18/10/2018

Macron: Jupiter-à-terre dans le brouillard du non-dit

 

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Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas ! Emmanuel Macron a beau s’agiter, arpenter, ahaner pour retrouver son chemin dans la purée de pois qui brouille son image depuis cet été, rien n’y fait. La baraka vous quitte plus vite que la scoumoune. Et voilà un président très Jupiter-à-terre. Ce n’est pas sa lugubre prestation télévisée de mardi qui va changer la donne.

Macron ne parvient pas à reprendre la main depuis qu’il a hérité du mistigri Benalla. Comment cette affaire a-t-elle pu perdurer dans sa nuisance pendant si longtemps ? En considérant froidement les faits – du moins tels que les médias les ont présentés –, il apparaît que l’affaire est grave en ce qu’elle démontre la confusion entre les fonctions, l’intensité du copinage et la persistance des passe-droits. Mais enfin, d’autres scandales d’intensité égale ou supérieure n’ont pas connu la même longévité. Ce ne sont donc pas les faits connus qui expliquent le phénomène Benalla mais les non-dits qui l’entourent. Et un non-dit, c’est encore plus pernicieux qu’une rumeur.

La rumeur, ce n’est pas un fait, mais elle se déguise en fait. Elle en a la couleur, l’odeur, la saveur. Ainsi, il est moins malaisé de la combattre. Il est possible de trouver un biais pour la dégonfler.

Avec le non-dit, c’est bien différent. La rumeur est un bruit qui court. Le non-dit est un silence qui couve. Qui couve des œufs fantasmatiques.

Les gens ne savent pas mais ils sentent. Ils sentent d’instinct qu’on – c’est-à-dire la sphère supérieure – leur cache quelque chose. Ils ne savent pas quoi ; ça les énerve. Ils sont face à un brouillard épais, insondable. En prenant pour point de départ une forme vague – une de ces formes dont le spectateur ne sait s’il s’agit d’un arbre, d’un mur, d’un pan de maison –, ils tentent de reconstituer un paysage. L’humain étant ainsi fait, le carburant de cette imagination est souvent offert par la sexualité. Plus le brouillard persiste, plus les paysages recréés sont baroques, endiablés, sulfureux. Sardanapale détrône Jupiter et c’est bacchanales permanentes à l’Elysée.

Les non-dits n’ont pas besoin de lien avec la réalité. Il suffit que l’ambiance générale qui entoure une affaire soit nimbée, à tort ou à raison, d’un silence chargé de soupçons pour qu’ils fassent leur œuvre. Les mensonges, les hésitations, les rétropédalages en catastrophe sont autant de jalons qu’utilise l’imagination populaire pour faire rendre gorge au non-dit et qu’enfin, il donne de la voix.

Le président Macron peut-il se sortir de cette mélasse ? On l’a vu précédemment, la rumeur se fatigue un jour ou l’autre, le non-dit, lui, est increvable. Comment dire le non-dit ? Allez savoir ! C’est pourquoi le mistigri Benalla risque fort de pourrir ce quinquennat jusqu’à la fin.

Jean-Noël Cuénod

 

09:03 Publié dans Politique française | Lien permanent | Commentaires (15) | |  Facebook | | |

Commentaires

Bonne analyse, une fois de plus dirais-je ! En espérant qu'il n'ira pas jusqu'à s'enfermer à L'Elysée et à y mettre le feu. Mais la distinction entre rumeur et non-dit est fort bien présentée. Il faut y ajouter le fait que la rumeur est entretenue par l'extérieur alors que le non-dit est de la responsabilité du personnage lui-même.

Écrit par : uranus2011 | 18/10/2018

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Excellente précision d’uranus2011 sur « rumeur » et « non-dit » .

Et, comme uranus2011 toujours, je salue l’analyse de Jean-Noël Cuénod qui s’ajoute à de nombreuses autres qu’il nous livre et dont on apprécie la pertinence.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 18/10/2018

Comment dire le non-dit?

Du côté des administrés de la Macronie: Il, le président, est beaucoup plus jeune qu'Elle… la première dame, alors…!?

Première dame, seconde, troisième: favorites des siècles passés.
Versailles

Ou... mêlons-nous de nos affaires

The first lady n'apprécie paraît-il pas certaines médiatiques allusions à une amitié particulière entre son divin époux et le malgré tout mortel donc...passager en transit... Benalla

"Mistigri" Benalla: la nuit?
- "tous les chats sont gris"!

Comment interpréter "gris"!?

Et s'ils, les chats, sont ou "étaient", au conditionnel, somnambules?!

Complexe!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 18/10/2018

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"Les gens ne savent pas mais ils sentent. Ils sentent d’instinct qu’on – c’est-à-dire la sphère supérieure – leur cache quelque chose."

Dire cela ne serait-il pas déjà une entaille à la présomption d'innocence ? Pire, on a déjà décrété la culpabilité du Jupiter.

Et comme les Français n'élisent pas un président mais un bouc-émissaire, la boucle est bouclée !

Écrit par : MIchel Sommer | 18/10/2018

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Macron donne l'impression d'être dur dans les réformes faciles et mou ailleurs.

En fait il avance beaucoup plus que les autres présidents, mais sa communication est médiocre.

L'affaire Benalla met en avant la naïveté, et un certain amateurisme dans le choix des proches. Certain peuvent y voir du copinage. J'ajoute, il a une mauvaise perception sur les attentes des français

Macron est victimes des espérances qu'il a insufflées. Il a cru que l'économie était la seule chose important. Or l'immigration est devenu très importante, sa politique molle le pénalise. Les banlieues et le salafisme, idem. Une mollesse à éradiquer le salafisme par expulsion, et les trafiques de drogues.
Ces sujets alimentent les brouillards sur son image d'homme efficace.

Pour redresser la barre, Macron devrait s'attaquer sans état d'âme à un os : migration, violence dans les banlieues, etc..
Un gros sujet qui avance et Macron remontera dans les sondages.

La chance de Macron, est les médiocrité des concurrents qui sont plus dans la ligne des Chirac et Hollande qui n'osent rien que d'un Kennedy ou Obama.

Écrit par : motus | 18/10/2018

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Parce que pour vous chirac et hollande ne sont pas médiocres????

Écrit par : Dominique Degoumois | 18/10/2018

benala c'est le choix des minorités visibles des banlieues, la "discrimination positive", qui n'a rien de positif d'ailleurs!

Écrit par : Dominique Degoumois | 18/10/2018

Il ne sert à rien de tourner autout du pot et chercher des excuses. On ne s’autoproclame pas candidat idéal à la présidence de la République française sans aucune expérience politique, de surcroît dans cette 5e république qui a vécu. N’oublions pas que Macron a été élu « par défaut » (affaire Fillon, PS en dérive et face à une FN). L’ivresse du pouvoir l’a poussé à plébisciter puis couvrir un Benalla qui n’avait strictement rien à faire dans l’entourage du président. De plus, il a osé toucher aux retraités, ce qu’il ne faut jamais faire et cela même un débutant devrait le savoir. Ses fausses compassions auprès des habitants de Saint-Martin le desservent. Encore 4 ans et après on verra si les socialistes ou les républicains ont vraiment compris la leçon. Mais le temps fuit avec rapidité et il est fort à craindre que la pauvre France en reste là.

Écrit par : Gilles Bourquin | 18/10/2018

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Voter un énarque c'est voter la faillite. Aucun n'a été capable du moindre redressement, qui plus est, ils nous ont mis en danger de mort avec l'islam.

""L'ensemble des dettes accumulées dans le monde représente désormais 226.000 milliards de dollars (192.000 milliards d'euros), un montant record qui équivaut à plus de trois fois l'activité économique annuelle de la planète - 324% du PIB mondial précisément -, montre mercredi une étude de l'Institute of International Finance (IIF).""

Source: https://www.latribune.fr/

Macron ne pourra redresser la barre, le "TITANIC" sombrera sauf si, les peuples se réveillent et traduisent tous ces bandits devant les tribunaux. Mais avant faudra-t-il passer par la case révolution?

Écrit par : Maquisard | 18/10/2018

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Encore un qui risque de finir tout seul à ........................Sainte-Hélène!!!! Lors de sa première prestation on a entendu derrière lui "l'hymne à la joie" de Beethoven, plutôt que "la Marseillaise", de quoi douter de cette personne! Un psychologue italien a fait sur youtube un portrait très peu élogieux du caractère de ce petit monsieur! Le temps donne hélas raison à ce psychologue! -Il trahira tout le monde avait-il dit en conclusion!!!!

Écrit par : Dominique Degoumois | 18/10/2018

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Le "psychologue italien" était un psychiatre qui a dressé un portrait non pas peu élogieux mais inquiétant de ce "petit monsieur" narcissique pathologiquement...

Écrit par : Mano | 19/10/2018

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Ce psychiatre italien, au temps des dernières présidentielles françaises, avait dressé le portrait de ce petit monsieur narcissique pathologique "très" dangereux.

On lit avec étonnement que le même petit monsieur fait avancer le progrès alors que l'on observe une morne régression.

La classe moyenne lésée attendront-elle quatre ans... en prenant le risque que ce petit monsieur ne change jamais de cap!?

Quid de l'indifférence affichée des classes aisées?

Société mondiale de marchés... société de banalisation promesse de fin de civilisation (Paul Diel) annoncée également par Bruno Bettelheim qui en repérait en son temps, déjà, les prémices.

Écrit par : MB | 19/10/2018

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Macron s'est juste fait planter un couteau dans le dos par Drahi, mais surtout par Pigasse, qui lui, ne faisait pas que servir les cafés chez Rotschild. Un petit morveux qui vient de comprendre qu'il n'était point Jupiter.

Ne lui reste plus qu'à se frotter à de jeunes corps musclés pour passer le temps. Brigitte ira promener le labrador pendant ce temps.

Écrit par : Laurent Lefort | 19/10/2018

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C est vrai que M. Macron a déclaré au sujet des affaires étrangères et du rôle international que la " France is back", en british donc, SVP ce qui donne du "poids" à M. Macron, croit-il surtout après de 10 années de déshérence de cette politique étrange(ère) par Ms Sarkosy et Hollande.

Toutefois, il n a jamais expliqué quelle politique il entend mener, soit!
Donc contentons-nous du "sérieux et de la sérénité" de son Slogan "France is back". S il l a dit c est que la France is or will be back sooner or later et c est tout.

Néanmoins, il y a un petit souci "quand même". Ce terme quand même est très politique hexagonale, je m explique. Ce terme a été cité par M. Fabius en septembre 2012 à Marakech: "Al Qayda(de Ben Laden)/Al Nosra fait quand même du bon boulot en Syrie, dixit.

Voici un deuxième "quand-même" qui a été cité par M. Pierre Gattaz, ex Patron des Patrons en France qui a déclaré ceci peu après l Election de M. Macron il y a 18 mois: "Quand même, ne faites pas trop de soucis sur ce qu il va faire le nouveau Président, j ai donné le manuel de travail à Emmanuel"...

Bien à Vous quand même :)
Charles 05

Écrit par : Charles 05 | 20/10/2018

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Ces énarques ne comprennent rien, normal, ce sont des fonctionnaires robotisés au cœur froid et cerveaux programmés.

Pour faire des réformes, il faut être aimé de son peuple. Hors tous ont la même démarche lorsqu'ils arrivent c'est de créer des interdictions, réduire la Liberté d'expression afin de faire plaisir aux sanguinaires islamique et au terroriste Abbas, chef du faux peuple palestinien, ensuite, ils terminent au vatican afin de faire allégeance au chef des royautés.

Entre temps, les non-dits arrivent sournoisement comme le fait de diminuer les retraites. Combien de ces retraités croyants ont cru à ce fonctionnaire représentant et obligé des financiers? Il parlait bien, présentait bien, le tout guidé par une épouse grand-mère et instit un peu mère tape dur.

Puis il y a eut ben allah grand soutient de la jeunesse musulmane dont nul ne sait quel véritable rôle il a. Comme Ramadan, il applique la taqiyya et se fout des institutions.

Enfin l'immigration massive en Europe ou rien qu'en France en 2017 360 000 migrants sont venus sucer notre sang social, la plupart des hommes et musulmans.

Nous construisons des mosquées et fermons des usines. Macron n'a pas l'étoffe d'un Président, les enjeux économiques, politiques et les robots le dépassent. Son chef Merkel vient de lui demander de ne plus fournir d'arme à l'Arabie, c'est dire ou il en est. Allez à MEAUX, allez à Mantes-la-jolie près de Paris, à St Denis, Roubaix, Lyon, Marseille, Bordeaux ou ailleurs, c'est la France de Giscard, Mitteux, Chirac, Sarkozy, Hollande aujourd'hui Macron.

En apparence les français ne disent mot mais ils murmurent ce qui est très positif mais très dangereux pour grand-mère et son protégé, la bulle enfle de plus en plus, ce n'est pas de la rumeur, mais bien un début de révolte qui va des campagnes aux centres villes. Les coupeurs de langues et commentaires auront tort le moment venu, car en aidant des coupeurs de têtes, ils deviennent des collabos objectifs.

Ne pas compter sur Mélanchon et sa bande mais sur le peuple et ses murmures.

Écrit par : NOËL Pierre | 23/10/2018

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