29/07/2018

Mimos 2018 : une Montreusienne à l'honneur

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Le registre du mime recèle des variétés insoupçonnées, contrairement à ce que pense un vain peuple bavard. Le Festival Mimos à Périgueux l’a pleinement démontré, lors de sa 36ème édition, conclue ce dimanche. En effet, quoi de plus différent que ces deux spectacles figurant parmi 23 autres: Allegro de la troupe catalane Cor de Teatre (photo dessus et vidéo ci-dessous) et Le récital des postures de la Montreusienne Yasmine Hugonnet?

Du mime chanté? Vous voulez rire! Oui, nous voulons rire. Et nous rions d’ailleurs. A gorge déployée. Car c’est bien du chant ET du mime que mélangent joyeusement les quatorze choristes de Cor de Teatre avec leur allègre Allegro. Sans orchestre, sans le moindre artifice électronique et remplaçant les instruments par les scatsdu chœur répondant auxsoli, ils interprètent airs d’opéra, cantates et adaptations d’œuvres orchestrales comme Le Vol du bourdon de Rimsky-Korsakov, Clair de lune de Claude Debussy et Les Quatre saisons de Vivaldi.

Il ne s’agit pas d’une parodie du chant classique, ni sa énième version jazzifiée. Cor de Teatre invente une autre façon d’approcher la Grande Musique, sans la faire descendre de son piédestal mais en l’instillant dans la vie de tous les jours. Ainsi, ce n’est pas l’opéra qui est désacralisé mais le quotidien qui s’agrandit d’une dimension sacrée.

La troupe joue une série de scénettes qui partent du réveil se poursuivent à la salle de gym, au travail, à la boîte de nuit, au stade de foot, à la plage (rendue folle par la grâce dingue d’un Vol du bourdon hilarant), aux rencontres amoureuses, aux disputes qui ne le sont pas moins, aux tentations jusqu’au plus improbable des mariages.

Par une maîtrise parfaite autant des gestes que de la voix, une précision millimétrique de la mise en scène, ces prodigieux mimes-chanteurs ont fait exploser de joie les spectateurs qui ont rempli samedi soir l’Odyssée Théatre de Périgueux.

La nudité comme alphabet

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Dépouillé, Le récital des postures de la Montreusienne Yasmine Hugonnet (photo ci-dessus), l’est d’autant plus que l’artiste est nue, du moins dans la seconde partie de son spectacle. Au début, rien ne se passe. Revêtue d’une paire de leggings gris et d’un maillot noir, Yasmine Hugonnet reste ventre au sol, exécute quelques postures qui rappellent parfois d’étranges animaux. Le spectateur retient son souffle mais son agacement monte à mesure que passent les minutes. Puis, l’artiste se dévêt et jette d’un geste bref et décidé ses artifices textiles devenus inutiles. Tout son talent consiste à désérotiser la nudité afin d’en faire un instrument aussi neutre qu’un alphabet. La plus petite particule d’érotisme flanquerait tout par terre car le spectacle se verrait ainsi réduit à une seule dimension. Or, le langage est pluridimensionnel. Et c’est bien un langage que Yasmine Hugonnet veut créer par ces postures qui sont autant de phrases d’une histoire que chacun inventera à sa guise.

L’artiste n’a d’autre moyen que son corps et ses cheveux pour faire vivre cette langue des postures. Même les sons qu’elle émet façon ventriloque en fin de spectacle sortent du plus profond de ses entrailles. Corps et âme liés au-delà des mots.

Jean-Noël Cuénod

Prochains spectacles des artistes

Pour Cor de Teatre :

 voir le site de la troupe : https://www.cordeteatre.com/

Pour Yasmine Hugonnet :

– 22 janvier 2019 ; Théâtre de Saint-Quentin à Saint-Quentin-en-Yvelines ;

– 13-14 février 2019 ; Théâtre de Nîmes :

– 22 et 23 main 2019 au Temple allemand/Théâtre populaire romand à La Chaux-de-Fonds.

Son site :https://yasminehugonnet.com/

ESPACE VIDEO : Allegro !

 

Allegro 40s from Cor de Teatre on Vimeo.

15:16 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : mimos, mime, théâtre | |  Facebook | | |

24/07/2018

Benalla-Macron ou le syndrome de la maquilleuse

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Et maintenant, qui va déguster ? (Alexandre Benalla, c’est le barbu avec oreillette).

Si vous approchez d’une vedette média-lancée, vous avez certainement rencontré dans son entourage des personnages touchés par le syndrome de la maquilleuse. L’affaire Alexandre Benalla démontre qu’il n’y pas que les petites mains cosmétiques à en être affectées. Les gros bras présidentiels peuvent aussi subir ce mal des altitudes.

Peu d’êtres sont aussi proches d’une star que sa maquilleuse (ou son maquilleur, plus rare). Elle connaît de son visage le moindre point noir. Pas une parcelle de peau n’échappe à son regard. Impossible de lui cacher ces minuscules défauts physiques qui sont la hantise de la Diva (ou du Divo car les célébrités masculines n’échappent pas à ce phénomène). Il n’y a point de grands hommes pour son valet de chambre, disait-on jadis. Il n’y a pas de beauté parfaite pour sa maquilleuse, ajouterait-on aujourd’hui.

On ne cache pas ses secrets intimes à celle qui connaît le moindre de vos comédons et possède le pouvoir de les occulter. Si la maquilleuse n’ignore rien du corps de la star, elle sait tout, ou presque, de son âme, de ses amours, de ses chagrins, de ses angoisses, de ses espoirs. Elle devient sa confidente. Voilà l’artisane de la houppette nantie d’un statut privilégié qu’elle entend bien faire sentir à celles et ceux qui ont la suspecte intention de prendre langue avec la vedette.

Durant sa longue carrière journalistique, il est arrivé au Plouc d’affronter cette redoutable garde du corps starifié. Certaines sont des anges dans un nuage de poudre de riz. Mais il arrive parfois que la maquilleuse soit plus imbue d’elle-même que la star, voire encore plus capricieuse. D’ailleurs, la star, c’est un peu elle. C’est même beaucoup elle. Allez, c’est elle, carrément !

Alors, Alexandre Benalla relève-t-il du même processus ? Tout porte à le croire. Comment ce juvénile militant de La République en marche, un « helper » parmi d’autres au début de l’aventure macronienne, a-t-il pu se hisser à une place ? Les enquêtes l’expliqueront sans doute un jour ou l’autre.

 Dans son cas, deux choses frappent d’emblée : son jeune âge, 26 ans, et sa proximité avec le président Macron. Alors qu’il n’a pas eu le temps d’amasser des expériences dans un domaine si délicat et si complexe, c’est lui qui a organisé le groupe chargé de sécuriser la sphère privée du président et de la première dame. Son titre anodin « adjoint au chef de cabinet » ne traduit pas l’étendue de ses pouvoirs en matière de sécurité. Il côtoyait régulièrement le couple présidentiel, autant lors d’événements publics que familiaux. Il était le Cerbère numéro 1 d’Emmanuel et Brigitte Macron.

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que Benalla fût atteint par le syndrome de la maquilleuse. D’autant plus que l’aura de la présidence est en France particulièrement éblouissante et éclabousse les proches de son nimbe. Comment, à 26 ans, garder la tête froide dans ces conditions ? Les dérives du garde du corps étaient inscrites dès son engagement. Ceux qui ont permis et facilité son ascension – et qui n’hésiteront pas à en faire un pestiféré – portent donc la plus lourde part de responsabilité.

Pour éviter le syndrome de la maquilleuse, il n’existe aucun vaccin. Seulement du bon sens. Mais dans la geste macronienne, le bon sens, ça fait vieux monde.

Jean-Noël Cuénod

VIDEO : AUDITION INTEGRALE DU PREFET DE POLICE MICHEL DELPUECH

12:14 Publié dans Politique française | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : benalla, macron, france, politique | |  Facebook | | |