15/11/2018

Nouveaux fascismes et vide politique (IV)

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L'Ur-fascisme dénoncé par Umberto Eco

Deux attitudes opposées mènent à la même impasse : confondre la période actuelle avec celle qui prévalait entre-deux-guerres et croire qu’en 1945, le fascisme a disparu avec la mort de Hitler et Mussolini.

La situation présente est née d’un tsunami qui a balayé toute la planète : la mondialisation numérique et sauvage. Elle a non seulement détruit des métiers dont la plupart n’ont pas été remplacés par d’autres activités économiques, elle a surtout transformé le peuple en une myriade de communautés diverses repliées sur leurs origines ethniques, religieuses, culturelles, voire sur leurs réseaux sociaux, placées sous la férule de la consommation. Dès lors, il n’est plus de conscience de classe qui pourrait coaguler les diverses catégories de travailleurs. Seule la très haute bourgeoisie – qui, elle, profite pleinement de la mondialisation – a conservé sa conscience de classe en transmettant à ses rejetons les codes nécessaires pour perpétuer sa domination.

Le citoyen est remplacé par le client. Alors, comme le veut le vieil adage commercial, le client serait-il roi ? Ah non, faut pas pousser ! Par le pouvoir de la télévision qui a programmé les disques durs cérébraux depuis plus d’un demi-siècle, le client éprouve l’impression du choix. Mais celui-ci lui est dicté par la publicité et renforcé encore par les algorithmes[1]. Si l’on veut attribuer une couronne au client, ce serait celle de Roi des … Non, vous ne me ferez pas dire ce « mot que ma mère m’a rigoureusement interdit de nommer ici » (Georges Brassens) !

La transformation du citoyen en client a pour effet de l’enfermer dans un statut strictement individuel : « Je choisis ( j’ai l’illusion de choisir) en fonction de mes propres envies (c’est-à-dire celles qu’un réseau complexe d’influences m’a dictées), sans me soucier des autres. » Ainsi séparé, l’ex-citoyen ne dispose plus des moyens collectifs pour assurer la défense de ses intérêts réels (et non pas ceux suggérés par l’environnement publicitaire). Cet individualisme illusoire qui le séduit a pour effet de lui faire perdre son autonomie par rapport aux dirigeants qui maîtrisent sa vie, en tant que patrons ou en tant que fournisseurs de biens. Ce qui est tout, sauf paradoxal.

Fin des services publics et début des sévices sur le public

Cet ex-citoyen-néo-client pouvait naguère s’appuyer sur les services publics assurés par l’Etat. Mais l’idéologie de la mondialisation n’en veut pas car elle les perçoit comme autant d’obstacles sur sa route. D’où la grande mode des privatisations qui a commencé dès l’ère Reagan-Thatcher. Elle a eu pour conséquence de supprimer tous les services qui ne sont pas directement rentables à court terme. On en constate aujourd’hui les ravages en France avec ces villes, ces villages, ces campagnes rétrogradées dans les sous-catégories « zone rurale » ou « périurbaine » qui perdent écoles, bureaux postaux, perception, commerces, administration de proximité, tribunaux, hôpitaux, médecins et dont les panneaux « à vendre » décorent de tristesse des maisons à l’abandon.

Ces populations délaissées rejoignent, quand elles le peuvent, les métropoles régionales pour tenter de trouver du boulot. Elles y subissent une autre déconvenue : au centre-ville, les logements sont hors de prix. Dès lors, elles s’entassent dans les banlieues, souvent éloignées de leur lieu de travail, si du moins elles ont eu la chance d’être embauchées.

Ces frustrations sont d’autant plus insupportables que, souvent, impôts et taxes augmentent. C’est qu’il faut bien chercher dans les poches de celles et ceux qui ne peuvent pas jouer à saute-frontière, ces fonds que les grands producteurs de la richesse mondialisée transfèrent dans les paradis fiscaux ! Outre la fraude pure et simple – ou plutôt impure et compliquée –, les puissances économiques multinationales exercent l’optimisation fiscale qui utilise les failles des réglementations en restant dans les normes légales.

« Optimisation » fiscale et « pessimisation » sociale

Pour les Etat, le manque à gagner causé par ces pratiques se révèle colossal. D’après un article des Echos(à consulter ici), les Etats membres de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) perdent chaque année entre 86 et 207 milliards d’euros par an ; pour la France, la perte est estimée annuellement entre 30 et 60 milliards, ce qui représente le coût de construction de 418.702 immeubles de logement social[2].

La Suisse s’est montrée particulièrement performante en matière de paradis fiscal. Les pressions américaines, puis européennes sont finalement parvenues à modérer les effets du secret bancaire. Mais les Etats américains comme le Delaware, le Wyoming et le Nevada ont pris le relai. D’autres ont suivi.De plus, les transferts par internet permettent de faire bouger les fonds de façon quasi-instantanée.

Pourquoi les Etats, la France par exemple, restent impuissants pour contrecarrer ces pertes abyssales ? Tout d’abord, on a vu que la concurrence pour le moins-disant fiscal entre les Etats est rude. Si la Suisse devient moins attractive, les Etats-Unis, les Pays-Bas, le Luxembourg, Taïwan, Singapour, les îles océaniques feront l’affaire.

 Ensuite – et surtout – la mondialisation a vidé les Etats de leur substance. Ils ne pèsent pas lourd face aux GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) qui maîtrisent le nouveau secteur de l’économie numérique sur l’ensemble de la planète et font de l’optimisation fiscale aussi aisément que Monsieur Jourdain faisait de la prose. Ces GAFAM échappant à tout contrôle démocratique, les vrais décideurs économiques se situent donc hors d’atteinte du débat politique. Ce vide, les actuels dirigeants tentent de le combler par des postures, des discours et de la comm’, se transformant ainsi en communauté réduite aux caquets et ne faisant qu’ajouter aux frustrations et aux colères.

Nouveaux fascismes et fascisme originel : la leçon du professeur Eco

La situation d’aujourd’hui est donc bien différente de celle des années 1930, même s’il existe de nombreux points communs entre les deux. Le maillage de l’économie numérique sur la planète a radicalement changé la donne.

Mais croire que le fascisme est définitivement mort et enterré sous les décombres de Berlin en 1945 est tout aussi illusoire. Il existait sous d’autres dénominations avant d’être incarné par le parti créé par Mussolini en 1921 et son idéologie perdure sous des masques divers d’où notre choix en faveur du pluriel pour définir ces fascismes.

Comme nous l’avons effleuré lors d’un précédent papier, le philosophe et linguiste Umberto Eco a théorisé la notion d’Ur-Fascisme, le fascisme originel (traduit le plus souvent à tort en français par « fascisme éternel ») dans un article paru en 1995 dans la New York Review of Books (à lire ici en entier). Il y a répertorié les quatorze principales caractéristiques du fascisme à toutes les époques :

  1. Le culte de la tradition
  2. Refus du monde moderne
  3. L’irrationalisme et culte de l’action pour l’action
  4. Le désaccord, l’esprit critique, est une trahison
  5. Refus radical de la différence, raciste par définition
  6. L’appel aux classes moyennes frustrées
  7. L’obsession du complot
  8. Exalter la force de l’ennemi puis la vaincre
  9. Le pacifisme est une collusion avec l’ennemi
  10. L’élitisme de masse
  11. Le culte du héros
  12. Puissance = culte du machisme = mépris pour les femmes
  13. Les individus n’ont pas de droit, seul le peuple...
  14. Invention d’une nouvelle langue, lexique pauvre, syntaxe élémentaire.

Les fascismes suivent souvent ce cheminement : culture de la nostalgie d’un passé prestigieux ; désignation d’un ou plusieurs boucs-émissaires ; désinformation systématique, démagogie en vue de flatter le peuple pour parvenir au pouvoir ; sitôt cet objectif atteint, gouvernement autoritaire.

L’actuel vide politique des Etats démocratiques risque fort d’être rapidement rempli par les mouvements néofascistes, englobés sous la frileuse et paresseuse appellation de « populistes ». Les pays à structures étatiques faibles sont, bien entendu, les premiers à être exposés : l’Italie, la Slovaquie, la Hongrie et d’autres. La France paraît moins fragile mais le poids du Rassemblement national est tel qu’il pourrait la faire basculer. Pour d’autres Etats à structures plus solides, la tâche des nouveaux fascistes sera particulièrement ardue, par exemple aux Etats-Unis.

Si l’on suit les définitions d’Umberto Eco de l’Ur-fascisme, Donald Trump y correspond trait pour trait. En ce sens, il représente la figure exemplative de l’Ur-fasciste contemporain. Néanmoins, ses pouvoirs sont limités par les remarquables et solides institutions étatsuniennes protégées par la balance des pouvoirs et contre-pouvoirs. La presse et les élections sont libres, le Congrès est divisé entre un Sénat républicain et une Chambre des représentants démocrate et trumpohobe, la justice demeure indépendante. Il semble donc impossible qu’une forme ou une autre de fascisme puisse s’y installer.

Toutefois, il serait imprudent d’écarter tout danger potentiel. La société des Etats-Unis est aujourd’hui aussi divisée qu’elle l’était à l’aube de la Guerre de Sécession. Donald Trump s’est entièrement emparé du Parti républicain alors que le Parti démocrate s’est radicalisé sur le plan social tout en devenant le réceptacle de celles et ceux qui exècrent Trump, notamment les femmes qui ont battu le record du nombre d’élues au Congrès. Désormais, les passerelles entre républicains et démocrates – qui leur permettaient de dialoguer malgré tout et de maintenir la cohésion nationale – s’effondrent une à une. Dès lors, des troubles graves risquent fort de s’ensuivre, avec, dans la foulée, l’adoption de mesures d’exception pour renforcer le pouvoir du président qui, ainsi, pourrait enfin imposer son idéologie ur-fasciste. Ce n’est pas le scénario le plus plausible, certes. Mais on ne saurait l’écarter d’emblée.

Pour clore, laissons la conclusion à Umberto Eco dans son long article dans la New York Review of Books :

« Nous devons rester en alerte, pour que le sens de ces mots ne soit pas à nouveau oublié. L’Ur-fascisme est toujours parmi nous, parfois sous des déguisements. Ce serait si simple, pour nous, s’ils apparaissaient sur la scène mondiale en proclamant ‘Je vais rouvrir Auschwitz, je veux voir les Chemises noires parader de nouveau sur les places italiennes’. La vie n’est pas si simple. L’Ur-fascisme peut revenir sous les atours les plus innocents. Notre devoir est de le démasquer et de pointer du doigt chacune de ses nouvelles expressions, tous les jours et partout dans le monde ».

Jean-Noël Cuénod

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Nostalgiques italiens saluant le buste de Mussolini

[1]  Résumé de la définition livrée par Wikipédia : Les algorithmes effectuent des calculs à partir de grandes masses de données (les big data). Ils réalisent des classements, sélectionnent des informations, et en déduisent un profil, en général de consommation, qui est ensuite utilisé ou exploité commercialement.

[2]D’après la Banque des Territoires, le coût de construction moyen d’un immeuble à vocation sociale était de 145.300 euros en 2016 

16:33 Publié dans Politique internationale | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : fascisme, populisme | |  Facebook | | |

Commentaires

A l'opposé sur France Culture dans "La Grande Table" de ce jour, à 12h45 (Comment se rendre ingouvernable)!!!!! Le dernier livre d'Edouard Chamayou "La société ingouvernable" Il cite Hayek qui disait -Je préfère un dictateur libéral à un régime démocratique sans libéralisme!!!!! Nos systèmes politiques recréent "la bête immonde" pour mieux nous manipuler et nous contraindre!

Écrit par : Dominique Degoumois | 15/11/2018

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Plutôt pas très d'accord avec votre analyse Mr JN Cuenod. celui-ci est en fonction de vos modèles de représentation qui sont relatifs.

Le fascisme c'est ça:

« Hallucinant. Comment JP Morgan vient de faire main basse sur l’or de la Banque de France !! » L’édito de Charles SANNAT https://insolentiae.com/

Le fascisme c'est aussi la diminution des revenus des retraités et des salariés à cause d'un manque d'anticipation des dirigeants sur le nouveau monde économique et social. Fin du salariat de masse, début de l'ère des entrepreneurs.

Le fascisme s’installe avec l'islam afin de préserver les croyances divines et les revenus pétroliers, la corruption et l'affairisme battent leur ^plein depuis Chirac voir Giscard. L'Europe n'est pas en reste.

Le fascisme c'est aussi la Suisse qui a et cache toujours des milliards en lingots et en argent frais privant des pays des ressources financières pour se développer, sans oublier l'argent sale du terrorisme palestinien et autre. Ou est l'OR du vatican, ou est celui de la reine d'Angleterre?

Le fascisme c'est laisser dire et laisser faire ça:

https://youtu.be/8ZPmpIkjADw

Le fascisme c'est la politique d'immigration européenne alors que les pays musulmans c'est ça:

https://blog.sami-aldeeb.com/2018/11/05/pourquoi-les-migrants-ne-vont-ils-pas-dans-les-pays-arabes-riches/

Le fascisme c'est l'homme et ses croyances pourraves et la femme soumise:

https://www.facebook.com/AlHusseini.Waleed/videos/271378876784177/

https://www.dreuz.info/2018/11/07/asia-bibi-le-lourd-silence-des-progressistes/?fbclid=IwAR2uAUO1AxFIxBB6KeHS8ah5sOCu9-KKD3AIoF4_0XkDpDutFZty_N7kXS0

https://www.liberation.fr/checknews/2018/11/02/la-cedh-a-t-elle-valide-la-condamnation-d-une-femme-autrichienne-pour-blaspheme-contre-mahomet_1689434?fbclid=IwAR22hF2r14yc_W9YdO9zyYQ0mw_lxfBV8aVe9eNNJWOb609NzH-e4PJ1RwA

Le fascisme c'est un savoir au rabais dans les écoles de la médiocrité l'ENA en est le symbole nos dirigeants français en sont à 2500 millards de dettes sans compter ce qui ne se voit pas.

Etc.......

Mr Cuenod des routes et des sentiers mènent au fascisme, internet n'est qu'un outil, un conducteur de camion peut devenir un criminel en tuant allègrement 130 personnes en 1 soirée. La faute n'est pas au camion, ni au chauffeur, mais aux croyances et à l'éducation du chauffeur. 'ISLAM'

Enfin pour ne pas être trop long, nous sommes comme dans les années 1930 ne vous en déplaise, car les dirigeants de l'Europe et de la Suisse ont ouvert des pistes et des routes afin que le fascisme reprenne sa place. Les USA ont leur part de responsabilité sans aucun doute comme la Russie, la Chine et d'autres.

Dans quel but? L'histoire se répète mais d'une autre manière, le concept a été fabriqué il y a plus de 2000 ans, amélioré jusqu'à nos jours. Raisonnons avec d'autres grilles de lectures que celles qui n'ont plus cours.

Merci de votre attention.

Écrit par : NOËL Pierre | 15/11/2018

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Vous décrivez parfaitement les différences entre les époques mais alors pourquoi à la fin de votre texte craignez vous de voir renaître les chemises noires sur les places italiennes.
La nouvelle tenue du fascisme en Europe n'est plus la chemise noire mais plutôt celle que portaient les médinois au 6ème siècle de notre ère. Promenez vous dans les quartiers et vous verrez.

Écrit par : norbert maendly | 15/11/2018

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"La société des Etats-Unis est aujourd’hui aussi divisée qu’elle l’était à l’aube de la Guerre de Sécession."
Tan mieux! Maintenant si vous croyez que c'est le président qui dirige le pays, misère!

Vous rendez-vous compte que les 14 points d'Eco vont comme un gant à un pays que je vous laisse deviner, mais que vous n'avez JAMAIS cité...

Le culte de la tradition: une tradition plurimillénaire.
Refus du monde moderne: refus de l'égalité des citoyens.
L’irrationalisme et culte de l’action pour l’action: la guerre, la guerre et encore la guerre + l'annexion.
Le désaccord, l’esprit critique, est une trahison: Schlomo Sand est un traître.
Refus radical de la différence, raciste par définition: besoin d'exemples?
L’appel aux classes moyennes frustrées: frustrées de la paix, ça c'est sûr.
L’obsession du complot: les méchants veulent nous détruire, même s'ils sont d'abord eux-mêmes détruits.
Exalter la force de l’ennemi puis la vaincre: besoin d'un exemple?
Le pacifisme est une collusion avec l’ennemi: ça c'est sûr!
L’élitisme de masse: le peuple élu.
Le culte du héros: surtout quand le "héros" a été un terroriste avant d'accéder au pouvoir. Nombreux exemples.
Puissance = culte du machisme = mépris pour les femmes: c'est nous les plus forts.
Les individus n’ont pas de droit, seul le peuple...: seul le peuple élu...
Invention d’une nouvelle langue, lexique pauvre, syntaxe élémentaire: antisémitisme, antisémistisme, antisémitisme, antisémistisme, etc.

Écrit par : Daniel | 15/11/2018

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Wow Pierre! D'une justesse irréprochable!

"Nostalgiques italiens saluant le buste de Mussolini"

Tout comme il y a des nostalgiques de Franco et d'Hitler!

"... L’Ur-fascisme peut revenir sous les atours les plus innocents. Notre devoir est de le démasquer et de pointer du doigt chacune de ses nouvelles expressions, tous les jours et partout dans le monde »."

C'est sans doute pour les avoir dévoilés, les fascistes antisémites, que je suis systématiquement modérée par certains blogueurs!

"l’Ur-fascisme, Donald Trump y correspond trait pour trait. En ce sens, il représente la figure exemplative de l’Ur-fasciste contemporain."

Un fasciste Donald Trump!? Il n'est pas à redorer son blason, mais son pays terni par Obama et son parti qui a touché le fond avec ses attaques en dessous de la ceinture et n'arrive plus à lever la tête de la mélasse dans laquelle il s'est enfoncé.

Le faschisme est socialiste JPCuénod.

J'aimerais vous faire partager cet article que je viens de lire dans Le Temps où "Pierre Kunz, ancien député, répond au débat lancé sur "l’état de notre démocratie". Il vient compléter votre billet, mais sur l'analyse de la Suisse:

"Habitués au confort et aux avantages immédiats pour eux de la concordance, les grands partis politiques helvétiques, qui sont les vrais maîtres du jeu, se sont pourtant révélés peu enclins à regarder en face cette réalité nouvelle et à réformer le fonctionnement du système. Ces partis – les partis «historiques», notamment, qui sont à l’origine de la Suisse moderne – ont perdu leur colonne vertébrale idéologique, affairés qu’ils sont à «participer» au pouvoir et à tirer de cet exercice leur quota de bénéfices et d’image. Guidés par le «pragmatisme», comme on dit dans ces milieux, et calculateurs de leurs intérêts partisans, ils n’ambitionnent plus réellement de façonner le pays et d’entraîner les Suisses dans un avenir dont ils verraient les perspectives."

"Christoph Blocher, nonobstant les fondements dangereux de sa vision du pays, est le seul homme politique d’envergure ayant osé remettre en question la formule magique, voici une vingtaine d’années. Personne à part lui n’a dans la sphère fédérale ouvertement douté de l’opportunité de la présence du PS au Conseil fédéral et publiquement regretté l’absence au Conseil national d’une opposition crédible."

https://www.letemps.ch/opinions/grippees-institutions-suisses-doivent-reformees

Écrit par : Patoucha | 16/11/2018

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Il y a bien en Russie et en Chine des nostalgiques de staline et mao, pour mémoire c'est plus de 130 millions de morts le communisme!

Écrit par : Dominique Degoumois | 16/11/2018

Sur youtube "Emmanuel Tood" Trahison des "élites"!!!! Sans être d'accord avec tout ce qu'il dit! Il donne de bonnes réponses à ce qui se passe aujourd'hui! Les peuples se sentent trahis, mais pour Emmanuel Tood les élites, sont totalement perdues!

Écrit par : Dominique Degoumois | 17/11/2018

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Je constate un peu partout que faute de pouvoir attaquer les gilets jaunes avec des mots comme fasciste ou populiste on emploie le mot "poujadiste"! Pierre Poujade avait prit la défense des petits commerçants face aux grandes surfaces! Je vous laisse voir partout dans nos villes (les centres historiques sont souvent morts!) et dans nos périphéries (Le fameux syndrome Las Vegas!) ce qu'il est advenu de nos paysage! Moi je me vois bien de son côté! Ce n'est pas avec de l'ironie que l'on va arranger la vie des plus démunis d'entre nous!

Écrit par : Dominique Degoumois | 17/11/2018

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