

    de la plus extrême rigueur

    nulle Création

    que les voix du silence

    sans référence à Malraux

    sous formes d'étoiles…

    une grande indignation
    en ce soir
    de visite de Macron au Salon de l'Agriculture

    en France

    un paysans sur deux se suicide


    honte
    terminés ces temps heureux des chants tels que Paysans que ton chant s'élève ainsi que cet hommage avant les pâtons industriels

    "(…) ces mains

    qui font

    ton pain


    Las

  • Trois haïkus mélancoliques
     
    Flocons sur le square,
    Font tomber les dernières feuilles.
    Plus de cris d’enfants.
      
    Les nouvelles du soir :
    Cris de femmes et pleurs d’enfants ;
    En moi cette douleur.
        
    La plainte des corbeaux
    Sur la campagne enneigée ;
    Le vent seul répond.

  • C`est fort, surtout le deuxieme.

  • Les moustaches du chat
    Frémissent dans le vent tiede
    Qui emporte les rires
    Des bonhommes de neige
    Vers un oubli éternel.

    Si si, je viens de le voir de mes yeux.

  • L`hiver est fini.
    Les témoins de Jéhovah
    Remontent la rue
    Sonnent en vain a ma porte
    Cent chiens déja aboient.

    Tranche de vie toute fraiche de cet apres-midi.

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