LE TEMPS DES SORCIÈRES EST REVENU

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POESIE À LIRE ET À OUÏR Captez les ondes du grand retour. Ecoutez tout au fond du bruit de fond les vieux chants qui se fraient un passage. Elles reviendront, les sorcières…

 À LIRE

Tambour aux tempes les femmes au corps souverain

Prennent possession du monde et de sa marche

Apôtres du soleil envoyées de la lune

Tirant de leurs larmes le sel de leur destin

Tirant de leur sang l’huile de leur onction

Elles s’avancent pour engloutir les grandes plaines

 

Leurs lèvres s’ouvrent et libèrent des oiseaux

Leurs mains se tendent et caressent des serpents

Leurs peaux se dilatent et recueillent des poissons

Leurs yeux se ferment et gardent la lumière

 

Tambour aux tempes les femmes au corps souverain

Emportent avec elles l’agneau le lion

Pour les nourrir de leur lait aux saveurs d’étoiles

Gouttes de lumière le long de la gorge

Qu’il est chaud le sein sacré de nacre et de soie !

Qu’il est doux à la bouche du divin vivant !

 

Les gestes anciens habitent leurs mains

Comme s’ils n’avaient jamais été oubliés

Elles caressent les douleurs dans le sens du cri

C’est pour les étrangler tueuses nécessaires

 

Tambour aux tempes les femmes au corps souverain

Taillent leur route au rythme de l’univers

Jettent sur les talus leur ombre parfumée

Distribuent à pleine voix les chants oubliés

De colline en colline l’écho les rafraîchit

Le ciel a des couleurs de rires d’enfants

 

Un seul bouclier leur ventre fer et velours

Protégeant la vie avec ses monstres ses ombres

Un seul trophée la dépouille des vieux juges

Traînant avec eux les cendres de leurs bûchers

 

Tambour aux tempes les femmes au corps souverain

Redécouvrent le feu et se baignent à sa source

Elles ne se laisseront plus voler leurs mystères

Elles ne trembleront plus devant leurs bourreaux

Les soudards baiseront l’empreinte de leur pas

Il sera revenu le temps des sorcières

Jean-Noël Cuénod

À OUÏR


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Lien permanent Catégories : Poésie L'Or du temps 7 commentaires

Commentaires

  • Un tour du côté des Communards puis à l'écoute du merle moqueur de la chanson du Temps des cerises nous mettrait à la recherche d'un temps d'autrefois où nulle UE ne surveillait la disposition des cerises en leur cageots… cerises de bon prix à la portée des enfants des "moins que rien" jusque dans les préaux des écoles

    Le temps des cerises celui du rossignol
    tous en fête--- "Quand reviendra le temps des cerises"!

    Sorcier vient de sourcier source eau tisanes infusions camomille ou tilleul verveine fronts humectés des grands malades par les inoubliables Sourciennes infirmières de la clinique de la Source à Lausanne

    Femmes à vocation

    Une parente de Bernadette Soubirous était "guérisseuse"

    ce qui pourrait...avec prudence... expliquer pourquoi ou comment la Dame demanda à Bernadette de préparer de la terre et de l'eau (thermalement exceptionnelle de Lourdes) pour se mettre ce masque au visage non par honte, culpabilité ou signe de repentance - comme, chez les catholiques les cendres sur le front avant le Vendredi-Saint - mais pour traiter, par exemple, les acnés juvéniles

    Luttons contre les superstitions

  • Sous-entendu la « Chasse aux sorcières ? » JNCuénod?

  • II y avait souvent rage contre une femme douée sans appartenir à l'élite d'antan par le fait, notamment dans les milieux religieux, traitée de vieille sorcière "diabolique"... suppôt de Satan à condamner au bûcher.

    La mentalité n'a pas franchement évolué.

    Non traitée de sorcière mais de folle parce qu'ayant affirmé que le corps d'un bébé gravement malade ainsi atteint peut dire la souffrance tue ou gardée secrète de sa maman Françoise Dolto médecin encaissa mais un peu plus tard le personnel infirmier de l'hôpital concerné confirma ses dires.

    Les médecins trouvèrent autre chose en s'en prenant cette fois aux kilos superflus de Françoise Dolto.

    En un temps où il n'était pas courant qu'une femme devienne médecin à tel point que la propre mère de Françoise Dolto n'appréciant pas du tout les études de sa fille fit en sorte un jour de lui faire rater un rendez-vous très important concernant sa future carrière de médecin.

  • @ Myriam Belakovsky
    Vous avez une mémoire et une culture d'encyclopédie, ce qui n'enlève rien à l'originalité (souvent teintée de poésie) de vos interventions.

  • Mère-Grand,

    J'ai étudié ce que j'apporte et si je consulte Google parfois c'est, vu le temps passé, pour être en mesure de confirmer, si utile, en cas d'objections.

    A propos de Françoise Dolto, par exemple, j'ai chez moi notamment ses Mémoires d'une psychanalyste ainsi que tout un livre concernant sa correspondance

    et bien des Freud, Jung et autres auteurs

    théologiens

    peu, trop peu sensible aux romans, hélas

    mais, en temps de crise religiose...

    une personne vient chez moi en un immeuble qui a la réputation d'y abriter des marginaux… avise beaucoup de livres y compris un grand rayon de livres des Editions Rencontre.

    La personne, un pasteur, se retourne et sur un ton qu'elle ne se permettrait pas en villas cossues d'un peu plus haut... à partir de ces livres de chez Rencontre forte du préjugé connu de "kilomètres de livres" non lus juste achetés par vanité… épaules haussées et bouche mi-tordue me demande: "Vous les avez lus"?

    Dans l'appart il y avait des bibliothèques partout, ou presque, avec pas mal de livres lus… mais les livres des Editions Rencontre étaient dans la bibliothéque en question parce que mon compagnon correcteur d'imprimerie et d'Editions avait reçu, comme il se fait, un exemplaire de chaque livre corrigé.

    A ce pasteur fort bel homme séduisant au demeurant sourire imperceptible: le Saint-Esprit devait avoir affaire ailleurs le jour en question!?

    Bien à vous, Mère-Grand ainsi qu'à notre Oncle Cuénod.

  • P.S.

    Il y eut un oncle Francis des petits amis de radio Lausanne, chaque samedi après-modo, inoubliable histoire du bourdon BZZ... un autre oncle... Henri... de Genève… à quand, par blog, un... oncle des petits ou jeunes amis de la Tribune de Genève?

    Donner aux jeunes le goût, pour ne pas dire virus, de la participation comme de l'initiative...

  • En revivant par la pensée la rencontre avec l'oncle Francis: à quel point l'apparence d'un homme de radio n'a rien à voir, a priori, avec sa voix

    en imaginant Monsieur Cuénod ouvrant un blog pour d'éventuels futurs Jeunes Amis de la Tribune de Genève avec, pourquoi pas, simplement par ce que rédigé par lui à leur intention le goût pour la belle écriture "oncle Cuénod" pensé-je (à tort ou à raison) serait au ressenti plus proche de petites personnes qu'"oncle Jean-Noël"!

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