Fête des Vignerons – chante et danse mon pays

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Toutes les Fêtes populaires sont belles. Toutes présentent avec fierté leurs caractères propres. Celle-ci est à nulle autre pareille : la Fête des Vignerons à Vevey. Elle déroule son grand tapis de joie, une fois par génération. Avant celle qui se tient actuellement jusqu’au 11 août, il y eut la Fête de 1999 et avant elle, 1977, 1955 et ainsi de suite depuis dix-sept cent nonante-sept.

 

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Les Cent-Suisses sur les 800 m2 du plancher LED de l'arène. (Photo JNC)

Comment qualifier ce spectacle ? Il tient à la fois de l’opéra, du ballet, du chant choral, tout en étant bien plus que l’association de ces disciplines artistiques. Il y a un mot allemand qui s’en approcherait le plus, et encore : festspiel. En quelques mots, la Fête des Vignerons, c’est le peuple en fête qui, à chaque génération, imprime sa marque particulière tout en s’inscrivant dans une tradition ancrée au cœur de la vigne. C’est une célébration païenne, revue, mais pas corrigée, par Spinoza.

Le grand spectacle se déroule dans une vaste et haute arène montée de façon temporaire sur la place du Marché, au bord du Léman, face à l’imposant Grammont. Chaque soir 20 000 personnes y prennent place. La nature y a mis du sien, elle aussi !

Une seule vedette : les 5500 acteurs-figurant et les 900 choristes, tous bénévoles.  Depuis des mois, voire années, ils ont sacrifié leur temps libre, payé leurs costumes, se sont astreints à la discipline des professionnels du spectacle. Sous la direction du concepteur et metteur en scène, le Tessinois Daniele Finzi Pasca, des chefs de chœurs, de ballets, et autres coordinateurs sont parvenus à créer une symbiose parfaite entre ces 6000 amateurs, pendant plus de trois heures, sans fausses notes.

Le fil du récit est assuré par une fillette et son grand-père ainsi qu’une superbe danseuse-libellule suspendue par un jeu de câbles. Il s’agit, comme toujours – mais chaque fois de façon différente – d’évoquer la vie de la vigne au sens le plus large et profond. La Confédération et sa longue histoire sont présentes – notamment par la présence des Cent-Suisses, souvenir des bataillons helvètes au service des rois de France (photo) – mais en évitant tout chauvinisme.

A la Fête des Vignerons, le mot « peuple » prend tout son sel jusqu’à en devenir l’expression la plus achevée de la noblesse. Ici, il n’y a que le roi des vignerons que l’on couronne. Alors, chante et danse, mon pays !

Jean-Noël Cuénod

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Lien permanent Catégories : Air du temps, Cult(e)ure 1 commentaire

Commentaires

  • "A la Fête des Vignerons le mot peuple prend tout son "sel"
    Et dans notre vécu dit démocratique?
    Cette masse priée d'amasser…?

    A quand une réelle Fête de et pour tous (sans le moins du monde souhaiter assombrir la Fête présentée) pourquoi ne pas ouvrir le Marianne de cette semaine… aux pages consacrées aux frais de bouche (pas des sans-dents) et de représentation des élus plus que grands crus compris "en même temps" que des gens qui travaillent à plein temps n'ont pas de quoi vivre jusqu'à la fin du mois...

    Ce qui n'effacera jamais ces:
    Le vigneron monte à sa vigne… ou ce Jean p'tit Jean s'en vient des vignes… le "dos couvert d'échalas"...!

    Des chants d'une "Suisse petit paradis" de jadis.

    Mais le vin a son sens religieux aussi et les Noces de Cana, sans commencer à cultiver les symboles, présentent un être un peu étrange (être ange) qui a vécu en Egypte, pays de la magie et des magiciens par excellence, et qui pourrait, par le fait, nous donner le fin mot de cette eau changée… en vin

    "en même temps" que l'on reconnaît au passage la situation de l'enfant prié.e de jouer un morceau de piano, par exemple, au dessert d'un repas de noces mais qui refuse pour finalement céder quand-même à la fois parce qu'il est gêné par tous ces regards tournés vers lui et pour que sa sainte mère potentielle sainte vierge veuille bien finir par lui ficher la paix.

    Compagnons Chevaliers de la table ronde… mais il ne faut pas rouler dessous la table...

    Boire un p'tit coup, juste

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